TRAVAUX DIVERS
De la méthode hypodermique et de la pratique des Injectior
L’Ouvrage que j’ai publié sur la méthode hypodermique a paru à l’époque où cette méthode, nouvelle encore en France, mais déjà répandue en Angleterre, fit son apparition dans notre pays sous le patronage de Béhier.
Ce Volume contient d’abord des considérations sur l’absorption. Me plaçant à un point de vue physiologique, je fis ressortir tous les avantages d’une méthode aussi rationnelle, la faveur qu’on devait lui accorder, les procédés opératoires et les instruments qu’on devait préférer. J’insistai longuement sur la supériorité de l’injection sous-cutanée sur les autres voies d’absorption pour l’administration des alcaloïdes.
Passant ensuite à l'application de cette méthode à différentes affections, telles que les névralgies et le tétanos, j’examinai avec soin les tentatives faites pour transporter le curare au nombre des médicaments et l’opposer à cette redoutable maladie. Je montrai clairement que les insuccès qui avaient jeté le discrédit sur cette substance tenaient à la manière défectueuse dont elle avait été administrée et à l'idée préconçue que le curare est une substance extrêmement active. Il n’en est rien, et, chez l’homme, on a pu administrer jusqu’à 12'" ou i5'" de curare de bonne qualité avant d’atteindre les effets physiologiques.
J’ai passé en revue enfin toutes les affections contre lesquelles la méthode hypodermique pouvait être employée avec succès.
De l'opportunité des injections médicamenteuses dans la trachée chez l’Homme.
(Société de Biologis, 187a. -Debovb. Thèse pour l’agrégation: De l'action physiologique des médicaments.
Je crois être le premier qui ait tenté chez l'Homme, dans un but méthodique, l’introduction de médicaments par la voie pulmonaire, et transporté du laboratoire dans le domaine de la Thérapeutique un procédé très-employé en Physiologie.
Cette nouvelle méthode a, dans des cas déterminés, des avantages indiscutables sur toutes les autres. Dans la période d’agonie, l’absorption par l’estomac ne se fait plus, l’absorption par le tissu cellulaire sous-cutané est également trèsralentie; mais, jusqu’au dernier moment, l’économie reste accessible aux médicaments introduits par la voie pulmonaire. Dans les cas de tétanos et de choléra, où l’admimsiration des médicaments par l’appareil digestif est impossible ou inutile, la méthode trachéenne peut rendre de signalés services. Enfin, dans la période ultime des fièvres intermittentes à forme pernicieuse, où l’on a sous la main un remède héroïque, mais où la grande difficulté est de le faire agir au plus vite, il convient d’avoir recours à cette méthode, qui m’a donné deux fois en pareille occasion des résultats concluants.
C’est dans deux cas entièrement désespérés que j’ai eu l’idée de faire ces tentatives, et elles ont été couronnées de succès. Les malades, atteints d'accès pernicieux è forme algide dans un cas et syncopale dans l’autre, arrivés tous deux à la dernière période, n’avaient pas pris auparavant de sulfate de quinine, ce qui donne à ces deux observations la valeur d’une véritable expérience.
Le procédé opératoire est aussi simple que facile : on introduit directement dans la trachée, à 3““ ou 3 e " au-dessous du cartilage cricoide, la fine canule d’un trocart explorateur, et l'on injecte la substance médicamenteuse goutte à goutte. Si l’on se borne è des solutions qui n’ont point d’action locale irritante, cas dans lequel se trouvent presque tous les alcaloïdes, on n’a aucun phénomène inflammatoire à redouter, et la piqûre en elle-même est insignifiante.
Recherches sur l’action physiologique du grenat ou résidu de fabrication de la fuchsine.
(Comptes rendus de l’Académie des Sciences, a 7 janvier 1879.)
Cetie substance, communément employée pour colorer les vins, est tout à fait nuisible, ainsi que le démontrent les expériences rapportées dans ce Mémoire. Des animaux de nature très-diverse, Chiens, Chats, Cobayes, Lapins, Grenouilles, soumis h l’usage du colorant Blanchard, sont morts au bout de quatre à six semaines. On observe d’abord de la dtarrhee. la coloration des urines et bientôt leur suppression presque complète. L’amaigrissement est rapide ; la peau se colore en violet, ainsi que les muqueuses. L’animal s’affaiblit peu à peu et meurt dans le marasme, sans convulsions. Il a suffi de 3“ délayés avec un peu d’eau et admmistresen six injections pour faire périr un chien de moyenne taille au bout de treize jours.
Ce qui frappe à l’autopsie, c est la coloration intense des organes. Tous les tissus sont colorés en violet, mais inégalement. Le foie, la rate, sont absolument noirs ; les ganglions lvmphatiques sont d’un violet sombre, le rein violet, le sang et le poumon rose vif.
Des coupes pratiquées dans ces organes montrent que les espaces lymphatiques sont gorgés de granulations irrégulières, amorphes, d’un violet intense. Or la matière injectée est parfaitement soluble; sous l'influence des milieux liquides de l’organisme, cette matière colorante très-soluble s’est précipitée et a formé un composé granuleux très-peu soluble, qui ne peut être éliminé.
On trouve habituellement dans le sang un excès d’urée, jusqu’à o, 336 pour 100, tandis que la proportion normale est de o, 016. L’urémie est donc le caractère saillant de cet empoisonnement.
On doit tirer de mes recherches cette conclusion, que le grenat doit être rangé dans la catégorie des substances nuisiblesel que son introduction dans l’économie ne peut causer que des effets pernicieux.
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