LXXXVIII
Sur le Knowltonia rigida.
{Horticulteur françaiSt XV, 72, t. VI.)
ÉTUDES SUR LA FiCAIRE ET l’HéPATIQUE.
La Ficaire a un calice et deux corolles. Les pièces de la corolle intérieure se dédoublent d’ordinaire. L’involucre de l’Hépatique et celui de
[’Eranthis répondent par leur situation au calice de la Ficaire. Le double périaiithe pétaloïde de l’Hépatique se comporte comme la corolle de là Ficaire. L^Hépatique a primitivement cinq ovules, comme les Anémones, et non un seul. Mais l’Hépatique a des fleurs axillaires, comme l’ont déjà démontré MM. Irmisch, Braiin, etc. Les nectaires de VEranthis, et par suite ceux desHèllébores, desTroKius, etc., sont des staminodeset non des pétales. Les Adonis de la section Consüigo ont, suivant les carpelles qu’on observe, et l’époque de leur évolution, l’ovule ascendant ou descendant, sans que cela puisse avoir d’importance, au point de vue taxonomique.
Note sur la fleur des Schizandrées.
lAdansmia, HI, 42.)
Les anthères des Kadsura sont intronses, et non extrorses, comme on les décrit. Beaucoup de Schizandrées, .considérées comme dioïques, deviennent monoïques avec l'âge, les fleurs femelles n’apparaissant que sur les vieux pieds. Il y a des fleurs accidentellement hermaphrodites. Le Cosbœa est rapporté au Sehisandra.
Note sur le Bcrasaia.
Placé par plusieurs auteurs, notamment par M. Decaisne, dans la famille des Lardizabalées, le Burasaia a toute l’organisation florale des vraies Ménispermées, et doit leur être rapporté, malgré la forme de ses feuilles. MM. Bentham et Hooker ont récemment, dans leur Généra plan~ tarum, admis cette manière de voir.
Note sur quelq.ues Xïlopia africains.
{Adansonia, IV, 140.)
, « M. Bentham, dans son mémoire sur les Anonacées africaines, n’a
décrit que trois espèces de Xxjlopia. M. Alph. De Candolle, dans son Mé-
moira sur la famille des Anonacêes, et en particulier sur les espèces du pays des Birmans, inséré dans les Mémoires, de la Société de,physique et d’histoire naturelle de Genève pour 1S32, a fait copnaüre encore le X. oxypetala parmi les Xylopia africains. M. Bâillon ,crojJ, en outre, qu’il faut faire rentrer dans le genre Xylopia les Anona grandiflora Lam. et A. amplexicaulis Uni. Parmi les autres espèces africaines du genre Xylopia, qui lui paraissent nouvelles, il place une espèce recueillie par Du Petit-Thouars, probablement à Madagascar, et qu’il nomme X. bux'ifolia, une deuxième recueillie en I8I1I dans l’intérieur de celte lie par M. de Laslelle, X. Lasielliana. une troisième nommée par Boivin dans ses notes X. Richardi, et dédiée à Richard, directeur du jardin botanique de Bourbon. Peut-être YUnona oxypetala Dnn. doit-il encore être ajouté aux précédentes espèces. » (Rev. bibliog. Soc. bot., XI, 253.)
Bëvision des Acacia, médicinaux.
tAdansonia, IV, 84.)
On compte jusqu’à cinquante Jcacia employés en médecine. Mais un grand nombre d’espèces désignées sous ce nom générique, appartiennent réellement à d’autres genres, tels que les Mimosa, Albizzia, Stryplinodendron, Inga, f'achellia, etc., et sont ici rapportées chacune à son genre véritable. Les caractères botaniques des espèces utiles, l’organisation de leurs fleurs et de leurs fruits sont décrits, dans ce travail, d’après des observations directes et précises.
Observations sur les affinités du genre Barbeuia.
Le genre Barbeuia, établi, en ISll, par Dupetit-Thouars et rapporté successivement aux Rosacées, aux Bixacées et aux Euphorbiacées, présente tous les caractères des Pliylolaccées, avec celte légère différence,
dans son gynécée, que les deux carpelles qui le constituent y sont réunis dans leur portion ovarienne, et qu’une fausse cloison, descendant de son sommet, isole dans des compartiments séparés les deux ovules ascendants et campulitropes qu’on y observe. De là l’établissement,, dans cette famille. d’une section spéciale, celle de Barbeuiées.
Sua LE Bosqueia, genre inédit de la famille des Artocarpées.
Le Bosqueia, genre nommé, mais non publié par Du Petit-Thouars, a les stipules des Artocarpées dont il présente également l’organisation florale. Il répond au Trimatocoecus de Pœppig et Endlicher, par sa fleur femelle unique, enfoncée au centre d’un réceptacle et produisant ultérieurement un fruit infère. Mais ces fleurs sont monandres, au lieu d’être formées, comme celles du Trimatocoecus, d’un périanthe et d’un plus grand nombre d’étamines. Ce qu’il y a de plus remarquable dans ce genre, c’est que l’inflorescence parait terminale à l’àge adulte, tandis qu’en réalité, elle s’est formée sur le côté d’un rameau; et ce n’est que par un accroissement très-inégal du pourtour du réceptacle de l’inflorescence, que celui-ci parait ultérieurement presque régulier. Le fruit très-singulier des Bosqueia parait d’abord succéder à un ovaire infère ordinaire ; il est plutôt l’analogue d’une petite figue dont le sac réceptaculaire ne contiendrait qu’un akène au lieu d’un grand nombre. Ce genre, jusqu’ici limité à l’Afrique tropicale et à Madagascar, renferme plusieurs espèces. Les deux premières connues, les B. Thouarsiana et Boiviniana, sont décrites et figurées dans ce travail.
Description du nouveau genre Grisollea.
Ce nouveau genre de la famille des Mappiées, dédié à notre célèbre collègue de la Faculté de médecine de Paris, le professeur Grisolle, est un
de ceux dont on peut dire : « On découvre de temps à autre des types végétaux dont la grande importance, au point de vue des théories taxonomiques, consiste en ce qu’ils relient entre elles plusieurs familles bien distinctes et même très-élôignées les unes des autres dans les classifications revues. » Le GrisoUea est en effet voisin : des Cassinopsis qui sont des loacinées, des Phytoorénées par ses fleurs diclines, des Corynocarpüs par son gynécée, c’est-à-dire qu’il sert à la fois de lien entre les Térébinthacées, les Artocarpées et les Ilicinées, ou entre trois familles qui appartiennent l’une à la polypétalie, l’autre à l’apétalie, et la dernière à la monopétalie. Ce genre n’est représenté jusqu’ici que par une espèce originaire des îles orientales de l’Afrique; c’est le G. myrianlhea, dont ce,travail donne l’analyse des fleurs, des fruits et des graines, et la structure anatomique des tiges.
XCATI.
Note sue dne nouvelle espèce de Sorocea.
(XAmsonio, I, 2i2, L VL) .
La plante, distribuée comme une Euphorbiacée, dans les collections de M. Spruce, sous le nom de Sapium ilicifoKum, n’appartient ni à ce genre, ni même à cette famille. C’est une espèce nouvelle d’Artocarpée, le Sorocea Klotzschiam. 11 en est, peut-être, de même du S. ilicifolium, cultivé depuis longtemps dans les jardins et qui n’y a jamais fleuri.
xcvm.
Première étude sur les Mappiées (Icacinées).
{Adansonia, 85A.)
« M. Baillon'a cherché à établir, dans son Second mémoire sur les Loranthacées, que les loacinacées, rapportées par quelques auteurs aux Ilicinées, par plusieurs autres aux Olacinées, doivent plutôt être réunies aux premières. Il suit dans cette voie la route tracée par M. Miers, qui concluait seulement à la parenté des deux familles que M. Bâillon propose de bon-
fondre. Il adopte éjïalenient l’opinion de l’auteur anglais, relativement à la parenté des Icacinacées avec les Phytocrénées, qui en représentent le type un peu amoindri, dicline, et quelquefois monopérianlhé. 11 commence par étudier ce dernier groupe, c’est-à-dire le Natsiatum herpeticurnWam., les Adelfinthus, qui doivent en être rapprochés, quoique MM. Bentham et J. Hooker lésaient relégués dans lesSantalacées, le Phytoerene, qui sert de transition entre ces deux derniers genres, \'Iodes malis Bl. qui ne diffère essentiellement du Phytoerene que par son mode d’inflorescence, et le Sarcostigma, par lequel M. Miers a si heureusement relié les Phytocrénées aux Icacinacées.
Passant ensuite à cette dernière famille, l’auteur démontre que le nom à'Icacina doit être supprimé, et qu’on doit lui substituer le plus ancien de ses synonymes, Mappia Jacq. Les Icacma pourraient toutefois être distingués à titre de section dans le genre Mappia, par leur inflorescence. Les ^podÿtesont des Mappia à fruit gynohasique. L’auteur étudie longuement le genre Leplaulus, créé par M. Bentham pour une plante fort curieuse, recueillie près du fleuve Bagroo par M. G. Mann, et dont il décrit une espèce nouvelle, le Leptaulus cüroides, de Madagascar. Il examine' ensuite le type des Pennantia et celui des Emmolum. » {Rev. bibliog. Soc. 6o(.,'XI, 131.)
Description d’une Flacourtianée nouvelle.
Les Eriudaphus, rapportés depuis par plusieurs auteurs aux Scolopia, ne sont pas des Homalinées, comme le pensait Nees d’Esenheck, mais simplement des Bixacées ou Flacourtiées. La description donnée de \’E- Clossianus, prouve que le type floral est extrêmement variable dans ce genre ; et, quant aux rapports des Flacourtianées aux Homalinées, la conclusion est que, malgré une différence de forme dans la portion réceptaculaire de leurs fleurs, ces deux familles « doivent être placées bien plus près l’une de l’autre qu’on ne le suppose généralement. »
Sur la floraison d’un Livistona australisv i ■
(Vorliculltur français, XIV, 108.)
Rem.arques sur l’organisation florale de quelques Bruniacëes
ET SUR LES AFFINITÉS DU GENRE GrUEEIA. . :
Miiimsom'o, III, 318, t. V.) ■
Les ovules des Bruniacées sont, avant tout déplacement dû à un phénomène de torsion, suspendus avec le mioropyle dirigé en haut et eii dehors. C’est l’opinion contraire qui était, jusqu’ici, adoptée. On admettait aussi que les Brunia sont dépourvus de stipules, tandis que ces organes existent, quoique peu développés, à la base des feuilles. Les Raspalia ne diffèrent pas, comme on l’avait pensé, des Brunia par l’insertion hypogynique de leur calice, tandis que celle de leur corolle serait épigynique. Le calice a la même insertion dans les deux types ; mais c’est par suite d’une mutilation que la couche superficielle de l’ovaire, arrachée avec les sépales, a passé pour faire partie du calice lui-même. La cloison qui sépare l'une de l’autre les deux loges ovariennes des Bruniacées est souvent incomplète ; la placentation devient alors pariétale, ce qui est un trait de plus de ressemblance entre les Bruniacées et les Saxifragées. Quant aux Grubbia, que l’on a placés quelquefois parmi les Bruniacées, ils ont un périaiithe simple, qui est, peut-être, unecorolle. Leur ovaire infère est toujours réellement biloculaire, et leurs ovules suspendus, au lieu d’avoir le mioropyle intérieur, le montrent dirigé en dehors, comme dans les Ombellifères, les Araliacées, le Bursinopetahm et le Curtisia.
Sur un nouveau genre de la famille des Mvrtacées.
La plante cultivée dans nos jardins botaniques sous le nom de Bœckea camphorata, n’a qu’une loge à l’ovaire, comme les Chamelaùciées. Elle
appartient donc à ce groupe où nous l’avons réintégrée, sous Ip nom d’£remopyxis. Mais ce nom doit être supprimé, car il ferait double emploi avec celui de Tryplomene proposé par Endlicher.
cm.
Observations sur l’Antholoma Labill.
Deux opinions étaient en présence, relativement à la place que doit occuper YAntholoma dans la classification. MM. Bentham et Hooker rapportaient aux Sapotées ce genre que M. Planchon attribuait aux Tiliacées. Nos analyses et les figures que nous donnons de l’Antholoma, d’après une fleur rapportée de la Nouvelle-Calédonie par Labillardière lui-même, prouvent que la dernière de ces deux opinions est seule acceptable et que les Antholoma sont voisins des Elœocarpus,
Observations sur les affinités du Macarisia et sur l’organisation
DE QUELQUES RuIZOPHORÉES.
{Adansonia, III, 15, t. IL)
Le Macarisia avait été placé par MM. Hooker et Bentham, sur la foi de M. Planchon, dans le groupe des Ixonanlhées, de la famille des Lins. Il est démontré ici que l’organisation de ce genre en fait une Rhizophorée à ovaire libre, c’est-à-dire une Cassipourée. MM. Bentham et Hooker se sont ultérieurement ralliés à cette opinion. A l’occasion iaMacarisia, l’organisation des principaux genres de cette famille est l’objet de nouvelles études, notamment VAnisophyllea dont une nouvelle espèce est décrite, r,^ni(ru- Iheria qui est ramené au IVeihea, l’Haplopetalum et le Crossostylis.
Description d’un nouveau genre de la famille des Humiriacées.
Udammia, II, 262.)
La famille des Humiriacées est très-naturelle et peut-être devrait-elle être réunie en un seul genre. Si toutefois on admet la manière de voir des
botanistes qui Tondent, dans cette famille, des genres sur l’union ou l’indépendance des étamines, il faut bien en faire un pour une plante qui, n’ayant que dix étamines, comme les SaccogloUis, se caractérise par l’entière liberté de ces filets, comme les Vantanea d’Aublet. C’est ce que nous avons fait pour le Djmga du Gabon, plante utile que M. Aubry- Lecomte a, le premier, fait connaître en Europe et que nous avons, pour cette raison, appelée Aubrya gabonemis.
Note sur les apeinités des Rhodoleia.
(Adansmia, III, 178.)
Les Rhodoleia, dont les atfinités sont discutées, et qui sont rapportées parles uns aux Hamamélidées, par les autres aux Diosmées, ont un ovaire uniloculaire, avec deux placentas pariétaux multiovulés, qui se regardent sans se rejoindre. Nous en avons conclu que le Rhodoleia devrait se placer parmi les Saxifragées arborescentes dont sa fleur présente d’ailleurs tous les caractères.
cvn.
Recherches sur l’Aucoba et sur les rapports avec les genres ANALOGUES.
Les types amoindris réunissent et confondent les espèces et les genres. 11 en est de même pour certaines familles. Le genre Aucuba, dicline, réduit à un ovaire infère, uniloculaire, uniovulé, représente une Cornée amoindrie, dégénérée. Toutes les familles voisines comprennent un ou plusieurs types analogues qui sont : le Mastiam et VArthrophyllum pour les Araliacées; le Griselinia auquel est réuni le Decostea, comme simple section; les lUigera pour les Gyrocarpées; l’Hernandia rapproché à tort des Thymélées ; le Gronovia et le Cevallia pour les Cuourbitacées ; VA langium et le Rhytidandra peuples Alangiées; le Nyssa pour les Combréta-
cées; 1 Wppur/s pour lesHaloragées; le Cynomorium; VHedyosmumfom les Chloranlhacées; les Platanes; les Viburnum pour les Caprifoliacées. Tous ces genres ont, en effet, un ovaire infère, uniloculaire, avec un seul ovul ordinairement suspendu.
Ce travail renferme des analyses rectifiées des Nyssa, des Hermndia, des Cevallia et des Gromvia; un groupement nouveau des Alangiées considérées comme section des Cornées, et l’opinion que les Hernandiées sont simplement des llligérées à fleurs dont les sexes sont complètement séparés.
cvm.
Sur l’orgauisation et les affinités du Dissolæna verticillata.
{Adansonia, IV, 378, t. XII.)
Ce genre rapporté par Loureiro à la famille des Apocynées, en fut exclu par MM. de Candolle père et fils qui l’attribuèrent aux Verbénacées. La plante, qui fleurit dans nos serres et qui n’avait pu être reconnue, doit être replacée là où l’avait mise Loureiro, c’est-à-dire parmi les Apocynées, dans la tribu des Plumériées et. la .sous-tribu des Tabernæmoutanées.
Observations sur l’organisation des fleurs dans le genre Apocïnu.«.
Les Apocynées sont classées parmi les Monopétales hypogynes. Cependant il est démontré ici que les Apoeynum ont le réceptacle floral concave et l’insertion périgynique. C’est encore un exemple du peu de valeur do l’insertion pour la détermination des affinités naturelles. En même temps les anthères de certains Apoeynum sont remarquables par l’avortement partiel de leur demi-loge extérieure; fait qui rappelle en partie ce qn’on observe dans les étamines des Berberis.
■ ■ ex. . ,
Premier mémoire sdr les LORARtiiACÉÉs.
(Adûïisoma, II, 330, t. IX, X.)
« L’auteur examine successivement, dans ce travail, la structure florale des Myzodendron, Arjona, Qilinchamalium. Suntalum, Th^sium, Stotidia, Lavalka, Henstowta, Emcarpm, Cansjera, Anthobolus; Viscum, et de quelques autres plantes appartenant à différentes familles (Santalacées, Ljriosmées, Olacinées, Myzodendrées. Opiliées, Cansjérées, Anthobolées, Loranthacées), qu’il réunit sous le nom d’Ordre des Loranthacées.
On sait que l’ovaire adhérent des üyzodendrmi est partagé à sa base en trois loges incomplètes et entouré d’un bourrelet saillant. M. J.-D. Hooker a regardé ce bourrelet comme la portion supérieure libre, mais trèscourte, d’un calice soudé plus bas avec le pistil. Pour M. Bâillon, cet organe n’est qu’un épaississement de l’axe pédonculaire, analogue au calicode des Santalacées, il se développe tardivement, après l’apparition des ovules. Quant aux cloisons incomplètes, elles sont pour lui de nature axile, et tiennent à un inégal accroissement des différentes portions du réceptacle. — L’ovaire de Y Arjona tuberosa Cav. occupe également la concavité d’un réceptacle en forme de bourse, dont le bord s’épaissit il un certain âge en un bourrelet charnu. Mais Y Arjona possède une fleur hermaphrodite et périanihée, tandis que colle du Myzodendron est unisexuée et nue. Le Quinchamalium est très-voisin de YAijàna ét pOhrralf lui être réuni : son ovaire présente trois cloisons incomplètes alternant avec les ovules, comme dans les genres précédents. — L’enveloppe florale unique des Arjona et dos Quinchamalmm est une corolle, parce que’(butes les pièces de ce vertioille se développent simultanément. L’auteur éténd celte inierpretaiion aux fleurs des Cornées, Arapélidées, Santalacées ét Loranthacées; rappelant que M. Miers l’avait déjà adoptée pour lés Olacinées, et M.Alph. de Candollepour les Santalacées. M.Baillon a étudié l’organogénie du Santalum album sur des rameaux de tout âge recueillis daus l’Inde, aux environs do Bombay, et arrivés à Paris trois mois après, pSrfaitement conservés dans l’alcool. Il a confirmé par ses propres recherches l’évolu-.
tion du sac embryonnaire du Santalum, décrite il y a une trentaine d années parGrifTith. Continuant ses études par l’examen des Tlmhtm, il y a constaté, comme sur le Santalum, l’apparition simultanée des folioles périgoniales, ainsi que sur les Choretrum, les Uyoschilos, les Leplomeria, les Otax à fleurs distiques, les Groutia du Sénégal, VOpilia acuminalo Wall, et les Leptonium qui sont congénères.
Il donne ensuite des détails sur le calioode, regardé par quelques botanistes comme un calice, et qui n’est qu’un épatement pédonculaire, lequel se remarque dans la plupart des familles étudiées dans ce mémoire. Quelquefois il existe plusieurs bourrelets semblables, ce que l’on voit nettement, dit l’auteur, dans le jeune fruit de l’Anacolosa Pervilleam, espèce de Madagascar. Poursuivant les considérations qu’il vient de présenter sur l'asépalie, M. Baiilon arrive àregarder comme asépales, nonseulement les Momtropa, mais une partie des Rubiacées et la plupart des Synantbérées, Dipsacées et Valérianées. Selon lui, la portion adhérente du calice n’a jamais existé dans les genres Galium, AsperiUa, Rubia. Les six folioles qui se trouvent en dehors de la corolle du Sherardia pourraient bien n’être, dit-il, que deux bractées opposées, Accompagnées chacune de leurs stipules latérales. Les collerettes qui entourent la corolle des Patrinia, des Valeriana, des Centranthus et des Fedia, et qui sont parfois décomposées en un grand nombre de languettes, sont encore pour lui des bourrelets pédonculaires analogues à ceux des Loranthacées.
M. Bâillon décrit ensuite deux nouveaux genres : Stolidia et Lavatlea. Le Stolidia (St. Mauritiana H. Bn) est fondé pour des plantes rapportées de l'ile Maurice par Commerson ; il se distingue dans les Olacinées par sa corolle à préfloraison imbriquée. Le genre fMvullea ( L. philippinensis H.Bn, Cum. exsicc. n° 848 ; t. zeylanica H. Bn, Thw. exsicc. n" 1237), est une Santalacée à fleur pentamère complète. L’auteur montre plus loin les rapports étroits qui unissent les Santalacées aux Olacinées. Les Strombosia peuvent être définies des LavaUea à ovaire supère, et les Henslowia des LavaUea asépales. U Henslowia heterantha appartient bien 4 ce dernier genre. 11 s’occupe ensuite des Exocarpus, au sujet de l’ovaire desquels M. De Candolle était demeuré dans une grande indécision; M. Baiilon considère comme des sacs embryonnaires de longues cellules
qui se développenl au fond de la loge ovarienne, se dégageant du centre d’autres cellules hasiliaires qui forment un ovule dressé et réduit au nucelle. Ces sacs embryonnaires s’allongent de bonne heure par leur pari ie supérieure, et chacun d’eux constitue ainsi un grand poil creux qui s’insinue de bas en haut dans l’orifice supérieur do l’ovaire ; c’est dans son extrémité supérieure que l’embryon,se forme. — Le genre Camjera ne diffère des Opilia que par un caractère de minime valeur, la forme du réceptacle floral. Les Opilia, et par conséquent les Groutia, ont aussi le gynécée des Cansjera. — L’organisation du Lepionurus silvestris Bl. est encore très-analogue. — Les Anthobolus, malgré leurs grandes affinités avec les Exocarpus, qui les rattachent aux Santalacées, sont intimement unis aux Loranthacées. Leur ovaire se compose en effet d’une paroi épaisse renfermant une cavité centrale de la base de laquelle naît, dans un bouton I rès-jeune, un petit mamelon conique formé de cellules lâchement unies et plus allongées dans le sens vertical que transversalement. M. Bâillon signale l’analogie de la fleur femelle de ï Anthobolus avec « le prétendu ovule nu des Conifères». L’auteur discute ensuite les différentes opinions produites sur la structure de l’ovaire du Gui ; il se range à celle de M. Hofmeister. » {Rev bibliog. Soc. 6ot. X, 112.)
Deuxième MÉMOiaE sua les Loranthacées.
« Nos lecteurs ont vu, dans le précédent numéro du Bulletin, l’analyse du premier mémoire de M. Bâillon sur le même sujet; ils savent que l’idée-fondamentale qui préside'•à ces recherches est l’assimilation des Loranthacées, Santalacées, Olacinées, Anthobolées, etc., et leur fusion en un ordre unique qui porte le nom d'Ordre des Loraulhacées. L’auteur confirme cette opinion par de nouveaux détails dans son deuxième mémoire. Il montre que la seule différence qui sépare les Olacinées des Santalacées est relative à la situation de l’ovaire, qui est en général supère dans la première de ces familles et infère dans la seconde. Mais il rappelle que des différences analogues existent dans les Primulacées et les Saxifrages
et qu’elles y sont acceptées pav tous les botanistes ; et d’ailleurs il prouve que la famille des Olacinées elle-même renferme aussi des types à ovaire infère, par exemple les Liriosma. 11 ajoute quelques détails sur le Pseudaieia de Du Petit-Thouars, qui doit, selon lui, rentrer dans le genre Olax, ainsi que l’a dit Willdenow ; il s’occupe aussi du genre eisteria L., qui possède un ovaire trilooulaire, et indique les transitions nombreuses qui relient ce genre aux Olax, et aux Thesium à ovaire uniloculaire et à placenta central libre. Les Ximenia sont pour lui des lleisteria h Heur létramère. Ces plantes ont des étamines en nombre double de celui des pétales; ce nombre devient quadruple dans un genre nouveau que l’auteur décrit et figure sous le nom de Coula. C’est le nom qui est donné è ce végétal par les indigènes du,Gabon, d’où M. Aubry-le-Comte en a rapporté des échantillons fleuris et des fruits en 1815 ; le Coula est un arbre trèsrmiiarquaule, dont les graines fournissent un aliment recherché. L’espèce unique est le Coula edulis H. Bn.
L’auteur revient ensuite sur l’idée principale qui préside à ses recherches, à l’occasion du Généra plantarum de MM. Bentham et J. Hooker, qui placent les Olacinées dipérianthées bien loin des Santalacéesà fleurs monochlamydées. 11 puise dans l’organisation du genre ScAœp/ïa un nouvel argument pour confondre entièrement les deux ordres des Santalacées et des Olacinées. 11 s’occupe ensuite du genre Jodina Hook. el Arn. {Hex ruscifolia Lam.) qui doit, suivant lui, faire partie du groupe des Opiliées.
11 cherche ensuite sur quels caractères absolus on pourra établir des coupes secondaires dans le grand ordre des Lorauthacées. Il en vient à diviser cet ordre en quatre sous-ordres, d après la direction des ovules et la situation de l’ovaire: les ovules ascendants caractérisent les Loranthinées, dont l’ovule est tantôt adhérent ILorantlms, Viscum), tantôt libre (Exocarpus, Anthobolus); les ovules descendants caractérisent les Santalinées, dont l’ovaire est également tantôt adhérent {Myiodendron, ScRœpfia, Anacoiasa, Lavallea, Henslowia, Liriosma, Pyrularia, Thesium, Santalum, etc.), et tantôt libre {Heisleria, Cathedra, Strombosia, Stolidia, Olax, Cervanlesia, Opilia, Lepionurus, etc,).
L’auteur étudie ensuite un certain nombre de genres qui doivent être
séparés de l’ordre des Loranthacées : le Tripetaleia Sieb. et Zuco. qui se rapproche des Êriciuées ; le Bursinopetaium Wight, qui doit trouver sa place dans les Araliaoées, en prenant le nom de Mastixia Blume ; le Balunites, qui a de l'aftiDité avec les Méliaoées. Les Icacinées, qui, selon M. Bentham, forment une tribu de l’ordre des Olacinées, en sont fort éloignées par M.Bâillon, qui regarde le périanthe, la situation desétamines et la structure du gynécée comme fort différents dans ces deux familles, et considère les Icacinées comme faisant partie de la famille des Ilicinées ; il entre à ce sujet dans une longue discussion.
Les Loranthacées, ainsi limitées par l’auteur, se rattachent aux Cornées par les genres à ovaire infère et à loges presque complètes; aux Bicinées par les types à ovaire cloisonné également d’une manière incomplète, mais libre et supère ; aux Gymnospermes par les genres à ovule unique, dressé sur un placenta central et réduit au nucelle ; enfin, parmi les familles à corolle gamopétale, principalement aux Primulacées et Myrsinées, dont le périanthe est tantôt supère, tantôt infère, dont la placentation est centrale-libre et dont les étamines sont en général oppositipétales.
Ce travail est terminé par une révision des genres connus de l’auteur, dans laquelle il supprime, autant que possible, l’exposition des caractères décrits partout, pour lesquels il renvoie en général au Prodromus, aux suppléments de ’Walpers et au Generp. d’Endlicher. Cependant cette exposition occupe vingt-quatre pages ; l’auteur y caractérise les genres Viscum Tourn., Arceuthobium Bieb., Castræa Saint-Hilaire, Tupeia Cham, et Shlecht., Gina/loa Korlh-., Eubrachion Hook. f., Phoradendron Nutt., Eremolepis Griseb.,Lora»(AtisL., AnthobolusR.Br., ÊTOcarpusLabill., avec deux espècès nouvelles : E. sandwicensis et E. Camarinœ; Myzodendron Banks et Sol., Antidaphne Poepp, et EndL, Sanlpluw L., C0Ipoon Berg., Osyris L., Therivmh,, Tliesidium Sond., Chorelrum B.Br. LeptomeriaR. Br., MyoschilosR. etPav., JVonodeaBanks, Arjotiaùa., Quinchamaliim Mol., Pyrularia Mich., Henslowia Bl., Buckleya Torr., Lavallea H. Bn, Scimpfia Schreb., Ampolosa BL, avec une espèce nouvelle A. PerviUeana; Eirioma Poepp. et EndL, Qlax L., avec iieqf espèces nouvelles: O. PerviUeana, O.? ypercina, O, peiuacernm, O.?
Bivoiniana, 0. Bernieriana, 0. Breonn, 0. fliouarsiana, O. gambecola ei 0. muUiflora; PtgchopetalumBealh., Cathedra Miers, Agonandra Miers, Opilia Roxb., avec deux espèces nouvelles: O. manUlana et O. Ctimingiana ; Cansjera Juss., Champereia Griff., Cervantesia R. et Pav., Jodim Hook. et Arn., Aptandra Miers, Slrombosia Bl., Stolidia H. Bn, Heisteria L. et Ximenia Plum.» {Hev. bibtiog. Soc. bol. X, 165.)
Études sur l’herbier du Gabon du Musée des colonies françaises.
Le Musée des colonies françaises possède un herbier dont le volume est encore peu considérable, mais dont l’importance est déjà grande, aussi bien pour la botanique scientiflque que pour les applications pratiques. Les plantes du Gabon, nouvelles en grande partie, recueillies par MM. Griffon du Bellay et Duparquet, présentent un grand nombre de faits nouveaux et intéressants. Jusqu’ici, celles qui appartiennent aux familles des Dilléniacées, Anonacées, Ménispermées et Légumineuses ont été décrites, et leur description a donné lieu à un grand nombre d’observations qui intéressent la pratique. Nous indiquerons principalement les points suivants : Poivre de Guinée, Muscade de Calabash. Les Jateorhiza ramenés au genre Chasmanthera. Création des genres nouveaux, de la famille des Légumineuses : Didelotia, Gri/fonia, Baudouinia, Duparquelia. Réunion des Anthonota aux Vompa d’Aublet, etc.
Observations sur les Saxifragées, l’organisation, les rapports et les