I. De l’endodermérie
Je rappelle qu’une fente branchiale débute par une saillie endodermique, ou plissement intestinal, qui se glisse entré deux somites mésoblasliques pour gagner l’extérieur. Inversement, si nous trouvions entre deux somites une saillie endodermique latérale, nous dirions : voilà une poche branchiale qui se prépare. Si celte saillie n’allait pas jusqu’à l’extérieur, mais entrait en régression, nous dirions : la poche branchiale qui se disposait précédemment n’est pas arrivée à terme:
Ce raisonnement que nous avons tenu pour certaines régions de la tête, nous allons le tenir maintenant pour le tronc. Car, en arrière des poches que tous les auteurs appellent branchiales, on rencontre ainsi de chaque côté du plan médian une série de diverticules intestinaux qui pénètrent entre les segments mésoblastiques. Cette répétition régulière constitue ce que j’appelle Yenilodermérie.
Ces diverticules latéraux sont visibles jusqu’au delà do l’anus. Leur déve-
loppement maximum coïncide avec lé tempd oh les poches antérieures (vraiment branchiales) n’ont pas encore commencé à compliquer et accroître leur, surface.
Préparés, en voyant croître le nombre des fentes branchiales actuelles depuis les vertébrés supérieurs jusqu’aux inférieurs, à admettre la possibilité'de fenlesplus nombreuses encore chez des ancêtres disparus, nous avons là un fait nouveau qui s’accorde parfaitement avec cette Conjecture. ^Naturellement les branchies plus nombreuses'étaient plus simples et plus petites; aussi c’est juste dans le temps où les diverticules de l’intestin du tronc ont atteint leur maximum et régressent, que les fentes antérieures se compliquent'pour accomplir le travail respiratoire qui à ce moment; mais à ce moment seulement, apparaît comme devant lout leur
Tenons-nous au stade ou non seulement ces poches antérieures ne sont pas plus compliquées, mais même pas plus grandes que les postérieures. Les poches égales s’ouvrent toutes également à l’extérieur entre les segments du mésoblaste; alternes avec elles se tiennent les angiolomes isolés dont nous avons décrit l’existence et qui vivent indépendants et égaux dans des conditions égales.
Comment cet ensemble homogène est-il devenu' hétérogène?