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LES IDÉES D ÉVOLUTION DANS L'ANTIQUITÉ

culte d’Aphrodite (Revue archéologique, 1895).

Ô8. Nouvelles recherches sur la flore et la faune des vases peints de l'époque mycénienne et sur la philosophie pré-ionienne (Reçue archéologique, 1897).

45. La légende du Lépas Anàlifcra, la Vallisncria Spiralis et le Poulpe (C. II ,1c. Se.,

: lorsque les idées de Darwin commencèrent à se répandre, beaucoup de lettrés dirent remarquer que sa théorie n’était pas absolument nouvelle et que déjà Lucrèce avait, d’une façon fort nette, attribué Iti lutte pour la vie comme cause à une véritable sélection naturelle. Sans, doute, la portée de cette constatation n’était pas très grande, parce qu’enfin Darwin avait h tout le moins renouvelé la question au point de vue technique et enserré dans ses idées un immense ensemble de faits nouveaux et bien observés.

Lamarck lui-môme; et plus manifestement peut-être, a subi l’inlluence du poète latin, et tel des chapitres de sa Philosophie zoologique sur 'les conditions de la génération spontanée n’est presque qu’une traduction de Lucrèce.

Cependant on ne songeait pas à étendre cette investigation en dehors de Lucrèce ou d’Ëpicüre son maille, dont peut-être il n’avait été que le brillant interprète. Les sages antiques auxquels on aurait pu songer n’ont laisse que de rares écrits, et leur doctrine ne nous est guère connue que par des schèmes transmis qui la déforment plus encore qu’ils ne la résument. 11 est pourtant certain quTimpédoele, que Thalès et les philosophes ioniens ses disciples furent des evolutiomstes, croyant à la genèse aquatique, à la production spontanée des vivants-dans les eaux.

A notre avis même, ces philosophes ont moins créé que systématisé et professé des idées répandues bien avant eux et retirées de phénomènes biologiques réels mais mal interprétés. Ce sont ces phénomènes que nous

avons voulu dégager et c’est la primitive théorie de l’Évolution que nous avons tenté de restaurer. . .

Les deux problèmes fondamentaux qui se [sont posés dès la plus haute antiquité à propos des êtres vivants sont ceux de la sreneration et de la genèse : la génération, c’est-à-dire la production des vivants par les vivants, et la genèse, c’est-à-dire la sortie des vivants hors du cosmos inerte. Si le second des problèmes a perdu d’âge en âge son importance scientifique, i| était à l’origine au tout premier plan.

L’idée de génération fut l’objet d’une généralisation d’allure très scientifique. Elle fut, en effet, de bonne heure étendue aux végétaux. L’homme acquit rapidement cette notion par l’étude alimentaire du dattier, du pistachier et de quelques arbres et l’étendit, d’une façon d’ailleurs inexacte, à tous les autres, appelant males ceux qui. par dioicite véritable ou par accident, ne portaient pas de fruits, et femelles ceux qui portaient des fruits. J’ai montré que la mllisneria spiralh, dont la curieuse fécondation était certainement connue, fut la plus courante représentation de ces phénomènes généraux. 11 est, en effet, impossible de déterminer autrement la plante aquatique, dioïque, figurée partout et dont les déformations se sui-

La genèse est considérée comme se réalisant au sein des eaux.; et les peintres figurent les animaux que l’on croit explicatifs des transformations, l’oursin qui doit donner le hérisson terrestre, l’hippocampe qui se change en cheval et plusieurs autres. Ils figurent aussi l’organisation des oiseaux aux dépens de certains arbres aquatiques : et celle croyance perpétuée par tradition est devenue la légende de l’analife et de l’oie bernache, qui, d’origine savante et religieuse, a fini par tomber dans le lolk-lore.

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