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GÉOLOGIE RÉGIONALE

I” Terrain jurassique

L’exécution des eartes seologiques de Boulogne, Bourges et rvaiicy, m’avait amené à explorer en détail les affleurements du terrain jurassique sur 3 points assez distants du bassin parisien. J’avais étudié particulièrement le jurassique du Berry avec mon camarade et ami le capitaine (aujourd’hui général) Jourdy (n» i6). J’ai complété ensuite cette étude par Texamen des falaises de la Normandie et j’ai pu ainsi donner une vue d’ensemble de la partie moyenne du terrain jurassique dans le bassin de Paris (11“ 140). Ce mémoire, qui a paru d’abord dans le Bulletin de la Société Géologique de France, a ete réimprimé dans le Bulletin de la Société Linnéenne de Normandie.

Je concluais en constatant que malgré les différences de faciès, les faunes se succédaient partout dans le même ordre. J’insistais tout particulièrement sur le faciès dit corallien, caractérisé par une faune spéciale d’Ecliinodermes, de Dlceras, de Nêrinées et je montrais qu’il se présentait à des iiauteurs différentes dans la série des couches, mais avec une faune presque toujoui-s la même, ou du moins dont les variations étaient difficiles à établir d’une manière précise. « Il en résulte, ajoutais-je, que la faune dite corallienne correspond plutôt à un faciès particulier qu’à une époque géologique déterminée ». Ces idées sont aujourd’hui admises par tous les géologues et le terrain corallien a été définitivement rayé de la nomenclature ; mais il ne faut pas oublier qu’à l’époque où a paru le mémoire en question une thèse de géologie très consciencieusement faite n’était pas acceptée, parce qu’elle avait adopté précisément eette manière de voir.

Je pourrais ajouter maintenant que ce faciès corallien avec ses üicerae représente |)récisémcnt la première manifestation de la Mésogée : il sera uilcressant de rechercher pourquoi à l’origine cette forme caractérisée

ses Horioplenra et ses Toucasia si spéciales, et ses premiers Radiolites (n» 67) a beaucoup d’affinités avec les précédentes, mais lés géologues ne sont pas encore tout à fait d’accord sur son niveau, les uns la plaçant à la partie supérieure de l’Aptien, les autres dans l’Albien.

Les couches à Polyconites sub- Verneuili du Portugal, viennent se placer dans l’Albien supérieur ou peut-être même un peu plus haut(u“ 117). La Caprina Choffati que l’on y rencontre est moins évoluée, plus archaïque que la Caprina adversa du Cénomanien supérieur, mais on y rencontre encore le Radiolites cantabricm . la Toucasia santanderensis des couolies des Pyrénées ; la présence de VHorioplenra Lamberti est douteuse.

La faune de Rudistes du Cénomanien inférieur reste encore incon¬

nue, à moins qu’il ne faille lui attribuer la faune précédente, ce qui est

de la précédente, elle

convexe, mais toujoui petite et qui paraît é Enfin ro. comc petite et plus réguliè plus élevé.

Dans la vallée de la Loire l’étude du terrain tertiaire est assez dilBcile : il présente des alternances d’assises argilo-sableuses et calcaires, qu’il n’est pas toujours facile de distinguer les unes des autres et dont les relations n’avaient pas encore été bien nettement établies.

Après avoir parcouru toute la région pas à pas, j’ai pu reconnaître la succession suivante (n»» a8, 3o) : à la base, et ravinant le calcaire de Beauce, une couche de sables fluviatiles, toujours plus ou moins calcaires et riches en ossements de Vertébrés-, les Sables de l’Orléanais, surmontés par une couche de marnes plus ou moins argileuses, les Marnes de l’Orléanais-, cet horizon est très régulier comme niveau et il m’est impossible d’admettre qu'il représente le résultat de la décalcification des couches supérieures, d’autant plus qu’il passe par endroits à des marnes noduleuses avec fossiles d’eau douce et même à de vrais calcaires (Chevenelles) ; c’est à ce niveau que nous avons placé le célèbre calcaire de Montabuzard (n” 4») dont la faune a beaucoup d’affinités avec celle des Sables de l’Orléanais, tandis qu’elle est tout à fait différente de celle du calcaire de Beauce.

Cet ensemble de couches se termine par les argiles sableuses de la Sologne d’une grande épaisseur et dans lesquels le calcaire fait défaut. Si les couches superficielles ont été souvent modifiées, lavées et transformées en sables plus ou moins perméables, à une faible profondeur les couches sont toujours imperméables et inaltérées, et cette imperméabilité même a suffi pour préserver de toute modification les couches plus profondes. Nous croyons donc que les Sables de la Sologne ont été déposés dans l’état où ils sont encore aujourd’hui. Ils sont toujours dépourvus de fossiles, et régulièrement superposées aux Marnes de l’Orléanais.

C’est après le dépôt de ces couches que la mer des Faluns a fait irruption dans la vallée de la Loire, où elle s’est avancée depuis l’Océan jusqu'au delà de Pontlevoy. Ce mouvement d’invasion paraît avoir été rapide et on trouve à la base du dépôt un banc de cailloux roulés avec fossiles littoraux (Gtyphea crassissima) également roulés. La mer ne paraît pas avoir dépassé 20 à 3o mètres de profondeur, elle a remanié les dépôts sableux préexistants qu’elle a rencontrés, c’est ainsi qu’on y recueille à l’état plus ou moins roulé les ossements fossiles des Sables de l’Orléanais ; puis ce fiord profond s’est ensablé et la mer s’est retirée assez lentement laissant comme dernier dépôt, des argiles vertes avec bancs de Gryphea crassissima, qui n’ont qu’exceptionnellement échappé aux dénudations ; au

couches supérieures de Biarritz et les couches de Saint-Géours à Lepidocyclina, c’est là seulement où peut venir se placer le grand mouvement des Pyrénées ; reste à déterminer l’âge exact des couche» de Saint-Géours.

4' niveau. — iV. Dnfremyi, N. atnricm, formes finement granuleuses, devenant quelquefois lisses dans l’adulte et atteignant une grande taille, Assilina planospira; Ortkophragmina épaisses, apparition des Orbitoïdes radiées ; Lutécien supérieur.

3' niveau. — N. spUsas, grosses Nummulites granuleuses; Lutécien moyen, niveau. — N. længatus et N. scaber, apparition des Nummulites granuleuses, N. distans et formes du même groupe, Assilina spira •et granulosa; Orthophragmina épaisses (Archiaci) : Lutécien inférieur.

i» niveau. — Af. planulatm-elegans, pas d’Orthophragmina, ni d’Assilinà, au moins jusqu’à présent; Ypresien.

11 i«j ftiiidiaii. du icsie j)as prendre a la lettre cctic distribution des Nummulites, ni lui attribuer un caractère absolu, il y a probablement passage progressif d’une faune à la faune suivante, et tous les caractères peuvent ne pas apparaître à la fois : ainsi dans le niveau inférieur de Bos d’Arros, le groupe des N. distans est largement représenté, ainsi que les Assilina granulosa et VOrth. Archiaci. mais les Nummulites granuleuses sont absentes on représentées seulement par quelques formes petites et rares : nous l’attribuons cependant avec une très grande probabilité au a® niveau ; il en est de même des couches de Crimée décrites autrefois par Deshayes et dans lesquelles les Orthophragmina accompagnent également le groupe du N. distans. Les couches du fond du golfe aquitanien des départements de l’Aude et de l’Hérault à N. atacicns sont un peu plus douteuses ; cette espèce passe au N. plannlatns dont elle paraît représenter une mutation ; elle serait par suite un peu plus récente, mais on n’y rencontre pas d’Orthophragmina, qui apparaissent seulement un peu plus haut dans l’horizon inférieur de Bos d’Arros ; on peut hésiter à placer ces couches de l’Aude soit au sommet du premier niveau, soit à la base du second.

L’échelle des Nummulites et des Orbitoïdés que nous proposons s’inspire bien entendu des travaux déjà un peu anciens de de Hantken et de de la Harpe ; elle en diffère cependant notablement pour les niveaux moyens et supérieurs, et il serait intéressant de revoir à ce point de vue les couches de la Hongrie, surtout en complétant l’étude des Nummulites par celle des Orbitoidés.

Pour le Vicentin mes conclusions diffèrent aussi sur quelques points de celles de Munier-Chalmas ; ainsi pour moi la faune des Orbitoïdes de

Il m’a semblé que l'intensité de ces phénomènes nécessitait l’intervention àeanx thermales chaildes. tandis qu actuellement la majorité des géologues ne veut voir dans ces dépôts que le résultat de l’action des eaux météoriques sur les couches elles-mêmes. La grandeur des actions observées et leur localisation me paraissent hors de proportion avec cette dernière hypothèse et je persiste dans ma première manière de voir.

Le terrain de sable granitique renferme sou vent des dépôts d’argiles

TECTONIQUE

lixaniiiiant les conditions de jî>seinent dn terrain liouUler (n» lo) depuis la Saxe jusque dans le Nord de la France, j’ai fait voir qu’il existait dans toute cette région une discordance marquée entre le terrain liouiller inférieur et le terrain houiller supérieur : tandis que le premier succède régulièrement et en stratification concordante au calcaire carbonifère et au Dévonien, le second, au contraire, passe insensiblement au Permien. Il s’est donc produit un grand mouvement de l’écorce terrestre au milieu de la période houillère, produisant une discordance et un déplacement considérable des dépôts, tandis qu’au contraire le commencement et la fin de cette période ne présentent que des dépôts concordants avec ceux qui les ont précédés ou ceux qui les ont suivis. — J’ai fait voir que

toutefois au sud d’Interlaken on rencontre un grand développement de calcaires en dalles attribués au Berriasien, tandis qu’au nord du lac de Tliun c’est le Valanginien avec ses Ammonites pyriteuses qui allleure dans la Justislhal. A la partie supérieure, les calcaires à Réquiénies et Agria, probablement aptiens, prennent un développement considérable et au dessus on voit allleurer des couches à phosphates albiens, puis des calcaires glauconieux à Bélemnites (Pseudobelus'f) qui représentent vraisemblablement le

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