BOTANIQUE DESCRIPTIVE ET GÉOGRAPHIE BOTANIQUE
La flore des Agaricinés, de la région de Montpellier et du Gard, que j’ai ; publiée en 1863, a été ordonnée d’une manière générale, suivant la classi-, fieation'de Fries; j’ai apporté à - cette classification une modification qui. consiste' dans la réunion: de; tous les groupes à spores colorées dans une, seule division, les Chromosporés, parallèle à celle des Leucosporés; cette, dernière série contenant : des groupes tout aussi différenciés les uns: des; autres que le sont dans le système de Fries les Cortinaires.ou les Coprins, par rapport aux Voharia. J’ai montré' aussi le parti qü’on peut tirer de la corrélation générale entre la forme et la coloration des spores.
Les coupes génériques faites aujourd’hui dans les Agaricinés. se multi-; . plient sans être fondées sur un ensemble de caractères suffisants. Quelque commode que soit la considération de la couleur des spores, on ne-peut; établir sur ce seul caractère des divisions rationnelles ; j’ai indiquèla méthode qui conduirait à des groupements plus naturels par la recherche de types très distincts autour desquels prendraient place tous les degrés d’atténuation, des caractères du type, qui sont susceptibles de rester dans l’enceinte d’un, même groupe en rayonnant vers les genres voisins. ; .
J’ai.donné un exemple de cette méthode de groupement pour la constitution du genre Lepiota „ en montrant que la coloration des spores reste un; caractère d’une grande utilité pour des divisions secondaires, sous-genres, ou- tribus (Nouvelle espèce d'Agaricinés du genre Lepiota, in Bull, Soc. bot., t. XXIII, p. 385).
Dans le même travail, je mesuis appliqué à faire ressortir l’importance de certains caractères plus ou moins fugaces, dépendant d’une structure ana-.
tomique déterminée ; en particulier, la couleur spéciale et les dentelures du bord des lamelles chez les Mycènes de la section des Calodontes. La matière colorante qui se rencontre dans les cellules fongiques accompagne souvent la portion hyaline albumineuse du protoplasma au lieu d’être fixée sur les horps.'grbs; j’en ai ddnné un exemple à'cette: occasion et ce câs est plus fréquent que ne l’a supposé M. de Bary ; j’en ai cité d’autres exemples dans mon mémoire sur les FistulineS et dans d’autres travaux.
Le Montagnites Candollei Fr. est un Agariciné des bords de la Méditerranée, qui apparaît au mois d’août et semble torréfié par les sables brûlants au-dessus desquels il s’élève; la rencontre'd’un échantillon très jeune à une assez grande profondeurm’a permis d’étudier son développement et un phénomène de déliquescence qui le rapproche des Coprins ; j’ai résumé cette étude dans une note insérée au Bulletin de la Société "botanique {Note sur le Montagnites Candollei,-1. XI, p. 604), et dans la Flore mycologique du Gard et de la région de Montpellier. L’influence de l’altitude, de la température, dé la nature du sol et des essences ligneuses sur la variabilité des espèces fongiques est une question d’un grand intérêt et qui demande, pour être poursuivie avec utilité, des conditions réalisées dans le bassin que j’avais pris pour centre de mes explorations; j’ai consigné dans mon Essai de flore deé Agaricinés les observations que j’ai faites sur ce sujet : influence des basses températures sur la coloration du réceptacle, distribution de certains types dans des zones déterminées surtout par la prédominance de telle essence ligneuse, variation des espèces qui traversent toutes les zones liées à des conditions d’hygrométrie et de température, répartition des espèces vénéneuses et comestibles rendant compte de la rareté d’empoisonnements dont l’usage alimentaire des Champignons, très répandu dans le pays, pouvait du contraire faire supposer la fréquence. Telles sont les principales questions de géographie botanique, qui occupent une partie de la Flore mycologique de la région de Montpellier et du Gard. Parmi les types que m’a offerts la région, il en est un pour lequel j’ai dû créer Un genre nouveau; je l’ai décrit sous le nom d ’Eurythcca, c’est un Sphériacé voisin des Dothidea, des : Melanconis et rapproché des Lichens connus sous le nom de Myriangium (Nouveau genre de Spkêriacês, in Bull. Soc. bot., t. XXV).
: Les Mycenastnm forment un genre de Gastéromycètes peu connu, dont une seule espèce vient en Europe, localisée dans le-nord-ouèst de la France; 1
j’en ai fait l’objet d’une révision présentée àla Société botanique pour compléter les caractères donnés au genre par son fondateur Desvaux et grouper ceux des espèces décrites par Montagne et Léveillé; l’un des plus saillants était tiré de l’aspect spineseent du capillitium dont les filaments sont ornés de petites dénticules (Bull. 'Soc. 'lot., t. XVI-, pV29). Unè-seMle espèce ne présentait pas ce caractère, le M. fragile Lév. J’ai fait connaître depuis une nouvelle espèce d’origine mexicaine, dont le capillitium est lisse comme chez la précédente, ce qui diminue l’importance donnée aux denticules du capillitium; ses spores sont pédicellées et ressemblent par ce caractère seulement à celles des Bovista (Communication à la Soc. bot., séance du 6 janvier -1886). Au cours de mes recherches sur les moisissures, 'j’aieu l’occasion dé décrire iin Aspergiltus, l’A. clàvatus Desmaz'., dont la trace paraissait perdue depuis 1834, bien que ses caractères le rendent très reconnaissable; j’en ai complété la description en le présentant k la Société philomathique (l’Institut, 17 mai 1876).