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RAPPORT SUR CE MÉMOIRE

(Comptes rendus du 9 juUlet 1860,)

« Au commencement de ce siècle, a dit M. Payer dans son rapport sur ce Mémoire, trois botanistes des plus éminents, tous membres de l’Académie des sciences, B. Mirbel, L. C. Richard et R. Brown, se sont occupés de là famille des Conifères, et eurent chacun leur manière de voir sur la fleur de

» Dans ses Éléments de botanique, publiés en 1815, et plus tard, dans ses divers mémoires, B. Mirbel considère les cènes des Cyprès et ceux des Pins comme très-différents par les organes qui les constituent, bien qu’ils se ressemblent beaucoup par la forme générale. Dans les Cyprès, les bractées prennent un grand accroissement, s’élargissent en tête de clou, se durcissent, se serrent par leurs bords et forment les écailles du cône; c'est à leur aisselle qu’apparaissent les fleurs sur des pédoncules extrêmement courts. Dans les Pins, au contraire, les bractées se développent peu, tandis que les pédoncules qui portent les fleurs grandissent beaucoup, s’aplatissent, de» viennent durs, et constituent les écailles du cône. Par conséquent les écailles du cône sont des bractées dans les Cyprès, des pédoncules aplatis dans les

» Quant aux fleurs, qu’elles soient insérées sur des pédoncules très.courts

comme dans les Cyprès, ou sur des pédoncules très-développés et aplatis, comme dans les Pins, leur structure est toujours la même : c’est un petit sac en forme de bouteille, le pistil, au fond duquel se trouve un mamelon celluleux. Vomie réduit à son nueelle,

» Sous l’empire de préoccupations nées de ses études antérieures, L. C. Richard, qui avait analysé avec beaucoup de soins les fruits et les graines d’un grand nombre de plantes et avait cherché ii y reconnaître les diverses parties de l’ovaire et de l’ovule, regarde le sac de la fleur des Conifères comme un calice, et le mamelon celluleux comme un pistil auquel l’ovule est intimement soudé. Quant aux écailles des cônes de Cyprès et de Pins, elles sont pour lui toutes de môme nature ; ce sont partout des bractées.

» Enfin, pour R. Rrown (Annales des sciences naturelles, i ” série, t. Vlll), les écailles des cônes de Cyprès, comme celles des cônes de Pins, ne sont ni des bractées, ni des pédoncules aplatis ; ce sont des feuilles carpellaires, c’est-à-dire des pistils ouverts et étalés, et ces sacs en forme de bouteille, au fond de chacun desquels on aperçoit un mamelon celluleux, ce sont des ovules dont le sac est la primine, et le mamelon celluleux le,nueelle.

» En présence de ces trois opinions si contradictoires, et qui n’étaient appuyées que sur des considérations théoriques, les botanistes se sont partagés. A l’étranger, c’est en général la manière de voir de R. Brown qui fut adoptée. En France, tandis qu’Achille Richard professait à l’École de médecine de Paris la doctrine de son père, M. Ad. Brongniart enseignait au Muséum d’histoire naturelle celte deR. Brown, et votre rapporteur celle de B. Mirbel à la Faculté des sciences.

» Les recherches organogéniques auquelles M. Bâillon s’est livré viennent de résoudre cette question si controversée de la nature des divers organes de la fleur des Conifères, et permettent S apprécier, selon l’expression si juste de notre confrère, M. Ad. Brongniart, Vexactitude des différentes théories sur la constitution des plantes, en démontrant que l’opinion émise par B. Mirbel est la seule vraie. »

Voici d’ailleurs les conclusions du rapport de M. Payer :

« En résumé, par l’heureuse direction de ses recherches, par la persistance qu’il a mise à les poursuivre, aussi bien que par l’importance des résultats obtenus, nous croyons que M. Bâillon mérite l’approbation de

l’Académie, et nous vous proposerions l’insertion de son travail dans le Hecueil des savants étrangers, si nous ne savions que l’auteur a l’intention d’en faire l’objet d’une publication spéciale. »

Nouvelles kechehches sur la fleur femelle des Conifères.

Les opinions énoncées dans le travail précédent ont trouvé des partisans et surtout des contradicteurs. Elles ont été surtout combattues avec une grande vivacité par M. Caspary aux objections duquel le travail actuel a principalement pour but de répondre. Il est destiné encore à combattre deux doctrines ; la gymnospermie des Conifères, et la nature appendicalaire ou foliaire de leur placentation. Les fleurs femelles de Mélèze se développent à peu peu près comme celles des Pins, sinon que les différents temps de leur évolution sont moins nettement dessinés. Dans le Genévrier commun, les deux feuilles carpellaires sont courtes, mais bien distinctes; elles sont constamment, l’une antérieure, l’autre postérieure. Dans le Cupressus Goveniana, le réceptacle floral se déforme d’abord de manière à indiquer qu’il va produire deux feuilles carpellaires opposées. En comparant aux organes femelles des Conifères des téguments ovulaires tels que ceux des Trémandrées et des Polygalées, et des ovaires tels que ceux des Graminées, on a confondu l’apparition première avec les déformations produites ultérieurement par les progrès de l’âge. Les PhjUocladus ont des rameaux aplatis et florifères comparables à ceux des Xylophylla, et non des feuilles qui portent les fleurs femelles. L’examen du Welwitschia ne peut guère servir â trancher la question dans un sens ou dans l’autre. Lès Loranthaoées, surtout les Anthobolées, sont très-étroitement alliées aux Conifères et la structure des unes rend compte de celles des autres. Les théories nouvelles de la gymnospermie sont défendues à l’aide de faits tératologiques qui n’expliquent rien, parce qu’ils expliquent également tout; ta gymnospermie des Conifères doit mener à celle des Loranthacées et ii celle de toutes les platftes à ovule basilaire orthotrope, sanstégmhents. ’ ’

IDESPUILÉSUCÉES.

Études sue la steuctureet le développement de la fleur

{Aâmsoniat 1, M.)

Ces études ont amené l’auteur aux conclusions suivantes :

1" Que l’organisation des deux genres Lapageria et Philesia est bien moins différente que ne le supposent les botanistes ;

2” Que les étamines du Lapageria ne sont pas entièrement libres, mais bien unies dans leur portion inférieure, et qu’elles n’offrent, sous ce rapport, avec les Philesia, qu’une différence du plus au moins ;

S“ Que les trois pièces du périanthe intérieur apparaissent simultanément, et qu’on peut le regarder comme une corolle ;

h” Que l’insertion des sépales, horizontale d’abord, prend ensuite la forme d'un fer à cheval, et que telle est l’origine des fossettes nectarifères qu'on observe à la base de la fleur ;

5” Que les ovules du Lapageria ne sont pas plus orthotropes que ceux du Philesia, et que leur base est de bonne heure enveloppée par un arille dont l’existence parait avoir été ignorée jusiju’à ce jour.

Organogénie florale des Roxbdrguia.

{Adansoniat I, 2Ù5.)

Rapprochés par beaucoup d’auteurs des Philésiacées, les Roxburghiées mentaient d ctre étudiées au point de vue organogénique. Les observations faites, dans ce sens, ont montré qu’il n’y avait, entre les deux types, que des ressemblances très-éloignées, des apparences très-superficielles d’analogie, dans le port, la configuration des organes de la végétation, l’habitude sarmenleuse des plantes. L’infloresence des Roxburghia est ■ une cyme upipare ; leur périanthe est formé de deux verticilles dimères; leur androcée n’est représenté, 40 contraire, que par un verticille tétramère, et les organes qu’on trouve entre le périanthe et les étamines, ne

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