De Vexamen du sang au point de vue anthropologique
(Bulletin de la Société d'anthropologie, 3 février 1881.)
Description des procédés à suivre dans l’étude morphologique du sang et particulièrement de la méthode qui conduit à la détermination la plus correcte des dimensions des globules rouges. Elle consiste simplement à calculer, à l’aide d’un oculaire micrométrique convenable et en prenant certaines précautions, le diamètre moyen des éléments de moyenne dimension à l’exclusion des autres.
ao-patholog;iqnej».
156. Des altérations qualitatives de l’hémoglobine dans l’anémie' (Comptes rendus de la Soc. de biologie, p. 25, janvier 1880.)
•157. Sur les caractères anatomiques du sang, particuliers aux anémies
(Comptes rendus de l’Acad. des sciences, 2 février 1880.)
La théorie allemande et italienne qui fait provenir les globules rouges du sang, pendant la vie extra-utérine, des éléments à contenu hémoglobique existant dans les organes dits hématopoiétiques, s’appuie principalement sur la présence de globules rouges nucléés dans le sang de certains malades et sur l’apparition d’éléments semblables dans le sang des animaux soumis à des hémorragies abondantes et répétées.
D’après mes observations, le sang de l’homme ne contient jamais que de très rares globules rouges à noyau. On ne rencontre ces éléments que dans l’anémie et dans la leucocythémie. Dans l’anémie, quelle qu’en soit l’origine, ils n’apparaissent qu’à une période ultime, lorsque le nombre des hématies est inférieur à un million et que le sang, loin de se réparer, est en voie de destruction continue. A côté d’eux, dans les mêmes cas, ou remarque quelques globules blancs à noyau caractéristique, renfermant une petite quantité d’hémoglobine et des globules blancs à noyau unique et sphérique, plus petits que ceux du sang normal, éléments qui n’existent habituellement que dans la lymphe. Lorsque l’état des malades s’améliore, les globules rouges à noyau disparaissent, tandis que les hématoblastes se multiplient et se transforment bientôt en hématies.
Dans la leucocythémie la présence dans le sang de globules rouges à noyau ne s’observe que d’une manière exceptionnelle et à une période avancée de la maladie, alors que les tissus pathologiques, développés dans quelques organes et particulièrement dans la rate, laissent passer dans le sang des éléments embryonnaires n’ayant aucun rapport avec la formation normale des hématies chez l’adulte.
Quant à l’apparition de globules rouges nucléés dans le sang chez les
chiens saignés, il m’a été impossible de l’obtenir, bien que mes expériences sur ce point aient été multipliées et poussées jusqu’au degré d’anémie le plus intense que le chien puisse supporter sans succomber. J’ai toujours vu la réparation sanguine post-hémorragique (voy. n' -145) s’effectuer, chez les animaux comme chez l’homme, à l’aide d’une pro- <luction nouvelle et souvent considérable d’hématoblastes passant progressivement à l’état d’hématies.
J’ai conclu de l’ensemble de ces observations que les éléments colorés et à noyau ne sont pas des formes de transition entre les globules blancs et les globules rouges et qu’au lieu de présider à la reconstitution du sang, ils sont la preuve d’une profonde altération de l’hématopoièse ou la conséquence de lésions particulières des organes qui déversent dans le sang, comme dans la leucocythémie, une partie de leurs éléments propres.
— One des conséquences de l’élaboration imparfaite du sang dans l’anémie consiste en une modification de l’hémoglobine qui se traduit par la facilité avec laquelle cette substance donne naissance à certaines prod uctions cristallines dans les préparations faites par dessiccation. Ces cristaux se rencontrent uniquement dans l’anémie chronique, alors que le pouvoir coloraut des éléments est amoindri ; mais il n’est pas nécessaire que l’anémie soit très profonde ou extrême ; on l’observe parfois dans des cas de moyenne intensité. Il est, quant à présent, impossible de dire à quelle modification chimique de l’hémoglobine correspond cette formation cristalline ; mais il est intéressant de faire remarquer que dans les préparations de la lymphe ou du suc des ganglions lymphatiques, faites par voie sèche, il se produit normalement des cristallisations semblables.
158. Sur les caractères anatomiques du sang dans les phlegmasies. (Comptes rendus de l’Académie des sciences, 15 et 22 mars 1880.)
159. Du processus de coagulation et de ses modifications dans les maladies.
(Note lue à la Société médicale des hôpitaux, 11 février 1881 ; lu Union médicale, n-80,82 et 84, 1881.)
160. Sur l'application de texamen anatomique du sanrj au diagnostic des maladies.
(Comptes rendus de l'Académie des sciences, 10 janvier 1881.)
Je me suis constamment préoccupé de rendre l’examen du sang aussi simple et par suite aussi pratique que possible, afin de permettre au médecin de reconnaître certaines altérations sur lesquelles la chimie seule pouvait autrefois nous renseigner. C'est ainsi que je suis parvenu à apprécier, sinon à mesurer, les variations de la fibrine et à reconnattre les modifications que certaines maladies impriment au processus de coagulation.
Les procédés qui nous révèlent ces diverses particularités s’exécutent à l’aide d'une quantité insignifiante de sang, et répondent entièrement aux exigences de la clinique. Ils consistent essentiellement dans l’examen du sang pur étalé en couche mince, d’épaisseur constante, à l’aide d’une cellule spéciale; dans l’examen qualitatif du sang à l’aide d’un réactif particulier, et enfin dans une préparation histologique convenable du réticulum fibrineux. Ces moyens d’étude, combinés avec ceux qui servent à la numération des éléments, m’ont permis de faire une description des caractères du sang dans les diverses phlegmasies, dans les pyrexies et dans les cachexies.
Le sang étant en voie de mutation constante, toutes les maladies, par le trouble qu’elles apportent à la nutrition générale, retenti.ssent sur l’évolution de ce liquide nourricier, et c’est précisément dans les éléments en voie de développement que cette influence se fait sentir avec le plus de netteté.
Les variations dans le nombre des hématoblastes dans les diverses maladies sont par suite les plus considérables de toutes celles que la numération des éléments du sang nous fait connaître, et ce fait mérir terait déjà à lui seul d’attirer spécialement notre attention sur le.s hématoblastes.
Dans les maladies aiguës la formation du sang est moins active, de sorte que les hématoblastes deviennent moins nombreux et, au contraire, vers la fin de la maladie, la reprise des fonctions hématopoiétiques est marquée par une abondante formation d’hématoblastes.
Les altérations qualitatives sont d’une appréciation plus difficile; elles
ne sont cependant pas douteuses, surtout daus les phlegmasies, et elles paraissent consister principalement en une augmentation dans la pro- portion de substance que les hématoblastes laissent transsuder pendant l’acte de la coagulation. Les variations dans la quantité de fibrine et celles qui concernent la coagulabilité du sang sont en rapport avec les altérations qualitatives des hématoblastes et nullement avec leurs fluctuations numériques.
Dans les maladies chroniques, l’entrave à l’évolution sanguine porte plutôt sur la deuxième phase de développement des hématies; souvent, en effet, la production des hématoblastes est presque aussi active 'qu’à l’état normal, mais la transformation des hématoblastes en globules rouges est pénible, ralentie, le sang se remplit de formes intermédiaires et de globules rouges imparfaits.
— Les caractères anatomo-pathologiques du sang dans les diverses classes de processus morbides sont assez constants pour que l’examen anatomique puisse servir au diagnostic et permettre notamment de reconnaître l’existence d’une lésion inflammatoire.
161. Note sur la réparation du sang à la suite des maladies aiguës.
(Note lue à l’Académie de médecine, le 2 décembre 1879, et publiée dans la France medicale, n" 5, 1880.)
162. De la crise hématigue dam les maladies aiguës à défervescence
brusque.
(Comptes rendus de l'Académie des sciences, 30 janvier 1882.)
Les changements subits qui surviennent à la fin des maladies aiguës dans la constitution morphologique du sang et qui viennent d’ètre signalés, m’ont paru assez importants pour faire l’objet d’une étude spéciale, dans laquelle j’ai tenu particulièrement compte des variations numériques des éléments. J’ai ainsi reconnu qu’à la fin des maladies aiguës la reconstitution du sang s’annonce par une accumulation passagère d'hématoblastes, et j’ai donné à ce phénomène, à cause de sa constance, de son intensité, de l’époque de son apparition, le nom de crise hématique.
11 existe deux formes de crise hématique qui correspondent aux deux formes principales de la crise thermique: une crise à évolution rapide
lorsque la défervescence se fait par crisis; une crise traînante et à poussées successives, dans les maladies dont la défervescence se fait par lÿsis. La crise hématique ayant une marche très régulière lorsqu'elle appartient àla première de ces formes, j’ai pulndiquer d’une manière très précise les principaux caractères qu’elle offre à considérer dans les maladies à défervescence brusque.
Elle débute, dans ce cas, vers la fin de la maladie, au moment où la température fléchit et atteint presque toujours très exactement son fastigium le jour où la température redevient physiologique, c’est-à-dire dès que la défervescence est complète.
Une partie des faits qui m’ont servi à décrire la crise hématique ont été recueillis sous ma direction par un de mes externes, M. Reyne, et publiés dans une thèse très consciencieuse, soutenue à la Faculté de Paris en 1881.
En comparant à la crise hématique des maladies aigues les modifications qui succèdent aux perles de sang, il est facile de se convaincre que toutes les réparations sanguines obéissent aux mêmes lois générales et ne sont que l’exagération ou mieux la suractivité d’un processus normal.