Becherches histologiques sur tinfection purulente
Sous le nom de taches pâles anémiques, je décris une lésion du foie que j’ai trouvée dans des cas d’infection purulente et que M. Vulpian a étudiée en même temps que nous. Au niveau de ces taches, l’examen microscopique montre l’injection des capillaires par des globules blancs et une obstruction des rameaux de la veine porte par des caillots qui se poursuivent souvent au niveau et autour de ta partie anémiée jusque dans des branches visibles à l’œil nu. Les artérioles, au contraire, ne présentent pas d’amas de globules blancs ; les veines sus-hépatiques contiennent quelques globules blancs et plus rarement des coagulations.
D’après ces particularités histologiques on peut admettre que ces taches anémiques ne sont autres que des infarctus au début (abcès métastatiques), produits par des embolies capillaires, les globules de pus jouant ici le rôle d’embolus. A un degré plus avancé de ces lésions, on observe une infiltration purulente interstitielle; sur certaines pièces, il est facile de suivre les diverses phases des abcès métastatiques, depuis cette inBltration diffuse jusqu’à la formation de foyers distincts.
Dans quelques cas ces abcès métastatiques se préseutent sous la forme de petites taches miliaires criblant le foie à la façon d’une éruption tuberculeuse confluente ; les plus petits de ces abcès sont microscopiques, les plus gros atteignent à peine 1 à 2 millimètres de diamètre.
Ces abcès métastatiques miliaires n’appartiennent pas en propre aux lésions du foie ; on peut en trouver également dans d’autres organes, et assez souvent dans les reins.
Après avoir décrit ces petites collections purulentes, qui habituellement apparaissent à la périphérie des abcès, j’admets que.les infarctus se forment de la manière suivante : arrêt dans les capillaires, et quelquefois dans les artérioles, de globules blancs apportés par les artères hépatiques, — coagulation du sang dans les branches de la veine porte, — pénétration dans les veines sus-hépatiques de quelques globules blancs et formation de caillots dans un certain nombre de ces veines, — puis, pendant l’évolution de ces troubles circulatoires, passage des globules blancs à travers les capillaires, production d’une infiltration purulente, et ensuite de petites collections qui sont déjà de véritables abcès, et qui, par leur réunion, forment des abcès de plus en plus volumineux.
Ces recherches sur les premières phases des abcès métastatiques montrent que l’absence d’abcès métastatiques visibles ne suffit pas à faire rejeter la pyohémie, celle-ci pouvant être caractérisée par des taches pâles et des infiltrations purulentes, lésions qu’on ne découvre qu’après un examen attentif ou même qu’après l’intervention du microscope. Un certain nombre d’observations de pyohémie, sans abcès métastatiques sont à cet égard.d’une valeur très-contestable.
Les globules blancs lorsqu’ils sont sains ne s’arrêtant pas dans les capillaires, on ne peut admettre leur rôle comme agents emboliques qu’à la condition de supposer qu’ils ont été préalablement altérés.
l'19. Expériences sur la production de {infection purulente chez le chien.
(Compte rendu de la Société de biologie, p. H5 ; 1870.)
Elles ont consisté à injecter sous la peau du dos chez le chien un liquide irritant et septique contenant du cinabre. Dans deux cas les chiens sont morts d’infection purulente avec abcès métastatiques multiples dans les poumons et différents viscères, et on a re-
trouvé, dans les éléments des abcès métastatiques et dans les caillots des thromboses voisines, quelques globules blancs contenant des particules de cinabre.
-120. Expériunces sur la septicémie.
(Compte rendu des Mémoires de la Société de biologie, p. 163; i87«.)
En répétant les expériences de M. Davaine, j’ai obtenu chez un lapin de petits abcès métastatiques qui se présentaient sous l’apparence de taches miliaires, analogues à celles qui ont été indiquées précédemment chez l’homme. Ce fait, obtenu par hasard, sans modification dans les procédés mis en usage pour produire la septicémie, complète l’histoire anatomique de la septicémie du lapin.
'12'! Septkémie produite par [injection dim liquide putride sans odeur, chez le lapin.
(Ibid., p. 55.)
Ce liquide a été recueilli dans l’abdomen d’un fœtus de quatre mois, expulsé après plusieurs jours de macération: il contenait de nombreuses bactéries, et à la dose d’une seule goutte il a tué le lapin en produisant toutes les lésions de l’infection septicémique. Un liquide putride et inodore a donc eu la même propriété toxique que les liquides putréfiés à l’air libre.