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Des altérations anatomiques du sang dans Fanémie

(Congrès inlernalional des sciences médicales; 5- session, Genève, 1877.)

Ces recherches ont porté à la fois sur les anémies dites spontanées ou essentielles et sur les anémies symptomatiques, liées aux affections les plus diverses. Elles s’appuient sur un grand nombre d’observations. En

L’aglobulie ou anémie globulaire, lésion anatomique commune a un grand nombre de maladies, est caractérisée par une altération à la fois quantitative et qualitative des hématies. Elle est le résultat d’une diminution dans la production des globules rouges, et en même temps d’une perturbation dans l’évolution de ces éléments.

Cette déviation dans l’évolution physiologique du sang, déviation qui fait le fond même de toutes les anémies, se traduit par des altérations de volume, de couleur et de forme des globules rouges.

Les modifications' dans le volume sont de toutes les plus faciles à remarquer, et, en conséquence, elles ont, plus souvent que les autres, attiré l’attention des observateurs. Mais on s’était tellement habitué à considérer le globule rouge comme un élément fixe et inaltérable, qu’on a cru devoir faire de ces altérations de diamètre des lésions spéciales à telle ou telle forme morbide.

Ainsi, on a désigné sous le nom de microcythémie un état dans lequel le sang renferme un nombre variable de petits globules qu’on a cru doués de propriétés particulières ; d’autre part, et par opposition, on a signalé la macrocythémie comme une altération particulière des globules rouges, altération dont M. Malassez a voulu faire un caractère propre à l’anémie saturnine.

J’ai fait voir que ni la raicrocythémie, ni la macrooylhémie ne sont des altérations spéciales à telle ou telle maladie : dans toute anémie, quelle qu’en soit l’origine, le trouble apporté à la formation et au développement des globules fait apparaître des formes anomales d’hématies, rappelant plus ou moins nettement l’état fœtal des éléments.

Tandis qu’à l’élat normal, et chez l’adulte, les différentes variétés de globules quant à la taille (grands, moyens, petits) sont mélangées en proportions toujours fort analogues, chez les anémiques les éléments devenus très-inégaux sont mélangés en proportions très-variables.

La plus fréquente dos modifications du sang est évidemment celle qui résulte de l’accumulation d’élémenis petits et parfois même si exigus que j’ai cru devoir les désigner sous le nom de globules nains.

Ces globules, petits et nains, loin d’être, comme on l'a cru, des éléments en voie de régression, de disparition, sont des globules jeunes, incomplélement développés.

On peut les trouver eu nombre variable dans toutes les anémies sans exception aucune. Ils ne caractérisent en aucune façon, ainsi que l’a prétendu récemment Eicbhorst, l'anémie grave, dite pernicieuse. An

contraire, c’est dans les anémies de moyenne intensité, alors que le nombre des globules est relativement élevé (quelquefois plus élevé qu’à l’élat normal), que les petits globules sont parliculierement abondants.

A côté du globide trop petit vient se placer tout naturellemeut le globule monstrueux en sens opposé, le globule volumineux ou Déant. Sa signification est moins claire; toutefois l’hypertrophie est encore une sorte d’état fœtal.

Pas plus que les globules nains,, les grands et les géanis ne peuvent caractériser une espèce ou une variété particulière d’anémie. Contrairement à l’assertion d’Eichhorst, c’est dans les anémies graves ou intenses que les globules géants sont relativement le plus nombreux, cl l’on peut dire que le volume des globules est, en général, en raison inverse de leur nombre.

Immédiatement après les variations dans la taille vient se placer la

Il est bien rare qu’un échantillon de sang anémique ne contienne pas toujours un bon nombre de globules tout à fait corrects sous le rapport de la forme et du diamètre; an contraire, il est extrêmement fréquent d’observer une diminution plus ou moins marquée dans la coloration de tous les éléments sans exception. Mais souvent aussi cette décoloration n’en atteint qu’un certain nombre, d’ailleurs fort variable.

. La dernière des altérations anatomiques à mentionner consiste en déformations diverses des hématies. Malgré ces déformations, la forme typique de l’élément est conservée ; devenu plus mou, plus visqueux, le globule se laisse allongi-r et étirer, particulièrement sur son bord, sans reprendre aussi aisément qu'un globule sain son apparence primitive; mais sa forme biconcave, typique, est respectée et lorsque le sang est dilué avec un liquide laissant intacte la forme des globules, on voit que toutes leshérnaties, même les plus déformées, conserventleiirbiconcavité.

La conséquence immédiate do ces modifications, consétiuence d'une grande importance au point de vue physiologique, se traduit par une diminution do la quantité d’hémoglobine contenue dans le globule, considéré individuellement.

Tant qu’on a cru à l’inaltérabilité des globules rouges on a supposé quü la pauvreté du sang en hémoglobine était proportionnelle à la diminution du nombre des globules. Mes études m’ont conduit à une formule tout opposée: un des caractères fondamentaux de l’aglobulie persistante (la seule vraie, l’aglobulic aiguë, temporaire par perte de sang étant de

l’hydrémie), c’est une diminution dans la quantité d’hémoglobine, hors de proportion avec le nombre des globules rouges.

Parmi les faits que j’ai publiés sur celte question, je rappellerai surtout ceux qui concernent les fluctuations dans le contenu des globules rouges en bémoglohinc (valeur individuelle des hématies) selon les divers degrés d’anémie. Ce n’est pas dans les anémies les plus fortes, les plus graves que la valeur individuelle des globules tombe le plus bas, et ce fait concorde avec la remarque précédente touchant l’hypertrophie des globules dans les anémies intenses.

Dans les anémies de moyenne intensité au contraire, les globules sont très-abondants, parfois même plus nombreux qu’à l’état normal, mais ils sont petits, décolorés et leur valeur individuelle peut devenir deux ou trois fois moins grande qu’à l’état sain. Il parait donc y avoir des états anomiques dans lesquels l’activité formative des éléments n’est pas ralentie et qui sont dus à ce fait que les globules, quoique formés en abondance, ne trouvent pas dans l’organisme les conditions ou les matériaux nécessaires à leur développement complet, et d’autre part, des anémies dans lesquelles la formation des éléments du sang est atteinte dans sa source. C’est dans ces dernières conditions que les hématies, formées en très-faiblequantité, parviennent parfois à une sorte d’état hypertrophique.

Ces éludes sur l’anémie, en établissant que cet état du sang est le résultat d’une évolution anomale des hématies m’ont conduit a entreprendre une série d’études sur le mode de production et de développement de ces éléments.

-100. Des caractères anatomiques du sang chez le noimeaii-né pendant les premiers jours de la vie.

(Comptes rendus de l'Acad. des sciences, *21 mai 1S77.)

KH. Sur l’évolution des globules rouges du sang des vertébrés ovipares. (Comptes rendus de VAcnd. des sciences, 12 novembre 1877.)

'102. Note sur les caractères et tèmlution des hèmatoblaste chez les ovipares.

(Comptes remlns de ta Soc. de biologie, 54 novembre et 1™ décembre li

'103. Sur lévolution des globules rouges dans le sang des animaux supérieurs (vertébrés vivipares).

'104. Sur la formation de la fibrine du sang étudiée au microscope.

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