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ZOOLOGIE ET ANATOMIE COMPARÉE

i. — Rapports zoologiques <le Pile Campbell avec les terres australes voisines.

jors de la mission dont il a été chargé en 1874 dans les mers du Sud, loi a dû rechercher les rapports zoologiques actuels ou anciens de l’île ell. Il résulte de ses observations, que cette île, dont il a cru pouvoir, au le vue géologique, indiquer l’époque d’apparition, n’avait jamais été reliée s Aucklands, Macquarie ou à la Nouvelle-Zélande. En effet, dans toute le des trois îles constituant cette dernière terre, il vit des Reptiles dont trouve aucune espèce à Campbell. D’autre part, M. Filhol n’a pas découms les dépôts récents de débris de ces oiseaux de très grande taille, les Is, qui peuplaient la Nouvelle-Zélande au commencement du quaternaire, stes d’oiseaux à ailes rudimentaires, atrophiées, caractérisant la faune néotisc actuelle, tels que les Aptéryx, les Strigops, les Notornis , les Ocydromus, bsolument défaut. Il n’y a à Campbell qu’une seule espèce d’oiseau teressentiellement migratrice. Les îles Aucklands, Macquarie, montrent au re par leur faune avienne des analogies incontestables avec la faune du sud Nouvelle-Zélande, avec celle de l’île Stewart plus particulièrement. Elles

grand continent, qui s’est affaissé en presque totaUté. S P ’ P

Les études de M. Filhol sur les animaux marins sont venues confirmer ces' observations et montrer qu’il existait dans les parages de l’île Campbell un certain nombre de genres spéciaux à cette région, alors qu’un grand nombre d’autres appartenaient à une faune pélagienne antarctique se propageant d’une part vers la Nouvelle-Zélande et l’Australie, d’autre part vers l’Amérique du Sud.

Les' Mammifères terrestres font complètement défaut sur l’île Campbell. Les deux espèces de Chiroptères propres à la Nouvelle-Zélande (le Scotophylus tuberculatus et le Mystacina çelutina), dont l’aire d’extension s’étend, ainsi que l’a constaté M. Filbol, jusqu’au sud de l’Ue Stewart, ne s’y rencontrent pas. Les seul» Mammifères dont la présence ait été reconnue sont des Phoques, venant habiter pendant la belle saison les plages sablonneuses et les hauts taillis de bruyèye.

Durant son séjour de trois mois sur Elle Campbell, M. Filhol a eu l’occasion d’observer les mœurs, les habitudes inconnues de plusieurs espèces de Phoques particulières à cette partie des mers australes. Les Otaria Hoockeri dont la taille peut atteindre u“,6o de longueur et i">,8o de circonférence, forment de petites colonies, constituées chacune par un mâle ayant groupé autour de lui huit à dix femelles. Les emplacements choisis pour l’établissement des familles

la brousse. Ceux-ci sont hargneux, méchants et quelquefois dangereux à attaquer. Les

leptonyx, ils semblent ne venir à Campbell qu’aecidentellement. Ils témoignent vis-à-vis de l’homme de la plus complète indifférence. On peut approcher ceux

afin de les faire mouvoir, ils lèvent lentement leur grosse tète et vous considèrent avec de grands yeux doux, d’une couleur vert d’émeraude. Tout alors, dans leurs mouvements, dans leurs regards, témoigne du profond ennui qu on leur cause en venant les troubler dans leur quiétude.

On trouve dans l’intérieur des baies de nombreux oiseaux marins, tels que des Mouettes, des Goélands, des Cormorans, des Pétrels. Sur les sommets viennent

îiiièrc année sur les nids. On avait prétendu que ces oiseaux vivaient pendant ce temps aux dépens de leur graisse. Les observations de M. Filhol sont venues montrer qu’au contraire les parents ne cessaient de leur apporter de la nourriture. D’autre part M. Filhol a constaté que la livrée des Albatros durant leur première année, est très différente de celle décrite et figurée par divers zoologistes. Les jeunes Albatros établis par centaines sur hauts les plateaux avaient

Durant son séjour en Nouvelle-Zélande, M. Filhol s’est occupé, avec un soin tout particulier, de recueillir des Crustacés marins, et il est arrivé à former une importante collection de ces animaux. Il a visité les côtes du détroit de Fovcaux, de l'île du Milieu, du détroit de Cook, et il a exploré dans les mêmes régions, au moyen de la drague, des fonds variant entre 20 et 35 brasses de profondeur. Les collections, constituées en ces divers points, ont peu à peu acquis de la valeur, et il lui a paru lorsqu’il en a entrepris l’étude, qu’elles renfermaient un grand nombre d’espèces rares ou inconnues. En réunissant ses observations à celles de divers savants qui avaient déjà étudié la faune carcinologique néo-zélandaise, il a pu dresser un catalogue comprenant la désignation de plus de 3ao espèces. 11 a joint à la mention de ces dernières l’indication de celles trouvées aux îles Aucklands, en même temps que celle des espèces observées par lui à l’île Campbell.

très étendu des mers australes, depuis la baie d’Auckland, au nord de la Nouvelle-

Zélande, jusqu’à l’île Campbell dans le sud.

Après avoir accompli ce premier travail, M. Filhol a recherché, afin de permettre d’apprécier les caractères de la faune carcinologique néo-zélandaise, quelle était la distribution géographique des espèces dont il avait eu à faire mention Il est résulté de cette étude, que la faune des Crustacés vivant en Nouvelle-Zélande est constituée par un très grand nombre d’espèces qui lui sont particulières, et d’autre part qu’elle comprend quelques éléments de la faune antarctique existant dans la partie australe de l’Amérique du Sud, aux îles Aucklands et Campbell. Les affinités avec l’Australie et l’Océanie sont les plus remarquables. M. Filhol a fait observer que relativement aux Crustacés les plus élevés en organisation, les Bra-

chyurcs, 43 espèces étaient particulières à la Nouvelle-Zélande, alors que 36 autres (i) Rapport sur l’ile Campbell et la Nouvelle-Zélande.

l’Amérique du Nord. Les aflinités avec l’Afrique sont très faibles ; on rencontre seulement : i espèce à Madagascar, i à Mozambique, i au Sénégal, 2 dans la mer Rouge. Les relations avec l’Océanie et l’Asie sont au contraire très importantes. Oh trouve en Océanie i5 espèces néo-zélandaises; en Asie il y en a 16.

M. Filhol a fait remarquer que, relativement aux autres groupes de Crustacés, la faune néo-zélandaise tendait à se spécialiser de plus en plus, à mesure qu’on observait des êtres de moins en moins élevés en organisation.

en Nouvelle-Zélande ; 18 sont propres à cette région ; 4 autres sont particulières à la Nouvelle-Zélande et à l’Australie Une seule espèce se retrouve dans l’Amérique du Sud, pas une dans l’Amérique du Nord, une seulement en Asie.

Ces caractères d’indépendance de la faune néo-zélandaise s’accusent d’une semblable manière lorsqu’on examine les Macroures et les Stomapodes; mais là où ils prennent une importance considérable, c’est lorsqu’il s’agit des Isopodes, des Amphipodes et des Ostracodcs.

Le nombre des espèces d’Isopodes est de 69 ; 56 espèces sont particulières à la Nouvelle-Zélande ; 3 vivent en Australie et en Nouvelle-Zélande ; les autres se retrouvent en Asie, en Afrique. Pour les Amphipodes, sur 76 espèces signalées, 63 caractérisent la faune néo-zélandaise ; 6 vivent en Australie, alors que les autres s’étendent soit à l’Asie, soit aux Amériques du Nord et du Sud, soit à l’Afrique. Tous les Ostracodes sont propres à la Nouvelle-Zélande, ainsi que tous les Crustacés

Par conséquent la faune carcinologique néo-zélandaise comprend un nombre très élevé d’espèces qui lui sont particulières, et un petit nombre d’espèces provenant de l’Australie, de la faune antarctique peuplant les parties australes des mers du Sud et, en ce qui concerne seulement les Brachyures de l’Océanie. M. Filhol a joint à la publication de ce travail une série de 18 planches sur lesquelles ont été représentées les espèces nouvelles qu’il avait à faire connaître.

4. — Étude de la laune des Mollusques marins de la Nouvelle-Zélande (i).

Les dragages entrepris en différents points de la Nouvelle-Zélande ont procuré, en même temps que les Crustacés utilisés pour la dernière publication dont

habitant le nord de la Nouvelle-Zélande avec- la faune des terres voisines, a fait découvrir à M. Filhol des faits intéressants au point de vue des relations zoologiques. Ainsi fyj espèces du nord de la Nouvelle-Zélande habitent Australie; 44 seulement de la faune du détroit de Cook sont communes avec celles de

plus que 23 espèces propres à ces deux régions.

Sur les 47 espèces du nord communes avec l’Australie, 12 le sont d’une manière particulière, c’est-à-dire que ces 12 espèces ne se retrouvent ni dans le détroit de Cook, ni à Me Stewart. Les autres espèces australiennes vivent dans le détroit de Cook, et 17 existent à Mc Stewart. Il résulte de ces observations que cette dernière terre ne possède que 3 espèces communes avec l’Australie, en dehors des différentes régions de la Nouvelle-Zélande. Par conséquent les caractères australiens de la faune néo-zélandaise perdent de leur importance à mesure qu’on descend vers le sud.

La recherche des rapports de la faune néo-zélandaise avec les faunes des nord de la Nouvelle-Zélande, 44 du détroit de Cook et 40 de Me Stewart. Quant

— Anatomie (les Manchots (i)

de vie différentes, pendant des temps d’une durée immense. M. Filhol a signalé, à ce ^ujet, des faits importants.

La tête présente le même mode de structure dans toutes les espèces de Manchots ; seulement sa longueur, le développement de la face par rapport au crâne, le développement extrême ou l’atrophie de ccr beaucoup, et les différences apparaissant ainsi corn grande valeur pour la distribution de ces oiseaux cr

Il semblerait que le développement en longueur et en iorcc de la face soit en rapport avec le genre de vie de l’animal, avec la nourriture qu’il prend. Les Manchots sont évidemment bien loin de se nourrir tous de la même façon, et nous en avons le témoignage dans la disposition de la bouche, dans la disposition différente de l’estomac suivant les espèces qu’on observe.

La préhension d’aliments divers et leur broiement devait entraîner le développement extrême ou l’atrophie de certains muscles, et par suite des modifications des saillies osseuses sur lesquelles ces éléments venaient s’insérer. Aussi ne doit-on pas être surpris de voir les tympaniques et les ptérygoïdiens posséder des caractères absolument différents suivant les espèces de Manchots qu’on examine, et les diverses modifications subies par ces pièces osseuses sont telles, que l’examen seul de l’un de ces os peut permettre de faire reconnaître l’espèce dont il provient.

Après avoir signalé ces différences squelettologiques, M. Filhol s’est préoccupé de rechercher celles qui pouvaient être relatives au système musculaire. Elles lui ont toutes paru avoir peu de valeur, et il a pensé que certaines de celles constatées sont absolument individuelles. Le développement des muscles se fixant sur les ptérygoïdiens ou les tympaniques doit seul être pris en considération.

L’examen du système circulatoire a fait découvrir des dispositions anatomiques absolument spéciales à ces oiseaux ( anastomose de l'artère cervicale ascendante avec la carotide externe, origine des artères intercostales se détachant d'un tronc ascendant né de l'iliaque, origine de l'artère fémorale, etc.).

Antérieurement aux travaux de M. Filhol, M. Julien avait signalé, dans une espèce de Manchot, une disposition plexiforme de l’artère humérale. En étendant ses études à diverses espèces, M. Filhol a montré que le fait constaté par M. Julien n’était pas général, et que même sur les animaux dont il avait fait l’étude, la disposition de l’artère humérale était différente suivant qu’on observait le côté droit ou gauche d’un même sujet. L’examen d’un grand nombre d’espèces de Manchots a fait découvrir une série de dispositions de plus en plus simples, et il a été possible finalement de constater sur deux jeunes Eudyptes antipodes un mode de structure de l’artère humérale identique h celui existant sur tous les autres oiseaux, fait venant confirmer de la manière la plus remarquable les précédentes recherches, qui conduisaient à considérer les Manchots comme des oiseaux

Au point de vue splanchnologique, les Manchots présentent, suivant les

genres et les espèces, des variations importantes. Il semble cpie ce soient leurs

organes internes qui aient subi le plus de modifications tendant à les adapter à des conditions d'existence différentes.

Tout d’abord le mode de disposition de la bouche doit arrêter l’attention. La langue, le palais, et, sur une très petite étendue, les parties latérales du plancher buccal, sont garnis de fortes papilles, solides, résistantes, aiguës à leur sommet, ayant évidemment pour but, par suite de leur direction en arrière, d’empêcher les proies saisies d’échapper. Le nombre des lignes antéro-postérieures formées par ces éléments, varie suivant les genres et les espèces, et il semble que les différences constatées à ce sujet aient une grande fixité. On trouve également de très importantes modifications dans le développement plus ou moins grand de l’appareil glandulaire stomacal, ainsi que dans la manière dont sont groupés les éléments qui le composent. Quant au mode de disposition de l’intestin,' il est le même pour tous les genres de Manchots. Le faible calibre de cet organe, en même temps que , son extrême longueur, semblent constituer un caractère propre à cette famille d’oiseaux. L’étendue de l’intestin grêle varie beaucoup dans une même espèce, et cela, semble-t-il, suivant la localité qu’elle habite. Il parait probable que l’influence d’une alimentation différente a progressivement déterminé

Le foie est, d’après les observations de M. Filhol, susceptible de modifications très importantes dans sa forme en même temps que dans les proportions relatives des deux lobes qui le constituent. Il lui a paru que, par l’examen seul de cet

La fin du travail de M. Filhol a été consacrée à l’établissement d’une classification des Manchots, d’après leurs caractères anatomiques.

— Contribution à l’étude de la faune des grandes profondeurs.

Les premières explorations sous-marines. — Campagne du Talisman ; exposé de ses principaux

M. Filhol a été appelé en i883, à faire partie de la Commission des dragages sous-marins, embarquée h bord du Talisman. A son retour en France, après avoir visité une étendue considérable de l'Atlantiqoc nord, il s’est préoccupé do

Montagne Noire, vivaient h Issel des Pachydermes étranges, les Lophiodon, connus seulement jusqu’au moment oii M. Filhol a entrepris ses recherches, par quelques parties de leur système dentaire. M. Filhol a recueilli le squelette presque complet

Les Lophiodon, dont la taillej dans certaines espèces, égalait, si elle ne suravec les Tapirs. La partie antérieure de leur orifice nasal, contrairement à ce le nez comme chez les Rhinocéros. Enfin ces Mammifères possédaient à un haut degré

puissantes canines, constituant de terribles moyens d’attaque Les Paléontologistes, en se basant sur les quelques déb assez portés à penser que les Lophiodon auraient pu ôti

de ces animaux, lès directions dans lesquelles elles s’étaient accomplies, le degré qu’elles avaient atteint. Il pouvait résulter de ces études des renseignements précieux au point de vue de la Zoologie générale.

L’examen de la série des pièces, recueillies à Issel, a montré que la taille des Lophiodon , ayant vécu dans cette localité, était variable et que la forme de la tête n’était pas toujours la même. Ainsi, certains sujets possédaient un museau un peu allongé, alors que d’autres étaient caractérisés par une face courte, et nous devons, ajouter qu’on découvre, entre les formes extrêmes, tous les types intermédiaires. On reconnaît dès lors une tendance très accusée à des variations tendant probablement vers des adaptations nouvelles.

dentaire. Ainsi, sur certaines espèces de Lophiodon , les dents formaient une série continue, alors que sur d’autres, on voit progressivement un intervalle apparaître entre la canine et la première prémolaire. La barre est donc due à des modifications

l’Eocène inférieur. Les Tapirus n'auraient apparu que plus tard, durant l’Oligocène. M. Filhol a décrit, provenant de Buschveiller, un animal extrêmement voisin des Tapirs, le Palæolapirus , recueilli dans cette localité avec des Lophiodon. Par conséquent, ces derniers ne sauraient être considérés comme les ancêtres des Tapirs. Les Palwotapmis descendent bien évidemment d'animaux à prémolaires

rapprochent des Lophiodon. Les différences distinguant les Palœotapinis dos Tapiras sont si faibles, qu on comprend très facilement qu’elles so soient effacées

durant ses recherches, nous rappellerons tout d'abord les caractères zoologiques de la faune, puis, dans une série de paragraphes successifs, nous indiquerons les faits principaux se rapportant à la variation des espèces animales, variations pouvant nous faire présent^ 1 origine de nombreux Mammifères actuels.

§ i. — Caractères généraux de la faune des Phosphorites.

de l’Arabie. Enfin les Leacochroa Milm-Edwarsiana, les Hélix Ramondi, aziospudata, les Glandina sont des coquilles qui dénotent, pour 1 époque 0(1 elles rivaient, une température chaude, humide, assez semblable à celle de la Cochinchine.

On sait que la structure du test des coquilles des Mollusques varie beaucoup suivant leur habitat. M. Filhol a profité de celte particularité pour chercher à obtenir une idée de l’aspect de la région au moment des dépôts do phosphorites. Les espèces qu’il avait découvertes n’avaient pas toutes le même genre de vie. Ainsi les Leucochroa Milne-Edwarsiana devaient se plaire sur des rochers exposés au soleil, dans les lieux secs et arides ; les Hélix subnanina, naninopsis, dans les bois humides, sous les pierres ou sous les troncs pourris ; YHelix Ramondi au pied des broussailles, des buissons, dans les endroits secs et dénudés, et la plupart du temps terrée pendant le jour : 1 Hélix aziospudasta, sous les pierres, contre les rochers ; YHelix calyptogira, dans les lieux ombragés et humides, au' pied des arbres, dans les détritus ou sous les feuilles tombées. Les Glandina devaient être terrées au pied des rochers ou dans les endroits secs, peu aérés et cependant nn peu ombragés. Les Otopoma vivaient sur les rochers exposés au soleil ou sur les pierres dans les lieux arides. Les Ischurostoma formomm , les Pomatias , les Hyboçystis devaient se rencontrer sous les ombrages des bois, sur les troncs des arbres, quelques-uns même dans les anfractuosités des rochers.

Quant aux - Planorbis et aux Limnea , les espèces habitaient dans l’eau. Seulement, leurs caractères indiquent que cette eau n’était ni celle d’un lac ou d’un étang, ni celle d’un torrent ou d’une rivière impétueuse; mais celle d’un cours d’eau paisible s’écoulant lentement au milieu des prairies.

D’après le mode de vie de ces espèces, il est lacilc de se représenter le paysage de cette époque. Lù où se trouvent les gisements fossilifères du Qucrcy existaient des vallées peu profondes, parcourues par des cours d’eau paisibles, bordés de chaque côté par de vertes prairies, assez humides, parsemées de buissons; un peu plus loin, au pied des coteaux de frais ombrages; puis une série de terrains secs et dénudés formant la pente des collines, couronnées elles-mêmes par de grands bois.

les caractères des animaux de l’époque.

Les Singes n’existaient pas encore et rien n’annonce leur apparition prochaine. Los Lémuriens, les Faux-Singes des anciens naturalistes, étaient au contraire très abondants. Les uns, comme les Adapis, vivaient en troupes nu milieu des bois, les autres, comme les Necrolemur , devaient se plaire isolés. Les Adapis dont M. Filhol a fait une étude approfondie étaient des animaux dont les caractères très larges semblent indiquer une origine pachyderme. M. Filhol, ù cause de ce fait, les a appelés des P.ichjlémuriens Ils devaient avoir beaucoup des mœurs des Lemurs

forme de trompe, sont confinés actuellement dans les Pyrénées et une partie de la Russie. Ce n’est qu’à l’époque du miocène moyen supérieur qu’ils apparaissent en France, mais durant la période des Phospliorites leur venue semble annoncée par la présence d’un genre, découvert par M. Filhol (Myxomygale) alliant à certaines particularités des Mygales, quelques lointaines ressemblances avec les Taupes. C’est là un de ces types aux caractères généralisés, qui sont si instructifs au point de vue de l’évolution.

Si les Nearogymnurus sont les ancêtres des Gymnurcs vivant à Sumatra et dans la presqu’île de Malacca, les Urotrichus propres au Japon ont été également précédés durant l’Oligocène par des Mammifères, qui leur furent presque semblables, les Amphidozotherium (H. F.). Les observations relatives

la plupart de ceux de nos jours, qui paraissent en descendre, vivent en Afrique, en Asie dans des conditions de climat semblables à celles auxquelles ils étaient autrefois soumis dans les vallées du Quercy.

Au point de vue de mœurs nous pouvons prévoir que les Protalpa,

alors que les Myxomygale , les Sorex, habitaient dans des terriers creusés dans les

Les Rongeurs ont donné lieu à des études aussi intéressantes que les Insectivores. Ainsi M. Filhol a signalé l’apparition des Castors, qui se sont plus tard étendus au Nouveau continent, mais dont l’origine a été ainsi démontrée être européenne. Les Porcs-Epics ont été découverts également, pour la première fois, à

correspondant à celui de nos Hamsters ( Cricetodon) indiqué seulement dans le Miocène moyen supérieur, habitait les prairies du Quercy, alors que de nombreux Ecureuils ( Scurius Quercy , H. F.) vivaient au milieu des bois. A côté de ces genres qui sont restés européens, M. Filhol en a signalé d’autres possédant d'indiscutables ressemblances avec certains genres américains et africains. Ainsi les Theridomys se rapprochaient beaucoup des petits Hystricidés ou Porc-Epics de la tribu des Echymis vivant en Amérique, alors que les Issiodoromys avaient des analogies avec les Pédètes habitant l’Afrique.

nous le montrerons plus loin avec le développement des Pachydermes et des Ruminants. Les Chats, les F élis t n’existaient pas encore. Ils étaient représentés

tères, aujourd’hui dispersés et chacun caractéristiques d’un famille particulière de

des digitigrades se substituaient à ceux des plantigrades.

Le système dentaire des Amphicyon du Quercy possédait d'autre part quelques particularités de structure permettant de rapprocher le genre auquel ils appartenaient, d’un autre genre de la même époque, celui des Cynodictis.

Ces derniers constituaient un des éléments les plus importants de la faune des phosphoritcs, tant par le nombre de leurs espèces que par les variétés qui en sont issues. Pour noter les différences les plus importantes, les plus accusées, M. Filliol a dû créer plus de vingt noms spécifiques. Au point de vue de leurs caractères généraux, les Cynodictis étaient des Viverridées, possédant non la formule dentaire des Vwerra, mais bien celle des Cards. Les modifications graduelles qu’ont subies ces animaux conduisent à leur rattacher d’une part les Viverridées et d’autre part les Canidés. Ils constituent donc un groupe ancestral des plus importants au point de vue de l’origine des carnassiers actuels et ce sont leurs variations infinies qui ont permis à M. Filhol de tracer la généalogie de ces derniers.

Les mœurs, les habitudes des Cynodictis , devaient être très variées. Certaines de leurs espèces vivaient isolées, d’autres, au contraire, comme en témoigne l’accumulation de leurs restes en des points limités, formaient des bandes comme nos Chacals ou nos Loups. La plus grande partie d’entre elles avaient une existence essentiellement terrestre, mais d’autres semblent par la disposition de leurs membres antérieurs et postérieurs, s’être plues au bord des rivières, des étangs, où elles devaient pêcher comme le font les Loutres.

M. Filhol a trouvé avec les Carnassiers précédents, d’autres animaux de la int au groupe que les Paléontologistes américains désignent par l’appellation

Ils étaient abondants sur les plateaux du Quercy et certaines de leurs espèces, comme le Hyœnodon Heberti , qu’à découvert M. Filhol, avaient une taille égale, si ce n’est même supérieure, à celle de nos plus grands Carnassiers. Leurs mœurs devaient être très variées, comme en témoignent les formes si différentes de leur système dentaire. Ainsi les Hyœnodon , les Pterodon , devaient essentiellement se nourrir de viande et les premiers devaient comme les Hyènes rechercher les os. Les Cynohyœnodon , signalés pour la première fois par M. Filhol, qui a décrit et fait figurer leur squelette, avaient des analogies avec les Insectivores. Quant aux Quercytherium, également découverts par M. Filhol, leurs habitudes et leur régime resteront pour nous inexplicables, car rien dans la nature actuelle ne saurait leur être comparée. C’étaient des animaux à molaires toutes semblables, garnies de pointes élevées et à prémolaires énormes allant; contraire-

d’avant en arrière.

tiplicité extrême des carnassiers. Elle comprenait de puissants animaux tels que les Aceratherium, Rhinocéros à longues incisives en forme de poignard, les Cadurcotlierium , également voisins des Rhinocéros et qui se rattachaient intimement, ainsi que l’a montré M. Filhol, aux Homolodontherium propres aux formations géologiques de l’Amérique du Sud. A ces animaux étaient associés de grands Anlracotherium et des Entelodon, sortes de Suidœ gigantesques dont la bouche était armée de formidables canines. Les Anoplotherium , les Palœotherium, qui ont donné lieu aux magnifiques reconstitutions de Cuvier, vivaient par troupes et devaient se plaire sur le pourtour des étangs.

M. Filhol a, au sujet des Anoplotherium , appelé l’attention d’une manière toute particulière sur les modifications successives dans la forme des dents qui se sont produites dans les diverses espèces ou races de ces animaux, dont l’organisme a cherché par divers procédés, saris pouvoir y réussir, à s’adapter à de nouvelles conditions vitales (i).

La variabilité n’était pas moindre chez les Palœotherium, et M. Filhol a fl était impossible de limiter les espèces antérieurement créées par les Paléon-

avec celles des Lophiodontidès et chez les Mjy-xochœrus (H. F.) il a montré alliés les caractères des Anoplotheridœ et des Suida;. Les Dacrylherium (H. F.) étaient des Pachydermes ayant un véritable larmier, disposition anatomique particulière actuellement a certains Ruminants. Ce sont des animaux aussi bizarres que ceux que nous venons de citer, qui donnent à la faune des Phosphorites sa grande valeur zoologiquc. Ils nous montrent la nature, en quelque sorte inquiète, cherchant par tous les moyens possibles à assurer la perpétuité du monde animal dans les époques futures. Là elle simplifie, là elle complique, plus loin elle mélange ce qu’elle avait tout d’abord séparé, et, fait remarquable, ce sont seulement les animaux qu’elle a simplifiés, qui vont passer d’âge en âge pour arriver jusqu’à nous.

Les prairies humides occupant le fond des vallées étaient peuplées par des troupeaux de Ruminants élancés et gracieux. Jusqu’au moment où M. Filhol a

durant des temps si éloignés. II semblait, d’après l’étude de cértains genres antérieurement découverts dans des gisements datant d’une période correspondante, que les Ruminants fussent à ce moment en train de se constituer aux dépens des Pachydermes. M. Filhol a bien retrouvé ces formes de transition, il

de vue du transformisme, mais il a montré que l’évolution avait été plus rapide pour d’autres qui, à ce moment, avaient acquis toutes les particularités distinctives des Ruminants. Les Bachitherium (H. F.) et les Prodremotherium (H. F.) constituent deux des exemples les plus intéressants qu’on puisse citer à cet égard. L’origine des Ruminants a donc dû être rapportée à une date beaucoup plus

Cette progression organique hâtive, que nous constatons pour les Ruminants, nous la notons aussi pour un autre groupe, dont on serait bien loin de soupçonner l’origine à une semblable époque géologique, celui des Edentés.

d’une part, et d’autre part à l’Amérique du Sud. Les genres Asiatiques et Africains sont absolument différents des genres Américains. Pendant l’époque du Quercy il n’en était pas de même et les formes aujourd’hui disséminées et localisées dans des points extrêmes des deux continents vivaient à côté les unes des autres. M. Filhol a montré en effet que les Pangolins asiatiques X5t africains, les Oryc-

ceux d’Edcntés à peau ossifiée, comme celle des Tatous, mammifères essenticllc-

^.mérique méridionale.

perte avait une double importance; D’abord elle nous montrait ns extrêmes, comme celles qui caractérisent les Edentés, avaient b époque géologique durant laquelle nous aurions supposé au ade complexité de tous les organismes, et d’autre part elle nous

révélait des connections anciennes, absolument inattendues, entre le Nouveau et l’Ancien continent. Il semble en effet démontré à l’heure actuelle que les Edentés se sont primitivement développés dans l’Amérique du Sud et que c’est seulement durant la période Pliocène que ces animaux se sont étendus à l’Amérique du Nord. Or comme nous les trouvons en France, durant l’Oligocène, c’est-à-dire, bien antérieurement à leur venue dans l’Amérique septentrionale, nous ne pouvons admettre qu’ils aient traversé ce pays, gagné l’Asie par la bande de terre qui alors joignait les deux continents pour arriver en Europe. Il faut donc, qu’il y ait eu avant l’Oligocène une voie de communication directe, à travers l’Atlantique, entre l’Amérique du Sud et l’Ancien continent.

Tous les Mammifères, dont nous venons de rappeler l’existence, appartenaient au groupe des placentés. Mais les Marsupiaux existaient également, et ils appartenaient à la famille des Sarigues, dont la présence avait été signalée an" térieurement par Cuvier dans les gypses de Montmartre. Ils étaient très nombreux, ainsi qu’en témoigne dans certaines localités la multiplicité de leurs restes et devaient vivre dans les bois comme les Sarigues actuelles.

Le rapide aperçu que -nous venons de donner des caractères généraux de la faune des Mammifères au moment de la formation des dépôts de phosphate de chaux du Quercy, permet d’avoir une idée de l’importance des découvertes accomplies par

Nous venons de voir que M. Filhol en faisant l’étude des Mammifères du Quercy, avait été conduit à reconnaître au sujet de certains animaux de très remarquables affinitées avec des familles particulières, les unes à l’Asie, les autres à l’Afrique, alors qu’un certain nombre d’entre elles étaient seulemeiit représentées dans les Amériques Nord et Sud.

Ces caractères asiatiques, africains, et en même temps américains, ont été constatés de nouveau, par M. Filhol, lorsqu'il s’est occupé de la faune des Reptiles de la même époque. Il a montré à ce sujet que les bords des étangs du Quercy étaient peuplés de Crocodiles dont il faut maintenant aller chercher les représentants en Amérique. Il a retrouvé de» Iguane» qui vivent actuellement au Brésil, à Saint-Domingue, à la Martinique, au Mexique. Les Agames existant de

nos jours dans l’Inde et en Afrique étaient représentés par une espèce très voisine de l'Agama mutabilis de l'Egypte. (lest encore avec des animaux appartenant h cette dernière région qu’il faut aller chercher des affinités pour d’autres Lacerticns, les Plestiodon. Les Varans, si communs dans le nord de l’Afrique, étaient très abondants en France à l’époque de la formation des dépôts de phosphate de chaux. Les especes d’iguanes, d’Agames, de Plestiodion, de Varans que M. Filhol

quelquefois identiques à celles de nos jours.

Si la faune des Sauriens ne renfermait aucun type spécial, il n’en était pas de môme de la faune des Ophidiens, dont divers représentants possédaient une physionomie propre. Pourtant M. Filhol a appelé l’attention sur d’énormes Serpents, qu’il a considérés comme voisins des Pythons vivant aujourd’hui en Afrique, en Asie et dans quelques îles de l’Océan Indien. Les affinités avec l’Amérique et l’Asie lui ont été révélées par la présence d’animaux très voisins, des Elaphis existant,

En i8j 3, M. Filhol a présenté à l’Académie des Sciences divers reptiles fossiles dont les formes extérieures étaient conservées, soit par suite d’un moulage effectué par du phosphate de chaux, soit par suite d’un échange de cette

Les animaux retrouvés par M. Filhol étaient des Batraciens, des Ophidiens. Les premiers avaient leur tête ainsi que leurs pattes admirablement reproduites. Quant aux seconds, les écailles se présentaient avec une telle netteté, qu’il a été aisé, par cette seule partie de l’animal, d’établir des déterminations spécifiques.

Les Batraciens appartenaient aux groupes des Grenouilles et des Crapauds.

de la voûte palatine, la disposition de l’angle mandibulaire, le mode de succession des dents, ne permettent aucune comparaison.

Le dernier caractère qui vient d'être rappelé a donné lieu 5 des recherches toutes particulières de la part de M. Filhol.

Chez tous les Marsupiaux, la succession des dents de lait aux dents permanentes s’effectue suivant un mode spécial. Il n’existe qu’une seule dent de première dentition qui, par sa structure, sa position, doit être considérée comme la dernière prémolaire des Mammifères placentés. Par conséquent il existe pour les Marsupiaux, au point de vue du mode d’origine de la dentition permanente, un caractère qui, par sa généralité, possède une valeur absolue.

Si les Hjœnodon , les Pterodon étaient des Marsupiaux, comme le pensaient les divers naturalistes qui viennent d’être cités, on devait constater au point de vue de l’évolution de leurs dents des phénomènes semblables à ceux des types Austra-

Les études de M. Filhol ont prouvé que chez les animaux fossiles dont il était question, le mode de succession des dents différait de la manière la plus absolue de celui des Mammifères à poche de l’Australie et de l’Amérique. Il existait chez les Hyœnodon , les Pterodon , trois prémolaires de lait et deux carnassières ; la première de ces dernières dents était, au moment de la seconde dentition, remplacée par une prémolaire, alors que les deux suivantes persistaient. A l’époque du remplacement des dents, il apparaissait une troisième carnassière permanente.

australienne*. Si parmi elles ont figuré quelques Marsupiaux, très abondants à l'époque de formation des dépôts de phosphate de chaux du Quercy et dont

des analogie» parmi le» Mammifères américains du genre Didelphis.

tetradaetylus et XAceralherium minutas, le Cadurcotheriùm magnum et le Cadurcotherium minus, l’ Anthracotherium magnum et XAnthracotherium minus, le Palæocherus major et le Palœocherus suillus, etc., parmi les Pachydermes. On trouve au milieu des Carnassiers de très grands cttrès petits Amphiçyon, de grands et de petits Cynodwtis (le Cynodictis Boriei et le Cynodictis exilis par exemple). La taille variait à l'extrême chez les Hj'œnodon (1» Hyœnodon Heberti et le Hyænodon mlpinus), les Cynohyœnodon ("le Cynohyœnodon Cayluxi et le Cynohyœno-

don minor) et chez les Ælurogale (Ælurogale intermedia et Æluromle minor). Le même fait s’observe pour les Lémuriens et les Adapis (Necrolemur antiquus, Necrolemur Edwardsii et minimus, Adapis magnus et Adapis minor).

On pourrait multiplier ces exemples, mais ceux qui viennent d’être cités suffisent pour montrer que les variations de taille ne sont pas spéciales à un genre de Mammifères, mais au contraire, qu’elles semblent avoir été générales. D’autre part, elles se sont effectuées d’une manière très étendue. Ainsi lorsqu’on cherche à réunir par des intermédiaires les formes les plus puissantes aux formes les plus réduites, on peut actuellement le faire dans presque tous les genres. Il résulte de

fions graduelles , s'étendant quelquefois très loin. Les observation! de M. Filliol n’ont pas porté seulement sur les genres; elles se sont étendues aux espèces et elles ont montré que chez certaines d’entre elles, comme chez les Ælurogale intermedia, les Pseudelurus Edmrdsii, la taille variait presque du simple au double.

Un second fait dune très grande importance résulte des observations de M. Filhol : la disposition du système dentaire a varié sous l'influence seule d’actions naturelles. Le résultat produit a été d’abord un arrangement différent des dents, secondement la modification des formes de certains de ces organites, troisièmement la disparition de quelques-uns d’entre eux.

L’exemple le plus remarquable qu’on puisse citer relativement à ces modifications profondes est fourni par les Pachydermes du genre Cœnotherium. Chez ces animaux, ainsi que chez les Anoplotlierium, les dents étaient en série continue. Sur certains d’entre eux, M. Filhol a observé la production d’une barre entre la première prémolaire et la canine ; sur d’autres la première prémolaire se déplaçait et venait occuper la portion médiane de la barre. Sur d’autres enfin, cette dent se portait encore plus en avant, venant se placer en arrière de la canine. L’intervalle existant dans la série dentaire se trouvait alors être

Ce déplacement de la première prémolaire n’a pas eu lieu sans qu’il soit survenu des changements dans sa forme. Lorsqu’elle a été située en arrière de la canine, elle a perdu ses caractères de prémolaire et elle est devenue caniniforme. La canine, au contraire, abandonnait ses caractères pour revêtir ceux des incisives. Nous avons alors des animaux ayant quatre incisives de chaque côté, la dernière de ces dents n’étant autre chose que la canine. Ces modifications

accomplies, il s’en est produit une nouvelle, le système dentaire s’est simplifié dans le nombre* de ses éléments, l’incisive interne venant à disparaître.

Sur des maxillaires de Cœnotherium ainsi constitués, on voit la deuxième prémolaire se séparer du reste de la dentition, et à son tour, comme l’avait fait la dent la précédant, se rapprocher progressivement de la partie antérieure de la

mâchoire. Lorsqu’elle est arrivée à se placer derrière la canine, qui n’est autre

chose que la première prémolaire modifiée, elle perd ses caractères, devient caniniforme, et la canine se transforme en incisive. Nous retrouvons encore alors un type animal caractérisé par quatre incisives. Mais le nombre des dents ne tarde pas à se modifier, l’incisive interne disparaît. Il ne reste plus alors que cinq dents en série, séparées par une longue barre comme chez les Ruminants. M. Filhol a nommé l’animal présentant cette disposition ultime Cœnotherium quinquedentatum.

En même temps que ces changements s’effectuent, les formes du maxillaire inférieur et de la tête se modifient assez profondément.

Un exemple, de même ordre, est fourni par les petits Pachydermes, que M. Filhol a appelés des Xiphodontherium.

très avancé, comme sur VAnoplotherium minus découvert par M. Filhol, une barre se former entre la canine et la première prémolaire. Par conséquent, il est indiscutable aujourd’hui que : dans certains genres de Mammifères des modifications successives se sont produites, ayant eu pour effet, lorsque les dents étaient en série continue, d’établir une barre, ensuite de modifier la forme de certains de ces organites, afin d’en faire disparaître quelques-uns. Il résulte de ce dernier fait, que la formule dentaire ne possède pas la fixité que les zoologistes s’étaient plu

recherches de M. Filhol sur les Carnassiers.

était rien accompli de semblable et il est faits inattendus.

>n sur les Ælurogale, qu’il avait découverts, t aux Mustulidées. Si des changements étaient èmc dentaire, il était bien probable que ce

"Ogale avait paru à M. Filhol, lors de ses

*rém. |. — Garn. ÿ. — Tub.

Après. être arrivé à recueillir un très grand nombre de maxillaires inférieurs, M. Filhol a remarqué que la première prémolaire était uniradiculée sur quelques spécimens, biradiculéc sur d’autres. M. Filhol pensa alors que ces différences pouvaient tenir à la présence dans le jeune âge de quatre prémolaires inférieures, la première ayant une racine, la seconde deux. Il supposa qu’il s’était passé pour les Ælurogale un fait semblable à celui qu’il observait d’autre part sur des Carnassiers connus sous le nom de Pseudelurus. Chez ces animaux, les prémolaires inférieures, au nombre de quatre, avaient une grande tendance à disparaître de bonne heure, et il avait été possible à M. Filhol de constater que c’était tantôt la première dent à une racine dont la chute s’accomplissait sans laisser de traces, tantôt que c’était la seconde à. deux racines qui disparaissait. Ces prévisions relatives à la formule dentaire des Ælurogale étaient exactes, car M. Filhol a pu, en poursuivant ses recherches, examiner plusieurs maxillaires inférieurs sur lesquels le nombre des prémolaires était de quatre.

La formule dentaire de ce Carnassier fossile variait donc, suivant que les deux premières prémolaires persistaient, ou bien, suivant que la première ou la seconde de ces dents tombaient. Mais il pouvait se présenter un autre cas dans lequel rentre un maxillaire faisant partie des collections de M. Filhol. La première

possédaient plus que deux prémolaires comme les Chats actuels. Enfin une dernière modification du système dentaire inférieur est observable chez ces Carnassiers : certains d'entre eux ont perdu leur tuberculeuse. Faut-il se borner à considérer ces variations dans le nombre des dents, sur des animaux appartenant à un même genre, comme de simples accidents, ou bien ne devons-nous pas y voir la marque assurée d’une grande tendance à une variation Rêvant avoir pour

C'est cette dernière opinion qui a paru, il M. Filhol, devoir être adoptée

En effet, si on observe la forme et la taille des premières prémolaires et de la tuberculeuse des Ælnrogah, on est surpris de leur volume restreint par rapport au reste de la série dentaire. En présence d’organites si réduits, il est difficile d’admettre qu’ils aient joué un rôle actif dans les phénomènes de la mastication ou dans celui de la préhension des aliments. Ils devaient primitivement être beaucoup

Sur le Pseudelurus Edwardsi, M. Filhol a vu que la formule dentaire, qui était primitivement :

Inc. 3. — Gan. i. — Prém. 4. — Carn. 1. — Tub. 1, se modifiait successivement de la manière suivante :

Inc. 3. — Gan. 1. — Prém. 4- — Carn. 1. — Tub. o.

Inc. 3. — Gan. 1. — Prém. 3. — Carn. 1. — Tub. o.

Dans ce dernier cas, la première prémolaire est très réduite, son alvéole mesure seulement 1 millimètre, et en l’examinant on est conduit à reconnaître qu’elle ne devait jouer aucun rôle dans les phénomènes de la mastication. Par conséquent elle était appelée à disparaître dans un temps fort court, et alors la formule dentaire, très simple, des Chats, se substituait à une formule dentaire très complexe, analogue à celle des Mustélidées.

Des faits de' môme ordre ont été, d’autre part, observés par M. Filhol sur les Cynodictis

Les Cynodictis, Carnassiers très abondants durant l’Éocène supérieur, présentaient un mélange de caractères, les uns propres aux Yiverrides, les autres particuliers aux Canidés.

Chez certaines espèces de ces animaux, ils s’est constitué des races chez lesquelles la formule dentaire, qui était celle des Chiens, se simplifiait par suite de la disparition de la dernière dent en série. Les premières observations de M. Filhol ont porté sur des maxillaires de Cynodictis intermedius. Plus tard M. Filhol a constaté un fait semblable sur d’autres espèces du même genre, les Cynodictis crassirostris, leptorynchlius. Ces faits multipliés ont montré que chez ces Carnassiers, la formule dentaire des Viverra s’est produite par une dégradation de celle des Cynodictis.

Des changements survenus dans la forme des dents consécutivement à la simplification du nombre de ces organites.

Si la formule dentaire avait été considérée, jusqu’aux travaux de M. Filhol, comme possédant une fixité absolue, il en avait été de même de la forme des dents.

Lorsque M. Filhol eut constaté, sur les Cynodictis, la diminution de leur nombre, il pensa qu’il devait s’être produit un changement dans le régime des animaux observés et qu’il n’était pas impossible que la forme des parties destinées à broyer les aliments se fût également modifiée. Les recherches entreprises dans ce sens ont montré que ces prévisions étaient exactes. M. Filhol a vu que, chez les Carnassiers à formule dentaire simplifiée, les prémolaires étaient plus corn-

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