II. — Parasitisme; Symbiose
Recherches sur la synthèse des Lichens (Ann. Sc. nat., 7- série, t. IX. p. i avec
cinq planches). — Recherches sur le déceloppement du Physcia parietina
(C.R , t. CVII, p. iit). —Recherches expérimentales sur la synthèse des Lichens
dans un milieu privé de germes (C. R., t. cm, pr9«). — Culture des Lichens • à tair libre et dans tair privé de germes (Bull. Soc. Bol. l. XXXIII, p. 646)..
Les Lichens ont été considérés par plusieurs auteurs comme formés par l’association de deux êtres différents ; une Algue et un Champignon. La partie du Lichen qui contient de, la chlorophylle {gonidies) serait formée par l’Algue; la partie qui n’en contient pas (hyphes) serait.formée par le Champignon. Cette manière de voir a été confirmée par la méthode analytique et l’on a réussi à séparer les deux êtres associés, isolant les gonidies qui peuvent continuer à se développer indépendamment du Lichen, en prenant l’aspect d’Algues connues.
La synthèse des Lichens dans un milieu privé de germes,- réalisée par l’auteur, n’avait jamais été obtenue et certains botanistes s’autorisaient de cet insuccès dans les cultures pour révoquer en doute la nature complexe de ces végétaux inférieurs, qu’ils persistaientàconsidérer commeautonomes.
L’ensemble de ces recherches est résumé dans le rapport suivant de M. Bornet, lu à l’occasion du prix Montagne décerné h l’auteur par l’Académie des Sciences.
« La section de Botanique décerne le prix Montagne à M. Gaston Bonnier, professeur à la Faculté des Sciences de Paris, pour son Mémoire sur la synthèse des Lichens, dont les principaux résultats ont été présentés à l’Académie, en novembre 1886, et qui paraît clore définitivement la question de l’hétérogénie des Lichens.
« Dep.uis que M. Schwendener enseigna, il y a une vingtaine d’années, que les Lichens sont composés d’un Champignon et d’une Algue, cette question a été étudiée à des points de vue très divers, qui tous ont conduit à mettre hors de doute la réalité de cette double nature. Il fut d’abord établi, par de nombreux exemples, que toutes les gonidies connues rentrent dans un genre d’Algue.
« Si l’on extrait ces gonidies de la fronde du Lichen, ainsi que l’ont pra-
par des ramifications de Lichens qui les revêtaient souvent d’une manière très régulière. En beaucoup de circonstances, les spores de Lichens, germant sans avoir d’Algues à leur portée, peuvent attendre longtemps la présence de ce complément indispensable de leur organisation en s’associant aux protonémas des Mousses. Dans une certaine mesure, ces derniers organismes peuvent remplacer l’Algue qui (ait défaut.
A la suite de ces observations nouvelles, l’auteur a essayé de réaliser par des cultures l’association d’un Champignon issu d’une spore de Lichen avec un protonéma issu d’une spore de Mousse (fig. 2 et 3). On a pu obtenir ainsi sur des fragments de roche, et même sur des lamelles de verre, des plaques constituées par ce singulier consortium.
Mais, ni dans les cultures, ni dans la nature, il ne se produit de fructification du Lichen dans cette association. 11 arrive parfois que le protonéma de la Mousse cherche à se défendre contre l’envahissement lichénique on produisant çà et là des renflements àparois plus épaisses, qui peuvent s’isoler et aller germer au loin pour produire un nouveau protonéma délivré du Champignon qui l’entourait de son réseau de filaments.
Recherches physiologiques sur les plantes vertes parasites (Bulletin scientiüque de la Franee et de la Belgique, t. XXV, p. 17). — L'assimilation du Gui comparée à celle du Pommier {Soit. Soe. Bot., t. xxxvi, p. ocLXxiii). — Sur t assimilation des plantes parasites à chlorophylle (C. K., t. cxm, p. toi4), —Note sur quelques plantes à chlorophylle qui ne dégagent pas d'oxygène à la lumière
Un certain nombre de plantes sont fixées sur d’autres végétaux par des suçoirs et renferment cependant de la chlorophylle dans leurs feuilles. Ces plantes sont donc intermédiaires entre les parasites complets se nourris-
végétaux ordinaires, dont la nutrition est indépendante.
C’est par des cultures ou par des recherches morphologiques que Mitten et Decaisne ont découvert le parasitisme do certains végétaux verts. L’auteur s’est proposé d’en étudier la (onction assimilatrice, et il a fait voir dans ce travail que la physiologie expérimentale seule peut permettre de démontrer le parasitisme de ces plantes. Il met en évidence qu’on peut observer tous les degrés entre une assimilation indépendante et une nutrition qui dépend complètement du végétal sur lequel est fixé le parasite.
C’est ainsi que tes Euphrasia, les Bartsia empruntent la majeure partie de leur nourriture à l’hôte, tandis que les Melampyrum assimilent beaucoup
tent qu’une seule rangée ou même n’en présentent pas (fig. 5, 6, et 7, 8).
Il résulte de là qu’une lumière de même intensité, tombant sur la même surface de feuille, traversera une quantité de chlorophylle beaucoup plus grande dans une feuille de plante alpine que dans la feuille comparable de plante de plaine. Par suite, pour une même lumière, l’assimilation chlorophyllienne devra être plus forte dans le premier cas que dans le second.
Or, comme la lumière est plus intense dans la région alpine que dans les
, chlorophylle
plus abondante.
Cette dernière conclusion montre qu’il s’établit ainsi une sorte de compensation entre le faible développement des parties aériennes des plantes alpines et leur nutrition plus intense.
Par des observations faites sans cultures comparées, M. Leist (f) s’est trouvé en désaccord sur quelques points avec les résultats dont on vient de parler. M. Wagner, ayant repris la question, a montré comment et pourquoi M. Leist s’était trompé, et a vérifié les résultats énoncés par M. Bonnier. M. Wagner termine son mémoire par la phrase suivante:
« Les observations que je viens de rapporter établissent complètement « les propositions avancées par Bonnier au sujet de la structure en palis- « Sade des plantes alpines, et montrent, par contre, que les hypothèses I< contraires de Leist ne sont susceptibles d’aucune généralisation, et que « sa tentative pour établir que la structure du mésophylle foliaire n’est O causée que par la transpiration, ne peut donner lieu à aucune vérification O tirée de relations réelles entre la structure du tissu et sa fonction (2). »
Influence des hautes altitudes sur les fonctions des végétaux (c. R., i. oxi, p. 3j7).
On a vu, par les recherches précédentes, que les feuilles sont profondément modifiées dans leur structure par le climat alpin. Ce nouveau travail a pour but de constater expérimentalement de quelle manière cette modification de structure correspond à un changement d’intensité dans les fonc-
Le problème offrait un certain nombre de difficultés. Pour faire les comparaisons, il fallait opérer exactement dans les mêmes conditions avec deux échantillons vivants de la même plante, provenant originairement du même individu et placées dans des atmosphères de même composition. On a pu étudier de la sorte, comparativement, les principaux échanges gazeux qui se produisent entre la plante et l’extérieur : l’assimilation chlorophyllienne, la respiration, la transpiration chlorophyllienne et la transpiration à l’obscurité.
Le sens dans lequel ces diverses fonctions physiologiques varient avec l’altitude était loin d’être évident a priori, car on a vu dans un autre Mémoire (p. 22), que la structure du parenchyme foliaire et l’abondance apparente de la chlorophylle ne sont pas toujours en rapport avec le dégagement d’oxygène observé,
La conclusion de ces recherches comparées est la suivante :
Chez les mêmes plantes, placées dans les mêmes conditions extérieures,
sorte que l’assimilation et la transpiration chlorophylliennes sont augmentées, tandis que la respiration et la transpiration à l’obscurité semblent peu modifiées.
On peut en déduire que, pendant la courte saison des hautes altitudes, les plantes élaborent avec plus d’intensité les principes nutritifs qui leur sont nécessaires.
Ces résultats pourraient servir à expliquer la plus grande quantité relative de sucres, d’amidon, d’huiles essentielles, de pigments colorés, d’alcaloïdes, etc., que l’on constate chez les plantes de plaines croissant dans le climat alpin, car ces produits sont tous en rapport avec l’assimilation chlorophyllienne.
influence de la lumière électrique continue et discontinue sur la structure des arbres {C. R., t. OXV, p. 445). — Influence de la lumière électrique sur la structure des plantes herbacées (C. R., l. cxv, p, 475). — Note sur les cultures à la lumière électrique continue (Soc. de Biol., 9" série, t. V, p. 844).
La cause principale des variations de structure décrites dans les travaux qui précèdent est l’inégalité de l’éclairement reçu par les feuilles. On s’est proposé, dans cette nouvelle série de recherches, d’étudier cette cause isolément, en soumettant des plantes à une lumière d’intensité constante pendant des temps différents, toutes les autrès conditions restant
Les expériences ont été faites dans le pavillon d’électricité des Halles centrales, à Paris. Les plantes se trouvaient à une température et dans un état hygrométrique sensiblement constants ; la lumière était produite par des lampes à arc, sous globe ; celles-ci étaient séparées des plantes par une épaisseur de verre plus ou moins grande afin d’éliminer une partie des rayons ultra-violets.
Une première, catégorie de recherches a été faite en taisant varier, pour une même espèce, l’intensité de la lumière reçue et l’on a constaté que les
Sade, l’dpiderme et les stomates, une moindre différenciation que les feuilles comparables normales.
Les expériences faites avec des espèces herbacées, des graines germant, des tubercules ou des plantes aquatiques, ont donné des résultats analogues (voyez, par exemple, les figures 13 et 14). Certains tubercules et certains rhizomes, soumis à l’éclairement continu, déplaçaient même leurs réserves pour former des sortes de tubercules aériens à cellules remplies de chlorophylle jusqu’au centre du tubercule.
mômes espèces récoltées d’une part au Spitzberg ou à l’Ile Jan-Mayen, et d’autre part recueillies dans la région alpine supérieure de nos mon-
Au point de vue dés sommes de température et de l’humidité du sol, les plants d’une même espèce peuvent se trouver dans des conditions assez analogues de part et d’autre ; mais, en considérant l’humidité de l’air et le mode d’éclairement, on constate une remarquable inégalité dans le milieu phy-
l’air devient de plus en plus sec, tandis qu’à mesure qu’on atteint les latitudes de plus en plus élevées, l’air devient de plus en plus humide. Quant à l’éclairement, tandis que les plantes alpines sont soumises à une lumière alternative très vive pendant la journée et nulle à minuit, dans une atmosphère ordinairement dépourvue de brumes, les plantes arctiques sont exposées à une lumière continue, au milieu d’un brouillard presque incessant.
En comparant attentivement la structure des organes comparables, on trouve chez l’espèce arctique tous les caractères d une adaptation à un éclairement continu et à l’air humide.
Ainsi, les feuilles de la plante arctique sont plus épaisses, renferment plus de lacunes à air et sont moins diffère inciées que celle de la plante alpine de la même espèce (fig. t5 et 16).
Des cultures faites avec les mêmes plantes, à la lumière électrique continue et dans l’air humide, ont réalisé expérimentalement des modifications de structure qui se produisent dans le même sens.
Il résulte de l’ensemble de ces expériences que la rie latente n’est qu'une forme de la vie extrêmement ralentie, pendant laquelle les fonctions physiologiques ne sont pas complètement abolies.
Des expériences analogues ont été laites avec des bulbes et 4es tubercules frais, ou desséchés.
Une autre partie de ces recherches est relative à l’action du frpid :
On sait, depuis les expériences dlEdwardset Colin (.1834), et par les expériences récentes de M. G. de Candolle, que les graines mûres peuvent .être soumises à des températures très basses sans perdre la faculté germinative. Les auteurs présentent les résultats d’expériences qui montrent que certaines graines font exception k cette règle, telles que celles de l’Érable, parmi les plantes de notre région, dont les emb ryons gèlent vers — 20“ ; on peut citer aussi, parmi les plantes cultivées, le Thetmopsis nepalensis et le Gleditschia fei'ox, dont toutes les graines ont été congelées à — 25“.
Enfin les auteurs traitent la question de l’endosmose et de l’exomose des organes à l’état de vie ralentie :
Si l’on plongé dans l’eau im organe à l’état de vie latente, pourvu d’une ample provision de matériaux nutritifs, une grajne, par exemple, il se produit aussitôt deux phénomènes inverses. La graine absorbe de l’eau qui pénètre dans sa masse avec ou sans les matières dissoutes, suivant la nature de- ces matières et celle de la graine. La graine dégage en ,mêine temps dans l’eau qui l’entoure une certaine quantité de substances solubles qui se trouvent en réserve dans ses cellules. 11 y a endosmose et exosmose à la' fois.
Étudiant d’abord l’endosmose, les auteurs appellent jOOMOofr absorbant de la graine le poids d’eau absorbé, rapporté à 100 de graines prises à l’état de dessiccation ordinaire. Ce pouvoir absorbant varie suivant la nature de la graine ; il est indépendant de la température ; il n’est pas le même dans une graine vivante et dans une graine morte. La valeur de, ce pouvoir absorbant est ensuite donnée dans diverses conditions, pour le Lupin, la Fève, le Blé, le Haricot, le Mais, le Balisier.
' Pour mesurer l’exqsmose, ou renouvelle l’eau qui entoure les graines, de façon que la perte de matières solubles se poursuive jusqu’à, épuisement total ; l’eau employée était suffisamment chloroformée afin d’éviter le déve-
analysé. Les résultats obtenus sont indiqués pour les graines d’un assez grand nombre d’espèces ; ce sont les espèces citées plus haut et, en outre, les suivantes : Lentille, Châtaignier, Chêne, Noyer, Coudrier, Amandier, Pistachier, Sarrasin, etc. On peut citer, entre autres résultats, les embryons
-io¬
de Lupin, qui abandonnent à l’eau plus du tiers de leur matière sèche.
Les mêmes phénomènes d'exosmose ont été mesurés avec divers tubercules et bulbes, avec les jeunes pousses de l’Asperge et les racines de
leurs sont amenés à étudier les organes qui, jouissent delà vie manifestée et chez lesquels le résidu de matières examiné devient très faible; mais ce résidu existe toujours. Le problème de 1’ « excrétion des racines » n’est donc qu’un cas particulier de ce phénomène et reçoit ainsi, d’un façon
Note sur la réviviscence des pîantules desséchées (Rev. gén. Bot., t. iv, p. 194).
Doyère avait remarqué que le Blé germé peut, en certains cas, supporter une dessiccation plus ou moins forte, puis reprendre ensuite la vie active si on le place de nouveau dans des conditions favorables. On sait d’ailleurs qu’il existe des plantes développées, certaines Sélaginelles par exemple, qui présentent la même particularité.
Dans ce travail, on s’est proposé de préciser, pour le Blé, les conditions dans lesquelles on peut opérer le retour è la vie active des jeunes plants desséchés et de chercher dans quelles limites on peut observer ce phénomènes chez d’autres espèces, telles que la Fève, le Haricot, le Pois, le Maïs.
Les résultats des expériences prouvent que ce retour possible à l’état de vie presque latente, sans perte du pouvoir germinatif, dépend essentiellement de l’état de développement de la plantule et de la température à laquelle on la dessèche.
C’est surtout l’eau abandonnant le protoplasma ou se combinant avec lui qui joue le rôle principal dans ces alternatives de vie ralentie et de vie manifestée. L’eau des membranes, des grains d’amidon, etc., ne paraît jouer qu’un rôle très accessoire.
Enfin, si l’on étudie, au point de vue des échanges gazeux et de la chaleur dégagée, ces plantes en voie de réviviscence, on trouve des phénomènes analogues à ceux de la germination des graines, avec cette différence que la première période est relativement abrégée.
Recherches sur la chaleur végétale (Arm. Sc. nal., v série, t. viii, p. i, avec deux planches). — Sur la quantité de chaleur dégagée par les végétaux pendant la germination (Bull. Soc. Bol., i. xxvii, p. i«). — Sur les quantités de chaleur dégagées et absorbées par les végétaux (C. R., l. en, p. 1448). — Hôte sur la comparaison entre la chaleur dégagée par les végétaux et la respiration
Les botanistes qui s’étaient occupés de la chaleur dégagée par les végétaux avaient seulement mesuré la différence de température existant entre le végétal étudié et le milieu extérieur. De semblables expériences ne sauraient donner la quantité de chaleur dégagée.
Cette quantité de chaleur peut, au contraire, être obtenue par l’emploi du calorimètre Berthelet, dont on se sert comme pour l’étude des réactions lentes; c’est la méthode qui a été employée dans ce travail. Les graines de nombreuses espèces ont été successivement étudiées et ont toutes fourni un dégagement notable de chaleur. En suivant une graine depuis le commencement de la germination jusqu’au moment où la chlorophylle apparaît dans la plantule, on peut mesurer la quantité totale de chaleur dégagée pendant cette période. Pour les graines étudiées, la quantité de chaleur dégagée en une minute par un kilogramme de graines germant, a varié de 30 à 120 calories.
De nouvelles expériences ont été faites par l’auteur sur les quantités de chaleur dégagées par les végétaux aux différentes époques de leur développement. Les méthodes employées sont au nombre de deux : celle qui a servi aux expériences précédentes, et celle du thermocalorimètre de Régnault. Dans la seconde méthode, connaissant l’excès de la température marquée par le thermocalorimètre sur celle du milieu extérieur, l’expérience est disposée de telle façon qu’on peut calculer la quantité de chaleur dégagée par les végétaux placés dans l’appareil.
Les résultats tournis par ces deux procédés sont concordants et permettent de formuler les conclusions suivantes : 1“ les quantités de chaleur dégagée dans le même temps, par le même poids de tissus vivants, sont très différentes suivant l’état du développement ; 2* le nombre de calories produites passe en général par des maxima et des minima successifs; 3"les maxima les plus importants sont ceux que l’on constate au début de la germination et pendant la floraison.
Des expériences de vérification ont été faites en plongeant les graines
11 est à remarquer que la quantité de chaleur dégagée pendant un certain temps par un végétal n’a aucun rapport avec celle qui serait produite par la formation de l’acide carbonique émis, même en tenant compte de l’excès
d’absorption d’oxygène pendant le même temps. Pour les graines en germination, la première quantité de chaleur est plus grande que la seconde ; dans les fleurs épanouies ou dans les fruits en voie de maturation, elle est, au contraire, plus petite.
C’est donc lorsqu’on étudie les tissus au moment de la consommation d’une réserve déterminée, comme au début de la germination, que la chaleur dégagée par la transformation des substances de réserve (dédoublement et hydratation) vient, si l’on peut s’exprimer ainsi, s’ajouter à celle de la respiration.
Si l’on étudie les tissus au moment de la formation d’une réserve déterminée, comme cela se produit alors que les substances émigrent vers les fleurs ou au début de la formation des fruits, on constate que la chaleur absorbée par la formation des substances de réserve vient au contraire se retrancher de la chaleur dégagée par la respiration.
le rôle physiologique de la chloro-
Cette Note contient l’exposé des travaux récents sur la composition chimique et sur le rôle de la chlorophylle. On y trouve une critique de la théorie proposée par M. Prinsgheim et l’indication des recherches à taire au sujet de l’influence de la lumière sur la respiration; ces recherches, exécutées plus tard par l’auteur, avec M. Mangin, devaient servir de point de départ aux études sur les échanges gazeux résumées ci-dessous.
Recherches physiologiques sur les Champignons (0. R., i. xcsi, p. 10T6). — Note sur la vie des Champignons dans l’air confiné (Bull. Soc. Bot., i. xxx, p. lei). — Méthode pour étudier l’influence de la lumière sur la respiration (Bull. Soc. Bot., t. XXX, p. 236). — Recherches sur la respiration et la transpiration des Champignons (Ann. Sc. nat., e* série, t. XVII, avec quatre planches, p. 210).
L’ensemble de ces recherches forme un Mémoire dont le manuscrit avait été déposé à l’Académie des Sciences, qui a décerné aux auteurs le prix Desmazières (1883), sur les conclusions du Rapport suivant, lu par M. A. Chat™.
Ces travaux renferment d’abord l’étude de la respiration dans les plantes entières ou dans les parties des végétaux qui sont dépourvues de matières vertes ; les principaux exemples choisis sont : les végétaux phanérogames parasites, les. graines pendantleur première période germinative, les rhizomes, les plantes étiolées, etc.
Les méthodes employées sont, sauf quelques légères modifications, celles qui ont été décrites dans le travail relatif à l’étude des Champignons.
L’étude de la respiration a été envisagée dans ces recherches de deux
manières différentes : dans la première partie du Mémoire, on trouve la mesure des quantités d’acide carbonique qui ont été dégagées et des quantités d’oxygèue qui ont été absorbées; dans la seconde, les auteurs cherchent comment varie le volume de l’acide carbonique dégagé par rapport au volume de l’oxygène absorbé. Dans les deux cas, les conditions
sont les mêmes pour toutes les plantes étudiées, peuvent être formulées de '
Toutes choses égales d’ailleurs, la chaleur accélère la respiration, c’està-dire qu’elle augmente la quantité d’acide carbonique dégagé et la quantité d’oxygène absorbé. La lumière, au contraire, exerce une action inverse, elle affaiblit k respiration.
Le rapport de Tacide carbonique à l’oxygène est absolument indépendant des conditions de chaleur, de lumière et de pression, à un moment donné quelconque du développement. Ce même rapport, au contraire, varie, pour une même plante, avec l’état du développement ; d’une façon
Les résultats obtenus pour les plantes vertes respirant à l’obscurité sont ' comparables à ceux qu’ont fourni les plantes dépourvues de chlorophylle. La température plus grande augmente la quantité d’acide carbonique dégagée et celle de l’oxygène absorbé, sans toutefois modifier le rapport de ces deux quantités. Ce dernier résultat est surtout utile à noter, car il est contraire à des travaux précédemment publiés par différents botanistes. D’ailleurs, la valeur du rapport varie avec les espèces étudiées. Dans la saison où les expériences ont été faites, pour une première catégorie d’espèces, parmi lesquelles on peut citer le Fusain, le'Marronnier, le Lierre, etc., le volume de Tacide carbonique dégagé est sensiblement égal au volume de l’oxygène absorbé ; chez d’autres plantes, telles que le Pin, le Sapin, l’Ettcalijptiis globulus, le volume de Tacide carbonique dégagé est notablement inférieur à celui de l’oxygène absorbé.
En étudiant la respiration des végétaux à chlorophylle, non plus seulement sur une plante à un état déterminé de son développement, mais en comparant des végétaux de la même espèce arrivés à différents degrés de leur développement, on arrive aux conclusions suivantes :
t" L’intensité du phénomène respiratoire présente deux maxima qui ont lieu, pour les plantes annuelles, au moment de la germination et de la floraison et, pour les plantes vivaces, au moment de Téclosion des bourgeons et au moment de la floraison ;
2" Le rapport des gaz échangés par la respiration présente pour les plan-
Dis méthodes prin-
dié jusqu’ici que la résultante. Voici quelles sont les tro cipales :
l”On met en expérience deux plantes semblables, l’une à la lumière, l’autre h l’obscurité. La première donne le rapport des gaz échangés par la respiration et l’action chlorophyllienne réunies ; la seconde, le rapport des gaz échangés par la respiration seule. De ces données l’on peut déduire, en supposant que les lois de la respiration sont les mêmes à la lumière qu’à l’obscurité, le rapport des gaz correspondant à l’action chlorophyllienne
2" La seconde méthode repose sur ce fait, signalé par Claude Bernard, que certains anesthésiques, tels que l’éther ou le chloroforme, suppriment l’action chlorophyllienne sans altérer la respiration. On opère snrdeuxplautes semblables, l’une, dans une atmosphère normale, l’autre, dans uheatmosphère renfermant une proportion déterminée d’éther. Comme dans la méthode précédente, on pourra déduire de ces deux expériences la connaissance de l’assimilation chlorophyllienne isolée.
3“ Dans les appareils I et II, on place deux plantes semblables. Dans l’appareil 1 la plante se trouve à l’air, ordinaire ; dans 1 appareil II on ajoute une petite quantité d une solution de baryte concentrée. Les deux appareils sont ensuite exposés à lalumière. Dans l’appareil II, une partie de l’acide carbonique sera absorbée par la baryte ; l’action chlorophyllienne ne pourra donc pas s’exercer sur une aussi grande quantité d’acidc carbonique que'dans l’appareil 1. Il y aura donc dans l’appareil I décomposition plus grande d’acide carbonique et, par conséquent, plus d’oxygène que dans l’appareil IL L’analyse donnera un excès d’oxygène. Mais cet excès d’oxygène correspond à l’acide carbonique absorbé par la baryte et qu’on mesurera on traitant la solution par l’acide chlorhydrique. On a ainsi la quantité o d’oxygène qui est dégagée peudant que la quantité c d’acide carbonique est décomposée. On en déduit le rapport - correspondant à l’assimilation chlorophyllienne seule.
Les résultats obtenus par ces trois méthodes sont concordants et permettent de conclure que le volume d’oxygène dégagé par l’action chlorophyllienne seule est, dans la plupart des cas étudiés, supérieur à celui que renferme l’acide carbonique décomposé.
On attribue l’assimilation chlorophyllienne à l’influence de la partie du spectre visible à l’œil et spécialement aux bandes absorbées par la chlorophylle. Un des travaux précédents a pour but de démontrer que la partie ultra-violette du spectre peut, elle aussi, quoique bien faiblement, provoquer l’action chlorophyllienne.
Ces travaux renferment l’étude anatomique des tissus à sucre avoisinant la surface extérieure de la plante, et qui, d’une manière générale, sont connus sous le nom de nectaires. La nature et là limite de ces tissus sont déterminées par des analyses ou par l’emploi direct de réactifs indiquant la prédominance des sncres {saccharoses et glucoses).
L’auteur décrit successivement la structure anatomique de ces tissus chez 370 espèces différentes ;
f” Dans les cotylédons, où la différenciation du tissu nectarifère peut se voir même dans l’embryon ; l'exemple étudié est le Ricin ;
2" Dans les feuilles : A la base de la feuille (Apocynum, Vinca) ; dans le pétiole ( Prunus, Passiflora, Amygdalus, etc.) ; entre le pétiole et le limbe {Mimosa, etc.), où l’auteur décrit aussi les curieux tissus stomatifères des Fougères (Pteris, Cyathea, Hemithelia, etc.) ; dans le limbe de la feuille (Cratægus, Hibiscus, etc.) ;
3" Dans les stipules : stipules des Vicia, Faba, Phaseolus, etc. ; stipules dos Sambucus, parfois complètement transformées en nectaires ;
b’Dans les bractées : Centaurea montana, Plumbago, etc. ;
5” Entre la feuille et la tige : Allamanda, etc. ;
6" Dans les sépales ; A la base {Fritillaria) ; dans le limbe {Genkta, Coronilla, Tilia, etc.); l’auteur décrit les tissus à sucre dans le recourbement spécial des sépales du Tropæolum;
T Dans les pétales : A la base [Fritillaria, Ranunculus, Helleborus, etc.) ; c’est à propos de cette étude que l’auteur, opposant la disposition inverse des faisceaux dans les deux premiers genres, montre comment s’explique l’orientationdu bois et du liber chez les Roîîmîicm/ms, par l’étude d’une suite de pétales dans diverses espèces de Renonculacées ; ces structures forment toutes les transitions entre le pétale aplati d’une Renoncule et le pétale en cornet des Hellébores;
8» Entre les sépales et les étamines : Xanthoceras, Æsculus;
9" Dans les étamines : A la base (Mirabilis, Réséda, Stellaria, etc.), dans un recourbement (Asclépios)-, dans un appendice du connectif (Viola)-,
(CollimM);
10” Entre les sépales, pétales ou étamines et les carpelles : A la base de . l’ensemble des feuilles florales {Amygdalus, où sont décrits les stoinatos spéciaux de la région nectarifère, Prunus, Potentilla, Rubus, Pirus, etc., avec une comparaison à ce point de vue des divers genres de Rosacées) ; entre la base commune des pétales, des étamines et des carpelles ( Vinca, Apoq/num, Phlox, Daphné, etc.) ; entre les étamines et des carpelles (comparaison à ce point de vue de divers genres de Léeummeuses, de Pæonia, etc.) ;
11” Dans les carpelles .-A la base {étude comparée des tissus ù sucre chez les Borraginées et les Labiées, étude des Scrofularinées à ce point de vue,
d’avoir l’ovaire adhérent, r d’Ombellifère dont les pétales seraient soudés par leur base.
L’étude anatomique de diverses fleurs de ce Verbascum tait voir l’examen de la structure et par sa morphologie externe, on peu tous les passages entre cette fleur à ovaire adhérent et la fleur n
Sur les différentes formes de fleurs de la même espèce (Bull, Soc. Bol., i. xxxi,
Dans cette Note, où sont décrits plusieurs cas de polymorphisme floral, notamment chez les Saxifraga granulata, Erodium cicularium, Potentilla
DEUXIÈME PXRÏIE
lÉOGRAPHIE BOTANIQÜE ET BOTANIQUE DESCRIPTIVE
peut considérer comme absolument calcicoles dans une région sont, au contraire, absolument calcifuges dans une autre région. On conclut de là que la nature chimique du sol ne saurait avoir une influence absolue sur la limitation des espèces. On peut citer, à cet égard, un exemple frappant choisi parmi les plantes les plus répandues dans les régions alpines ; c’est la distribution du Rhododendron ferruginenmoXisyRhododendron hirsutumioxii la chaîne des AlpesI; ces plantes croissent l’une et l’autre sur tous les sols, lorsqu’elles ne sont pas en concurrence, mais se limitent, la première aux sols siliceux, la seconde aux sols calcaires lorsqu’elles croissent ensemble dans la même contrée.
En second lieu, l’auteur étudie, dans les trois régions explorées, la distribution des espèces en altitude relative : dans la zone subalpine, la zone
plantes établies par ordre de fréquence pour ces diverses zones dans les trois contrées étudiées, l’auteur met en évidence les espèces communes à toutes les contrées et celles qui se remplacent en Dauphiné, dans les Alpes autrichiennes et dans les Carpathes.
Une autre partie de ce travail est relative aux variations des limites d’altitude pour une même espèce. Après avoir déterminé pour plusieurs plantes
nord d’un même groupe de montagnes, les limites supérieures et inférieures d’altitude de 24 espèces sont données pour les Carpathes, les Alpes autrichiennes et le Dauphiné. II résulte de cette comparaison que les limites supérieures des espèces alpines sont, en général, régulièrement plus basses dans les Carpathes que dans les Alpes, et un peu plus basses dans les Alpes autrichiennes que dans les Alpes françaises, tandis que les limites inférieures des espèces alpines paraissent au contraire sensiblement les mêmes dans les Carpathes que dans les Alpes.
L’auteur applique ensuite aux régions étudiées la méthode de M. Alphonse de Candolle, pour intégrer les sommes de températures utiles et montre qu’en tenant compte du séjour plus ou moins long des neiges, les résultats du calcul déduits des observations météorologiques peuvent' faire suffisamment comprendre les variations observées.
Études sur la végétation de la vallée de Chamonix et de la chaîne du Mont-Blanc (Rev. gén. Bol., t. !.. p. 28, 19, 148 el 204, avec une carte).
Dans ce Mémoire, l’auteur montre tout d’abord que la végétation du massif du Mont-Blanc est surtout caractérisée par une pénurie relative de
Depuis ce temps, les glaces se sont, au contraire, retirées peu il peu d’une manière très marquée tous les ans, laissant è découvert un sol sur lequel s’installe une nouvelle végétation. C’est ainsi que, depuis soixante ans, la Mer de glace a diminué presque constamment, abandonnant entre son extrémité inférieure et sa moraine frontale un espace de plus de quarante hectomètres carrés.
D’après les observations faites par l’auteur, dans ces terrains où le sol vient d’être abandonné par les glaces, ce sont d’abord les Lichens, les Algues et les Muscinées qui prédominent, et leur développement se fait avec une assez grande lenteur. Puis un certain nombre des espèces vasculaires déjà développées dans la partie morainique plus ancienne viennent s’y établir. La plupart sont des espèces vivaces qui augmentent leur aire d’extension, au moyen de leurs parties souterraines ou de leurs tiges rampantes ; çà et là, au contraire, germent quelques plantes issues de graines. Lorsqu’on voit de quelle manière les plantes envahissent ces terrains que les glaces laissent apparaître, c’est presque comme si l’on assistait à l’immigration des végétaux produite, en grand, dans toute la vallée, à la fin de l’époque glaciaire.
Ce travail est accompagnée d’une carte, dressée par l’auteur, qui indique non senlement les limites végétales en altitude, mais encore l’extension des flores morainiques.
Études sur la végétation de la vallée d’Aure {Hautes-Pyrénées) (Rev. gén.
Ce travail, comme lé précédent, est une étude détaillée d’une région restreinte, mais choisie dans les Pyrénées centrales. L’auteur y étudie la distribution géographique des espèces, détermine les limites générales de leur extension en altitude et compare cette flore à celle des autres régions des Pyrénées et aux diverses flores analogues de la chaîne des Alpes. 11 signale l’extension, plus ou moins localisée, de plantes méridionales qui sont restées çà et là sur certaines pentes bien exposées. Enfin l’auteur dresse la liste des plantes de plaines qui s’élèvent dans les Pyrénées jusqu’aux altitudes les plus élevées.
L’auteur fait remarquer que les limites végétales ne sont pas simplement relevées sur les versants sud par rapport aux versants nord, ainsi que cela a lieu dans les Carpathes, les Vosges ou les Alpes septentrionales. Ici la modification due à l’exposition est plus profonde, l’influence s'exerce non seulement sur les limites d’altitude des espèces, mais encore sur leur distribution relative.
limites d’altit
sition des différents versants pyrénéens.
La flore des Pyréiécs comparée à celle des Alpes françaises (Association
Après avoir établi les diverses zones de végétation comparables entre elles dans les Alpes et les Pyrénées, l’anteur examine dans ce travail les variations qui se produisent dans la géographie botanique comparée des deux chaînes de montagnes. 11 recherche quelles sont les plantes spéciales aux Alpes et quelles sont les plantes spéciales aux Pyrénées qu’on peut considérer comme se remplaçant l’une l’autre dans les deux chaînes. 11 expose ensuite les résultats que lui ont donnés diverses tentatives de semis et de naturalisation, faites de 1884 à 1894, d’espèces spécialement alpines introduites dans les Pyrénées, et réciproquement d’espèces spécialement pyrénéennes introduites dans les Alpes.
De l’ensemble de ces observations comparées et de ces expériences de culture, il résulte que la chaîne des Alpes et la chaîne des Pyrénées présentent à leurs diverses altitudes des conditions actuelles de milieu physique qu’on peut considérer comme identiques, mais qu’à côté d’un grand nombre de plantes qui offrent les mêmes caractères, il s’en trouve beaucoup qui sont différentes ; et, fait plus important encore à noter, que les espèces identiques se distribuent souvent, dans chacune des deux chaînes, d’une manière qui n’est pas la môme.
Isolées, dans un terrain préalablement déblayé de toute culture et convenablement sarclé chaque année, les mêmes plantes subissent dans les deux groupes de montagnes les mêmes modifications. Mais, placées en lutte avec les espèces indigènes, elles s’y comportent différemment et sont inégalement refoulées par les espèces déjà établies.
Bien que l’origine de la chaîne des Alpes soit tout autre celle d e la chaîne des Pyrénées, la géologie nous apprend qu’à l’époque glaciaire une communication a dû s’établir pendant longtemps entre les deux chaînes. Si donc cette jonction et les conditions actuelles du milieu peuvent expliquer les similitudes qu’on observe entre les deux flores, ce ne serait qu’à l’histoire différente de la lutte pour l’existence dans les Alpes et dans les Pyrénées qu’on pourrait attribuer la cause des différences. On comprend facilement, en effet, que les espèces qui avaient été repoussées en dehors de l’extension des glaces ont dû, en remontant peu à peu sur ces montagnes corro-