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INTRODUCTION

Mes premiers travaux scientifiques remontent à une époque où, dam notre pays du moins, les doctrines évolutionnistes étaient loin d’être admises sans conteste. A. côté des Gaudry, des Verrier, des Giard, novateurs chaleureux qui les défendaient vaillamment et qui ont assuré leur victoire, elles comptaient des adversaires convaincus qui leur opposaient des travaux longuement mûris et une notoriété depuis longtemps acquise. Ces divergences entre les maîtres avaient leur contre-coup immédiat sur l'esprit des élèves : l’étudiant d’alors était- parfois - fort embarrassé; il flottait entre des opinions contraires et, dépourvu du fil conducteur que donnent les recherches originales, restait sam idées fixes ou, par une sorte d’atavisme, se rattachait aux formules anciennes.

J’ai conservé le vif souvenir de cette période un peu troublante et j’avouerai bien franchement qu’au début les théories transformistes ne me séduisaient guère. Je me trouvais, à mon insu, sous le coup de l’atavisme dont j’ai parlé plus haut. Comme tant d’autres, j'avais commencé l’élude des Sciences naturelles par la détermination des plantes vulgaires, tout enfant d’abord sous la direction de l’Instituteur de mon village, puis à l’Ecole normale primaire du Jura dont le Directeur, M. Pin, était un herborisaleur passionné. Dieu me préserve de jeter l'ombre d’une critique sur la mémoire de ces maîtres vénérés I en me faisant aimer les choses de la nature, ■ ils m’ont introduit doucement dans la carrière et ma pensée reconnaissante se plaît à remonter vers eux quand une découverte intéressante vient embellir mes travaux. Mais, comme l’a justement écrit M. Giard, « la connaissance des espèces ne constitue pas la science, encore bien qu’elle en donne parfois l’illusion, et qu’elle retienne certains. travailleurs à un stade de culture intellectuelle qui ■ ne devrait être que transitoire. » J’étais momentanément resté à ce stade et, faute d’observations personnelles suffisamment. nombreuses, rien, jusqu'alors, ,ne 'me paraissait justifier complètement les doctrines de l’évolution.

A Paris pourtant, certains ouvrages avaient jeté quelque trouble dans ces convictions du premier âge : les Enchaînements du Règne animal.

les Principes généraux de Biologie et les Colonies animales me

laissèrent plus d’une fois songeur, ainsi que les cours de M. Edmond Verrier, dont j’avais l'honneur d’être l’élève.

Toutefois, rien de définitif ne s’était produit dans mon esprit, et la preuve, c’est que je commençai à contresens le plus ancien et l’un des meilleurs parmi mes travaux, celui qui a pour titre : Système nerveux, morphologie générale et classification des Gastéropodes prosobranches. Comme le montre la liste chronologique annexée à cette notice, je m’acharnai d'abord à faire l'élude du Buccin ondulé > espèce commune sur nos côtes et qu’on peut . aisément se procurer aux Halles de Paris. Il était difficile de faire un choix plus malheureux, car cet animal se range parmi les Prosobranches. à évolution très avancée et son système nerveux offre un degré de condensation qui, à l’époque, défiait' toute interprétation logique. Après des mois,de dissections, minutieuses, j’arrivai pourtant à le. connaître tout entier (voir fig. 3, F, p. 17),, et à y découvrir la fameuse commissure viscérale en S de chiffre que rien ne faisait prévoir jusqu’alors. C’était un succès sans portée, car il est parfaitement illusoire de connaître toutes lès parties d’un organe quand on en ignore radicalement la signification. De sorte que le seul bénéfice de celte étude pénible fut de me faire la main aux recherches d’anatomie fine et de me montrer le néant d’un système où les unités spécifiques restent isolées.,

Ge n'était pas, toutefois, un bénéfice sans valeur, et mon savant Professeur, M. Edmond Perrier, avait jugé utile de m’en donner l’avantage dès le début de mes recherches. Quand il me vit maître du. Buccin et suffisamment habile dans (es travaux anatomiques, il me suggéra - l'idée de faire la lumière sur ce type én étudiant les formes archaïques du même groupe et en passant, de proche en proche, à celles dont l’évolution parait plus avancée. . C’était la méthode suivie par M. H. von Ihering, dont les-mémoires sur le même sujet-faisaient autorité à cette époque ; elle me donna dès le début des résultats encourageants, et bientôt la clef du problème dont je cherchais la solution.

IL von Ihering divisait, les Prosobranches en deux phylum distincts et absolument indépendants, celui des Chiastoneures (Haliqlide. Paludine, Cyclostome, etc.), où la commissure viscérale est croisée en 8 de chiffre (voir fig. 2, p. 16), et celui des Orthoneures (Buccin, Porcelaine, Cône, etc.), où cette commissure se réduit à . une anse courte et non.croisée (voir fig. 1, p. 16). Je m'aperçus bien vile que cette classification manquait de fondement, que tous les Prosobranches possèdent une ' commissure croisée et que les Orthoneures de M. von Ihering sont des Chiastoneures où une simple anastomose secondaire a été prise pour la commissure viscérale.

Diverses familles, celle des Cérilhidés entre autres, se prêtent merveilleusement à cette démonstration ; grâce aux modifications lentes et progressives qu’y subit l’anastomose, certaines de leurs espèces devraient être rangées dans les Chiastoneures de J tf. von Ihering, d'autres dam ses Orlhoneures, et tous les intermédiaires, sam exception, se trouvent entre ces deux extrêmes. Je ne crois pas qu’il existe d’exemples plus frappants de l’enchaînement des espèces (voir fig. 3, p. 17). Du coup, ma conversion aux doctrines évolutionnistes fut complète.

Ce premier travail a exercé une influence prépondérante sur la direction de mes études ; soit à cause des vives satisfactions qu’il m'avait fait goûter, soit tournure naturelle de mon esprit, les recherches sur les affinités des êtres m'ont vivement passionné depuis lors et ce sont elles, en réalité, qui comtituent le meilleur de mon avoir scientifique: Je les ai poursuivies avec la méthode qui, dès le début, m'avait donné de si heureux résultats ; partir des formes archaïques pour arriver peu à peu aux espèces modernes, comparer minutieusement ces formes et, ce qui est plus délicat, faire exactement le départ entre leurs caractères primitifs et ceux qui sont évidemment le résultat d’adaptations plus récentes, tel ■ est le fond de cette méthode qui me paraît, entre toutes, lumineuse et féconde. Elle n’est pas nouvelle, puisqu’on peut la considérer comme une rénovation, dans le sens évolutionniste, de la méthode cuviérienne et parce qu’elle si oppose, comme cette dernière, à la tendance trop manifeste qu’ont certains zoologistes de faire revivre, après plus d’un siècle, les idées d’Oken et des « philosophes de la nature » ; il faut croire d’ailleurs qu’elle n’est pas dépourvue d’avantages, car nombreux sont les travaux où elle a été fructueusement appliquée depuis mon premier mémoire. En fait, l’anatomie comparée n’a pas dit son dernier mot ; rajeunie par les idées nouvelles, on la voit reprendre chaque jour une nouvelle splendeur, découvrant entre les êtres des affinités jusqu'alors insoupçonnées et ouvrant ainsi des horizons aux spécialistes qui se localisent dam un champ plus étroit de la Science. Avec l’embryogénie comparée, elle sert à éclairer la voie dam les études zoologiques.

Envisagée à ce point de vue, la méthode comparative peut s’appliquer à toutes les branches de la biologie et leur rendre à toutes de signalés services. Elle ne se borne pas. comme on pourrait le croire, aux recherches d’anatomie, de morphologie et d’embryogénie ; elle vivifie les études systématiques en leur fixant un objectif relevé et sert de base essentielle à la géographie zoologique. Comme j’ai pu m’en convaincre récemment, elle ne donne pas de résultats moins heureux quand on l’applique aux travaux d’éthologie pure, car il.y a une évolution des instincts comme une évolution des formes, et ce n’est que par

des observations rigoureusement méthodiques qu’on peut mettre en évidence les lois de cette évolution. Ici s’ouvre aux zoologistes un champ de recherches singulièrement large et fertile : malgré les noms qui l’illustrent et son intérêt captivant, l’éthologie reste encore dans l’enfance et n’a que peu profité des doctrines évolutionnistes ; elle offre un assemblage disparate de fragments divers, parfois brillants, souvent très médiocres, en tous cas dépourvus de liens ou réunis sans aucun ordre. Il est temps que l’esprit des méthode 1 vienne donner un corps à ses fragments et fasse de l’éthologie une branche féconde de la Science. Zoologistes et psychologues auront un égal intérêt à celle transformation.

J'ai cru nécessaire d’exposer, dam les pages qui précèdent, l’esprit général de mes recherches, et l’enchaînement de circonstances qui m’a conduit à, les tenter. Si l'on me demandait maintenant de faire un choix parmi les résultats qu!elles m’ont fournis, je citerais au premier rang ceux qui .sont devenus classiques et au second ceux qui, plus discutés ou plus récents, sont de nature à provoquer des recherches scientifiques.

Dam le nombre de mes travaux devenus classiques, je mentionnerai tout d’abord ceux qui ont trait à l’organisation et aux affinités des Mollusques gastéropodes. Ils ont établi l’homogénéité de celte classe et montré que leurs formes hermaphrodites se rattachent aux formes unisexuées par l’intermédiaire d’espèces archaïques dont les Actéom sont les représentants actuels; quoique hermaphrodites, les Actions ont conservé la commissure tordue en 8 des Gastéropodes unisexués (voir fig. 4, p. 18), et c’est par une détorsion progressive que le second de ces groupes s’est différencié du premier. Dans la classe des Crustacés, je suis parvenu à mettre en évidence parfaite l’origine homarienne des Crabes, — la double filiation, la convergence, les migrations et les déplacements balhymétriques des Paguriens cancériformes (Lomis et Lithodes), — le mécanisme de l’adaptation des Décapodes aquatiques à la vie terrestre — et les importantes modifications adaptatives qu’a subies l’appareil circulatoire artériel des Anomoures et des Crabes; en collaboration avec M. Alphonse Milne-Edwards, les relations, fort diverses suivant les groupes, qui existent entre les Crustacés des profondeurs et ceux de la région littorale. Dans l’embranchement des Vertébrés, je tiens à signaler mes recherches sur les plexus vasculaires des Cétacés ; elles montrent que ces plexus sont infiniment moins développés chez les Ziphioïdes et les Baleines que chez les Cétacés à dents et que ces derniers, en conséquence, sont plus éloignés des Mammifères terrestres dont provient l ordre tout entier.

Il serait peut-être téméraire de rattacher au même

groupe les recherches

que je poursuis sur les Péripates, animaux ambigus qui tiennent 4 la fois des Vers annelés et des Arthropodes. Pourtant les 2/ notes ou mémoires que j’Ui consacrés à ce groupe curieux ont reçu partout le meilleur accueil et se trouvent reproduits ou résumés dans la plupart des journaux scientifiques de l’étranger. Ces travaux mettent en évidence l’origine amüidienne des Péripates, leur variété extrême et jusqu’alors insoupçonnée, leurs enchaînements, leurs migrations à la surface du globe, les différences remarquables qui distinguent leur développement et la transformation lente et progressive de • leurs espèces Vivipares en espèces ovipares. Je rédige actuellement, pour les Annales des Sciences naturelles, la monographie détaillée du groupe. Ce travail ne m’aura pas demandé moins de quatre années de recherches assidues ; je n’ai rien négligé pour qu’il soit complet et j’ai épuisé, dans ce but, les collections du monde 'entier. Il fera connaître suffisamment, je l’espère, la petite classe, intéressante entre toutes, qui établit un lien entre deux grands embranchements du règne animal.

Parmi les travaux, plus discutés ou plus récents, qui ont provoqué ou provoqueront certainement les recherches des zoologistes, je signalerai spécialement ceux que j’ai publiés, avec Paul Fischer, sur l’origine de l’asymétrie des Mollusques et ceux que j’ai entrepris sur les Pleurotomaires avec le fils du regrellé naturaliste. Les Pleurotomaires sont, de tous les Gastéropodes actuels, ceux qui se retrouvent dans les couches fossilifères les plus anciennes; grâce à leurs caractères archaïques, ils nous ont permis de fixer le processus par lequel les Gastéropodes se sont différenciés de la classe des Amphineures. Ces recherches sur des animaux, jusqu’alors inconnus, ont soulevé un vif émoi parmi les zoologistes et provoqué de nombreux travaux qui corroborent ou combattant Us conclusions que nous avons émises; dernièrement encore, elles ont eu les honneurs d’une longue discussion au Congrès Zooloqique de Berlin.

A côté de ces études, je crois devoir signaler également, parce qu’il peut indiquer une orientation nouvelle, le mémoire très récent que j’ai consacré aux « Habitudes des Bembex # et qui a reçu l’hospitalité dans l’Année psychologique de M. Binet. C’est une monographie éthologique dans laquelle sont comparées, en tenant compte des idées nouvelles, les mœurs des Guêpes prédatrices de la tribu des Bembécincs ; consacrée, pour une large part, à la critique des travaux antérieurs, elle met en évidence les variations de l’instinct dans une même espèce, ses modifications progressives dans les divers représentants de la tribu et la marche probable de l’évolution psychique dans le groupe des Guêpes tout entier. Ce mémoire est destiné, dans mon esprit, à

imprimer une direction méthodique aune recherches d’éthologie ; il renferme ck nombreuses observations originales, et des expériences sur le retour au nid qui établissent qu’on accorde trop facilement des facultés mystérieuses aux Insectes.

Qu’il me soit maintenant permis de rappeler, en quelques mots, le rôle que j’ai joué, comme Professeur, dans le mouvement scientifique actuel: Pendant une période assez longue, de 1886 à 1895, M. Edmond Perrier m’a confié la direction des conférences et manipulations zoologiques pour l’Agrégation des Lycées ; cette charge m’a mis en contact immédiat avec plusieurs générations d’étudiants distingués et m’a permis de les initier aux diverses études de la Zoologie, t- Comme agrégé h l’Ecole Supérieure de Pharmacie, mon rôle professoral s’est trouvé forcément très restreint; pourtant, les titulaires de l’établissement ont bien voulu me confier la suppléance de la chaire de Cryptogamie et j’ai profité de cette faveur pour introduire dam mon enseignement ks notions de Microbiologie que j’avais acquises durant deux périodes d’études à l’Institut Pasteur. C’était me innovation que chacun réclamait depuis longtemps à l’Ecole. — Au Muséum, où j’ai été nommé en 1895, je me suis donné pour but de rajeunir l’enseignement de l'Entomologie, de réorganiser les collections et de les ouvrir largement aux spécialistes. On trouvera peut-être (voir les derniers numéros de la notice) que je commence à réussir dam cette lourde tâche : des centaines de savants français ou étrangers m’ont assuré leur concours et très nombreux sont les travaux qu’ils ont consacrés à nos richesses scientifiques. Dam le domaine de l’emeignement 'proprement dit et du développement des études enlomologiques, j’ai conscience d’avoir fait me œuvre utile et essentiellement originale en installant de toutes pièces, au Muséum, me vaste salle consacrée à la Biologie des Arthropodes et à l’Entomologie appliquée ; il n’a pas fallu moins de trois années, au personnel de rétablissement, pour mener à, bien ce travail difficile.

C’est m Muséum d’histoire naturelle que j’ai parcouru, ma carrière scientifique presque tout entière. La plupart des Professeurs de. l’établissement m’ont servi de maîtres et, plus lard, m’ont fait l’insigne honneur de me choisir pour collègue. Certains d’entre eux, quoique ne cultivant pas la Zoologie, ont joué un très grand rôle dans la direction de mes études. Ce n’est pas sam un sentiment de profonde gratitude que je me retourne vers l’époque où M. Van Tieghem et M. Gaudry faisaient profiter le jeune boursier du Muséum de leur profond savoir et de leurs brillantes qualités professorales ; avec un dévouement au-dessus de tout éloge, le premier m’a initié, depuis les rudiments, à toutes

les connaissantes de la botanique scientifique, pendant que le second me faisait admirer les merveilles de la Paléontologie.

À cette époque pourtant, je me dirigeais déjà vers les Sciences zoologiques, guidé par M. le Professeur Edmond Perrier, qui m’avait fait venir à Paris et entrer dans son laboratoire. C’est som la direction de ce Maître éminent que j’ai commencé mes recherches et effectué tous mes travaux relatifs aux Mollusques et aux Vertébrés ; il m’a communiqué sa belle ardeur juvénile, sa foi dans le travail, et surtout sa confiance dans les recherches méthodiques de Zoologie comparative. Nul autre n’a laissé une plus vive empreinte sur mes recherches de toute nature-, c’est un plaisir pour moi de lui en rendre le reconnaissant témoignage. — J’adresse le même hommage de gratitude profonde à la mémoire de M. Alphonse Milne-Edwards, qui m’a fait profiter de sa vaste érudition sur les Crustacés et entreprendre l’élude des animaux de cette classe. Pour moi, sa bonté n’a eu d’égale que sa science, et je considère comme un honneur inestimable d’avoir été, pendant dix ans, associé à ses travaux. Durant cette longue période, ma rie scientifique a été si intimement mêlée à la sienne que la mort elle-même n’a pu rompre complèlement notre collaboration. Car nous avions pris pour tâche une œuvre de longue haleine, l’étude des Crustacés abyssaux recueillis par le Hassler, le. Blake, le Travailleur, lé Talisman, l’Hirondelle, la Princesse Alice, et dix années ne suffisaient pas-pour la mener à bien. Plusieurs importants mémoires ont vu le jour avant sa mort, un autre a paru depuis et deux sont actuellement à l’impression en Amérique. Au reste, l’œuvre n’est pas achevée, et les travaux que nous avons ébauchés ensemble me permettront encore, plusieurs fois, de joindre mon nom à celui du Maître vénéré.

Avant de terminer cet aperçu, on me pardonnera de citer les noms de quelques zoologistes qui, jugeant favorablement mes travaux, m’ont estimé suffisamment habile pou/r me confier l’étude de matériaux rares et très précieux.

On sait que la découverte des Pleurolomaires vivants est due à M. Alexandre Agassiz, qui en captura trois spécimens dans les profondeurs de la Mer caraïbe. Tous les zoologistes sentirent combien devait être décisive l’élude anatomique .de ces formes archaïques et l’un d’eux, plus impatient, M. von lhering, n’hésitait pas à dire aux zoologistes américains : « Que faites-vous de vos Pleurotomaires. » Confiant dans mes travaux antérieurs, M. Agassiz m’a libéralement donné un de ces Gastéropodes, et c’est le premier animal du genre dont on ail fait l’élude anatomique. Depuis, on a trouvé d'autres Pleurotomaires au Japon, et un savant français, aussi éclairé que généreux, M. Daulzenberg, n’a pas

reculé devant une très forte dépense pour nous permettre, à M. H. Fischer et à moi, d’en étudier l’organisation.

Il m’est également fort agréable de relever ici le nom de M. E. Ray Lankester, l’éminent Directeur du Brilish Muséum, qui a, plus que personne, faeilité mes recherches sur les Péripates ; non content de m’avoir soumis les riches matériaux de la grande collection britannique, il m’a fait recueillir, en divers points du monde, des spécimens de ces animaux rarissimes. M. le Professeur Ludwig Plate, de Berlin, n’a pas été d’une générosité moins grande ; ayant trouvé en Amérique le très curieux Peripatus Blalnvillei, dont les types avaient été perdus, il m’a confié les quatre exemplaires qu’il avait recueillis, et avec lesquels j’ai pu ajouter un chapitre suggessif à. l’histoire naturelle des Péripates.

Je ne veux pas allonger outre mesure cette liste; pourtant, je me ferais un scrupule de ne pas citer encore M. Agassiz, qui m’a confié la riche collection de Crustacés abyssaux du Hassler et du Blake; M. le docteur Jousseaume, auquel je dois mes premiers Acléons, et le regretté R. von Erlmger, qui a eu l’obligeance extrême de faire capturer pour moi d’autres exemplaires de ces instructifs (iasléropodes.

J’ai divisé cette notice en deux parties : l’une synthétique, où sont réunis, dans l’ordre de leurs affinités, les principaux résultats de mes recherches ; l’autre analytique, dans laquelle sont résumés tous mes travaux, dans l’ordre zoologique. La première partie est un exposé général très succinct que complétera utilement la seconde.

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