‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 8 sur 14 · IODURE · texte numérisé non relu

IODURE

n’avait expérimenté d’une manière suivie ni formulé d’une manière pratique le traitement de l’asthme par l’iodure de potassium. Cette substance se trouvait dans un certain nombre de remèdes secrets antiasthmatiques, mais d’une manière tout empirique. Ce sont les résultats obtenus par l’auteur, ses recherches expérimentales sur l’action des iodures, qui ont fait définitivement entrer l’iodure de potassium dans la thérapeutique courante de l’asthme et qui en ont fait en quelque sorte le spécifique de cette maladie.

L’iodure exerce une triple fonction respiratoire. Il favorise l’hypersécrétion bronchique et dégage les bronches; il facilite l’acte réflexe central de la respiration, en régularisant les fonctions du centre respiratoire; il diminue la sensibilité exagérée de la muqueuse bronchique.

La première idée qui guida l’auteur dans les applications de l'iode au traitement de l’asthme reposait surtout sur un pouvoir hypersécrétoire; il s’agissait de fluidifier l’exsudât concret qui encombre les petites bronches et gène la pénétration de l’air dans les alvéoles. Or le phénomène le plus constant et le plus précoce de l’action de l’iode ou des iodures, c’est l’hypersécrétion de la muqueuse nasale, l’injection de la conjonctive, avec larmoiement et écoulement abondant d’un mucus aqueux par le nez. Cette irritation sécrétoire se propage à la gorge, au larynx, aux bronches. Le mucus concret, qui dans l’asthme adhère aux petites bronches et les moule en quelque sorte en remplissant leur cavité, ne tarde pas à se ramollir, à se liquéfier par suite de la sécrétion abondante d’un mucus plus fluide dans toute l’étendue des tuyaux bronchiques. Les râles secs et sifflants de l’accès asthmatique deviennent alors humides, le murmure respiratoire s’entend dans toute la poitrine et l’oppression diminue pour disparaître peu à peu.

Mais la perméabilité des bronches ne suffit pas à expliquer la dimi- , nution de l’oppression; car le même effet s’observe dans la dyspnée cardiaque, sans qu’il y ait lésion bronchique. Les malades accusent, dans les deux cas et de prime abord, une sensation de bien-être, une satisfaction plus complète du besoin de respirer, la cessation de la soif d’air; ils respirent plus librement. L’iode détermine donc toute une deuxième série d’effets plus directs sur le rythme et le mécanisme de la respiration.

L’iodure de potassium n’agit pas seulement sur la suffocation spéciale des asthmatiques; on peut dire qu’il soulage toutes les oppressions, quelle qu’en soit la cause ; c’est le médicament respiratoire par excellence. C'est à ce titre qu’il a été introduit par M. Sée dans la thérapeutique des maladies du cœur. S’il n’a pas l’action tonique et diurétique de la digitale et du muguet, il possède une qualité indiscutable contre la dyspnée continue d’origine cardiaque. Ses effets sont moins marqués dans les lésions dites valvulaires, dans les insuffisances et les rétrécissements de l’orifice mitral; mais, quand il s’agit de ces oppressions ou de ces accès d’étouflement, de ces pseudo-asthmes dus à l’hypertrophie avec dégénérescence fibro-graisseuse du cœur et athérome de ses artères nourricières, l’iodure conserve toute son action et toute sa valeur de médicament respiratoire de premier ordre.

lodure d’éthyle. — Cet éther, découvert par Gay-Lussac en 1820, est volatil, a une saveur piquante, une odeur de chloroforme. Quand on ' fait respirer huit à dix gouttes d’iodure d’éthyle sur un mouchoir, on constate chez l’homme sain une ampleur plus grande des mouvements respiratoires, une plus grande facilité delà respiration.il n’y a aucun effet anesthésiant, ni soporifique, ni aucune modification du pouls, et cependant l'absorption est pour ainsi dire immédiate, car au bout de dix minutes on retrouve de l’iode dans les urinés,

Chez les asthmatiques, les effets de l’iodure d’éthyle sont les mêmes que ceux de l’iodure de potassium, mais moins persistants. Comme l’iodure de potassium, il augmente les sécrétions bronchiques et les rend plus fluides; il agit en même temps sur le centre respiratoire, dont il modifie l’activité, et tend à rendre la respiration plus profonde. Si son action est plus passagère, elle est, par contre, plus rapide, en raison de la rapidité de l’absorption de l’iode. L’iodure d’éthyle doit donc servir surtout à combattre l’accès d’asthme proprement dit. v

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