Pachyménmgite spinale hémorrhagique chez le lapin
-17. Des altératium ik la moelle comf'culives aux lésions des nerfs.
18. Sur les allératiom de la moelle consécutives à l’arrachement et à la résection du nerf sciaticjue chez le lapin.
{Comptes remlus de l'Académie des scieims, p. -291; l»7l.)
19. Des altérations médullaires provoquées par les lésions des nerfs.
{Comptes rendus de la Société de biologie, p. 2S9 ol *26; 1873.)
Ces diverses expérieuces ont été entreprises dans le but de rechercher l’influence des lésions nerveuses sur la nutrition des tissus, et de déterminer la patliogénie des altérations de la moelle consécutives aux lésions des nerfs.
Dans une première série de faits on a arraché le nerf sciatique à des lapins qui ont été sacrifiés deux mois environ après l’opération ; dans d’autres expériences on a laissé survivre les animaux plus longtemps. Puis on a fait, chez le chat, l’arrachement de la deuxième paire cervicale, et. chez des lapins, celui du facial.
Dans une autre série d’expériences on s’est borné à réséquer une partie assez grande du sciatique. Enfin, on a soumis ce nerf à divers genres d’irritation, soit en le contusionnant entre les mors d une pince, soit en le cautérisant avec du bromure de potassium ou de la nicotine.
Dans tous ces cas, chez les animaux sacrifiés ou morts à la suite de ces opérations, on a fait l’examen histologique des nerfs lésés, do la moelle et des méninges.
Les principaux résultats obtenus sont les suivants :
L’arrachement du nerf sciatique donne lieu à une myélite traumatique qui s’étend à toute la partie de la région lombo-sacrée, donnant naissance au sciatique. Il se forme une sorte de cicatrice au niveau du trajet intra-médullaire des racines postérieures, plus rarement des antérieures, et en même temps toute la moitié correspondante de la moelle s’atrophie. L’atrophie porte particulièreiiient sur les cellules nerveuses. Ces lésions
sont limitées aux oi’igiiies du sciatique chez les animaux sacrifiés au bout de deux mois.
Chez un certain nombre de ceux qu’on laisse rivre, ces premières lésions sont suivies d’une sorte de myélite diffuse si^eant particulièrement dans l’axe gris, et déterminant la dégénérescence et l’atrophie d’un nombre variable de cellules multipolaires. Cette myélite secondaire, à marche envahissante, se révèle chezquelques animaux par une paralysie progressive, avec atrophie et contracture des muscles.
Dans d’autres cas l’arrachement d’un nerf (chat ; arrachement du deuxième nerf cervical) est suivi au bout do quelques jours d'une myélite aiguë généralisée.
Les simples résections nerveuses ne produisent habituellement, ainsi que l’a montré M. Vulpian, qu’une atrophie notable de la moelle limitée à la région des origines du sciatique. Mais dans quelques cas on voit survenir, comme dans les cas d’arrachement, soit une myélite aigue rapidement mortelle, soit une irritation chronique à marche progressive, portant particulièrement sur la substance grise et ayant une tendance à se généraliser aux deux moitiés latérales delà moelle.
Enfin,dans les expériences qui giit consisté à produire une irritation du nerf, on a développé à coup sûr une phlegmasie médullaire, dans laquelle les lésions s’étendaient non-seulement à la substance grise, mais aussi à la blanche.
Dans ces diverses expériences, les bouts centraux des nerfs réséqués ou irrités ont été trouvés lésés; les méninges spinales, dans les cas de myélite, ont presque toujoursaussi présenté des altérations et particulièrement une pachyméningite hémorrhagique, caractérisée par la transformation du tissu cellulo-adipeux qui double normalement la dure-mère en une sorte de tissu embryonnaire extrêmement vasculaire, parsemé de •petits foyers hémorrhagiques. L’étude du bout central des nerfs réséqués ou irrités a fait voir que l’inflammation se propage à la moelle et aux méninges par l’intermédiaire du tissu conjonctif du nerf, et souvent aussi par une altération ascendante d’une partie des tubes nerveux eux-mèmes.
Ces expériences sont de nature à éclaircir certains points importants de la pathologie humaine, et en particulier la pathogénie des myélites secondaires, celle des paralysies ou amyotrophies dites réflexes, et enfin le mode de production de certains troubles trophiques.
20. Éruption phlycténdtde par lésion du nerf médian. (Comptesrendus de ta Société de biologie, p. 139; 1871, et p. U; 1872.)
Celte observation est rapportée plus complètement dans le travail suivant.
21. Note sur deux cas de lésions cutanées consécutives . a des sections de nerfs.
(.Archives depkys. normale et path., g. 212; 1873.)
Description d’une éruption phlycténoïde survenue sur les doigts consécutivement à un Iratimalisme de l’avant-bras ayant intéressé le nerf médian, et discussion de la pathogénie de ce trouble trophique. On rapproche de ce fait un cas de névrite ascendante survenue dans un moignon, dix-neuf mois après l’amputation. Cette névrite, caractérisée surtout par de l’hyperesthésie et de la contracture, s’est accompagnée d’uns éruption vésiculeuse que l’on peut considérer comme un trouble trophique cutané.
Pour expliquer les altérations de la peau, j’ai invoqué la théorie de l’irritation des nerfs lésés, théorie émise par MM. Brown-Séquard et par M. Charcot.
A propos d’un autre fait plus intéressant encore, observé récemment, j’ai cru devoir proposer une autre hypothèse.
22. Note suruncas de troubles trophiques avec élévation de la température, consécutifs à une plaie intéressant plusieurs branches nerveuses.
(Archiv. de physiol. normale et pgth., 2' série, t. V, p. 90 ; 1878.)
Le malade reçut en mars 1871 une blessure grave et compliquée de la jambe qui détermina probableraentune lésion de différents nerfs. Au bout de huit mois, on lui fit subir une opération dans laquelle plusieurs nerfs importants ont pu également être intéressés. Cependant, vers la fin de l’année 1873, il commença à se lever et à marcher, et en juin 1874 seulement survinrent des troubles trophiques multiples,
accompagnés d’une élévation énorme et persistante de la température du membre.
En m’appuyant sur les expériences précédemment signalées, touchant la propagation des irritations des nerfs aux parties centrales de Ifi moelle, j’ai cru devoir rattacher, dans ce cas, l’élévation persistante de la température à une modification secondaire de la moelle, et j’ai fait voir que cette modification admise déjà en pareil cas par M. Brown-Séquard et par M. Vulpian, peut expliquer également les autres troubles trophiques.
23. ükérationsintesünales consécutwes à la section de la moelle épinière. En commun avec M. le docteur Liouville.
(Compta rendus de la Société de biol., p. «3; 1870.)
24. Lésions des nerfs et de la moelle consécutives à Iamputation des membres.
(Bulletin de la Société anal., p. 684; 1875, et p. 230; 1876.)
Ces recherches ont été faites sur les nerfs d’un moignon datant de cinq ans et sur un autre datant de vingt-quatre ans.
Elles montrent que les nerfs sectionnés par l’amputation s’hypertrophient. Cette hypertrophie est due en partie à une hyperplasie du tissu conjonctif extra et intrafasoiculaire, en partie a la production de petits faisceaux de tubes nerveux, presque tous dépourvus de myéline, remplaçant probablement un nombre variable de tubes anciens dégénérés. Il se ferait donc dans les tubes nerveux se rendant aux parties soustraites par l’amputation une dégénération suivie delà production de petits faisceaux de tubes embryonnaires. Les nouveaux tubes produits sont plus développés au bout de vingt-quatre ans qu’au bout de cinq ans, mais ils restent encore presque tous plus petits que les tubes normaux.
L’examen de la moelle se rapportant à l’amputation du poignet datant de cinq ans a montré l’atrophie décrite par M. Vulpian et par Dickinson. Il existait, en outre, quelques lésions de nature irritative, non-seulement
du côté de l’amputation, mais aussi du côté opposé, fait intéressant à rapprocher des cas dans lesquels on a observé, chez les amputés, des symptômes de myélite.
Les altérations siégeaient au niveau de la huitième paire cervicale et de 1 P em e e paire dorsale : d’où l’on peut conclure que ces deux paires nerveuses sont particulièrement destinées à l’innervation de la main.
25. Tumeur sarcomateuse du médtastm. — Compressiondes pneumogastriques et des récurrents.
(Àrchim deplys. twrmale et path., p, est; 1869.)
Cas intéressant dans lequel une forte compression des deux pneumogastriques a déterminé une grande fréquence des battements du cœur dont le nombre variait de 130 à 150 par minute. Dans ces conditions, la digitale a fait baisser le pouls de 20 pulsations.