‹ Notice sur les travaux scientifiques (volume 2)Chapitre 4 sur 9 · IV^ CLASSE. — MODIFICATEURS DES ORGANES ÉLIMINATEURS · texte numérisé non relu

IV^ CLASSE. — MODIFICATEURS DES ORGANES ÉLIMINATEURS

Un grand nombre de médicaments, en s’éliminant soit par le foie, soit par les reins, les membranes muqueuses, qui sont les voies normales d’excrétion, modifient profondément l’organisation de ces glandes ou tissus, et cette modification a été souvent utilisée en médecine dans un but thérapeutique.

Exemple. La térébenthine et le soufre s’éliminent par la muqueuse respiratoire, qu’ils modifient au |)assage. Les alcalins ont une action particu-

lière sur les épithléiiims vibratlles de cette même muqueuse, et c’est pour ce motif que les eaux alcalines, et en particulier l’eau d’Ems, ont une utilité réelle dans les affections laryngo-bronchiques.

La muqueuse vésicale et uréthrale se modifie sous l’influence du copahu et d’autres substances balsamiques qui passent par ces voies. Il en est de même pour la muqueuse buccale, lorsqu’elle élimine le chlorate de potasse; pour la peau et la conjonctive éliminant l’arsenic.

Ce n’est là qu’un essai de classification, fondé sur les données encore incomplètes de la physiologie, l’expérimentation prenant la place des données purement empiriques. C’est en suivant la substance médicamënteuse dans le sein de l’organisme et en étudiant ses voies électives, c’est par la connaissance de son mode d’élimination, par l’étude de son action sur tel ou tel tissu, tel ou tel organe (un même médicament pouvant être soit d’épargne nutritive soit stéatogène (arsenic) , selon que son emploi est de courte durée ou longtemps prolongé), que l’on arrivera à établir les vrais principes de la matière médicale et à fonder une thérapeutique réellement scientifique, qui ne sera plus en butte à toutes les attaques de l’empirisme et de la fausse science.

Corrélation des diverses actions nerveuses^ nutritives et éliminatrices du même médicament. —■ Un rapport intime existe entre l’innervation et la nutrition, il n’est donc pas étonnant que certains médicaments ne troublent les fonctions nervo-musculaires qu’après avoir activé ou modéré le mouvement d’assimilation.

Ainsi, l’alcool à petites doses ralentit les combustions respiratoires, et l’acide carbonique expiré diminue, au moins temporairement; mais en même temps l’alcool excite le système nerveux, particulièrement l’encéphale et la moelle. De même le café enraye l’élimination de l’urée, c’est-à-dire la décomposition des organiques ; mais en même temps il excite les

ganglions nerveux du cœur.

Il se peut donc qu’un même médicament participe de plusieurs propriétés à la fois; il s’agira de déterminer quelle est celle qui prédomine, qui précède, et quelle est celle qu’on veut utiliser dans un but thérapeutique.

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