ANATOMIE COMPARÉE
Dü SYSTÈME CIRCULATOIRE CHEZ LES VERTÉBRÉS ADULTES
Transportés dans l’anatomie comparée, les résultats de ces longues recherches présentent le double intérêt :
1“ De poser des questions : Que deviennent les vaisseaux intermétamériques dont nous n’avons pas constaté la persistance? Que deviennent les vaisseaux de P. Mayer? Sur l’évolution de ces derniers, je possède déjà des documents assez nombreux pour prévoir qu’ils se transforment en les veines mésarraïques et leurs ramifications ;
2“ De donner déjà certaines homologies remarquables. Je passe sur la section des veines cardinales postérieure au cœur, ses divers états sont bien connus jusqu’à la réduction en azygos et hémi-azygos. Il me semble toutefois qu’il y aurait encore bien à reprendre sur ce sujet dans la littéra-
La cardinale antérieure s’approche du cœur sous les noms de veine jugulaire interne et veine cave supérieure.
Le vaisseau latéral est partagé en deux tronçons qui jouent des rôles d’importance inégale. L’un, antérieur au ductus Cuvieri, devient la jugur laire externe qui se réunit à la veine cave supérieure par un vaisseau intermétamérique persistant. Le tronçon postérieur devient un vaisseau peaussier du tronc; tantôt il reste veineux et conserve ainsi un caractère primitif {Siredon pisciformis) ; tantôt, par son anastomose avec l’artère sous-clavière qui le croise, il tombe dans l’arbre artériel et devient une artère peaussière ( Triton cristatus).
La veine sous-intestinale persiste, subissant le long de son parcours diverses désignations, comme une rue qui changerait de nom à tous les
carrefours. Ces noms divers en anatomie descriptive, et même en anatomie comparée, sont successivement en se rapprochant du cœur :
Veine épigastrique ou abdominale (coccygeo-mésentérique des oiseaux), veine porte, réseau du foie, veine sus-hépatique et veine cave inférieure, du point d’arrivée de la veine sus-hépatique jusqu’au cœur.
Chez les mammifères même on peut la retrouver encore, chez les plus inférieurs au moins, et par exemple chez l’Échidné (Beddard).
THÉORIE RÉGIONALE Hü CORPS DES VERTÉRRÉS
Nous avons déjà montré que les deux régions, tête et tronc, étaient deux combinaisons différentes des mêmes éléments. Pourquoi ces différences de combinaisons? pourquoi une tête? pourquoi un tronc? Cette question résolue, les subdivisions en régions secondaires sont très simples.
Nous avons indiqué que la plupart des particularités céphaliques tiennent à la présence des branchies; en expliquant cette présence npus résolvons le problème et faisons en même temps comprendre les différences au point de vue vasculaire.
DE L'ENDODERMÉRIE
Je rappelle qu’une fente branchiale débute par une saillie endodermique, ou plissement intestinal, qui se glisse entre deux somites mésoblastiques pour gagner l’extérieur. Inversement, si nous trouvions entre deux somites une saillie endodermique latérale, nous dirions voilà une poche branchiale qui se prépare. Si cette saillie n’allait pas jusqu’à l’extérieur, mais entrait en régression, nous dirions : la poche branchiale qui se disposait précédemment n’est pas arrivée à terme.
Ce raisonnement que nous avons tenu pour certaines régions de la. têter nous allons le tenir maintenant pour le tronc. Car, en arrière des poches que tous les auteurs appellent branchiales, on rencontre (X et XIII, 55; 58) ainsi de chaque côté du plan médian une série de diverticules intestinaux qui pénètrent entre les segments mésohlastiques.
Leur développement maximum coïncide avec le temps où les poches antérieures (vraiment branchiales) n’ont pas encore commencé à compliquer et accroître leur surface.
Ces diverticules latéraux sont visibles jusqu’au delà de l’anus. Préparés, en voyant croître le nombre des fentes branchiales actuelles depuis les vertébrés supérieurs jusqu’aux inférieurs, à admettre la possibilité de fentes plus nombreuses encore chez des ancêtres disparus, nous avons là un fait nouveau qui s’accorde parfaitement avec cette conjecture. Naturellement les branchies plus nombreuses étaient plus simples et plus petites ; aussi c’est juste dans le temps où les diverticules de l’intestin du tronc ont atteint leur maximum et régressent que les fentes antérieures se compliquent pour accomplir le travail respiratoire qui à ce moment, mais à ce moment seulement, apparaît comme devant tout leur incomber.
Tenons-nous au stade où non seulement ces poches antérieures ne sont pas plus compliquées: mais même pas plus grandes que les postérieures. Les poches égales s’ouvrent toutes également à l’extérieur entre les segments du mésoblaste ; alternes avec elles se tiennent les angiotomes isolés dont nous avons décrit l’existence et qui vivent indépendants et| égaux dans des conditions égales.
Comment cet ensemble homogène est-il devenu hétérogène?