‹ Notice sur les travaux scientifiquesChapitre 6 sur 18 · PARASITISME - MALADIES DES VÉGÉTAUX · texte numérisé non relu

PARASITISME - MALADIES DES VÉGÉTAUX

.',! Appelé ,à faire’ une 'thèse d’agrégation •. Sur le Parasitisme dans le règne animal et’le règne végétal, j’ai divisé mon sujet; d’unemaniére méthodique e‘t je ho saurais mieux en rendre compté qu’en reproduisant l’analyse parue la même année, 1863, dans Schmidt’s Jahrbücher; cLe'bnt dèlce travail est de tirer quelques lois et quelques points de vue généraux des faits déjà connus sur les parasites du règne végétal et du règne animal. L’auteur Ta divisé en quatre chapitres.

« Dans le premier, il détermine ce qu’on doit entendre sous la dénomination de vrai parasite (en opposition aux êtres faussement regardés comme parasites) en indiquant cinq caractères principaux auxquels on peut les distinguer :

« La fixité du parasite; l’état vivant du corps qui porte le parasite; les phénomènes anormaux produits sur ce corps par le parasite ; la dépendance spécifique, c’est-à-dire la présence de parasites spéciaux sur certaines espèces données ; l’organisation générale des parasites.

« Le deuxième chapitre'indique leur place dans les classifications.

€ Dans le troisième, sont indiquées les modifications que subit le parasite par suite de son mode d’existence particulier, et dans le quatrième céllés j que peut présenter l’hôte du parasite.

« Ces observations sont mentionnées en traits plus ou moins généraux, et il est évident que bien des détails pourraient encore être ajoutés pour faire de cet ouvrage une œuvre complète. Mais l’auteur montre qu’il connaît ce qui a paru en helminthologie tant en Allemagne qu’en Belgique. Le sujet a pris aujourd’hui une telle étendue par de nombreuses découvertes

soit parmi les Helminthes, soit parmi les Acariens, soit parmi les Cryptogames, qU’on verrait avec plaisir un homme comme l’auteur, l’étudier dans son ensemble, en faire la tâche de sa vie entière et réunir d’Une manière complète tout ce qu’on a trouvé sur les parasités des' animaux , et ides plantes. » . .

Plus tard j’ai fait des parasites l’objet d’un cours à la Faculté de médecine de Paris et l’introduction à ce cours a été publiée dans les Annales de dermatologie du docteur Doyon (t, I, 1869). J’y ai introduit des obséda-, lions personnelles sur le transportées spores fongiques à distance.et sur les Aspefgillés, parasites de l’oreille. Cette Mucédinée est une de celles qui se rencontrent le plus fréquemment chez.l’homine:oü.les animaux. J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’en entretenir la!Société philomathique: Diverses ' espèces,, l’A. nigrescens, VA. 'nigricansj VA, fumigatuè, ont été .observées chez les oiseaux; L’étude de quelques échantillons, la culture, sur des liquidés ammoniacaux m’ontipërmis d’en faire une étude critiquet' J’ai reconnu que la teinté verdâtre des sporés présentée quelquefois pér ces espèces de couleur ordinairement, enfumée dans toutes leurs parties, ne constitue pas un caractère spécifique. De toutes ces espèces la plus huthèatique est VA. nigrescensRob.

‘Une autre espèce d’Aspergille, VA. Wem LL, se rencontre entré les Cellules de l’albumen dé la graine de Maïs;, des échantillons m’ayaiit 'été ■ adressés par le. docteur' Costallat des contrées. où régné la! Pellagrè, jlai reconnu dans cet Aspergille une dés causes de là maladie du Maïs, •appelée Verdet èt attribuée par Léveillé â un Pénicillium; cet observateur s’élarit servi de moussé humide pour Taire Igonfler les cariopses de Maïs, il ést impossible dé savoir si le Pénicillium appartenait réellement aux cariopses obsèrvés : ou n’àva'it pas été apporté par la mousse (l’Institut, 17 mai 1876) ,

Des filaments fongiques retirés par le docteur Hottenier: du vagin d’une femmé atteinte dé métrite, m’ont fourni l’occasion de reconnaître un nouveau cas dopàrasitisme de 1 ’AspergillUs gluucus Lk. Malgré l’absence dé spores; la disposition vâriqûeusè du mycélium m’a permis de recoilnaîtré lés'uaraétèrés que présente la végétation ancienne de ce Champignon. Ces formés'uu plutôt ces déformations, chez lesquelles on .reconnaît parfois des capitules avortés, se rencontrent aussi chez les Aspergilles, qui habi,Cénf le

poumon dos oiseaux:et de l’homme; mais les dimension^ sont très différentes, ainsi que le montrent des figures comparatives placées'à la fin de ce travail (Bull. Soc. philotn., 1878).

L’O'idium albicans Rdb,, le Champignon bien connu sous le nom de Muguet, développé sur la muqueuse vaginale, offre aussi de pareils renflements, èt c’est h des mycéliums ainsi déformés qu’il convient'de rapporter le 'Leptomitiis? de Lêbert, figuré dans VAtlas des Végétaux,parasites de Robin (pi. V):sous le nom d’Algue .du mucus utérin. Hn autre mode de végétation de l’O, albicans a aussi attiré mon attention; ses spores,se multb plient par un bourgeonnement analogue à celui des cellules de levure, quand en les place dans des milieux, appropriés, jus de citron, d’orange, de . cerise. CeChampignon ; èst devenu pour certains .auteurs un dérivé; de la levure,,un Saccharomyces. J’ai consigné dans l’article Oïdium, du Dic.r tionnaire encyclopédique . des sciences médicales, les. expériences que. j’ai faites pour yérifier et contrôler celles de M. Rees et je suis'arrivé à la même conclusion que ce savant, c’est .qu’on .ne. peut obtenir: la formation de spores endocellulaires dans les spores d’Oïdtw, caractère propre aux ceb Iules des Saccharomyces; on: ne: peut .donc assimiler djttes dernières les spores i’Oïdium, quelque analogie que paraisse leur donner',la.facuU.éde se multiplier par bourgeonnement,'faculté qu’elles possèdent avec.beaucoup de spores fongiques des genres les plus divers. J’ai, voulu àussi contrôler:,la filiation.de l’Oïdium aveC les Mycodermes annoncée; par M. Giwitz et je nie suisâssuré que lés prétendus Mycodermes issus de Y Oïdium albi.cvns.Xia •possédaient aucune des propriétés des vrais Mycodermes et ne. së.repcoduir saierit pas par endosp.ores, cedont il est facile, de : s’assurer en Jescultivabt dans: des milieux appropriés et diversifiés.: Ces expériences.m’ont porté A reconnaître aussi.l’action dès sucs acides.de. fruits.sur les filaments mycêr liens de VO'idium albicans; sous leur influence, ils se segmentent en spor.es qui se détachent avec rapidité ; la plante se trouve ainsi désagrégée par un phénomène physiologique normal. en éléments monbcellblaires détaehési dont l’expulsion est plus facile que lorsqu’elle .présenté , sur les muqueuses buccales un feutrage de filaments allongés. Ainsi .se trouverait légitimé l’emploi de gargarismes acides que.d’autres considérations ont fait paraître eontre-mdiquês (Art. Oïdium, Dict. éncyclop. .des sc. médicales, Absêitfl, t. XIV, p. 667). .

::Qn rencontré des éléments monbcellulés dans l’urine des diabétiques, dont les caractères, dèyie'nneût très apparents: quand cette uriné est peu. chargée en sucre ; ce sont de vrais Mÿcodèrmes-, dont j’ai pu surprendre te mode dé reproduction endocellulaire, j’en ai fait l’objet' d'une note avec figure: à l’appui dans 1 é Journal de Vanalogie et de, M physiologie, etc. ft. VI, p. 67). .

. Les Châtaigniers sont depuis longtemps atteints d’une,maladie qui,les-a tUêsdansle pâysde Labour, qui' faittdes ravages dans d’autres'parties des Pyrénées, dans les Cévennes et surtout dans les Apennins. Cette maladie, attribuée' aux influences:telluriques ou atmosphériques par quelques'auteurs: et à l’action: de VAgaricus- melleus Walh. par, d’autres, a fait l’objet d’une longue; étude,, qui m’a montré l’action d’un parasite fongique intervenant au moment où le Châtaignier paraît plein de vie et luxuriant. Le mycélium de ce parasite s’insinue dans les cellules du système radiculaire sans s’attaquer aux fibres libériennes ou ligneuses ni aux vaissaux, comme Le fait 1 ’Ag. melleus Walh. Ce Champignon, que j’ai appelé Torulaexitiosu, végète à l’intérieur de la cellule et tue le protoplasme qui brunit; il serait difficile, qu’une action ainsi exercée dans la portion la plus vivante des radicelles pût être sans effet sur la vie générale de l’arbre. On ne saurait voir ;ne objection dans le fait que le mycélium qui rampe dans le sol, puisse s’attacher sur des radicelles d’autres, plantes, de Quercus Ilex en particulier, sans pénétrer à l’intérieur de celles-ci et sans leur causer aucun dommage. Dans son mémoire Sulla malattià del Castagno (1883), M. Gibelli, directeur, du Jardin, des plantes dè Turin, a donné à ce parasite une importance primordiale, dans la maladie des Châtaigniers.

L’étude de cette maladie m’a conduit à examiner de plus près l’action des Champignons d’un ordre plus.élevé, Polypores ou Agarics, sur les Châtaigniers et sur d’autres essences ligneuses. Dans une communication à la Société des agriculteurs de France, je me suis, efforcé de montrer que parmi, tous, les parasites fongiques, dont le Mûrier pouvait être atteint, aucun n’exerçait une action aussi meurtrière que VAgaricus melleus Vahl., surtout quand il produit entre le bois et l’écorce la membrane blanche, feutrée, phosphorescente connue sous le nom de Rhizomorpha subcortica- ’is, procédé de végétation qui tend de plus en plus à prédominer chez ce Champignon et qui dépeuple les plantations cévennoles.

Deux autres cas de parasitisme d’un intérêt purement scientifique ontfixé mon attention, celui d’un Sphériacé voisin des Lophiostoma sur une Pézize (A sphieriaceous parusil on Peziza, in Grevillea, a monthlyRecord, t. III, pi-76)' et celui d’une Pézize Ken connue, Peziza Hiberna Bull., sur une AlgUémohocellblée; Des filaments extérieurs de la cupule de la Pézize et des paraphyses de l’hyménhim se sont rencontrés dans des rapports tels avec des cellules de Cystôcoccüs, qu’il était impossible de-n’y pas constater des effets d’un parasitisme analogue à celui qui, dans les Lichens, unit lé système fongique du Lichen aux Algues qui constituent la partie verte du’. thalle 1 ; la note communiquée à ce sujet à la Société philomathique {l’Institut, ï0 juillet 1873) demandait h être appuyée'par des figurés et des’ développements qui se publient dans un fascicule de.' mes recherches sur les végétaux inférieurs, actuellement sous presse.

Page 1