Notice sur les travaux scientifiques
En 1862. — Leçons sur l’innervation du cœur, les palpitations, la syncope, l’asphyxie.
En 1863. — Leçons sur les ictères et les maladies du foie.
En 186Zi et 1865. — Leçons sur le sang et les anémies. -
THERAPEUTIQUE EXPÉRIMENTALE
Essai de elassiâeatîoii tliérapeiitique.
(Extrait da Nouveau Dictionnaire de Médecine, t. II, 1865, p. 705.)
Les classifications thérapeutiques généralement admises reposent sur trois espèces de données :
i® Caractères botaniques ou chimiques des médicaments ;
2" Effets produits sur les forces de l’organisme ;
3“ Résultats curatifs.
Depuis les recherches exactes de la physiologie expérimentale, on a pu se convaincre que les plantes de la même famille peuvent présenter les propriétés les plus distinctes, les plus opposées. Il en est de même des groupes chimiques ; et la matière médicale ne saurait être scindée en métalloïdes, métaux, hydrocarbures, corps azotés, alcaloïdes. On confondrait, en effet, dans une même série tous les principes de l’opium, du quinquina, des solanées, des strychnées, etc. Il suffit d’indiquer un pareil rapprochement pour en faire ressortir les graves inconvénients.
La classification didactique a pour base les effets curatifs des médicaments. On a cru reconnaître, aux diverses substances du règne minéral ou organique, des vertus antiphlogistiques, antispasmodiques, fébrifuges, antiscrofuleuses, antisyphilitiques, comme s’il existait des remèdes contre l’inflammation, les spasmes, la fièvre, la scrofule, la syphilis ; mais l’expérimentation clinique et physiologique a, depuis longtemps, fait justice de ces
idées. On sait ce que sont devenus les spécifiques les mieux accrédités, comme le mercure et l’iodure de potassium ; ils peuvent bien faire disparaître une manifestation morbide de la syphilis, mais ils laissent subsister la diathèse; c’est qu’en effet, ils sont incapables de neutraliser le virus. Les remèdes qu’on a appelés diurétiques, diapborétiques, doivent leur dénomination à une connaissance encore plus restreinte de leur mode d’action. S’ils ont parfois le pouvoir de provoquer la diurèse, la sudation, ils n’en agissent pas moins comme excitants ou paralysants d’une partie du système nerveux. Ainsi l’ammoniaque, considérée comme diaphorétique, excite les nerfs moteurs et les muscles ; parmi les diurétiques, le nitrate de potasse paralyse le cœur ; la vératrine affaiblit tous les muscles; la digitale accroît l’énergie de contraction du cœur et la pression artérielle.
Il s’agit donc de savoir pourquoi et comment la diurèse se produit; si c’est en augmentant la pression dans les artères ou les veines rénales, comme le fait la digitale, ou bien si c’est à l’instar du nitre, en excitant les reins au moment de son passage à* travers les tuhuli. Les applications diffèrent radicalement dans ces deux cas.
Il en est de même des médicaments confondus sous le nom de narcotiques ou stupéfiants. La narcéine, la morphine, l’atropine, produisent toutes le narcotisme ; mais la narcéine agit directement sur l’encéphale, l’atropine agit primitivement sur le cœur et les vaisseaux : l’effet narcotique n’est que consécutif, souvent même il manque entièrement. Les actions dynamiques, qu’on a choisies comme bases de classification, peuvent donc faire défaut, et le remède vient mentir à son titre.
C’est qu’en effet, on le juge ordinairement parles résultats obtenus dans certaines maladies, et, partant de cette donnée si mobile, on est porté par analogie à lui attribuer les mêmes effets dans d’autres conditions normales ou morbides ; mais l’analogie est aussi trompeuse que l’action dite médicale. La base de la classification n’est si fragile que parce qu’on n’est pas remonté aux principes mêmes de l’action physiologique.
CLASSE. — MÉDIGAMRNTS Eï POISONS.
DU SYSTÈME NE U V O- M U S CU L Al R E.
.1“ Du cœur. —Un grand nonibre de substances agissent sur le cœur ou sur les nerfs. C’est un des groupes les plus importants de.la matière médicale, et il mérite une étude spéciale (voir plus loin);
2“ Des nerfs de la sensibilité. ~ D’autres substances paralysent primitivement ou secondairement les nerfs de la sensibilité (anesthésiques, chloroforme, éther, amyline) ;
3“ Des muscles et des nerfs moteurs. — L’ammoniaque peut être considérée comme le type des excitants, et le curare comme le type des paralysants du système moteur ;
ll° De rencéphale. — Opium et ses divers alcaloïdes;
5° De la moelle. — Strychnine, conicine.