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INTRODUCTION

Les principaux travaux de M. Bonnier sont relatifs, les uns ii, l’étude des fonctions des végétaux, les autres à, l’étude du rapport de ces fonctions avec la forme et la structure anatomique des organes.

C’est à la première catégorie qiie se rattachent les expériences de l’auteur sur les relations entre les insectes et les fleurs, la symbiose et le parasitisme, la transpiration, la respiration, l’assimilation, le dégagement de chaleur, l’influence de la pression.

C’est dans la seconde catégorie que sont comprises ses recheVches sur les modifications apportées à la structure des plantes par le climat, ou par différentes causes isolées, telles que l’éclairement, l’état hygrométrique de l’air, la nature du sol, etc., ainsi que ses recherches sur le mode de répartition des espèces végétales dans diverses régions.

Ces travaux ont été exécutés d’abord à l’Ecole Normale Supérieure, puis à la Sorbonne et au Laboratoire de Biologie végétale que M. Bonnier a établi, en 1890, à Fontainebleau.

Une des causes de variation des espèces h laquelle certains auteurs ont attaché une prépondérance marquée, c’est le rôle des insectes dans la fécondation des fleurs. M. Bonnier a établi des expériences sur les relations

entre les plantes qui produisent le liquide sucré appelé nectar et les abeilles qui le récoltent pour faire leur miel. Il a fait voir, par plusieurs méthodes, qu’on avait attaché une importance exagérée à l’adaptation réciproque des insectes et des fleurs, et qu’en tout cas les necfaires jouent un rôle spécial directement utile à la plante elle-même. La provision de sucre accumulée au voisinage de l’ovaire est utilisée après la fécondation et contribue à la transformation des ovules en graines.

D’autres modifications des plantes, dans leur mode de vie et dans leur répartition, peuvent être dues aux relations des végétaux entre eux, soit lorsque les plantes sont parasites les unes sur les autres, soit lorsqu’elles vivent en commun dans une sorte d’association connue sous le nom de symbiose. C’est à ce genre de questions que se rapportent les travaux de M. Bonuier sur les plantes vertes parasites et sur les Lichens. L’auteur apporte la preuve définitive de la constitution complexe de ces derniers végétaux, qui sont formés par l’association d’une Algue et d’un Champignon ; il a réussi à obtenir en cultures Pasteur la formation complète d’un Lichen avec ses fructifications, en semant les spores du Champignon sur l’Algue pure. Cette méthode lui a permis d’étudier un autre cas de symbiose qu’il a été le premier à signaler : l’association temporaire entre le Champignon du Lichen et les filaments que produit une spore de Mousse en germant.

Dans une série de recherches que l’auteur a faites en collaboration avec M.VanTiegbem,ilest démontré que les phénomènes vitaux ne sont jamais entièrement suspendus, même pour les tubercules les plus desséchés ou pour les graines. 11 n’y aurait donc pas de vie absolument latente, mais seulement une vie qui peut être ralentie dons des proportions considé-

Lorsque la plante passe de l’état de vie ralentie à l’état de vie manifestée, cette transition se fait toujours avec un dégagement de chaleur. M. Bonnier a donné pour la première fois des nombres se rapportant aux quantités de chaleur dégagée par les végétaux.

A l’occasion de ce dernier travail, l’auteur avait été amené è mesurer les échanges gazeux qui se produisent entre les plantes et l’atmosphère extérieure. Dans d’autres recherches, faites en collaboration avec M. Mangin, cette question a été examinée en elle-même et avec plus de détails.

Les voyages scientifiques que M. Bonnier a faits en Suède et en Norvège, dans les Alpes du Tyrol et dans les Carpathes, lui ont fourni, d’autre part, de nombreuses observations, qu’il a mises à profit dans ses travaux ulté-

Dtilisant la plupart des résultats précédents, M. Bonnier a institué

individu.

Le climat alpin modil

toutes les conditions restant les mêmes, sauf l’éclairement. En outre, afin de pouvoir agir avec une source constante de lumière, il a installé des expériences dans le pavillon d’électricité des Halles Centrales. Ces études ont même conduit l’auteur à faire agir sur un certain nombre de plantes, nuit et jour pendant plusieurs mois successifs, une lumière continue, comme celle que reçoivent naturellement les plantes qui se trouvent dans les régions polaires.

L’application de ces travaux a été faite par M. Bonnier à la comparaison des plantes arctiques du Spitzberg et de l’ile Jan Mayen, avec les mêmes espèces croissant dans les régions les plus élevées de nos montagnes.

De l’ensemble de tontes ces études, on peut conclure que le milieu agit d’une manière directe sur les végétaux et sur la constitution interne de leurs tissus les plus essentiels; l’anatomie expérimentale devra servir à séparer les caractères que l’on appelle héréditaires de ceux qui sont soumis à l’influence immédiate des conditions extérieures.

Dans les Laboratoires de l’École Normale, de la Sorbonne et de Fontainebleau, sont venus des travailleurs français et étrangers qui ont publié de nombreux mémoires, dont plusieurs ont reçu des récompenses académiques. : cinq prix et une mention de l’Académie des Sciences do Paris, un prix de l’Académie des Sciences de Copenhague.

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