EQUIVALENT DU FLUOR
L’équivalent ou le poids atomique du fluor a été déterminé par Berzélius, par Louyet, par Fremy et par Dumas.
Pour ses déterminations Louyet a préparé des fluorures alcalins et des fluorures alcalino-terreux amorphes qui l’ont conduit au nombre 18,99, nombre très voisin de tg donné par Dumas en i85g.
M. Fremy, dans son important Mémoire Sur ks composés du fluor, a déduit, de nombreuses analyses de fluorures métalliques, que l’équivalent du fluor était voisin de t8,85, chiffre indiqué précédemment par Berzélius.
Berzélius et Dumas se sont servis principalement d’échantillons minéralogiques de fluorure de calcium aussi pur que possible. ;On peut toujours craindre, en employant cette méthode, que la fluorine rencontrée dans la nature ne contienne une petite quantité de silice ou de phosphore, ainsi que l’ont démontré Berzélius et Louyet. Nous avons pensé qu’il serait utile de reprendre cette détermination au moyen de fluorine nettement cristallisée, préparée synthétiquement. D’autres considérations relatives à la densité de différents composés gazeux fluorés nous ont amené aussi à reprendre la détermination de l’équivalent du fluor.
Dans ces expériences, nous avons toujours décomposé, par un excès d’acide sulfurique ajouté à plusieurs reprises, un poids déterminé de fluorure de sodium, de calcium ou de baryum. Cette décomposition se faisait dans un petit alambic en platine, afin d’éviter les projections et les pertes de matière; on prenait toutes les précautions nécessaires à la pesée d’un semblable appareil. Des expériences préliminaires avaient indiqué dans quelles conditions la décomposition des fluorures était complète.
Cinq expériences ont été faites avec du fluorure de sodium purifié avec le plus grand soin. Elles ont fourni des chiffres qui oscillaient entre 19,04 et 19,08, en prenant pour équivalent du sodium 23,o5 (Stas), du soufre 16,087 (Stas), et de l’oxygène 8 (Dumas).
Le fluorure de calcium cristallisé, préparé dans un grand état de pureté, a été décomposé dans les mêmes conditions par l'acide sulfurique. Quatre expériences tout à fait comparables nous ont donné des chiffres qui nous ont conduit à regarder l’équivalent du fluor comme compris entre 10,02 et 19,08.
La décomposition du fluorure de baryum p,ar l’acide sulfurique a produit dans cinq expériences des chiffres qui ont varié entre 19,o5 et 19,09.
De ces trois séries do déterminations, nous croyons pouvoir conclure que I équivalent du fluor est très voisin de 19; d’après les expériences faites sur le fluorure de sodium et le fluorure de calcium, expériences que nous regardons comme plus exactes que celles faites avec le fluorure de baryum, l’équivalent du fluor serait de 19,05.
TRIIODURE DE BORE.
Ce corps, qui n’avait pas encore été obtenu, peut se préparer dans différentes circonstances, mais surtout par l’action de l’acide iodhydrique gazeux sur le bore amorphe de Deville et Wœhler.
Le bore amorphe est séché à 200», au bain d’huile, dans un courant d’hydrogène. Lorsqu’il est bien refroidi, on le place dans un tube de verre que l’on fait traverser par un courant de gaz acide iodhydrique séché avec soin sur l’ioduro de calcium poreux. Le tube de verre, disposé sur une grille à analyse, est maintenu à une température voisine de son point de ramollissement. .\u début de l’expérience, il se produit une petite quantité de vapeurs d’iode qu’on laisse perdre, puis, dans une allonge bien sèche disposée à l’extrémité du tube, on recueille bientôt un produit cristallisé on grandes lamelles de couleur foncée.
Le corps ainsi préparé possède une belle couleur rouge pourpre. Cette coloration tient à une petite quantité d’iode, car, si l’on reprend ces cristaux par le sulfure de carbone, dans lequel ils sont solubles, on obtient un I iquide qui, après agitation avec du mercure, est tout à fai t incolore. Ce sulfure de carbone, évaporé rapidement dans un tube de verre, fournit des lamelles nacrées, transparentes et bien cristallisées.
Le triiodure de bore fond à .iS», 5 et entre en ébullition à 210". Au contact de l’eau, il produit le bruit d’un fer rouge en donnant de l’acide borique et de l’acide iodhydrique. Avec le soufre et le phosphore, il réagit de suite. Le chlore et le brome le décomposent; il fournit des combinaisons cristallisées avec le chloroforme, les alcools, les éthers et les ammoniaques
Avec l’alcool éthylique en particulier, il se fait un dédoublement très net en acide borique trihydraté et iodure d’éthyle.
Ce nouveau composé fournit donc des réactions très énergiques.