II. — Observations sur les plantes de la Scandinavie
Sur les variations qui se produisent avec la latitude dans une même espèce végétale (Bull. Soc. Bot,, t. XXV, p. 300). — Observations sur les modifications des végétaux suivant les conditions physiques du milieu (Ann. Sc. nat,,
La première partie de ces observations est consacrée à la comparaison des influences de la latitude et de l'altitude. Si l’on s’avance du sud- au nord dans les régions septentrionales, ou bien si l’on lait l’ascension d’une haute montagne, les conditions physiques au milieu desquelles croissent les végé-
relative. Ainsi, la quantité de lumière pendant l’été augmente, il est vrai, mais.pour "des causes différentes et dans des proportions qui ne sont pas comparables. Sous les hautes latitudes, c’est la grande longueur des jours d’été qui produit cette augmentation de lumière ; dans les Alpes, c’est la moins grande quantité d’air et de vapeur d’eau traversée par les rayons solaires. L’état hygrométrique de l’air, qui, en moyenne, augmente avec la latitude dans la plupart des cas, est moins grand au contraire sur le sommet des Alpes que dans les vallées ; le sens même de la variation peut donc être quelquefois changé. Il est intéressant de rechercher si l’on peut attribuer les ressemblances de la végétation aux conditions physiques qui varient do même pour la latitude etl’altitude, etsi les changements différents sont dus aux conditions physiques qui varient d’une manière différente.
Les auteurs examinent d’abord les variations générales de la flore : 1” en déterminant le nombre relatif des plantes alpines aux diverses latitudes ; 2" en suivant du sud au nord de la presqu’île Scandinave, la flore des forêts de sapins. Pour les variations avec l’altitude, la même comparaison est faite dans des régions de plus en plus élevées au-dessus du niveau de la mer, à Blaahoerne près Domaas et à Knüts-Hoe près Kongswold. Par
mont Schnœhatten et mont Knüts-Hoe) ; 4° une vallée dirigée de l’ouest à l’est (vallée du Romsdal); 5“ les côtes ouest (Molde, Christiansund et Trondhjem); 6" la traversée complète de la presqu’île Scandinave de l’est à l’ouest (de Levanger à Sundsvall par Ostersund) ; 7" les plaines de la Suède (de Stockholm îi Christiania).
Une quarantaine de listes détaillées ont été dressées dans ces différentes
La distribution des végétaux ne peut être établie qu’en prenant pour base des listes dressées sur place avec la plus grande exactitude.
Les listes des Cryptogames vasculaires, des Muscinées, des Lichens etdes Diatomées les plus répandus dans les diverses localités observées en Scandinavie par les auteurs sont contenues dans ce travail.
Au sujet de la distribution des Mousses, quelques observations sont relatives aux diverses formes qu’elies présentent et aux modifications qu’une môme espèce peut subir. C’est ainsi que la forme Bypnum est d’autant plus rare à la môme latitude que l’altitude est plus élevée; au contraire, à mesure qu’on s’élève sur les pentes abruptes qui conduisent jusqu’aux plus hauts plateaux de la Norvège, on voit apparaître la forme Dicranum qui devient bientôt dominante. On peut même observer que certaines espèces qui, dans la plaine, présentent nettement la forme Bypnum, se modifient, changent leur physionomie et passent à la forme Dicranum. C’est ainsi, par exemple, que le Rhacomitrium lanuginosum, si abondamment ramifié dans les forêts de sapins, perd ses ramifications à. mesure qu’on s’élève vers les plateaux élevés et prend la forme Dicranum.
Les Lichens paraissent surtout en rapport, dans leur distribution, avec l’état hygrométrique de l’air. A mesure qu’on s’élève de la plaine vers le sommet du Schnœhatten, point culminant des montagnes du Dovre, les Lecidea, Rhizocarpon, Solorina, Lecanora, et en général les Lichens saxicoles deviennent plus abondants; enfin, le Lecidea geographica, très répandu déjà au niveau de la mer'sur les deux côtes, demeure seul comme un des derniers représentants de la vie végétale.
Les espèces de Diatomées les plus répandues sont les Tahellaria flocculosa et T. fenestrata. On peut citer aussi parmi les espèces récoltées le Gomphonema ealcareum qui n’a pas encore été observé en dehors de la
par les espèces caractéristiques.
Sur quelques plantes annuelles ou bisannuelles qui peuvent devenir vivaces aux hautes altitudes {Bull. Soc. Bot., t. XXXI, p. 30fi).
On trouve dans cette étude l’indication de quelques localités situées à de grandes altitudes où certaines plantes ordinairement annuelles sont devenues vivaces. On peut citer, par exemple, VArenaria serpyllifolia qui, à 2300 mètres d’altitude, au pic d’Arbizon, dans lès Pyrénées, est devenu vivace par des stolons. Le Poa annua a de même été trouvé vivace au pic du Midi. Le hinaria alpina, ordinairement bisannuel, devient aussi vivace dans les grandes hauteurs. On peut citer encore le Senecio viscosm et le Ranunculusphilonolis qui subissent des transformations analogues.
transformées en pétales comme dans une fleur ordinaire i’Atragene, et réciproquement des fleurs i’Atragene sans pétales.
Chez les T/ialictrvm, le caractère fondé sur la distinction des rhizomes courts, renflés et des stolons grêles, que l’on donne comme distinctif entre les espèces principales, n’est pas meilleur que les autres. C’est ainsi que le T. minus, toujours indiqué dans les flores comme stolonifère, se présente souvent dans la région sous-alpine et alpine sans stolons et avec de nombreux renflements, tandis qu’au contraire le T. fœtidum a été trouvé muni de stolons grêles et allongés.
Les fleurs de beaucoup d’espèces du genre Anemone présentent souvent de grandes variations de forme et de structure.
Le genre Callianthemum ne peut être caractérisé d’une manière bien nette ; on rencontre souvent des formes de passage avec diverses espèces de Re^onqules.
Dqns'le genre Ranunculns, l’auteur cite de nombreux cas tératologiques, entre qutros les concrescences des rameaux et des pédoncules floraux (fasciation) se’perpétuant par le semis chez le R. gramineus, et diverses modifications, suivant le milieu, des feuilles nageantes et submergées chez les R. Lingua ei'Tlammula.
Enfin le gonfe Cakha, au point de vue des diverses parties du pistil, peut être considéré Èomme intermédiaire entre les genres Ranunmlus et Hdk-
Au point de vue anatomique, on peut citer surtout l’étude des tiges du Thalictrum minus qui présentent sur une très petite longueur tous les passages entre une tige de Dicotylédone à formations secondaires et une tige à, structure primaire et à plusieurs cercles de faisceaux comme celle des Monocotylédones.
Les racines renflées de Thalictrum tuberosum et de Ranunculus Chærophyllos ofi'rent une singulière opposition dans leur structure, la première étant uniquement constituée par le cylindre central et la seconde presque uniquement par l’écorce.
Le second travail est analogue au précédent, mais relatif à quatre autres familles de plantes. On y trouve, entre autres faits, une étude comparée
Localités déplantés de la région parisienne non signalées dans la Flore des environs de Paris et quelques espèces nouvelles pour cette région (Bull. Soc. Bol., t. xxxill, p. 186. — Flore du Nord de la France et de la Belgique, avec 2282 figures (Paris, Paul Dupont). — Nouvelle Flore des environs de Paris, avec 2145 figures (Paris, Paul Dupont).
Dans ces deux Flores régionales les auteurs ont présenté des tableaux synoptiques illustrés permettant par une méthode nouvelle d’arriver facilement à la détermination des plantes. Ce travail n’a pas été tait au moyen des clefs déjà existantes ; toutes les descriptions, toutes les figures et l’arrangement des tableaux résultent de la comparaison des plantes elles-mêmes, dont les auteurs ont pu se procurer de très nombreux échantillons provenant de collections classiques.
L’Académie des sciences a accordé le prix de La Fons-Mélicocq au premier de ces ouvrages sur le rapport de M. A. Chatin.
La Société Nationale d’Agriculture de France a accordé deux médailles d’or à la seconde de ces Flores.
Im Végétation de la France (Paris, Paul Dupont).
Sous ce titre général il doit être publié, sous les auspices du Ministère de l’Instruction publique, un certain nombre de volumes dont la rédaction est faite sous la direction de M. Gaston Bonnier. Ces volumes traiteront de la distribution des plantes françaises spontanées ou de grande culture, de la géographie botanique et agricole de la France, et de la description détaillée avec planches à l’appui de toutes les espèces, sous-espèces et
Le premier volume de cet ouvrage vient dç paraître. Il est rédigé par MM. Bonnier et de Layens. Il renferme les tableaux synoptiques de toutes les plantes vasculaires de la Flore de la France et est accompagné de 5289 figures dessinées d’après nature ainsi que d’une carte des régions.
Comme dans les Flores précédentes, la description et le groupement des espèces ont été faits directement avec les plantes mômes.
Ce travail a été subventionné par le Comité des travaux historiques, sur le rapport de M. Duchartre.
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