IV. - TERPINE
La. terpine n’est autre chose que le bihydrate de térébenthine; elle se forme toutes les fois que la térébenthine est abandonnée au contact de l’eau.
Les effets physiologiques de cette substance sur le système nerveux, le cœur, le tube digestif, sont nuis chez les animaux. Chez l’homme on constate de même cette innocuité absolue de la terpine sur les différents organes. Il n’y a aucun changement dans le pouls ni dans les mouvements respiratoires. Seule la sécrétion bronchique est modifiée.
L’action de la terpine sur les bronches peut se résumer en deux mots : chaque fois que la sécrétion bronchique est en excès, la terpine la diminue ou la supprime. Chaque fois qu’il y a hémorragie bronchopulmonaire, le médicament agit comme hémostatique et ne le cède en rien aux panacées antihémorrhagiques qui ont presque toutes pour base les diverses essences de térébenthine.
La terpine doit donc être considérée comme un modificateur profond de la muqueuse respiratoire, comme une sorte de dessiccant bronchique. Son emploi se trouve dès lors indiqué dans toutes les inflammations de l’appareil pulmonaire, marquées par une hypersécrétion muco-purulente et par une expectoration abondante.
Les effets de la terpine sont les mêmes que ceux de la térébenthine, mais ils sont incomparablement plus actifs, plus rapides et surtout plus inoffensifs. La terpine ne présente aucun des inconvénients de l’essence de térébenthine. Introduites dans l’estomac, les capsules térébenthinées produisent une sensation de cuisson, de l’inappétence, des nausées, des coliques et souvent de la diarrhée. L’usage, même prolongé pendant plusieurs semaines, de la terpine ne déter-
mine aucun trouble gastro-intestinal. Si l’on juge que, chez les phthisiques, l’intégrité des fonctions digestives est, quelle que soit la médication employée, un desideratum essentiel, on saisira facilement les avantages que procure la terpine dans les cas où les malades sont épuisés par une expectoration incessante.