INTRODUCTION
En parcourant la liste des travaux de M. Houssay, ,on peut d’abord être frappé par une certaine diversité: Si la plupart, en effet, sont des mémoires relatifs à des questions techniques d’anatomie comparée et d’embryologie, on y remarque en meme temps des rapports sur ses missions scientifiques; des essais de théories générales et des éludes: sur l’histoire des sciences naturelles. Cesitravaux; sont cependant reliés par une évidente continuité de pensée.
M. Houssay choisit pour son premier travail un sujet relatif à l’anàlomie comparée des mollusques où, maigre les brillantes recherches de Lacaze- Duthiers, tant d'obscurité demeurait encore, Parmi, les organes dont les homologies étaient discutées il fixa d’abord son attention; sur l’opercule, production cornée ou calcaire qui ferme laicôquille des gastéropodes quand ils se retirent dans celle-ci. L’étude précise dencette pièce était d’autant plus importante que seule avec la coquille elle est conservée par la fossilisation. Au reste, des naturalistes éminents, comme Huxley, Lôwen, Gray, discutaient sa valeur morphologique. M. Houssay par ses recherches, étendues ensuite à toutes les glandes du pied, proposa une solution qui
Accompagnant M. Dieulafoy dans sa mission de Susiane et de Perse, M. Houssay séjourna près de deux ans dans ces contrées, et rendit à celte occasion des services que son chef de mission s’est plu à reconnaître h diverses reprises dans ses rapports officiels.
■■Tout en collaborant à l’œuvre générale de la mission, M. Houssay ne négligeait pas ses recherches de sciences naturelles. 11 rapporta de ce voyage des études sur ! la circulation des scorpions, suit! l’anatomie dü solifuge que 1 l’on connaissait a peiné, des recherches anatomiques ej anthropologiques sur les races humaines de la Perse, des collections de
aquariums de 110s laboratoires, est un amphibien, c'est-à-dire un vertébré de complication moyenne. De plus son développement est lent : par suite les phénomènes transitoires y ont une certaine durée et peuvent mieux être saisis; enfin, comme la ponte est abondante et se fait sous les yeux mêmes de l'observateur, celui-ci ne manque pas de sujets sériés aveç
Ile cette façon, avant de grouper les os en vertèbres, et pour le faire avec exactitude, M. Iloussay a déterminé dans la tête de l’axolotl 10 gam glions nerveux, 10 fentes branchiales, dont 4 ou 5 persistent chez lés poissons ordinaires et chez les amphibiens pérennibranches, et qui toutes s’effacent chez les amphibiens urodèles et anoures ainsi que chez les vertébrés supérieurs ; reptiles, oiseaux et mammifères. I,'auteur a de
musculaires et 10 complexes uniformes de vaisseaux sanguins. Une si rigoureuse concordance portant sur :des organes si divers a déterminé M. Iloussay à considérer là tête des vertébrés comme constituée par 10 segments, d’abord uniformes et indépendants, puis soudés et groupés à nouveau de façons variées.
Mais le corps lui-même, soutenu chez l’adulte- par un axe vertébral où des pièces semblables se juxtaposent, innervé par des racines nerveuses rythmiquement, répétées, n’a-t-il pas aussi porté une mélamérie aujourd’hui effacée? Les études antérieures en donnent l’assurance pour les ébauches des masses musculaires et du rein secondaire. M. Iloussay poursuit la métamérie soupçonnée dans les ébauches, rénales primitives, dans les vaisseaux sanguins et jusque dans le tube digestif. Ce dernier appareil paraît chez l’adulte y échapper le plus, et cependant l’auteur a retrouvé des diverticules répétant jusqu’à l’extrémité du corps, quoique dans une mesure plus faible, la disposition qui dans la tête fournit les fentes branchiales. Donc, le corps du vertébré est à un certain moment formé de parties identiques qui se répètent ; il ressemble alors au corps d’un animal annelé.
Ayant ainsi abordé les problèmes naturels de diverses manières, et réfléchissant à ce que chacune de celles-ci avait de.caractéristique, M. Houssay fut conduit à tenter de construire une synthèse répartissant et groupant par les qualités de leur méthode toutes les. études zoologiques. Si la théorie
de l’évolution est fondée, l’histoire des formes animales et de leurs variations est celle d’un mouvement : c’est une mécanique. Donc, quoi que les
une statique, comme une cinématique ou comme une dynamique, lia statique considère les qualités des vivants ainsi que des objets immobiles en un équilibre stable et indéfini : c’est la méthode d’Aristote et de Cuvier. I,a cinématique traite les qualités des vivants comme des objets changeants ou mobiles, dont elle tâche de sérier lés positions en des ensembles continus, sons d’ailleurs pouvoir atteindre la cause du mouvement et de ses lois : c’est la méthode inaugurée par E. Geoffroy Saint-Hilaire et qui s’applique aux études d’anatomie comparée, d’embryologie et de paléontologie moderne. La dynamique enfin recherche dans le monde extérieur la causé du mouvement des formes et l’explication de ses lois : c’èst la méthode le Lamarck et des morphologistes expérimentaux.
En un volume, « La Forme et la "Vie », M. Houssay développe cette conception nouvelle et classe d’après elle tous les phénomènes et toutes les théories, y compris les siennes propres. Dans les quelque mille pages du *livre sont réparties 782 figures, la plupart originales, et d’après cela déjà l’on peut dire que c’est avant tout un travail technique et précis. L’auteur fait de plus ressortir que les efforts des modernes doivent bien moins tendre à renverser les oeuvres anciennes qu’à grouper auprès d’elles des documents nouveaux en un ensemble plus vaste* auquel collaborent ternis les esprits de tous les temps et de tous les pays. En dehors des questions générales ainsi envisagées, on peut signaler dans ce livre plusieurs cha^ pitres tout à fait nouveaux; ceux qui montrent la morphogénie comme entièrement dominée par le double phénomène du plissement de surface et de la mélamorphose, ceux qui traitent l’anatomie comparée du-système nerveux, la tète et la céphalisation, la réduction à des effets osmotiques des figures observées dans la division cellulaire et la fécondation* lés rapports des formes animales avec les modes de locomotion et suivant la position réciproque des organes propulseurs et directeurs, la signification des formes larvaires, etc.
On comprend que, pour réaliser l’ensemble des recherches qui viennent d’être résumées, M. Houssay ait dû . étudier et comparer entre elles toutes les théories biologiques, même les plus anciennes. Il en a conclu que les
conceptions générales sur la vie se réduisent a un petit nombre de thèmes, se reproduisent aux diverses époques, englobent toutefois des faits de plus en plus pénétrants, et diffèrent surtout par les erreurs qu’elles laissent néanmoins persister.
Les erreurs ainsi constatées établissent au surplus cette vérité que l’humanité progresse moins par ses théories générales que par une connaissance plus approfondie et plus précise des phénomènes. Aussi M. Hoqssay ne s’est-il jamais laissé absorber par des études purement théoriques et continue-t-il à observer et expérimenter. Ses recherches actuelles sur la variation des organes avec le mode d’alimentation lui donnent d’intéressants résultats) mais, comme ils ne sont pas encore
'• 4 i^v^«M5tèWsÇ rJ &&***/<>