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DÉTERMINISME DE LA CÉPHALISATION. - APPARITION DU CŒUR

Nous sommes arrivés à la notion de l’égalité primordiale entre tous les métamères du corps; les segments primitifs sont, comme on dit, homonomes. Dohrn, qui a consacré vingt ans de sa vie à ces questions délicates, avait signalé, si je puis dire, le nœud du problème en demandant pour quelles raisons un organe contractile, aussi volumineux et physiologiquement aussi important que le cœur, s’était développé à une place plutôt qu’à une autre, apportant ainsi, à lui tout seul, un élément considérable qui

devait troubler l’unité originelle. Le jeu du cœur détermine en effet un accroissement dans la pression de l’onde sanguine pour toute la région du corps qui le précède, et une diminution de cette même pression dans la zone postérieure. Il s’agit, bien entendu, d’un cœur de poisson; celui-là com-

cardiaque est à la limite des deux régions, tête eftronc; leurs différences ne seraient-elles pas le résultat direct du déterminisme qui a produit le

Notre découverte de l’endodermérie résout le problème et'au delà. Partons de l’être avec des pocbes branchiales et des pores branchiaux tout le long du corps. Rapidement, nous en avons des preuves par l’étude des Actinies, une des deux ouvertures de son tube digestif se spécialise pour l’ingestion des aliments, devient bouche, pendant que l’autre devient anus. Dès lors la région qui porte la bouche est antérieure; c’est-à-dire que l’animal a toutes les raisons possibles de se déplacer en tenant ce côté-là en avant. Dès lors aussi ce sont toujours les mêmes poches endodermiques, celles qui sont les plus voisines de cette région antérieure, qui reçoivent avec le plus d’abondance l’eau fraîche et bien aérée. Elles fonctionnent plus et mieux que les postérieures. Et voici la raison suffisante (et nécessaire pour les purs laraarckistes) pour comprendre comment les poches antérieures les plus activés s’accroissent, se compliquent graduellement, en même temps que les moins actives s’atrophient de plus en plus et finalement dispa-

C’est au moment où les poches postérieures régressent que les angiotomes se soudent par leurs extrémités ventrales et dorsales pour former des vaisseaux longitudinaux; c’est à ce moment que la circulation mélamérique devient circulation générale. Pourquoi? Parce que l’eau aérée ne passant plus que dans les fentes antérieures, seules persistantes, il faut que tout le sang aille chercher l’oxygène vers cette région ou que tes segments abranches rcaressent tout à fait. Cette seconde alternative jettera peut-être quelque jour une certaine lumière sur la morphologie des Tuniciers; mais n’en parlons pas, car justement c’est la réalisation de la première qui fait les Vertébrés ordinaires.

Saisissons le moment où les fentes antérieures plus actives appellent vers elles tout le sang, après la formation des vaisseaux longitudinaux. La

AO et VC, représente l'appareil circulatoire à ce moment. Le sens des flèches indique le cours du sang.

1° Apparition du vaisseau cardinal. — Suivons sur le croquis n° 1, en supposant d’abord AO et VC coïncidant. Du point C, cœur débutant, le sang part vers l’avant pour remonter par chaque vaisseau branchial dans le vaisseau cardino-aortique, d’oCi il s’échappe d’abord par les vaisseaux intermétamériques pour gonfler le vaisseau latéral ; et le surplus court vers le tronc.

Dans le vaisseau cardino-aortique il se fait d’avant en arrière deux courants de même sens, mais d’inégale vitesse; l’un métamériquement retiforcé par un apport du vaisseau branchial, l’autre intermétamériquemenl diminué par des départs pour le vaisseau latéral. Ces deux sections du vaisseau, virtuellement séparées dès le début de la localisation du cœur, se séparent réellement en un vaisseau à courant rapide, aorte, et un vaisseau à courant lent ou cardinal. Il n’y a pas lieu de parler encore d’artère ni de

Dans la région postérieure au cœur, la ligne ventrale (VSI), au lieu d’être une ligne de pression, est une ligne d’appel, car elle se vide pour remplir le cœur plus contractile; aussi tous les vaisseaux transversaux sont-ils parcourus du dos au ventre par l’onde sanguine, différant alors' de leurs iiomodynames antérieurs.' Le vaisseau dorsal cardino-aortique (AO et VC réunis) est encore parcouru d’avant en arrière par deux courants d’inégale vitesse. Dans l’axe du vaisseau le sang court sous l’impulsion qui lui vient du cœur; sur le côté du vaisseau il ne court presque pas, celte zone étani à la fois vidée par le vaisseau transversal et remplie par le vaisseau intermétamérique. Il y a donc encore tendance à la séparation en deux Ironcs comme dans la tête. Toutefois, le déterminisme de la séparation, ou inégalité des deux courants est moins exprimé que dans la tête; car le coulant axial n’étant plus renforcé comme dans la tête à chaque métamère va en s’affaiblissant. Sa différence avec le courant latéral décroît donc d’avant en arrière. Aussi, d’une part la cardinale apparaît plutôt dans la tête que dans le tronc, et d’autre part dans le tronc elle apparaît d’avant en arrière.

La carotide interne se distingue dès le début de tout le reste du vaisseau homodyname par la direction antérieure de son courant, direction due à ce que, par la présence de l’œil, cette section ne reçoit plus d’apport

ventral. 11 n’y a aucun motif de séparation en deux troncs; la séparation ne se fait pas.

2“ Transformation du vaisseau cardinal en veines. — A mesure que la respiration se localise plus étroitement sur les fentes antérieures; à mesure (voir croquis n"2) celles-ci se compliquent et le cœur devient plus contractile et plus volumineux. Son accroissement de puissance impulsive a pour conséquence un accroissement de puissance d’appel à son extrémité postérieure. Et cet appel se fait sentir non plus seulement sur le vaisseau sous-intestinal VSl, mais encore sur le premier vaisseau transversal qui se distingue de tous les autres comme ductus Cuvieri (de). Les flèches indiqueront les conséquences de cet accroissement d’appel ; la cardinale, d’abord une d’un bout h l’autre du corps, se trouve divisée en deux sections à courants convergents, d’où formation d’une veine cardinale

Les vaisseaux transversaux, vidés par les deux bouts, se résolvent en deux séries de veines péritonéales et intercostales, qui sont utilisées plus tard quand elles sont alimentées par des ramifications secondaires de

Les conséquences de cette étude retentissent sur l’anatomie comparée des adultes d’une façon considérable, et donnent un canevas général sur lequel il est facile de tracer toutes les modifications qui surviennent.

MORPHOGENIE DES VERTEBRES

les faits nouveaux et les décrire est facile. Mais si l’on désii et expliquer ce qu’on a vu, les difficultés croissent sai s’agit plus en effet de se satisfaire avec ce qui tombe acc sous les yeux, car les faits ignorés signalent leur existeni qu’ils font dans la théorie, et par cela exigent la recherchi le meilleur guide pour analyser de près les phénomènes e ci d’en tirer une synthèse. Nous nous sommes efforcé just' faire voir la structure de nos idées sur la morphologie d< lis il ne faudrait pas que le lien fit oublier ce qu’il relie i vue les faits nouveaux nombreux et importants que noi

lernière partie les faits sont justement si nombreux, si délicat •flu d’essayer d’indiquer même les principaux. De nos travai

sième, métacœlome, est restée à l’état de diverticule attaché à cet intestin.

Et les régions du vertébré sont le résultat des inégalités de développementenlreces divers cœlomes: l’un plus important ici, l’autre là. Un pareil segment constitue par sa répétition le vertébré total avant son hétéronomie accomplie.

Nous arrivons en précisant les variations de ces diverses parties d’abord semblables à préciser le sens des régions ; préorale, postorale, hépatique, pronéphrétique, mesonéphrétique et caudale.

11 ne reste plus qu’à se demander pourquoi l’endoderme donne ainsi successivement des poches latérales telles que le métacœlome, susceptibles de se séparer tout à fait de cet endoderme producteur comme le paracœlome et lecœlome. Nous avons entrepris de l’expliquer dans une théorie enléromlique de la métamérie ; car ce sont justement ces plissements qui, en se séparant de l’endoderme, donnent à l’êlre sa métamérie primitive. Nous avons cru voir dans ce phénomène l’expression de ceci, que l’animal en croissant

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