I. - ACIDE SALICYLIQÜE ET SALICYLATE DE SOUDE
Le salicylate de soude et le rhumatisme. — On ne saurait énumérer toutes les médications et tous les médicaments employés autrefois contre le rhumatisme articulaire aigu : les saignées répétées, le tartre stibié à toute dose, la digitale, la vératrine, l’aconit, les acides végétaux et les alcalins; tous les antithermiques et tous les antipyrétiques, les calmants et les sudorifiques, l’opium et le jaborandi, le sulfate de quinine, la propylamine ont été successivement prônés et proclamés comme remèdes spécifiques du rhumatisme. De toutes ces médications il ne reste plus que le souvenir historique, depuis que M. Sée a posé les règles et établi les effets de l’emploi du salicylate de soude dans cette maladie.
A la dose de 6« r à 8 8t par jour, voici ce qu’on observe généralement : i° la cessation des douleurs, qui souvent cèdent en douze à dix-huit heures, est le premier effet constaté ; 2 “ le gonflement articulaire cède au bout de un à trois jours, jamais avant la douleur; 3“ les mouvements redeviennent faciles et libres dès le troisième jour : on voit des malades, dont toutes les jointures des membres inférieurs étaient atteintes, Se lever au bout de deux à trois jours; 4° la fièvre tombe et disparaît avec la cessation des symptômes articulaires, mais jamais avant la disparition complète des douleurs.
Ainsi, en deux ou trois jours, les douleurs, le gonflement des jointures, la fièvre, tout est terminé; la durée de la maladie, qui autrefois se prolongeait pendant des semaines et des mois, se portant d’un point à l’autre du corps, tantôt sur une jointure, tantôt sur une autre, se trouve singulièrement abrégée. Mais, pour que la guérison soit considérée comme acquise, il faut continuer le traitement pendant douze
ont la nature rhumatismale n’est plus douteuse depuis auteur.
Les effets du salicylate sont moins immédiats dans les di u rhumatisme chronique que dans le rhumatisme aigu; ncore remarquables, même dans l’arthrite noueuse ou di iiumatisme chronique avec paroxysmes aigus, qui établ jrte la transition avec le rhumatisme franc, guérit asseï e rhumatisme chronique simple cède avec une facilité j nfin, dans les arthrites déformantes, on arrive, dans la pli des modifications notables et en tout cas à la cessati ouleurs. Il est vrai que cette amelioration ne peut êtri ar l’usage longtemps prolongé du médicament, dès lor iconvénients qu’entraîne le salicylate ainsi administre es bourdonnements d’oreilles et une surdité plus ou mi . la longue toutefois, on peut voir une atténuation de ui constituent ce qu’on peut appeler le salicylisme; du tre bien convaincu que, pour les autres parties de l’orgi aucun effet dangereux à redouter.
n’avait pas songé à utiliser ce remède en pareille circonstance. L’observation ne tarda pas à justifier ses prévisions thérapeutiques; Il constata, en effet, non seulement la disparition presque immédiate des douleurs, mais encore la prompte cessation des fluxions articulaires. Les accès de goutte aiguë étaient surmontés en quarante-huit heures.
La goutte chronique ne se prête pas moins bien aux applications de la médication salicylique. Par l’emploi du salicylate continué, même à doses modérées, les malades sont absolument à l’abri de tout accès aigu. D’autre part, les engorgements chroniques péri-articulaires disparaissent avec facilité. Les tophus des articulations cessent de s’enflammer et s’affaissent. On peut observer le retour des mouvements dans des jointures qui, depuis des mois et des années, avaient subi les atteintes de la goutte jusqu’à la formation des fausses ankylosés.
Cette amélioration se produit sans qu’on ait à redouter aucune rétrocession de la goutte sur les organes internes, le cœur, le cerveau, l’estomac. 11 n’y a d’autre inconvénient que le développement des troubles de l’ouïe avec un certain degré de faiblesse générale qui disparaît dès qu’on diminue la dose.
Effets physiologiques de l’acide salicylique et des salicylates. — Les expériences faites sur les animaux n’ont que peu de valeur, en raison des difficultés qu’on rencontre à administrer aux lapins et aux chiens le médicament. A doses toxiques chez ces animaux on constate surtout des troubles respiratoires et des convulsions au milieu desquelles la mort arrive rapidement. Ces expériences de l’auteur ne lui ont donné aucun résultat appréciable au sujet des modifications apportées à la température ou à la circulation.
Les effets physiologiques observés chez l’homme sont bien plus nets et plus intéressants. Les phénomènes que détermine le salicylate de soude pris à la dose de 7*' à ios r portent sur les organes digestifs, sur le système nerveux central, sur le système nerveux sensoriel, sur le cœur, la respiration, la température, sur la sécrétion urinaire.
Du côté de l’estomac on n’obtient des nausées et des vomissements que lorsque le médicament est absorbé à doses trop fortes et trop rapprochées. Si la dose est fractionnée ou diluée dans une grande quantité de liquide, l’action directe sur la muqueuse digestive est nulle.
excessives ou trop rapprochées, on peut observe excitation et men plus rarement un délire violer
Les effets sur le cœur, le pouls, la température chez l’homme en santé; dans les fièvres, l’actioi plus discutables; on n’obtient que des abaisser température.
L’effet le plus constant et le plus fâcheux de liques, c’est le développement, souvent très pi ments d’oreilles; les sujets sains, aussi bien q tiques ou fébricitants, accusent ce phénomène < invariable, dès que la dose de salicylate atteint 8< ne s’accompagnent d’ailleurs d’aucun trouble in diminution dans l’acbité de l’ouïe, puis d’une complète. Ces symptômes pénibles sont les mê sultentde l’usage de doses élevées de sulfate de coup moins tenaces et disparaissent dès qu’on su] On doit les attribuer non à une perturbation de la mais à un simple trouble fonctionnel des nerfs £
L’élimination du salicylate se fait très rapic Il ne s’écoule pas dix minutes après l’ingestior qu’on en décèle la présence dans les urines à de fer. L’élimination est terminée en vingt-qu heures au plus. La modification la plus remai composition du liquide urinaire est l’augmenta De o^.So, moyenne normale, le chiffre de l’acide dans les vingt-quatre heures. Cette influence si : de l’acide urique explique en grande partie l’ai soude dans la goutte, maladie caractérisée essent de cet acide dans le sang.