‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 5 sur 12 · II -h F eau = HF dissous · texte numérisé non relu

II -h F eau = HF dissous

FLUORURES DE PLATINE.

Nous avons obtenu par union directe du fluor et du platine les deux composés fluorés correspondant au chlorure. Le bifluorure qui s’obtient entre 400“ et Soo” se décompose vers 600° à 700° en fluor gazeux et en platine très bien cristallisé.

FLUORURES DE CARBONE,

On sait depuis longtemps qu’il est impossible d’unir le chlore au carbone par synthèse directe; même sous l’action d’un arc électrique puissant, Humphry Davy n’avait pu obtenir aucune combinaison. Le fluor, au contraire, peut s’unir au carbone directement, et je vais démontrer que cette réaction est une de celles qui différencient le plus nettement les nombreuses variétés de carbone.

Si l’on place dans un courant assez abondant de fluor pur du noir de fumée sec et froid, non calciné, purifié des carbures qu’il peut contenir par le pétrole et par l’alcool bouillant, il y a incandescence instantanée. La combinaison se produit avec énergie et toute la masse est portée au rouge.

Le charbon de bois léger, placé dans les mêmes conditions, peut aussi

prendre feu spontanément. Ce carbone semble d’abord condenser du Huor; puis, tout k coup, l’incandescence se produit avec projection de brillantes étincelles. Si la densité du charbon est plus grande et s’il n’y a pas de poussière à sa surface, il est nécessaire d’élever sa température de .'io° ou de loo» pour que l’incandescence se produise. Une fois déterminée en un point, elle SC propage avec rapidité.

Le graphite de la fonte a besoin, pour s’unir au fluor, d’être porté à une température inférieure à celle du rouge sombre.

Le graphite de Ceylan, purifié par la potasse fondue, ne prend feu qu’à une température un peu supérieure.

Le charbon de cornue ne brûle que lorsqu’il est porté au rouge.

Enfin le diamant, maintenu au rouge dans la flamme d’un bec Bunsen, ne change pas de poids dans un courant de gaz fluor.

Ces expériences établissent donc une démarcation bien nette entre les difl'érents états de polymérisation du carbone.

Si l’on cherche maintenant à étudier les corps obtenus dans cette combinaison du charbon avec le fluor, on reconnaît rapidement que les différentes variétés de carbone brûlées dans le fluor fournissent un corps gazeux. Suivant les conditions dans lesquelles on opère, les propriétés du gaz obtenu peuvent se modifier profondément. En réalité, on se trouve le plus souvent en présence d’un mélange de fluorures de carbone.

Parmi ces derniers, il est facile de caractériser deux gaz : l’un liquéfiable 0+10° sous la pression de 20 atmosphères et non absorbable par la potasse alcoolique: l’autre liquéfiable vers — i 5 " à la pression ordinaire et absorbable par la potasse alcoolique.

Ce dernier gaz est le létrafluorûre de carbone dont nous avons fait une étude complète et qui peut s’obtenir :

1° Par l’action du fluor à basse température sur le carbone;

2“ Par l’action du fluor sur le tétrachlorure de carbone;

. 3 ° Par l’action du fluor sur le chloroforme;

4 “ En faisant arriver un courant de fluor dans le gaz formène;

5 “ Par l’action du fluorure d’argent sur le tétrachlorure de carbone dans un appareil en métal.

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