Des némastoblastes et de la coagidation du sang
'106. Note sur le sang du chat muveau-né.
(Comptes rendus de la Soc. de Mot., 13 avril 1878, et Gaz. méd., n“ 21
108. Recherches sur Cévolulion des hématies dans le sang de thomme et des vertébrés. — 1" partie seule parue, avec 2 planches.
J’ai toutd’abord étudié le sang du nouveau-né pendant les premiei-s jours de la vie. Ce sang fœtal, en voie d’évolution, présente des caractères anatomiques particuliers.
Le iliamèli'O doj hématies est trèi-irrégulier, et cl’üujom- à l’autre la proportion des globules de divers diamètres se modifie notablement, ce qui indique déjà un certain rapport entre le volume et l’àge des éléments.
Ce fait est mis plus en évidence dans le travail (cité sous le n" 97) sur la nature et la signification des petits globules rouges du sang. On y montre, en effet, en s'appuyant sur des recherches physiologiques et pathologiques, que les petits globules apparaissent ou augmentent dans le sang toutes les fois qu’il se fait une active régénération de ce liquide. D’autre part, nous avons déjà noté, à propos de l’anémie, une accumulation de petits globules, lorsque ces éléments entravés dans leur développement restent pour ainsi dire à l’état d’avortons.
Je conclus de ces faits, vérifiés depuis un grand nombre de fois, que les petits globules rouges du sang normal et du sang pathologique sont des éléments jeunes, incomplètement développés ou arrêtés dans leur évolution.
Un premier point s’en dégage relativement a l’origine des globules rouges, à savoir que les globules rouges commencent par être des éléments très-petits. Mais ces très-petits éléments, que j’ai désignés sous le nom de nains, ne représentent pas encore tes formes les plus jeunes des globules rouges. Ce sont déjà de véritables hématies, des formes intermédiaires entre les embryons d’hématies et les éléments adultes.
En poursuivant ces recherches chez l’homme et différents animaux, je n’ai pas tardé à découvrir la forme la plus jeune, véritablement fœtale des globules rouges.
Elle se présente sous l’apparence d’un élément très-petit, auquel j’ai donné le nom A’hématoblaste, et dont je crois avoir établi le premier les véritables caractères anatomiques, ainsi que les propriétés physiologiques toutes spéciales.
Ces hématoblastes,vus par un grand nombre d’observateurs, n’avaient été étudiés que sous une forme modifiée, soit spontanément, soit par les réactifs, et, par suite, ils avaient été confondus chez les vertébrés vivipares avec de simples granulations, chez les ovipares avec les globules
Les hématoblastes s’altèrent dès qu’ils sortent des vaisseaux, et c’est probablement grâce à cette vulnérabilité excessive, plus grande encore chez beaucoup d’animaux (lapin, chien) que chez l’homme, que leur véritable nature est restée jusqu’à présent méconnue. Zimmermann
cependant, en fixant les éléments du sang à l’aide de solutions salines, a décrit des vésicules élémentaires qui donneraient naissance aux globules rouges, mais sous ce nom il a compris surtout les globules rouges modifiés par les réactifs, et son travail n’a soulevé que des critiques et des contradictions.
Après avoir décrit les hématoblastes dans le sang de l’homme et des divers vertébrés, j ai insiste sur les remarquables propriétés physiologiques de ces corpuscules.
J’ai suivi pas à pas les modifications profondes dont ils sont le siège dès qu’ils ne circulent plus dans les vaisseaux, et j’ai démontré ainsi l’intervention active d’un des éléments figurés du sang dans l'acte de la coagulation, ou plutôt de la formation du caillot, telle qu’elle a lieu dans le sang pur, conservé hors de l’organisme.
Pour démontrer la parenté qui existe entre les hématoblastes et les globules rouges adultes. ] ai fait voir que les plus petits hématoblastes sont reliés aux hématies par une série non interrompue d’intermédiaires. J’avais d’ailleurs déjà établi la signification des globules nains avant celle des hématoblastes.
La démonstration de ce point particulier repose sur des observations concernant le sang de l’homme à l’état sain et à l’état pathologique, et sur un certain nombre de faits expérimentaux.
Dans le sang normal, on peut déjà s’assurer que les hématoblastes ont un diamètre de plus en plus grand, puisqu’ils perdent leur vulnérabilité excessive, ne concourent plus à la formation du réticulum fibrineux, et deviennent alors de véritables globules rouges, qui pendant un certain temps restent encore fort petits (nains), et dont la forme est un peu moins fixe que celle des hématies adultes. Toutefois les éléments intermédiaires sont peu abondants dans le sang normal, excepté cependant dans certaines conditions physiologiques (la menstruation par exemple). Ce sont les faits pathologiques et expérimentaux qui fournissent le plus d’arguments à l’appui des opinions que j’ai émises.
Outre les faits qui sont énoncés à propos de la signification et de la nature des petits globules rouges, j’en ai recueilli beaucoup d'autres très-démonstratifs qui m’ont été fournis par l’étude des fluctuations des hématoblastes à l’état pathologique. Les résultats de ces dernières recherches n’ont pas encore été publiés. J’indiquerai toutefois ici, qu’au moment de la convalescence des maladies aiguës, alors que les malades réparent leur sang, on voit tout à coup apparaître de véritables pous-
sées d'hématoblaslcs, qui ne lardent pas à se transformer en globules rouges, d’abord petits, puis adultes.
Les faits, mis en évidence par l’étude do l’anémie, peuvent être reproduits à volonté par des expériences sur les animaux.
En opérant sur la grenouille, on fait apparaître deux variétés d’hématoblastes : i’ Les hématoblastes proprement dits, c’est-à-dire ceux qui concourent à la formation du réseau fibrineux; 2" les hématoblastes de la deuxième phase ou intermédiaires, corpuscules qui ont été décrits par Golubew et plus récemment par M. Vulpian.
Ces derniers n’ont plus les propriétés physiologiques des hématoblastes; ils se comportent hors de l’organisme comme des globules rouges adultes et correspondant aux globules nains des vivipares.
— Ces recherches m’ont conduit à mettre en doute, au moins pour ce qui concerne la période extra-utérine de la vie, l’opinion généralement admise touchant le mode de formation des globules rouges par transformation progressive des globules blancs.
Celte opinion ne s’appuie, d’ailleurs, que sur des arguments trèsfaibles. Pour les détruire, après avoir montré que dans le sang des ovipares les prétendus globules blancs, se transformant en rouges, sont des hématoblastes méconnus, j’ai repris chez des animaux nouveau-nés l’étude du sang et du développement de certaines membranes vasculaires. Voici les résultats obtenus :
Les arguments que Kôlliker a empruntés à l’état du sang chez certains mammifères encore allaités, pour établir la transformation des globules blancs en hématies, sont inexacts. Le chat nouveau-né possède un trèsgrand nombre d’hématoblastes, relativement volumineux, ne ressemblant aucunement aux globules blancs, et son sang ne contient pas plus que celui du nouveau-né humain un seul globule rouge à noyau.
Dans l’épiploon des mammifères nouveau-nés (chat, lapin, cobayes), lès globules rouges apparaissent spontanément, m situ, au sein des cellules embryonnaires complexes, décrites par M. Ranvier sous le nom de vaso-formatives. Ils sont dus au développement d’hématoblaslcs qui prennent naissance au milieu d’un amas protoplasmique, sans qu’aucun globule blanc vienne participer à ce travail do formation.
Depuis la publication récente de ces derniers travaux, j’ai encore fait de nouvelles éludes restées jusqu’à présent inédites. En voici les principales conclusions :
La lymphe déverse constamment dans le sang un grand nombre
d’héniatoblastes destinés à la rénovation incessante des hématies utilisées pour l’entretien physiologique de l’organisme.
La lymphe ne diffère donc pas essentiellement du sang, c’est du sang blanc, non parce qu’elle est dépourvue de globules rouges, mais bien parce que ceux-ci s’y trouvent sous la forme hématoblastique.
C’est dans la lymphe que naissent les hématoblastes ; ils se for- (nent dans le protoplasma des globules blauos, et ceux-ci s’en débarrassent habituellement avant de pénétrer dans le sang, sauf dans certaines conditions pathologiques.
■109. Sur les moutiements dits amiboïdes observés particulièrement
{Arch. génér. de méi., juin et juillet 1866.)
Revue analytique et critique des derniers travaux poursuivis en 411emagne sur cette question. A cette occasion, nous avons vérifié par nousmêmes la plupart des résultats énoncés par Max Schültze, Preyer, etc., et ajouté quelques faits nouveaux à ceux qui étaient déjà connus.
l'IO. L’examen de la sérosité des vésicatoires parait démontrer que le sang ne renferme pas d! excès i acide urique dans quelques maladies aiguës ou chroniques.
Celte recherche a été faite par le procédé de Garrod, dit procédé