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Notice sur les travaux scientifiques

Depuis que M. Pasteur a démontré la corrélation de la dyssymétrie des cristaux avec le pouvoir rotatoire de leurs dissolutions, la Chimie organique s’est enrichie d’un grand nombre de découvertes résumées dans le système des formules développées (improprement dites atomiques). J’ai réussi, en combinant le principe posé par M. Pasteur avec les découvertes de la Chimie moderne,;! trouver un moyen simple de prévoir le pouvoir rotatoire d’après les formules développées.

Vers la même époque, M. Van t’HolTpubliait un Mémoire {Archives néerlandaises, t. IX, 1874) sur le même sujet et arrivait à des conclusions analogues. La façon dont cet auteur conçoit les choses et arrive il démontrer les lois du pouvoir rotatoire est néanmoins fort différente de la mienne. Or, parmi les personnes qui ont écrit sur le sujet, M. Ostwald {Chimie générale, t. I, p. 489, chez Engelmann, Leipzig)

est le seul qui ait indiqué cette différence : il me sera donc permis d’y insister.

M. Van t’Hoff, s’appuyant sur la théorie des valences, qui n’a qu’une valeur schématique, suppose que chaque valence du carbone correspond à un pôle d’attraction ayant une orientation dans l’espace. Dans le gaz des marais, CH*, par exemple, ces quatre pôles auraient pour effet de maintenir les quatre atomes d’hydrogène aux sommets d’un tétraèdre régulier dont le carbone occupe le centre. Or il est visible que ces forces sont perpendiculaires à la direction qui va de l’atome de carbone à celui d’hydrogène et cessent d’être fonction des distances comme les autres forces naturelles connues. De l’aveu même de M. Victor Meyer, qui adopte cette théorie {BcricliLe, 1890), l’existence de ces forces tangentielles exige que l’atome ait, par rapport ii la molécule, des dimensions qui cessent d’être négligeables, ce qui semble en ^contradiction avec la théorie des gaz et plusieurs phénomènes phy-

Cetto hypothèse des pôles ou des valences dans l’espace est donc pour le moins soumise à des doutes, lesquels affectent de la fayon la plus grave les démonstrations qui s’appuient sur elle. J’ai, au contraire, séparé la question géométrique, c’est-à-dire les considérations relatives à la forme que peut affecter la molécule, de la question dynamique, c’est-à-dire, des considérations relatives aux forces qui concourent à lui faire prendre cette forme, et démontré, dès 1874, que l’on peut arriver à prévoir théoriquement les lois du pouvoir rotatoire sans s’appuyer sur l’hypothèse des pôles. Cela est d’autant plus important que les succès expéri mentaux brillants qu’ont eus les lois du pouvoir rotatoire, paraissaient constituer un argument en faveur de la valence dans l’espace et de la théorie des pôles d’où ces lois avaient l’air de dépendre, d’après M. Van t’Hoff’. Cela démontre la nécessité de dégager le raisonnement de cette prémisse inutile et de réduire les postulata au strict minimum.

Le premier et principal postulat que j’invoque est le fait expérimental de la liaison mobile, c’est-à-dire, ce fait que, dans un composé carboné renfermant plusieurs atomes de carbone, chacun d’eux (avec le groupe d’atomes qui l’accompagne) peut pivoter autour du point d attache avec le carbone voisin. Ceci est une conséquence du nombre

Enfin, quelques années plus tard, j’ai donné l’explication géométrique des importantes expériences de Kékulé et Anscliutx sur la production de l’acide tartrique inactif en partant de l’acide fumarique et celle de l’acide racémique en partant de l’acide maléique \Formules géométriques des acides maléique et fumarique, 1882 (Bulletin Soc. chim., t. XXXVll, p. 3 oo)].

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