‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 3 sur 3 · IX. — Réponse à M. Dufour · texte numérisé non relu

IX. — Réponse à M. Dufour

L’auteur montre que l’interprétation de la coupe de Campbon, donnée par M. Dufour, est complètement erronée. M. Dufour a bien rapporté à la division supérieure du calcaire grossier les calcaires d’eau douce et saumâtres de Pancaud, mais il a considéré le banc à grands cérites de cette localité comme un équivalent de l’horizon du Cerilhium giganteum de Paris, et les sables du Châtelier comme le représentant des sables de Cuise , tandis que le calcaire à foraminiferes, analogue à celui de Drefféac, devait être descendu à un niveau très inférieur des terrains tertiaires.

M. Vasseur place au contraire le calcaire coquillier d’Arthon sur l’horizon du Cerilhiwm giganteum. Le calcaire grossier inférieur à numraulites n’existe pas dans le bassin de Campbon, mais à Drefïéac, sur le calcaire à échinides et à Cerithiurm giganteum se développe l’horizon moyen ou à orbitolites du Brivet et de Saint-Gildas. Ce dernier existe aussi à Campbon où il est représenté, pour la partie supérieure, par le calcaire à foraminifères de M. Dufour. Le sable du Châtelier qui le recouvré est donc situé à la limite ,du calcaire grossier moyen et du calcaire grossier supérieur. Enfin le banc à grands cérites de Pancaud (C. parisieme) constitue encore une eeuche de passage au calcaire grossier supérieur.

X. — Nouveau gisement fossilifère de, l’âge du calcaire grossier, découvert au Bois-Gouët, près Saffré ( Loire-Inférieure )'.

En 1877, M. Vasseur annonça à la Société géologique de E’rance la découverte qu'il venait de faire à Saffré, dans les environs de Nantes, d’un gisement de sables coquilliers de l’age du calcaire grossier, remarquable par l’abondance et l’admirable état de conservation des fossiles qu’il renferme. Ces sables ont fourni une centaine de formes de mollusques constituant des espèces nouvelles ou se rapportant à la zone limite du calcaire grossier moyen et supérieur.

XL — Les travaux exécutés en 1878, entre Valmondois et Bessancourt, pour l’établissement du chemin de fer de Méry-sur-Oise, avaient mis à découvert une longue et intéressante succession de sédiments tertiaires. Avec la collaboration de M. Dollfus, M. Vasseur releva la coupe de ces terrains et la publia à l’échelle de 1/1000’ en longueur et de 1/100’en hauteur’. Ce profil géologique s’étend sur une longueur totale de 5 kilomètres entre les cotes 23 mètres et 169 mètres, et ne comprend pas moins de 236 couches figurées, représentant dans leur ensemble la série complète des formations comprises entre les sables de Cuise et les meulières de Beauce.

XII-Les.Comptes rendus de l’Académie pour l'année 4878 renfer¬

ment encore une note de MJ Vaséeur, relative aux terrains tertiaires de la Bretagne 1 :.

L’auteur établit l’ordre chronologique des dépôts de l’époque du calcaire grossier, que l’on observe dans la Loire-Inférieure, et annonce qu’il a découvert dans ce département, à Saffré et à Bréhain, des lambeaux calcaires appartenant aux étages des sables de Fontainebleau et du calcaire de Beauce.

Ces formations sont synchroniques des calcaires à Nalicd crassalina et Archiacina armorica des environs de Rennes.

Le faciès méridional de la faune de Rennes avait conduit Tournouër à admettre l’existence d’une communication entre ce bassin et l’Atlantique, par la vallée delà Vilaine et le bassin de Campbon, à l’époque des sables de Fontainebleau. La découverte de ces nouveaux gisements est venue confirmer cette assertion.

M. Vasseur a pu déduire de ses observations, que le golfe éocène du Cotentin et celui de Campbon dépendaient de l’Atlantique; mais il n’y. avait pas communication directe entre ces bassins; celui du Cotentin communiquait par l’entrée de la Manche avec l’Atlantique qui contournait le périmètre de la Bretagne pour rejoindre Campbon et le Bordelais.

XIII. — En 1880, M. Vasseur a décrit uu nouveau genre de gastropode (Velainiella) découvert aux environs de Nantes, dans les sableséocènes du Bois-Gouêt près Saffré*,

Ce mollusque présente une coquille spirale dextre, extrêmement allongée, épaisse et solide, lisse au dehors et nacrée intérieurement.

La spire offre la disposition singulière d’un ruban enroulé en une hélice dont les tours se joindraient successivement bord à bord, L’ouverture est ovale oblique, à bord droit tranchant tandis que le bord gauche porte un bourrelet eolumellaire. La columelle est réduite à un cordon pariétal qui accompagne intérieurement la suture.

Ce genre, très éloigné de toutes les formes connues, peut être considérë comme le type d’une nouvelle famille de gastropodes (Velainiella) qui se place dans le voisinage des Haliotides et des Stomalelles,

XIV. — Une note du même auteur insérée dans les comptes rendus de l’Académie (1880) et renfermant des coupes et une carte géologique, indique la : constitution des terrains tertiaires de la Bretagne, dans les environs de Sajfrê

Ce travail fait connaître les divers niveaux de l'étage du calcaire grossier que l’on observe dans cette région, et montre la relation de ces dépôts avec les couches tongriennes qui les surmontent.

Le tableau suivant résume la succession des phénomènes géologiques que M. Vasseur a déduits de ses observations snr la Bretagne :

XV. — Enfin la même année, M. Vasseur a signalé dans les Archives de zoologie expérimentale, h découverte qu’il avait faite à Roscoff; de la reproduction asexuelle pair bourgeonnement chez la Leucosolenia botryoïdes'.

Pendant un séjour au laboratoire de zoologie de M. de Laeaze- Duthiers, il avait remarqué que certains spécimens de Leqcosolenia porlaientde singuliers prolongements piriformes, hérissés de très, longs spiculés en aiguilles. Tandis que les spiculés extérieurs, de, l’éponge dirigent ordinairement leur extrémité libre vers, la terminaison des tubes, ceux-là, au contraire, nombreux et pressés, offraient l’apparence d’un faisceau soyeux dirigé en sens inverse. Quant aux prolongements eux-mêmes ou bourgeons, ils se montraient fermés à l’extérieur et ne présentaient jamais l’orifice terminal des tubes normaux. D’autre part, il fut facile de voir qu’ils communiquaient intérieurement avec la cavité de l’éponge et formaient par conséquent de véritables ,poches constituées par une expansion de la paroi du tube.

M. Vasseur constata ensuite que les bourgeons de Leucosolenia deviennent libres par suite d’une rupture qui a toujours lieu à la base du prolongement, rétrécie en forme de col. Ainsi se produit l’orifice terminal de la jeune éponge. Les longs spiculés déjà signalés servent alors d’appareil de dissémination et de fixation, car le bourgeon ne tarde pas à s’attacher aux algues par l’extrémité fermée et renflée précédemment libre. A l’époque où cette noté fut publiée, cés observations offraient d’autant plus d’intérêt quê la reproduction par bourgeonnement n’avait pas encore’ été signalée chez les éponges calcaires.

XVI. — En 1881, M. Vasseur : a fait connaître l’existence aux environs de Paris, sur le sommet de la butte de Montreuil, d’un gisement ossilere appartenant à l’époque quaternaire *.

Les ossements se. rencontraient alors à profusion, au milieu de sables et de graviers formant le remplissage d’une poche située au niveau des marnes vertes supra-gypseuses. Ce gisement présente un intérêt spécial, en raison de son altitude et des fossiles qu’il renferme.

t. Arch. de zod. expérim., t. VIII, p. 59 (1879-1880).

2. Bull. Soc. géol. de France, 3- série, t. IX, p. 257 (21 Février 1881). .

Dans sa ;tliéorie sur la formation des dépôts quaternaires, Belgrand avait, émis l’opinion que les terrasses d’altuvions sont d’autant plus anciennes qu’elles sont situées à une plus grande altitude au-dessus du fond des valiées. Il avait été ainsi amené à constater, dans, la vallée,de la Seine, l’existence de deux niveaux d’alluvions, caractérisés par des faüriës uft peu différentes, les bas niveaux renfermant comme à Gfenelle et à l.evallois-Perret, le mammouth, le renne et le Rhinocéros SSÜMÉüte," tandis que l'es hauts niveaux de Montreuil et de Chelles édù'tléhneht lêS : testés du Rhinocéros Mérckii et de YEUphaS antiques. Maisà Montreuil, les hauts niveaux ttèdépassent guère une cinquantitinê dë : Mètres 1 tandis que le gisement découvert sur le sommet de la butte atteint la cote 100 mètres environ.

-Il Sénible doncqüe cés gfaviers sùpérieüfs auraient dû présenter une fanné ’q’Uatefnaire très ancienne, dyaiit mêmfe 1 des affinités avec la faune pliocène. Cependant les ail avions dû haut de Montreuil n ! ont fourni' que les fossiles les plus caractéristiques des bas niveaux : EléphaS primigenius, Rhinocéros tkhorhïmis, CcriMS tarandm, associés au bœuf et an cheval. ■

Si 1’altitüde d’un tel dépôt S'explique difficilement l’époque de sa formation paraît du moins nettement déterminée par l'abondance déé ; ossé'mehts dé rennès dans le igisemcht.

XVII. — La thèse de doctoral ès sciences naturelles, soutenue, .par, M, Vasseur, en 1881, est intitulée : Recherches géologiques sûr les terrains tertiaires de la France occidentale

■ « Les études qui servent dé base à.ce travail, ont nécessité plusieurs voyages entrepris par M. Vasseur, de 1877 ,à .1880, dans.le Finistère, le Morbihan, La Loire-Inférieure, le Cotentin et la Vendée. ;

« Les, matériaux nombreux qu’il a su réunir dans chacune de ses explorations, déposés à la Sorbonne, ont été par liii comparés avec les collections dp bassin de Paris et du Cotentin, déterminés et décrits avec l'obligeant concours de Mi Muniei'-Chalmas; . !

« te résultat de ces recherches, poursuivies sans relâche pendant quatre années, est considérable. M. Vasseur est arrivé à établir la succession réello et complète de toutes les assises qui composent les terrains tertiaires de la France occidentale. Ses observations Ont porté sur les plus petits détails; les moindres horizons fossilifères ont été définis et suivis avec leurs correspondances sur de grandes étendues. L’auteur a découvert des gisements nouveauxde fossiles, d’une richesse et d'une conservation exceptionnelles, qui l’ont amené à la connaissance d’une faune éoeèné remarquable, comprenant un grand nombre non seulement d’espèces; mais de genres nouveaux parmi les mollusques, et dont la publication presque achevée composera la seconde fpàrlie du travail stratigraphiquë présenté à la Faculté. : i;

« On sait que la Bretagne est principalement constituée par un puissant massif de terrains anciens, assez, élevé, ; et -dont la structure: est relativement simple. Ge massif étudié par un grand .nombre, de géologues, est maintenant bien connu; il n’en était pas de même des lambeaux tertiaires qui se montrentdisséminés dans la partie orientale déprimée de cette province. Leur étude avait été négligée!, en raison sans doute des difficultés que présente, la recherche de leurs affleurements; et pourtant elle était instructive, eàr on pouvait y trouver des liens, par suite de la position intermédiaire de ces, terrains, entré les dépôts du même âge, connus dans le bassin de Paris et celui de la Gironde. C’est cette pensée qui a guidé M. Vasseur! dans son travail; c’est pour établir ces relations sur des bases certaines, qu’il a exploré comparativement la région que je viens d’indiquer avec les deux bassins

« Son travail slratigraphique Se trouve donc naturellement divisé en trois parties correspondant à h description des terrains tertiaires : 1° de la Bretagne, 2° du Cotentin, 3° de la Gironde.

« La Bretagne ne paraît pas avoir été submergée pendant la période tertiaire, avant la formation dp calcaire grossier. L’un des principaux résultats des recherches dé M. Vasseur, a été de démontrer qu’à celte époque . la, Frime et l’ Angleterre étaient déjà séparées, comine elles le sont encore aujourd’hui, par le canal de la Manche, dans la partie eontprise etUre les Cornouailles et la Bretagne.

« Après une longue période d’émersion correspondant à là fin de

1-éocène, la: Bretagne s'est encore affaissée et a été envahie' par la mer tougriennc.

« Enfin, exhaussée de nouveau après le dépôt du miocène inférieur, elle-s’est: affaissée, unei troisième fois à l'époque dés faluns. : »

« Ces trois mers ont eu une distribution très différente.

« La position et d’altitude actuelle de leurs t dépôts montrent que l’amplitude de- ces oscillations a été en augmentant,

C’est ainsi que le calcaire grossieré’est déposé dans les dépressions voisines de la côte actuelle, tandis que la; mer miocène pénétrant plus avant dans l’intérieur des terres, s’est étendue jusqu'aux environs de Rennes.

« La mer des faluns a atteint un niveau plus élevé, en couvrant des espaces plus considérables.

« Quant au:terrain pliocène, son existence est encore douteuse en Bretagne. M. Vasseur croit cependant pouvoir lui attribuer des assises ■marines, (argiles de Redon à Nassa prismatica) ainsi que les argiles à graviers et les sables rouges sans fossiles qui recouvrent une grande partie de la Bretagne.

« M. Vasseur a placé au commencement de son travail, une revue et une ,analyse critique très détaillée de tous les travaux géologiques qui ont eu les terrains tertiaires de là France occidentale pour objet; puis il a donné, avant d’exposer le résultat de ses recherches personnelles, une description topographique de la région examinée, en Insistant surtout sur-la forme et la distribution des dépressions,' qui influent sur la répartition des terrains tertiaires. > ■

« Le tableau ci-contre résume les 1 successions et les divisions établies par M. Vasseur dans des terrains de Bretagne avec leurs assimilations.

« Une analyse aussi rapide ne peut permettre de suivre l'auteur dans le détail de tous'ces horizons qu’il a su ainsi reconnaître ét grouper en établissant d’une façon précise, avec de nombreuses preuves à l’appui, leur succession et leurs relations avec les contrées

« Nous indiquons seulement d’après lui, les caractères généraux des grands groupes el les modifications qui se sont produites dans la

-differentes- pb

flans les bassins du,sud.de.la..Loire,.qui,étaient largement ouverts,,,., _______

sur l’Océan, ce soulèvement n’a pas eu d’autre effet que le retrait progressif de la mer ; mais, dans le bassin beaucoup plus fermé de Saffré r et de Campbon, il a transformé le fiord marin préexistant en lagunes, puis en lacs. Enfin ce bassin est sorti des eaux pour n’y rentrer que longtemps après.

« Des phénomènes identiques se produisaient à la même époque, dans les bassins de Paris, du Cotentin et de la Gironde.

« La mer envahissant ces trois régions, y a d’abord déposé, comme . ■

en Bretagne, des sédiments arénacés cl souvent grossiers. Iæs calcaires à milioles ont dû se former ensuite dans des eaux plus tranquilles.

■ « Enfin un soulèvement général a également transformé ces bassins ■ « de. mer en lagunes, dans lesquelles se sont déposés des calcaires à „ , cérites que l’on retrouvé aussi bien dans le Cotentin et dans le Blayais qu’aux environs de Paris.

« Le bassin de Paris .communiquait alors directement par le Cotentin .

et la dépression de la Manche avec l’Atlantique. L’Océan contournait la . , :i : .

presqu'île de Bretagne et venait baigner au sud le petit bassin de la.. . Loire-Inférieure ', mais ses rivages devaient s’écarter ensuite de la côte actuelle, pour passer au large des îles de Ré et d’Oléron, avant

Noirmoutiers des grès à empreintes de palmiers sabals ( Sabalites ande r gavensis). Ce dépôt, considéré autrefois comme crétacé, correspondrait , à ceux déjà connus dans le Maine et l’Anjou; ils doivent être attribués à de grands cours d’eau qui drainaient.ee pays.au moment de la.foc-?, mation des sables de Ëeauchamp.

« L’exhaussement qui a déterminé le retrait de la mer dans le bassin, de Paris et l’établissement du lac de Saint-Ouen, a affecté aussi cette

lépôt d’argile lacustre, ■ .iiiIoiiik î près de Fougères, renfcrman miment la Melania mvricata di icut être attribué à l’éocène supé' n éauivalènt du calcaire de Brie

-■fe-

niveàa : Bithynia Dubuissoni, CycloStotba antiquum, Limnea corned, 'Potamides Lamarcki, etc. >

« M. Yasseur a tracé les contours de ce bassin tongrien afin de montrer combien ce bras de mer différait de celui qui existait dans la même région à l'époque du calcaire grossier.

“ a Miocène moyen .— Les calcaires et les sables de l’Orléanais, les sàbleé et.Us argiles de la Sologne n’ont pas de représentants en Bretâgrtepmais les fabms y sont bien développés. Ils se composent, commb d’habitude, de sablohs calcaires, remplis de coquilles, le plus souvent brisées. Leur épaisseur est peu considérable ; ils occupent en général des dépressions dans les terrains anciens, et se montrent souvent pro-, fondement dénudés et ravinés sous les alluvions quaternaires ou les

« La niier qui a déposé ces sables cotjuilliers couvrait la partie méridionale de la presqu’île de la Manche, la dépression orientale dè la Bretagne, et contournait les collines du Bas-Maine, pour s’étendre ensuite Sufd’Apjou et la Touraine.

,« A celte'époque, le bassin de Paris était émergé, tandis que l’Océan occupait le bassin de là Gironde.

« Miocène supérieur., — A cette division sé rapportent dans là lîasso.-Loire des couches ârénacées ou argileuses, avec Terebralula pafforata . Ces dépôts sont peu étendus et montrent que la mer miocène né s’est retirée que peu à peu de la région.

« Pliocène. — Indépendamment des suites des Landes qui ne sont pas fossilifères, pn ne connaît aucune formation de cette époque dans les bassins de Paris et de la Gironde, mais des dépôts de 'cet âge ont depuis longtemps été signalés dans le Cotentin 1 , et récemment dans là vallée de la Vilaine (argiles de Redon).

« M. Yasseur place à cette date les érosions et les phénomènes dé transport qui Ont singulièrement modifié le relief de la Bretagne Orientale et couvert son sol d’un puissant dépôt de sables rouges avec càiïloux roulés.

« Quaternaire. — L’auteur s’est arrêté à la période tjüaterhàire, dans cet epsai sur 1 '.Histoire géologique de la France occidentale. 1 1 est difficile, en effet, de déterminer en Bretagne la part qui revient aux phénomènes de cet Age dans la formation du relief actuel. Les allu-

vions anciennes des validés dciiVe'rit'lëtir éiïiî ‘dttribuëes, maià il est' sou^ vent difficile de les délimiter des sables et graviers pliocènes qui occupentégalement le flanc des vallées et unt.été souyent i>eHtaûi&.' l . ;:

« Trois cartes à Tdchellede. 1/80000“ donnant le détail des bassins de Çhallaps. (Vendée), de Campbon (Loire-Inférieure), de Saffré,(Loirt>-JnféJ rieure),une carte générale de laBretagneet delà Vendée au 1/320000°, enfin; des cartes spéciales au 1/640000“, montrant la, distribution des terres et des mers dans la Fiance occidentale aux époques du caIcaire grossier (éocène moyen) et fies sables de Fontainebleau (miocène.inférieur), terminent et complètent ce-.travail-important» qui fiera date, dans l’histoire, géologique de notre pays, car ses .résultats* : appuyés sur des observations multiples et* sur un grand nombre de lpreuves, peuvent être considérés comme définitivement acquis dans l’état actuel , de Ubs

XVIII. — La partie pdléonlologique qui doit servir; de.complément ad

précédent ouvrage est: en cours de pdbliéatidn. ;; vMr:'i .

La première faune qui sera; décrite est celle ,qup Jd. Vasseur ,a.décau», verte au Bois-Gouët, près. SalTré, et qui ne comprend pas moins de 438 espèces/ dont 154 nouvelles,.

Douze planches représentant les céphalopodes et les gastropodes..ont. été publiées en 1881. Cet atlas se composera de vingt-cinq planches

XIX. — En!884, M. Vasseur a donné une description du lambeau tertiaire de Saint-Palais, situé sur la côte de Saintonge à S kilomètres O. NUû. de'Royan’é 1 !

Il résulté de ses observations que l’étage des sables de Cuise (éocène inférieur) aurait eu un représentant dans le;;bassin de la Gironde, et que ce terrain y peut exister encore en quelques points profonds de cet ancien golfe , où, il consisterait .dans les couchés, à Nummuliles ph» nulala, citées par M. Linder (sondage du Verdon).

.Nous.nous bornons-à,citer,Jc^fflnc-ljjsipns de, ee travail ; „

- 1° Les Nummuliles plamlata, si abondantes à la base du calcaire dé Saint-Palais, ne sont pas en place ainsi que le supposait Acl.d’Orbigny, mais elles proviennent d’unè assise de grès càlcàrifèCe vèrdâtre; dont lès débris et les fossiles ont été remaniés et roulés par les' eaux qui ont apporté le sédiment calcaire.

-'île semblables rehianiëmehts S’observent dans le bassin dè Paris au contact’dés sables de Cuise'avec le calcaire grossier, dont les ëëtichës 1 inférieuresrenferment 'fréquemment, 1 'comme' à Chaumont par exemple/ dé' nombreuses NumsmMites planulata. "

: * Le dépôt gréseux, dont nous retrouvons ici le: 3 vestiges, représente incontestablement dans le bassin de la Gironde l’Horizon des' sables-de Cuise, c'est-à-dire 1 'le niveau le'plus' élevé dè PéoCène in#

3“ Pour ce motif, le calcaire de Saint-Palais ne saurait être placé dans :1a sérip tertiaire au-dessous de la base du calcaire grossier: Comme il renferme d’autre part lés fossiles caractéristiques de cet étage, il est donc naturel de le considérer comme un équivalent de la partie la plus inférieure de la formation marine de Blaye.

Un tableau résume ces conclusions en établissant les rapports d’âgé qui existent entre les dépôts éocènes du bassin de Paris et ceux de la' Gironde.

XX. — Cane géologique de la France au 1/500000’, dressée en col- , laboratipn avec M. Carez. . .

« Près délinquante ans se sont écoulés depuis la publication :dS; la carte géologique de France dressée à l’échelle de 1/500000’, par Bufrénoy etÉlie de Beaumont; aussi, quclqu’ait été le mérite de cétte œuvre magistrale au moment de son apparition, elle n’est plus guère' aujourd’hui qu’un document historique rappelant quel était l’état de : nos connaissances géologiques il y a un demi-siècle*. »

i;i MM. Vasseur et Garez, pénétrés de l’importance et de la multiplicité des progrès réalisés parla géologie française depuis 1840, se; sont imposé la lourde tâche,de coordonner, graphiquement l’ensemble des résultats obtenus.

Cette œuvre a été exécutée sur la belle carie chorégraphique au l/SOÙOOÜ* que M. le commandant Prudent venait de terminer pour le Dépôt dès; fortifications, cl qui fournissait une base excellente pour reporter les contours géologiques.

Commencée en 1882, la carte de MM. Vasseur et Carez, qui se compose de quarante-huit feuilles, aexigé de la part des auteurs un travail ininterrompu pendant sept années ; lés premières feuilles ont paru en 1885 et lés dernières en 1889.

La gammé adoptée pour représenter les divisions géologiques est celle qui fut arrêtée en 1881 par le Congrès de Bologne; les couleurs se suivent dans l’ordre du spectre, du jaune (tertiaire) au violet (trias), chacune de ces couleurs étant subdivisée en nuances d’autant plus foncées que les étages correspondants sont plus anciens. 1

Aucune décision n’ayant été prise à Bologne en ce qui concerne les couleurs à affecter aux divisions du groupe primaire, les auteurs de la carte ont choisi des tons arbitraires, variant du rose brique (Précambrien) au brun rouge (Dévonien) pourles divisions inférieures ; ils ont figuré le Carbonifère en gris et le Houiller en noir et réservé an Per-

Quant aux- schistes cristallins, ils ont été coloriés en rose carmin comme sur lès cartes antérieures, tandis que les roches éruptives sont représentées par cinq nuancés de rouge subdivisées elles-mêmes au moyen de lettres grecques.

La carte de MM. Vasseur et Carez figurait assemblée à l’Expbsition universelle de 1889, oh elle a obtenu Une médaille d’or, apres avoir remporté la même récompensé aux expositions de Bruxelles et de Bar-

•xxi. — En 1890 le' Service de la carte! géologique détaillée dè la s prahcé à publié, soiis la direction de M. Michèl-Lévy, la' feuille 1 au 1/80 000' des Sables d’Olontiè dont lés levers bnf été exécutés par M. Vasseur, de 1886 à 1887.

La’région étudiée comporte la distinction de vingt-doux divisions géologiques se rapportant pour la plupart à la série cristallophyllienno et au jurassique.

•XXII. i- Cependant Mr Vasseur a découvert dans do voisinage du Ber- ,,naid,à 300 mètres au sud-ouest de Fontaine, un lambeau de terrain pliocène marin qui offre le plus grand intérêt au point de vue.de id’bisfoiredas mers .tertiaires dans l’ouest de la.Frattee'.:

j, fie dépôt,, formé, de sables plus ou moins grossiers et ferrugineux,, constitue à la surface du plateau jurassique {la Plaine) une petite butte dont le sommet atteint 36 piètres d’altitude., ,

.11,se compose d’éléments .quarlzeux qui semblent provenir du. mas- .sifgranujili.que d’Avrillé, et présente tops les,caractères des, sédimé!>l s .rubéfiés et décalcifiés,, M. Vasseur a trouvé, dans cette forntatipn, qqi , semble.au premier abord entièrement dépouryue de fossiles, dé? flO- . finies de limonite de forme ovoïde assez allongée, et qui contiennent chacun l’empreinte d’une phoiade (Pilotas dactylw). Ces concrétions .résultent d’un dépôt d’hydroxyde de fer dans dos trous primitivement .creusé? par des pholades au sein d’une : roche calcaire aujourd’hui tlissoute. Ces nodules renferment on outre des débris coquilliers se rapportant aux genres Trochus, Lillorina et PecUtn.

1(0 plateau jurassique qui porte le tertre de Fontaine étant actuellement séparé du massif ancien du Bocage par une vallée,d’érosion .quaternaire, nous avons la certitude que le gisement marin dont il s’agit appartient bien à l’époque pliocène. ‘

D’ailleurs on observe dans le marais, à 3 ou 4 mètres d’altitude, au pied même du plateau du Bernard, un dépôt coquillier (Cardium edule, N asm reliculata), qui n’est que le prolongement d’un cordon

littoral quaternaire, se reliait, aux célèbres buttes de.Saint-Miehejl eu l’Herjn Cecordonquateonaireest donc postérieur au çreuseujent des Vâllees, plus récent lui-^nw^que les sables de Fontaine-Ces. sables existent encore à l’état de témoins, en djvers points des plateaux jurassiques qui forment la ceinture du Marais poitevin et l’on en peut cdhclure que la mer pliocène d recouvert une grande pdHie de la plaine dé Vendée, à l’époque où elle Occupait aussi en Bretagne quelques dépressions du littoral.

Depuis l’année 1888, M. Vasseur professe la géologie et la minérâr logie à la Faculté des sciences de Marseille. Avec l’aide de plusieurs de ses élèves 1 , candidats à l’agrégation, et àu dootorat ès sciences naturelles, il a constitué dans son laboratoire un 'matériel appelé à rendre les plus grands services dans renseignement.

Indépendamment d’un généra paléonlologique. de collections de stratigraphie générale et régionale, de collections pour la licence, ce matériel comprend en effet une série.de cartes géologiques murales, représentant les grandes régions de la Fiancé (Bretagne, Ardennes, Vosges. Plateau central. Montagne noire, Alpes, Pyrénées j etc.); ces cartes permettent aujourd’hui d’exposer la.structure géologique .des massifs, des chaînes et des bassins, partie fondamentale de la géologie et dont l’enseignement a pourtant été négligé jusqu’ici dans-les Facultés par suite de l’insuffisance du matériel.

M. Vasseur a eu enpulre l’occasion de faire aux environs de Marseille quelques observations intéressantes. 11 a recueilli dans les tufs pliocènes de Saint-Marcel des,feuilles et des inflorescences de magnolias, dans lesquelles M. Marion a reconnu un type très voisin des formes asiatiques et êi feuilles caduques. L’éminent zoologiste a décrit cd fossile sous le nom de Magnolia Vasseùri, lors de la réunion à Marseille (sept. 1890) de l’Association française pour l’avancement des sciences.

■ s. sfl —

XXIÏI. — En 18S9, M. Vasseur à découvert dans les argiles et les grès turoniens de la Mède, aux environs dos Martigues, une flore aussi remarquable par son bel état de conservation que’ par la diversité’ dés types qu’elle comprend

Sprle bord de. l’étang de Berre, près de la ferme des Tamarins, les grès très durs renferment de nombreuses empreintes de dicotylédones : Mmispermum, Dryophyllum, Myrica, et des rameaux entiers de Sapindophyllum, tandis que les argiles qui affleurent à la Charbonnière (galerie de recherches), dans les bois de la Mède, contiennent d’après ,M. Marion :

Dicotylédones : Myrica Campai, M. Rougoni, M. Gaudryi, Salix Ÿrneuri, Magnolia, Cesalpinites, Celastrophyllum, Proteophyllum, Dewealguea (2 esp.), etc. ■

Monocotylédones. — Dramnites Jourdei. ...

Connût». — Séquoia, Thuyiles (2 esp.), Widdringlonites, Sphenolepidium (2 esp.).

Cïcadées. — Podozamites.

Fougères. — Comptooipplerisprovinciale,.C. inlemedia, C. saportæ, C. Vasseuri, etc.

La présence de ces nombreuses empreintes végétales dans le crétacé dès Martigues est une preuve bien manifeste de la proximité d’ubè' terre émergée à l’époque turonienne. Cette terre, basse, encore, rie pouvait être que l'anticlinal do la Nerlhe, faiblement dessiné et rèlié au massif continental jurassique et infracrétacé des environs de Marges observations viennent donc confirmer pleinement les. idées exprimées par M. Marion, dès l’année 1872, relativement aux anciens reliefs de la Provence.

Çn 1887 M. Vasseur a été nommé collaborateur principal au Service Compta rendus A», sc. (27-Mai 1890).

dé la carte géologique détaillée de la France et chargé par M. Michel Lévy du lever de la carte géologique du bassin tertiaire du sud-ouest (une, dizaine de feuilles d’état-major) avec la direction des collabôra-

XXIV. — L’année suivante, il eut à déterminer pour le service de la carte et avec le savant concours de M. Potier l’âge des dépôts sidèrolithiques de cette région'.

Cette étude nécessitait particulièrement l'examen des sédiments tertiaires situés sur la bordure du bassin, depuis les Charentes jusqu’au Périgord. Toutefois la série classique des assises éocènes et oligocènes des environs de Blaye devait servir de base à ces observations. Cette succession comprend en effet, parmi les couches marines qui la constituent,, des intercalations de niveaux saumâtres ou d’eau douce dont la position stratigraphique est par suite bien déterminée ; or ces dépôts de lagunes se développent en pénétrant dans l’intérieur des terres et ne pouvaient manquer de présenter certaines relations avec le terrain sidérolithique sur la limite du bassin. Suivant donc ces formations jusqu’à Montendre vers le nord, jusqu’à Bergerac et Beaumont à l’est, MM. Potier et Vasseur sont arrivés aux conclusions sui-.

1“ Le sidérolithique forme généralement le substratum des dépôts tertiaires sur la bordure du bassin, mais il peut passer latéralement au calcaire des Ondes (Fumel) et à la mollasse du Fronsadais (Bergerac).

2° La mollasse du Fronsadais et le calcaire lacustre de Castillan sont intimement liés l’un à l’autre et constituent un groupe géologique que l’on peut désigner sous le nom d ’infratongrien. Ces assises sont d’ailleurs.très variables au point de vue de leur composition minéralogique et présentent les faciès suivants :

3“ les argiles infra-mollassiques ne sont que le prolongement des marnes à anomies (M. Vasseur a retrouvé les [Anomya girondica au pied même du tertre de Fronsac).

4° Le calcaire de Beaumont de Périgord correspond à l’ensemble du calcaire des Ondes, de la mollasse du Fronsadais et du calcaire de CasUllon. (La coupe de la Micalie entre Beaumont et Issigeac montre la transformation de la mollasse en calcaire par l’intermédiaire d’une argile à nodules calcaires.

XXV. —Pendant l’été de 1889 M. Vasseur a poursuivi ses recherches sur la bordure du bassin tertiaire du sud-ouest. Ses observations nouvelles sont relatives : 1" am calcaires blanc et gris de l’Agenais et à la découverte tfm gisement de vertébrés dans le calcaire gris ; 2° à la position slratigraphique du calcaire lacustre de Cieurac; 3“ à la détermination par la stratigraphie de l’âge des phosphorites

a) M. Vasseur indique les modifications de faciès que présentent les formations oligocènes de l'Agenais, dans la région qui s’étend de l.aparade (rive droite du Lot) vers St-Antoine, Hautefage et la Roque-Tim-

Au nord et à l’est de la partie de l’Agenais devenue classique,, en raison des divisions géologiques bien distinctes qu’elle présente, il existe une deuxième zone très différente de la première et caractérisée par la réunion de toutes les assises aquitaniennes en une seule masse de calcaire d’eau douce.

M. Vasseur a découvert aux environs de Laugnac deux gisements fossilifères très remarquables, appartenant au calcaire gris de l’Agenais et constitué par des marnes charbonneuses contenant de nombreux ossements.

Ce dépôt offre d’autant plus d’intérêt que, jusqu’à présent, les seuls vertébrés signalés à. ce niveau de l’Agenais sont l’ Anchilherium mrelianeme 1 et le Steneofiber Escheri.

Les marnes de Laugnac renferment :

1” Dremothèriodon (nov, gen.) Gaudryi. 6. Vass. type intermédiaire entre les Amphitragulus et les Dremotheriums. (Mandibule gauche, molaires supérieures, canon postérieur droit, divers os des pieds) ;

2° Palœochœrm typus, var major ;

3° Cairwtherium Geoffroyi ou gracilis ;

4” Rongeurs indéterminés;

3° Lacerta, mâchoires, os des membres;

6* Testudo de très grande taille;

7“ Mplocynodon Rateli? dents;

8“ Oiseaux indéterminés.

è)La position stratigraphique du calcaire lacustre de Cieurac n’avait pu encore être déterminée d’une manière précise.

Il résulte des observations de M. Vasseur aux environs de Floressas et du Boulve que la mollasse de l’Agenais passe latéralement entre la Bourdigue et le hameau de Fargues, à un calcaire blanc lacustre qui renferme les fossiles les plus caractéristiques de la faune de Cieurac.

L’étude de la région comprise entre Puylaroque et l’Albcnque a également fourni a l’auteur l’occasion de constater cetie équivalence de la mollasse de l’Agenais et du calcaire de Cieurac; mais tandis que le calcaire apparaît d’abord à la base de la mollasse dans les environs du Boulve, il commence à se montrer vers la partie supérieure de cette formation auprès de Puylaroque. Ce dernier horizon est spécialement caractérisé par l’association du Cyclostoma cadurcensc avec YHelix Ramondi. Dans tous les cas, c’est au voisinage du rivage que le dépôt mollassique est remplacé par le calcaire blanc.

■c) Jusqu’à ce jour, la relation stratigraphique des poches à phosphate avec les dépôts tertiaires du sud-ouest de la France ne semble pas avoir été établie. Cela tient sans doute à ce que ces gîtes ne s’observent que sur la bordure du bassin et dans les fentes de calcaires oolithiques, précisément sur les points où les phénomènes d’érosion entraînant les sédiments tertiaires ont mis à nu la surface des plateaux jurassiques.

Un examen minutieux des lambeaux oligocènes des environs de St-Antonin et de Caylus a permis à M. Vasseur d’arriver à des conclusions certaines en ce qui concerne l’âge des phosphorites.

Il ressort en effet de ses observations que la partie continentale sur laquelle se sont formés les phosphates n’a été envahie par les caui du lac tertiaire que lors du dépôt des couches supérieures de la mollasse de l’Agenais; seules, les dernières assises mollassiques avec le calcaire à hélix (horizon de l’Albenque) qu’elles comprennent ont pu s’étendre sur les phosphorites.

Or les études paléontologiques relatives à la faune des poches à phosphate viennent corroborer cette assertion de la manière la plus complète, en. nous montrant que les animaux dont on retrouve de si nombreux débris dans ces gisements appartiennent à l’époque paléothérienne (Palœotherium, Anoplotherium,Xiphodon, etc.) et à l’époque tongrienne ( Anthracothcrium magnum).

De plus, si les phosphorites ont été recouvertes par. les couches les plus récentes de la mollasse de 1 Amenais, les fossiles de ce dernier horizon doivent faire défaut dans les poches. Il est facile de le vérifier : la faune de vertébrés découverte à Ithiers dans la mollasse inférieure (Anthracolherium magnum, etc.) est en effet largement représentée dans les gîtes de phosphate, tandis que l’on n’y rencontre pas celle de la Milloque ( Dremotherium lamilloqitense, Landesque), qui semble appartenir h la partie supérieure de la mollasse. Il en est de même des mollusques, la faune de l’Albenque (Hélix Rammdi, Cyclostoma cadurcmse, etc.) n’ayant jamais été trouvée dans les phosphorites.

Les phénomènes qui ont amené la production des phosphorites dans le Qnercy ont donc commencé à se manifester à l’époque des paléothériums (les Ondes, le Mas Ste-Puelle) et se sont continués jusque vers la fin de la période tongrienne, sans avoir atteint toutefois la limite supérieure de cette division géologique.

Ainsi, pendant une longue période correspondant à la formation des dépôts de l’éocène supérieur et de l’oligocène, la partie du continent située sur la bordure du bassin tertiaire du sud-ouest et formée par les roches jurassiques a été corrodée et souvent profondément ravinée par des eaux acides. Les excavations ainsi produites se sont remplies de résidus entraînés par le ruissellement, et consistant surtout en particules siliceuses, en argile chimique rouge et en minerai de fer en grains, associés aux débris de vertébrés enfouis sur place ou transportés. Ces

matériàuï de remplissage ont été cimentés par du phosphate et du carbonate de chaux ou par de la iimonité.

XXVI. — Sur l’origine de l'inscription phénicienne de Marseille 1 .

En 1844, un maçon travaillant à consolider les fondements d’une ancienne maison mettait à découvert dans Marseille près de l’église de' la Major, une pierre présentant une inscription gravée en caractères phéniciens. Ce débris antique, conservé aujourd’hui dans le musée Borelli, est la seule inscription de cette écriture, qui ait été jusqu’à ce jour découverte en France. Sauley et Munk qui en ont donné la traduction l’ont considérée comme un tarif des droits de sacristie d’un temple de Baal. On conçoit dès lors tout l’intérêt qui s’attachait à la connaissance de l’origine de cette pierre.

L’inscription a-t-elle été apportée par les Phéniciens ou gravée par eux à Marseille? Aurait-elle été transportée dans celte ville, d’une colonie phénicienne, de.Carthage par exemple, et dans ce cas, a-t-elle été transportée par les Carthaginois pour servir dans un temple de Baal, ou bien aurait-elle été simplement jetée à la côte par quelque navire avec du lest tiré des ruines de Carthage? Telles sont les nombreuses hypothèses qui se présentent de suite à l’esprit.

Si la pierre est venue de Phénicie, c’est l’origine même de Marseille qui, en dépit des traditions les plus anciennes, se trouverait en question ; si elle a été apportée jadis de Carthage, le fait démontrerait clairement qu’il existait dans la cité phocéenne une colonie carthaginoise.

La solution de cet intéressant problème fut demandée par M. Renan à M. Dieulafait qui fut chargé d’examiner la pierre de l’inscription et de la comparer aux roches de Provence et à celles de la région de Carthage.

Le savant professeur de Marseille déduisit de ses observations exclusivement chimiques 1° que « la pierre de l’inscription n’appartient pas à la pierre dite de Cassis (il voulait parler du calcaire, urgqnien) ; 2“ que cette pierre est au point de vue minéralogique, physique et

t. Congrès de VAssoc. franf.’ pour l'avancement des sciences. Marseille (sept. 1891).

chimique, identique à celle qui constitue le fragment n° 7& du musée du Louvre et à celle qui porte la lettre C d’un envoi de M. Berger. » Les deux pierres dont ces fragments ont été détachés provenant des monuments de Carthage et par suite de carrières peu éloignées de la ville, il ne restait pas pour M. Dieulafait l’ombre d’un doute sur l’origine de la pierre de Marseille qu’il considérait comme venant de Carthage.

Cependant, la chimie, même avec le secours du spectroscope, ne saurait suffire à nous indiquer l’origine d’un calcaire, puisque des roches de composition identique dans le détail ont bien pu se déposer dans des régions différentes et à diverses époques. Pour ce motif M. Yasseur a cru devoir reprendre l’examen de la pierre phénicienne en utilisant les procédés actuellement en usage dans les études pétrographiques.

Il résulte de ses études que, réduites en plaque mince, la pierre phénicienne se montre sous le microscope remplie de minuscules coquilles de foraminifëres, de formes variées et à test spathisé.

Les genres les plus fréquents sont des Globigerines, des Textularines et des Rotalines, tandis que les calcaires des environs de Marseille, soumis au meme examen, présentent des foraminifères très différents de ceux-ci, et appartenant surtout au groupe des miliolidés trématophorés.

Par contre les pierres à inscriptions phéniciennes provenant de Carthage et conservées au musée du Louvre sont identiques au point de vue de la structure et des fossiles à celle de l’inscription marseillaise.

M. Yasseur a conclu de ses observations : 1" que, dans certains cas, la méthode des coupes peut s’appliquer avec succès à la détermination des roches sédimentaires qui ont été employées par les anciens, pour leurs monuments ou leurs inscriptions ; 2° que la pierre phénicienne découverte à Marseille provient bien de Carthage, ainsi que M. Dieulafait l’avait affirmé. Mais cette détermination peut être considérée maintenant comme rigoureuse, en raison des observations précises sur lesquelles elle repose.

L’auteur ne croit pas que la pierre dont il s’agit, découverte à 7 mètres d’altitude puisse provenir de délestage. Cela tendrait à démontrer

qu'il existait dans la cité phocéennes quatre bu cinq siècles avant Jésus- Christ, une colonie carthaginoise qui avait édifié son temple de Baal, à l’endroit même où s’élève aujourd’hui la nouvelle cathédrale.

En 1890 et 1891, M, Yasseur a poursuivi jusque dans le Castrais et dans l’Albigeois ses recherches sur les terrains tertiaires du sudouest de la France. Ses dernières observations qui établissent définitivement le synchronisme de tous les dépôts tertiaires marins et lacustres de cette région feront prochainement l’objet d’une publication.

Février 1892.

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