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SUR LA LOI DU RAYONNEMENT

Une fois on possession de certaines températures élevées, fixes et déterminées, j’ai pu aborder la recherche de la loi suivant laquelle une radiation donnée varie avec la température.

Intensités lumineuses des radiations émises par le platine à différentes températures. — A cet effet, j’ai mesuré les intensités lumineuses de diverses radiations simples, émises par le platine à différentes températures.

Pour avoir, par exemple, du platine à io 45 », on mettait un culot de platine dans un creuset en biscuit de porcelaine, contenu lui-même dans un creuset en terre réfractaire plein d’or. Le tout était placé dans un très gros four Perrot vertical, que traversait suivant l’axe un long tube en terrè'réfractaire par lequel on pouvait voir la surface du platine. On chauffait jusqu’à fondre l’or; on fermait un peu le robinet d’arrivée du gaz, de manière à provoquer un commencement de solidification; on rouvrait légèrement et, après quelques tâtonnements, on arrivait à se tenir juste au point de fusion, la grande masse du four assurant un champ calorifique invariable. En chan- ’ géant la nature du bain métallique, et en recourant au besoin au chalumeau Schlœsing et à dés enveloppes en plombagine, j’ai pu opérer à toutes les températures que j’avais précédemment mesurées jusqu’à 1775°.

Je comparais entre elles, à l’aide d’un spectrophotomètre, les radiations de même réfrangibilité émises par le platine et par une lampe Carcel type. J’appliquais, suivant le cas, l’une ou l’autre des deux méthodes par lesquelles se mesurent habituellement les intensités lumineuses : égalisation des éclairements de deux plages contiguës; annulation des lignes isochromatiques provoquées par un polariseur sensible.

J’ai trouvé que l’intensité d’une radiation simple augmente très rapidement avec la température, moins vite cependant que ne le voudrait la loi de Dulong et Petit, laquelle devient de plus en plus inexacte à mesure que la température s’élève. L’intensité d’une radiation donnée ne paraît pas croître au delà de toute limite.

Formule. — J’ai établi une formule qui représente très exactement la marche du phénomène jusqu’à là fusion du platine, ei qui, tenant compte de la longueur d’onde, montre le rôle important des radiations les plus réfrangibles aux températures élevées.

Ce rôle est confirmé par l’expérience suivante :

Rapport de l’énergie de la partie lumineuse d’un rayonnement à l’énergie totale. — Si l’on fait arriver sur une pile thermo-électrique le

j onnement total émanant d’une source déterminée, puis ce même rayonnement transmis à travers une plaque d’alun qui arrête, comme l’on sait, toutes les radiations obscures, on peut mesurer le rapport de l’énergie de la partie lumineuse à l’énergie totale du rayonnement. Desains a trouvé que ce rapport, égal à £ environ pour le Soleil, était insensible pour le platine « incandescent » (dont la température n’est pas autrement indiquée)(;; En opérant sur du platine en fusion., j’ai obtenu une valeur supérieure à £. On en doit conclure qu’à 1775° les radiations les plus réfrangibles ont pris dans le spectre du platine une valeur relative qu’elles étaient loin d’avoir quelques centaines de degrés plus bas.

Conséquence relative à la température du Soleil. — Nous voyons aussi que la température de fusion du platine n’est pas extrêmement éloignée de la température moyenne de la surface du Soleil, comme nous nous sommes efforcé de le démontrer précédemment.

Rapport des énergies totales rayonnées par le platine et par l’argent fondants. — J’ai cherché encore à déterminer le rapport des énergies totales rayonnées par le platine et par l’argent fondants.

Je recevais le rayonnement total de l’un des métaux sur la surface enfumée d’une pile thermo-électrique et je l’équilibrais au moyen d’une source compensatrice placée derrière un œil-de-cbat, en me servant d’un galvanomètre Thomson très sensible.

Des nombres successivement obtenus avec les deux métaux, j’ai tiré

le rapport, jusqu’alors complètement inconnu, des énergies totales rayonnées par le platine et par l’argent fondants, soit 54-

D’autre part, j’ai trouvéque le rapport des intensités lumineuses est supé-

Le rapport de l’énergie lumineuse à l’énergie totale, qui dépasse 1 pour le platine fondant, est donc à peine 0 pour l’argent.

Ainsi, aux très hautes températures, l’énergie totale augmente surtout par l’accroissement rapide des radiations les plus réfrangibles.

Pyromètre pholomélrique. — Les mesures d’intensité lumineuse conduisent à une application importante, l’évaluation, en degrés du thermomètre à air, de toute température inférieure à 1775°. Il suffira de comparer, à travers un verre rouge (ou mieux à l’aide d’un speçtrophotomètre), l’intensité de la carcel type (ou de tout autre étalon) à celle d’un culot de platine placé dans le foyer dont la température doit être déterminée. Cela fait, les Tables qui résument mes observations donneront immédiatement le nombre de degrés cherché. On remarquera que l’exactitude du procédé est d’autant pjus grande que la température est plus haute.

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