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Des succédanés du fer

(Comptes rendus de la Soc. de biologie, 1881, p. 141.)

148. De la réparation du sang dans üanémie [action de toxygène). (Comptes rendus de la Soc. de biologie, 1879, p. 177.)

149. Sur les effets physiologiques et pharmacothérapiques des inhalations d’oxygène.

(Comptes rendus de l’Acad. des sciences, 2 m.ii 1881.)

Pour compiler mes recherches sur le fer, j’ai fait l’étude comparative des effets produits chez les chlorotiques par les principaux médicaments considérés comme capables de favoriser la reconstitution du sang.

Lorsque les chlorotiques entrent à l’hôpital, épuisées depuis un temps plus ou moins long par un travail au-dessus de leurs forces, et par le conlinement dans des ateliers et dans des logements insuffisamment aérés, sous l’influence du repus dont elles jouissent, de l’alimentation régulière et souvent plus abondante que celle qu’elles prenaient en ville, des promenades au grand air pendant le jour, elles ne tardent pas à éprouver un mieux sensible ; mais bientôt leur état devient stationnaire, et c’est alors seulement que doit commencer l’étude du traitement qu’on se propose d’employer.

Pour mettre à l’essai le manganèse (n" 147) recommandé par Trousseau, qui l’associait au fer dans les cas en apparence rebelles à la médication martiale pure, je me suis servi du protochlorure de manganèse, administré sous forme pilulaire, aux mêmes doses que les sels solubles de fer. Au bout de plusieurs mois de traitement l’état des malades n’a pas été sensiblement modifié. Le manganèse ne peut donc pas être considéré comme un succédané du fer.

J’ai entrepris des essais analogues avec l’arsenic, administré soit par la bouche sous diverses formes, soit en injections sous-cutanées. Cette fois encore les résultats pharmacothérapiques ont été nuis. Il en est fait men-

tion dans une thèse faite sous ma direction par M. Delpeuoh {De l’aclion de Varsenic sur le sang, Paris, 1880) . M. Delpeuoh a trouvé que, lorsque la dose d’arsenic n’atteint pas au moins Oe',01 par 24 heures, les modifications du sang sont à peu prés nulles. A dose plus élevée, et non toujours bien supportée, le nombre des globules diminue notablement, mais le pouvoir colorant du sang reste à peu près le même, les globules devenant un peu plus riches en hémoglobine.

Il restait encore à rechercher si les chlorotiques ne pourraient pas emprunter le fer dont elles ont besoin à l’alimentation, et si le traitement ferrugineux n’agit pas chez elles, comme certains auteurs l’ont admis, en stimulant l’appétit et en relevant les forces digestives.

Pour élucider ce point important j’ai eu recours à l’hydrothérapie d’une part, de l’autre aux inhalations d’oxygène. Mes observations sur les effets de l’hydrothérapie m’ont fait voir qu’à l’aide de l’eau froide on peut facilement et assez rapidement obtenir une amélioration sensible. L’appétit renaît, les forces reviennent, la peau se colore légèrement, le nombre des globules rouges augmente. Mais au bout de peu de temps (quinze jours à trois semaines) le bénéfice acquis ne s’accentue pas; les globules nouvellement formés restent imparfaitement développés, en un mot, la lésion du sang persiste, et cela, même dans les cas où le traitement est poursuivi pendant deux, trois ou quatre mois. Toutefois, je dirai que l’hydrothérapie pratiquée à l’hôpital ne juge pas la question de la cure d’eau froide instituée en ville avec un outillage plus convenable.

Les inhalations d’oxygène (n"” 148 et 149j m’ont donné des résultats très analogues. Elles stimulent le mouvement nutritif, sans modifier la lésion du sang.

Les hématies sont produites en plus grand nombre, mais restent tout aussi altérées, parfois même elles contiennent d’autant moins d’hémoglobine qu’elles sont plus abondantes.

Après avoir constaté ces faits chez les chlorotiques soumises les unes au manganèse, les autres à l’arsenic, d’autres encore à l’hydrothérapie, j’ai prescrit chez toutes un traitement ferrugineux, et dans tous les cas j’ai obtenu promptement, soit une guérison définitive, soit tout au moins une guérison temporaire. Plusieurs fois j’ai pu suivre mes malades pendant plusieurs années et la conclusion générale à laquelle je suis arrivé peut se formuler ainsi : le fer exerce, grâce à son rôle dans la constitution du globule sanguin, une action spéciale qu’aucun médicament, qu’aucune pratique thérapeutique ne peuvent suppléer. Cette action se

traduit, dans un sang où les hématies sont déviées de leur évolution normale, par nn retour plus ou moins rapide au type physiologique.

Mes études sur l’oxygène, complétées par celles que M. Aune a faites sous ma direction (Effets physiologiques des inhalations d’oxygène, thèse de Paris n"-109,1880) ont fourni des renseighements précis sur les modifications du sang, des urines et du poids du corps sousl’influence de cet agent de stimulation des fonctionsde nutrition. Elles m’ont révélé, en outre, un fait intéressant pour la pratique, à savoir que les inhalations d’oxygène exercent dans un très grand nombre de cas une sorte d’influence d’arrêt sur le phénomène mmissemmt.

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