‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 5 sur 6 · INFUSOIRES · texte numérisé non relu

INFUSOIRES

Conditions de la vie latente chez les Infusoires ressuscitants.

(Bulletin Société anatomique, 1878.)

L’opinion de quelques physiologistes, d'après lesquels les phénomènes de nutrition seraient complètement suspendus pendant cet état particulier auquel on a donné le nom de vie latente, et dont le meilleur exemple nous est offert par les Infusoires, les corpuscules-germes, les œufs et les graines des végétaux, est trop absolue.

J’ai fait voir, dans cetteNote, qu’on ne saurait admettre que les êtres à vie latente soient dans un état d’équilibre où ils peuvent rester indéfiniment et qu’ils n’empruntent rien au milieu dans lequel ils se trouvent.

J’ai introduit des Rotifères dans des tubes capillaires où ces animaux ont été desséchés lentement et sont passés à l’état de vie latente. Les tubes ont alors été scellés avec d’autres tubes vides pour servir de témoins. Au bout de deux mois, tous ces tubes ont été ouverts par un bout sous une eau de baryte très-sensible : ceux qui renfermaient des Rotifères contenaient manifestement de l’acide carbonique; les autres n’en contenaient pas.

Chez les Infusoires à l’état de vie latente, la nutrition n’est donc pas absolument suspendue; elle est seulement très-ralentie et cet état ne peut durer indéfiniment, car, puisqu’il y a production d’acide carbonique, il arrive un moment où l’animal a épuisé tout son carbone disponible. La vie latente n’a donc rien de mystérieux ; c est une vie qui suit les lois normales avec cette simple particularité, que la lenteur des combustions oxygénées y est très-grande et insuffisante pour donner lieu è des phénomènes de motilité et de sensibilité. De là l’immobilité de ces animaux et l’apparente suspension de la vie chez eux.

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