RECHERCHES DE CHIMIE ORGANIQUE
Sur l’essence de camomille romaine.
Gerhardt, dans le cours de ses recherches sur les essences, avait annoncé que celles dont il est question ici était composée d’aldéhyde angélique et d’un carbure. Ayant eu occasion de préparer l’acide angélique par la méthode de Gerhardt, je remarquai des faits peu d’accord avec cette nature. Ainsi la potasse alcoolique la décompose à froid en donnant des angélates et des alcools amylique et butylique qu’on peut retirer de la solution. De plus, par distillation fractionnée, on peut isoler divers composés bouillant à température fixe et possédant la composition d’éthers angehques. Enfin cette essence ne se combine pas au bisulfite de sodium comme les aldéhydes. En somme, je pus démontrer que l’essence de camomille romaine est composée d’un mélange d’éthers, angélates d’amyle et d’isobutyle, auxquels sont mélangées des quantités variables d’autres éthers, de corps résineux et aromatiques. J’ai eu en effet, depuis, occasion de m’apercevoir que ce mélange varie dans des proportions étendues. Ainsi s’explique que M. Fittig, qui a depuis examiné cette essence, y ait trouvé des quantités notables d’isobutyrates et de métacrylates, tandis que, dans les échantillons que j’avais eus alors entre les mains et dans d’autres que j’ai examinés depuis, on ne trouvait à très peu près que des angélates. On s’explique cette variabilité si l’on songe que les conditions de maturation de la plante font varier beaucoup la nature des produits qu’on en tire.
Sur le bibromure d’acide angélique.
Ayant examiné ce composé à l’occasion du précédent travail, je reconnus que par distillation il se transformait en un acide non bromé présentant la même composition que l’acide angélique, mais différant de ce dernier et
M. Grimaux n’avait pas effectué sa belle synthèse de l’acide citrique, et l’acide citraconique avec les autres acides pyrocitriques que l’on en déduit se trouvait reproduit pour la première fois au moyeu d’un composé artificiel, c’est-à-dire par synthèse complète.
Depuis cette époque un chimiste anglais, M. Morris, a confirmé ce dédoublement et ces synthèses.
Sur un mode de production simple de certains acides mono-, bi- et tri-chlorés.
Geuther avait, en traitant l’éther acétylacétique par le perchlorure de phosphore, obtenu deux acides crotoniques monochlorés isomériques. J’ai, en faisant réagir le même réactif sur les homologues supérieurs de cet éther, obtenu une série d’acides par une réaction toute semblable à celle que Geuther avait décrite, mais plus simple en ce sens qu’il ne se forme pas d’iso-
Généralisantcette réaction, j’ai montré que, si l’on prenait, au lieu de l’éther acétylacétique, l’éther diacétylacétique, on obtenait un acide bichloré qui pouvait être un acide bichlorosorbique. Cette réaction, appliquée aux homologues de cet éther ou à l’éther triacétylacétique, doit, ainsi que je l’ai montré, fournir une série d’acides incomplets, bi ou trichlorés.
Sur quelques acides monochlorés de la série acrylique.
Dans cette Note sont décrits les acides dont j’avais signalé l’existence dans la Note précédente. Ce sont les acides méthylcrotonique, éthylcrotonique, propylcrotonique, isopropylcrotonique et un acide appartenant à un type particulier, l’acide chlorovinyldiméthylacétique. Ces composés possèdent des propriétés analogues : les deux premiers sont cristallisés, ainsi que le dernier; les deux autres sont liquides. Leurs sels se décomposent facilement, de même que les acides, sous des influences assez légères en acide carbonique et carbures chlorés ou bien les produits de décomposition de ce dernier par
Recherches sur les dérivés de l'acide acélylvaUrianiqm; sur quelques dérivés de l'éther acétylacétique; sur quelques dérivés de l’éther isobutylacétylacétique; sur l'éther isobutylacélique; sur l’acide tétrique et ses homologues; sur les homologues de l’acide oxyheptique.
Cette série de Notes comprend la description et la préparation d’un certain nombre d'acides que j’ai découverts dans les produits formés par l’action réciproque des éthers acétylacétiques bromés et de la potasse alcoolique. Emploie-t-on un éther monobromé, on obtient un acide, que Jl. Pawtolî vient de préparer récemment par un procédé plus simple. Si l’on met au contraire en réaction un éther bibromé, il se forme un acide qui ne
ayant proposé une troisième formule, il semble que de nouvelles recherches soient nécessaires pour savoir quelle est ceUe qu’il convient d’adopter.
liecherdm sur les hydrocarbures qui prennent naissame dans la distillation des acides gras bruts en présence de vapeur d’eau surchauffée. (En commun avec M. Cahours.)
Ces huiles carburées, soumises à différents traitements chimiques dont le but était d’éliminer Tassez forte proportion de carbures non saturés qu’elles contenaient, ont été soumises à des séries méthodiques de distillations fractionnées, qui ont finalement mis en évidence la présence d’un nombre considérable de composés de la famille du gaz des marais. C’est ainsi que nous avons pu obtenir successivement les hydrures d’amyle, d’hexyle, d’heptyle, d’octyle, de nonyle, de décyle, d’undécyle et de duodécyle. Ces carbures présentent les propriétés générales de produits correspondants qu’on peut extraire des pétroles d’.4mérique, et nous avons été tenté de croire à leur identité. On doit pourtant garder une grande réserve si Ton songe que le nombre des isomères jouissant de propriétés à très peu près semblables est déjà énorme pour Thydrure d’heptyle et croit avec une extrême rapidité à partir de ce composé.
Sur les acides qui prennent naissance quand on distille les acides bruts provenant de la saponification des corps gras neutres dans un courant de vapeur d’eau surchauffée.
Les deux Mémoires publiés sous ce titre renferment un travail qui est corrélatif du précédent. On sait en effet que M. Frcmy d’abord, puis M. Berthelet, avaient publié sur la distillation sèche de Tacide oléique le résultat de recherches mettant en évidence la formation de carbures, d’acides de la série grasse et d’un acide bibasique, Tacide sébacique. Ce sont les acides gras ainsi formés que nous avons étudiés a fond, grâce à la libéralité de M. Laurent qui les avait mis à notre disposition. Nous avons commencé par soumettre ces acides à une purification quia éloigné les corps étrangers, puis nous les avons soumis U des séries de distillations fractionnées. Dans le cas des termes élevés de la série, nous avons utilisé les éthers éthyliques dont le point d’ébullition est moins haut. Nous avons obtenu ainsi les acides formique, acétique, propionique, butyrique, valérique, caproïque, œnanthy-
Sur les radicaux urganométalliquxs de l’étain : stannhutyles et stannamyles. (lîn commun avec M. Cahours.)
Dans ce Mémoire, nous faisons connaître le résultat de l’action desiodures d’isobutyle et d’amyle sur l’étain à loo". Nous avons ainsi obtenu les biiodure de stannbutyle et de stannamyle comme produits principaux. Nous décrivons les propriétés les plus importantes et les réactions de ces composés. Les méthodes usitées pour la purification des homologues inférieurs ne s’appliquant plus, nous en décrivons, à cette occasion, une autre qui peut être aussi employée dans un grand nombre de cas. Un phénomène s’est montré particulier à ces composés, tandis que vingt-quatre heures de cbaufl'e suffisent pour avancer ou terminer même tout à fait la réaction de l’étain sur les iodures de méthyle, éthyle, propyle et isopropyle. 11 faut employer jusqu’à vingt-cinq jours pour faire progresser jusqu’à moitié seulement l’opération dans le cas de l’iodure d’amyle. Une fois produits, ces composés montrent une grande stabilité. Leurs iodures bouillent toutefois à une trop haute température pour qu’il soit possible de les distiller sous la pression ordinaire. Ils se décomposent en effet dans ces circonstances en amylène, hydrures d’amyle et biiodure d’étain.
Sur la préparation de l'aeétonitrUe.
L’acétonitrile se préparait en déshydratant l’acétamide à l’aide de l’anhydride phosphorique; on utilisait aussi l’action des cyanures alcalins sur le sulfovinate de potasse.
La première de ces méthodes est fort dispendieuse, la seconde fournit un produit fort impur dont la purification longue et pénible occasionne de fortes pertes. On peut éviter ces deux inconvénients. L’acétonitrile se forme en elfet en abondance quand on soumet à une ébullition très prolongée l’acétamide dans un appareil à reflux. Le liquide qui distille n’a besoin que d’être séché et distillé une fois pour être absolument pur.
Sur quelques réactions du tellure.
Les tellurures, composés assez difficiles à obtenir par voie sèche, sont décrits comme fortement colorés en rouge violacé intense. l’ai fait voir