‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 1 sur 13 · Notice sur les travaux scientifiques · texte numérisé non relu

Notice sur les travaux scientifiques

En me présentant devant l’Académie pour solliciter ses suffrages, je lui dois de faire connaître sommairement quelles idées générales ont dirigé mes travaux botaniques et d’indiquer en peu de mots le plan, la marche et le but de ma carrière scientifique.

1’ Pour déterminer les lois de l’organisation des plantes, arriver, principalement par l’étude des développements, à fixer la signification morphologique des organes.

2" La valeur des organes une fois déterminée, rechercher, par l’expérimentation directe, la part qu’ils peuvent prendre dans l’accomplissement des fonctions du végétal.

3” De la connaissance de la signification des organes et des fonctions qu’ils concourent à remplir, tirer toutes les conséquences nécessaires à la classification et au groupement des végétaux ; comparer entre eux les types recounus de tout temps comme très-vpisins ; comparer également le plus grand nombre de ceux que l’usage a, depuis quelque temps, éloignés les uns des autres ; les rapprocher, toutes les fois qu’il est possible de le faire, pour diminuer le nombre des groupes que l’analyse a multipliés outre mesure; et constituer, à l’aide de la synthèse, un tableau

général du Règne végétal, avec la classification la plusconforme à la somme des caractères naturels.

Je me suis donc proposé de bonne heure un but définitif à atteindre : élever à la botanique contemporaine un monument qui réunisse et résume tout l’ensemble de nos connaissances sur le Règne végétal; entreprise inspirée, toutes 'proportions gardées, par celle qui illustra Adanson au siècle dernier, et qui, le temps et mes forces le permettant, doit aboutir, après de nombreuses recherches préparatoires, à la publication suivie d’une Histoire des Plantes, dont la première portion est sous presse (1). A ce but unique concourent les trois ordres de moyens que nous venons d’indiquer et qui vont être successivement passés en revue.

A. Organographie VÉGÉTALE. — A mou début dans la science, MM. Auguste de Saint-Hilaire et Payer, dont je m’honore d’avoir été l’élève, m’ont toujours conseillé de ne pas tout d’abord disséminer mes forces sur un grand nombre de points divers et d’une médiocre importance. Ils m’ont engagé, au contraire, à condenser, dans une œuvre de longue haleine, non-seulement ce qui pouvait concerner, d'une manière spéciale, un groupe déterminé de plantes incomplètement connues, mais encore toutes les questions générales qui pourraient surgir de ce sujet particulier. C’est pour cette raison que je choisis d’abord le groupe des EnphorbiacéeSj comme présentant le plus de questions douteuses à résoudre et le plus de difficultés a surmonter. En commençant ce travail, publié eu 1859 (LVIll) (2), je m’exprimais ainsi : « Ce qui, outre les conseils d’un maître aimé, m’a déterminé à tenter cette œuvre, c’est que le sujet, jusqu’ici, a été fécond en controverses. C'est surtout, en y regardant de près, qu’il ne s'agit pas simplement ici d’un certain nombre de plantes à décrire, à classer, à ranger par catégories. Leur étude soulève à chaque pas des questions qui intéressent tous les points capitaux de la science. » Aussi suis-je revenu, dans un grand nombre de travaux (XII, XXXIX, LVIII- LXXIII), sur cette famille, dont l’importance est considérable.

Plus tard, j’ai de même publié des travaux spéciaux sur d’autres familles' intéressantes, telles que les Ericoïdées (XXXn, UH), les Caprifoliacées (XXIl), les Marantées(VI), les Bjttnériacées(XXI), les Bcrbéridées (XVI), lès Loranthacées (CX-CXl), les Bruniacées (CI), les Bhizophorées. (CIV), lés Mappiées (XCVIII), les Saxifragées (CXIII), etc. ; et je me suis, dans plusieurs écrits (LXXXVI-LXXXIX), attaché il l’étude approfondie des Renonculacées, parce que cette famille avait déjà été l’objet de prédilection des travaux d’A. de Jussieu et d’A. P. de Candolle, et parce qu’il m’a paru que, placée d’ordinaire en tête du Règne végétal, elle se rapproche au contraire des types inférieurs, dégénérés, dans lesquels la fleur mal définie, sans nombre fixe des parties, des verticilles, sans modifications tranchées de la consistance, de la coloration, de la durée des appendices, tend à chaque pas à se confondre avec les organes proprement dits de la végé-

En présence des nombreux problèmes organographiques soulevés par l'examen de ces groupes végétaux, j’ai dû reconnaître, après beaucoup d’autres, l’insuffisance, pour la détermination morphologique des organes, de la plupart des moyens employés jusqu’à ce jour, tels que les caractères tirés de la forme, de la taille, des modifications subies par le tissu cellulaire qui les compose et de la marche dans leur intérieur du tissu vascu -, laire. La connexion des organes entre eux et les rapports de position des parties ont toujours, au contraire, été, pour moi, l’objet d’une attention scrupuleuse, car ils m’ont paru un des moyens les plus sûrs d’arriver à déterminer leur valeur morphologique. 11 n’en a pas été de même des conséquences absolues tirées de l’examen des phénomènes tératologiques auxquels les botanistes ont accordé jusqu’ici une grande valeur. J’ai cru devoir, dans un grand nombre de travaux (LI, LU, LVI, CXIV),. m'efforcer de démontrer qu’il est dangereux de se fonder sur les anomalies accidentelles et les monstruosités pour déterminer les lois de l’organisation végétale.

Je me suis toujours appliqué, dans mes écrits et mon enseignement, à démontrer que cette méthode introduit dans la science nn danger d’au-, tant plus imminent qu’il y a des cas, malheureusement exceptionnels, où elle a fourni d’excellonts résultats. Dans ces cas, la monstruosité observée.

n’était, ou qu’une exagération de la véritable organisation des parties (UV), ou la persistance d’un état normalement transitoire des. organes, révélé par sa persistance même jusqu’à l’âge adulte (LUI), aussi bien qu’il aurait pu l’être par l’étude des développements. Mais j’ai essayé de montrer (L, LU, LVl) qu’il y a, d’autre part, des anomalies absolues, constituées par un état des parties qui n’a existé normalement à aucun âge. J’ai souvent observé, avec ou après d’autres organogénistes, qu’un organe, ordinairement simple, peut se montrer anormalement double à l’état adulte, ou que réciproquement des parties naturellement séparées à l’âge adulte s’y font voir accidentellement réunies. Les tératologistes sont alors tentés, et ils l’ont fait souvent, d’admettre que la duplicité ou l’unité de ces parties constituent à un certain âge l'état normal, et que celui-ci ne disparaît que par suite du développement. De là l’hypotbèse d’un grand nombre de faits de dédoublements, de multiplications, de soudures, qui ont dominé l’organographie dans une moitié de ce siècle et qui n’existent souvent que dans notre imagination. Le même procédé qui conduit quelquefois à la vérité, nous mène donc plus souvent encore à l’erreur, parce qu’il constitue un emploi de la méthode à priori, et que, par la seule méthode à posteriori, on peut savoir si l’anomalie observée explique ou n’explique pas l’état normal. Il y a donc des anomalies curieuses, intéressantes ; nous en avons décrit un assez grand nombre (XLIX — LVIl) ; il y en a même d’importantes, parce qu’elles expliquent l’état normal (LIV). Mais on ne connaît jamais d’avance Ipur valeur; et, comme on l’a dit, «la plupart d’entre elles ne prouvent rien, parce qu’elles peuvent prouver trop de choses contradictoires ».

B. OaGANOGÉme végétale. —J’ai donc cherché à étendre au plus grand nombre de plantes possible les observations d’organogénie, suivant en cela ce conseil donné en 18à6 par M. Ad. Brongniart : « Malgré les difficultés que présentent les études organogéniques, on ne saurait trop engager les jeunes botanistes à poursuivre cette direction de recherches, parce que, appliquée successivement à des organes variés et à des plantes de familles diverses, elle jettera beaucoup de jour sur l’organisation végétale, et permettra d’apprécier l’exactitude des différentes théories sur la constitution des plantes et de quelques-uns de leurs organes. »

L’organogénie, science tonte nouvelle et tonte française, dont M. de Mirbel fut le créateur et qu’ont si heureusement mise en oeuvre MM. Payer, Guillard, Duchartre, Schleiden, etc., devint donc, dès le début, l’instrument principal de mes recherches sur l’organisation végétale.

O Voir venir les choses, a dit Turpin, est le meilleur moyen de les expli- ' quer. »

J’ose dire que j’ai été aussi amplement récompensé des efforts qu’exigent la dissection répétée d'organes aussi ténus et aussi délicats. L’explication d’un grand nombre de faits, incertains ou complètement inconnus, des affinités nouvelles découvertes, qui souvent avaient été à peine soupçonnées, la signification morphologique des parties et leur symétrie établies sur les bases positives de l’observation directe, tels sont les résultats auxquels doivent arriver, tôt ou tard, tous ceux qui voudront se livrer aux recherches organogéniques. Ainsi, c’est par l’étude des développements que j’ai pu défendre une des théories proposées pour expliquer l’organisation florale des Euphorbes (LVIII), me prononcer sur la nature controversée du périanthe, sur celle des disques des Euphorbiacées, les distinguer de leurs staminodes, établir la naissance de leurs ovules sur l’axe floral, l’évolution des obturateurs et des caroncules, etc., la formation centripète de l’ovaire des Buxacées (XI), l’auatropie réelle des ovules des Philésiacées (III), la présence, dans la fleur dé YAsarum, d’oiganes qui tiennent la place des pétales (XV), la signification de la couronne des Narcissées, qui est de la nature des disques (IX), la constitution de l’androcée des Bryones (XL), la symétrie florale de plusieurs Polygalées (XIV), l’asépalie des Monotropa et la formation du pistil des Hypopüis, Pirola, CyriUa et autres Éricoïdées(XXXlI), la constitution des fruits des Morées et de leur inflorescence singulière (XXVI), le développement floral des Roxburghiées (IV), la symétrie florale des Marantées (VI), l’existence primitive de cinq ovules dans les carpelles des Anémones, Adonides, etc. (XXV), l’évolution de la fl.eur de plusieurs Caprifoliacées (XXlI),des Sésamées (XXVIII), d’un grand nombre de Byttnériacées(XXI), des Renonculacées (LXXXVI), de YAcronychia Cuminghami (XXVIII), du Cmdalia. (XXXI), du Burasaia (XCI), de l’androcée, du gynécée, du fruit et des organes de végétation des Berbéridces (XVI), des Cordia

(xxm), la périgynie des Apocynum (CIX) et des Pivoines (LXXXVlI), l'évoliitioç de la fleur des Pleurandra (XXrV), le nombre réel des ovules ôtes Beaufortia (XIX), la structure des Sohizandrées (XC), de quelques Bruùiacées (CI), le développement du gynécée des Martynia (XXX), l’o-' rigine de l’albumen et de l’arille des Hedychium (V), la placentation réelle des Mappiées (XCVIII), l’organisation du fruit de l’Arbre-à-paiu (XXVII), l’apparition première du Macis de la Muscade, entre le micropyle et le hile (X), les raisons qui militent contre la croyance à la gymnospermie des Conifères et contre la nature foliaire de leurs supports floraux (1,11), etc., etc. ; tous faits jusqu’ici discutés, inexpliqués ou même demeurés complètement inaperçus.

C. Physiologie végétale. Une fois la valeur des organes établie, à l’aide de leurs rapports et par le mode de développement, j’ai toujours essayé de démontrer que leurs fonctions doivent être déterminées par la méthode expérimentale. Partant de l’idée, exprimée autrefois par Dutroohet en ces fermes : « Qu'il n’y a pas deux physiologies, l’une animale et l’autre végétale, mais que la science de la vie est une; » et voyant à quels magnifiques résultats la vivisection avait conduit directement ceux de nos maîtres qui ont tant fait de nos jours pour les progrès de la physiologie animale, j’ai, dans les limites du possible, mis les plantes et leurs organes en expérience, pour arriver à en déterminer les fonctions. Mais j’ai en même temps recherché ce mode d’expérimentation si simple, dont les Haies, les Bonnet, les Duhamel, etc., nous ont recommandé l’usage, pour éviter les nombreuses causes d’erreur auxquels nous expose l’organisation complexe, par voie d’agrégation, de la plupart des végétaux phanérogames. Quand il s’est agi, par exemple (XLVII), de déterminer si les. plantes absorbent ou non par leurs feuilles l’eau avec laquelle on les met en contact, j’ai simplement maintenu plongées dans le liquide des branches feuillées d’arbres pleureurs, après avoir constaté directement que les autres causes de perte pouvaient être considérées comme nulles. Fallait-il se prononcer (VII) sur la nature des corps charnus qui se développent dans l’ovaire de certaines Monocotylédones et qui sont, tantôt des ovules et tantôt des bulbilles, j’ai pratiqué la castration dans le boulon encore jeune, cette opération devant empêcher le développement des graines et

favoriser, au coutraire, celui de corps constitués comme des bourgeons. Certains organes des Jatrophées et des Crotonées, qu'on a considérés comme des poils ramifiés, sont, au contraire, des Organes foliaires réduits à leurs nervures, puisque des mutilations pratiquées avec précaution, en retranchant les organes voisins, font affluer dans les prétendus poils les sucs nourriciers et déterminent l’apparition du parenchyme qui manquait entre leurs nervures (LYIII). Certains ovaires infères, comme ceux des Oiiagrariées, sont, dans leur portion superficielle, des rameaux concaves, et même des rameaux portant feuilles, à l’aisselle desquelles on peut, par un simple bouturage, faire développer des bourgeons qui, sans cette opération, ne se seraient jamais laissé apercevoir (XXXIV). Dans les organes sécréteurs de la fleur de certaines Orchidées (XLVI), le rôle des vaisseaux spiraux peut être déterminé, et la présence d’un tissu spécial, situé à l’extrémité de ces organes, n’est pas indispensable à l’excrétion du liquide, puisque celle-ci continue par la surface transversale de section, après qu’on a amputé ce sommet formé d’un parenchyme tout à fait spécial au point de vue histologique. Dans certaines Phanérogames, ce n’est pas nécessairement le contact du pollen avec le tissu stigmatique, qui détermine la formation du tube pollinique, puisque ce tube se produit sur des grains de pollen maintenus dans la cavité même de l’anthère ou ils se sont développés (XUI). 11 peut y avoir, d'autre part, une force attractive de l’organe femelle pour la substance fécondante, puisque les masses poUiniques de certaines plantes, présentées à une faible distance de l’antr stigmatique, sont, dans des circonstances données, attirées par ce dernier de ta même façon qu’une parcelle de fer est attirée par un barreau aimanté (XXXVl). Les étamines mobiles des fleurs présentent dans leurs propriétés quelque analogie, avec les organes moteurs des animaux, car les fleurs soumises à l’action du chloroforme perdent, non pour toujours, mais pour un temps variable, la faculté de se mouvoir.qui reparaît après un séjour suffisant dans l’air pmr (XXXVI).La parthénogenèse, c’est-à-dire la fécondité sans fécondation, n’est pas encore admissible dans les plantes; elle n’est ordinairement qu’apparente et ne sera démontrée que quand on aura pu prouver directement qu’un fruit fertile n'a jamais subi l’influence du pollen. J’ai produit à volonté des parthénogenèses

apparentes (XLl) et j'ai combattu de toutes mes forces (XL) cette théorie qui ne me paraît pas sans danger.

Je crois avoir encore été le premier à démontrer que, dans certaines Zingibéracées, comme les Hedyckium (V), le sac embryonnaire, pour fournir à la nourriture de la jeune plante qu’il contient, produit par sa surface interne de nombreux poils qui se gorgent de sucs, à peu près comme ceux qu’on observe à l’intérieur des Oranges (LXXXV), et qui marchent de la périphérie du sac jusqu’à l’embryon situé vers son centre, pour porter à ce dernier l’aliment qu’ils ont reçu des portions plus extérieures de la graine ; que dans plusieurs Loranthacées, comme les Exoearpus, la masse de l’ovule laisse échapper de son sein, au moment de la fécondation, un assez grand nombre de tubes déliés qui sont en réalité les sacs embryonnaires, et qui s’en vont, dans la cavité dont le style est creusé, à la rencontre de l’organe mâle qui doit les féconder et qui n’arriverait sans doute pas jusqu’à eux, s’ils demeuraient enfouis dans la substance du nucelle (CXl); que les fruits à déhiscence élastique des Euphorbiacées et autres, ne s’ouvrent avec fracas, pour lancer leurs graines, que par suite de la perte d’une certaine quantité d’eau, puisqu’on peut, dans ces fruits parfaitement mûrs, prévenir ‘à jamais la déhiscence, en les maintenant constamment plongés dans le liquide. Ces faits dignes d’intérêt et trop peu nombreux encore, se multiplieront, sans doute, alors que les moyens matériels d’expérimentation directe seront davantage mis à la disposition des bota-

D. Botanique descriptive et taxonomique. — Le professeur Payer m’a confié le soin de continuer la publication de son ouvrage classique intitulé: Leçms sur les Eamilles naturelles des plantes. Je n'ai,cessé de m’occuper d’accomplir cette tâche ; l’ouvrage, malheureusement laissé par son auteur à la cinquième livraison, compte aujourd’hui dix livraisons publiées; la onzième livraison est imprimée, et le livre touche presque à sa fin. Je n’ai pu, dans la rédaction de cet ouvrage, suivre le mode de classification auquel m’ont conduit mes rechei'ches personnelles, obligé que j’étais de me soumettre à l’ordre systématique adopté au début par l’auteur et basé avant toute chose sur la constitution des organes femelles. Mais, dans les travaux préparatoires que j’ai publiés sur un grand nombre de familles et de genres

divers, j’ai déjà montré, comment, à l’aide de la synthèse, j’allais graduellement réduire le nombre do groupes végétaux admis jusqu’à présent, et supprimer une grande quantité de petites familles secondaires, en les rattachant à quelques centres principaux d’où je ferais ensuite dériver les termes de moindre importance. J’ai cru pouvoir dire (CX) que : a la science se perdrait dans l’analyse, si la synthèse n’y intervenait à temps. Un morcellement inhni, redouté par quelques bons esprits, loin d’être à craindre, deviendra utile, à une condition, c’est qu’il n’aura été que passager, et que nous réunirons en un faisceau ce qui aura été momentanément disjoint, désagrégé, pour être mieux étudié et de plus près. » J’espère arriver de la sorte à une plus grande simplification dans le groupement de celte masse énorme de formes si variées, qui constitue le Règne végétal; et, sans admettre comme absolue la subordination des caractères, qui ne supporte pas un examen approfondi,' arriver à'réunir, comme les zoologistes l'ont fait depuis Cuvier, tous les êtres organisés dont je m’occupe autour d’un petit nombre de types centraux.

Je puis montrer comment j’ai déjà tenté de faire passer ces idées de la théorie dans la pratique, dans tous les mémoires que j’ai publiés sur différentes familles végétales. De à25 genres', plus ou moins bons, proposés aux différentes époques, dans la grande famille des Euphorbiacées (I.VIII) j’ai ramené ce nombre à 200 environ, quoique j’aie découvert un certain nombre de types essentiellement nouveaux. Au seul genre Mercuriale (LXXni) j’ai réuni les genres ou sous-genres Adenocline, Erythrocoçca, Uicrococca, Claoxylm, etc., que j’avais moi-même d’abord conservé comme distincts. A la suite de l’étude que j’ai faite de la symétrie floraledes Marantées (VI), j’arrive à ne plus former qu’une seule famille de ces plantes, des Cannées, des Zingibéracées, de toutes les Amomées et Scitaminées des auteurs. Après avoir déterminé la structure du gynécée des Loranthacées (CX), j’ai montré, qu’à part de légères différences dans la forme du réceptacle floral, le développement de la masse placentaire et le nombre des ovules, on pouvait faire rentrer dans cette famille les huit groupes plus ou moins importants désignés sous les noms de Sanlalacées, Olacinées, Liriosmées, Opiliées, Myzodendrées, Anthobolées, Opiliées et Ximéniées. A propos de mes recherches sur les Euphorbiacées, j’ai pro-

posé de supprimer les deux familles des Antidesmées (LIX) et des Scépur cées (LX). J’ai insisté sur l’adjonction déjà proposée à celte famille des Callitrichées (Xll), et j’ai rallié aux Célastrinées les Buxacées et les StylocéréesjLXXXIV). L’étude du développement de la fleur et du fruit des Cordiaoées (XXIII) m’a conduit à leur adjoindre définitivement les Borraginées et les Ehretiées; et j’ai rassemblé en un vaste groupe, sous le nom commun de Saxifragées (CXIII), les Cunoniacées, Brexiacées, Pittosporées, Argophyllées, Escalloniées, Diilongiées, Hamamelidées, Styracifluées, Bruniacées, Grossulariées, Philadelphées, etc. La plupart de ces adjonctions ont été confirmées récemment par MM. Bentham et Hooker, dans leur nouveau Généra plantarum.

J’ai encore à signaler, comme travaux plus particuliers de botanique descriptive et taxonomique, des recherches sur les Phyllantkus (LXXV, LXXVI), les XantMum (XIII), les Sorocea (XCVII), VAntholoma (Clll), les Humiriacées (CV), les Berbéridées (XVI), le Burasaia (XCl), les Rhizophorées (CIV), le Barbeuia (XCIV), les Mappiées (XCVIll), les Xytopia (XCll), le Dissolena (CVIII), VAumba et les genres analogues (CVII),etc.; et enfin mes travaux sur la Famille des Renonculacées (LXXXVl- LXXXIX), qui forment une première portion de VHistoire des plantes dont il a été question ci-dessus (CXVII). '

Qu’il me soit enfin permis de rappeler que j’ai fondé et dirigé depuis cinq ans et demi un Recueil périodique d’observations botaniques (CXIX) ; que j’ai fait planter d’après un nouveau classement (CXV) le Jardin botanique de la Faculté de médecine, et que la nature de mon enseignement, dans cette école, m’a fait désigner pour rédiger, dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, la partie relative à la botanique (CXVIR), qui comprend déjà la description d’un très-grand nombre de plantes Phanérogames et Cryptogames.

OBCiAllOCiiNIE!,

AMj&TOIIIE;, PUYiSIOliOCtlE:

BX XÉRAXOIiOBIE! VÉGJËXAIiES.

Reuuisruhes okganogéniqdes sdr la fleur femelle des Conifères. (flomftes rendus de tAcadémie des sciences, 1860, p. 146. — Adanscniti, 1.1, pl. 1 et 2.)

Page 1