CHAPITRE II
fentes aboutissent en fin de compte à la périphérie du nerf où, comme l’a démontré Ranvier, naissent des lymphatiques.
Il est donc permis de supposer que c’est par le nerf radiculaire, et à son
dien contenant le liquide céphalo-rachidien et le système des vaisseaux lymphatiques.
L’expérimentation dans cette région ne m’a jamais donné de résultats nets, mais l’anatomie pathologique démontre qu’il existe un courant continu de sérosité dirigé vers le ganglion (22, 23, 26); si cette sérosité est nuisible, elle irrite les cellules nerveuses et provoque des lésions qui détruisent les fibres des racines.
2“ Applications a la patuologie. — Toutes les fois que le liquide céphalorachidien est adultéré d’une façon quelconque, il se développe dans le nerf radiculaire une lésion inflammatoire qui prend souvent une extension énorme, relativement aux altérations des méninges proprement dites. Ce foyer tend, d'une part, à se rapprocher de la face externe des enveloppes de ce nerf et, d’autre part, à fuser dans le ganglion en suivant les fascicules radiculaires.
C’est là une forme nouvelle de névrite, la néorite desceniaaie qui apparaît grâce aux dispositions spéciales des gaines méningées autour des racines cranio-rachidiennes; les conséquences pathologiques de cette sorte de névrite se font sentir dans toutes les méningites (16) et dans toutes les -lésions du système nerveux qui, par leur nature ou par leur siège, sont susceptibles de modifier la composition ou la pression du liquide céphalo-rachidien.
A. - Théorie pathogénique du tabes dorsaUs.
Ainsi se forme, dans le tabes, un foyer inflammatoire chronique bien placé pour expliquer non seulement toutes les dégénérations que l’on connaissait à l’époque où j’ai entrepris mes recherches, mais encore toutes les lésions nouvelles que l’étude du nerf radiculaire m'a révélées.
une définition naturelle du tabes. Chacun sait que les accidents tabétiques sont multiples et forment, parmi les manifestations de la syphilis nerveuse, une série que Ui clinique a permis de limiter à peu près\ mais aucun des symptômes, pris individuellement, et aucune des lésions dégénératives des
lésion. Mais je suis le premier à reconnaître que, sur ce point, la démonstration ne peut être qu’indirecte, et par conséquent n’a pas une valeur absolue, car nous ne savons pas encore distinguer avec certitude toutes les lésions syphilitiques d’après la simple inspection de leurs caractères histologiques, et précisément les formes diffuses et chroniques de la syphilis sont celles qu’il est le plus difficile de séparer des formes analogues de la tulierculose et des inflammations banales.
Ün a voulu établir que les foyers inflammatoires des nerfs radiculaires dans le tabes sont parasyphiliiiquesy c’est-ù-dire d’origine syphilitique et non de nature syphilitique. Ce sont là des subtilités que ne légitime nullement l'état de nos connaissances relatives aux processus inflammatoires en général et à ceux de la syphilis en particulier. D’ailleurs, ces objections, qui m’ont été
mécanisme même par lequel les lésions tabétiques se produisent; qu’ils soient
rôtentdes poisons dislincls, itives qui nous paraissent se lur les libres nerveuses n'est repose sur les notions ana-
permettent pas de constater la disparition de ces fibres éparses, et il semble y avoir discontinuité entre la dégénération du faisceau de Hoche et celle du
Enfin, j’ai montré que lé centre ovale de Plechsig n’est pas du tout formé de fibres endogènes et doit être distingué nettement du triangle sacré médian qu’il ne fait que traverser. Les fibres du centre ovale de Plechsig ne sont autres que les fibres longues des racines les plus inférieures de la moelle.
Toutes ces notions sont utiles pour l’interprétation correcte des lésions dans les différentes afl'ections médullaires; il importe de savoir, dans chaque
faits, dont les uns sont nouveaux, tandis que les autres viennent confirmer ou compléter des observations antérieures, d’ailleurs très peu nombreuses. J’ai utilisé pour cette étude, outre la série de coupes de la pièce pathologique, traitée par la méthode de Marchi, trois séries de coupes normales colorées par la méthode de Weigert-Pal, et une série colorée par le carmin et le bleu soluble dans l’alcool.
petite colonne continue, ou presque continue, de substance grise siégeant sous le plancher du quatrième ventricule, au-devant du sillon qui sépare le fasciculus teres de l’eminenlia acuslica; il ne reçoit les fibres du nerf de Wrisberg que dans sa partie moyenne, la plus grêle. Les fibres dégénérées remontent dans l'intérieur du noyau un peu au-dessus du point où aboutissent les fascicules supérieurs du nerf; d’autres fibres dégénérées descendent beaucoup plus bas que le lieu de pénétration des fascicules les plus inférieurs, jusqu’au voisinage du glosso-pharyngien.
Si l’on suit par en haut le noyau gustatif, on le voit se renfler notablement et pénétrer, sans perdre son individualité, dans la masse de substance grise à laquelle aboutit le trijumeau; il se termine un peu au-dessous de l’extrémité supérieure du noyau du trijumeau. Dans toute sa portion supérieure, le
parce qu'il vient confirmer une observation encore unique de Wallenberg concernant un malade, atteint de troubles gustatifs, chez lequel l’auteur a trouvé une dégénération limitée au trijumeau; un fascicule de fibres dégénérées pénétrait dans un noyau dont la description répond à celle du noyau gustatif et quelques fibres descendaient jusqu'au niveau du glossopharyngien.
De l’observation de Wallenberg et de la mienne, qui la complète, on peut donc conclure avec certitude que le trijumeau n’emprunte pas ses fibres gustatives aux anastomoses qu’il contracte avec d’autres nerfs, mais les possède en propre et les conduit directement jusqu’au noyau gustatif protubérantiel. Cette question avait été longuement discutée par les physiologistes et n’avait pas encore été tranchée.
Par en bas, le noyau gustatif se renfle un peu ; il descend au contact des fibres du glosso-pharyngien et se confond avec la substance gélatineuse du
caractérisé par son feutrage spécial des fibres à myéline, il s'écarte du faisceau solitaire et se termine bientôt par une petite pointe, dirigée en arrière.