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SUR L'DNITÊ ABSOLUE DE LUMIÈRE

Sur la radiation de l’argent au moment de sa solidification. — Comptes rendus,

Note sur les expériences effectuées pour la détermination de l’étalon absolu de lumière. — Paris, Gauthier-Villars; 1884. — Annales de Chimie et de Physique, 6” série,

Nouvel étalon de lumière fourni par le platine fondant. — Au cours des expériences que je viens de rappeler, j’avais été frappé par la beauté et la fixité de la lumière qu’émet un bain de platine liquide. Aussi, lorsque la

question d’un nouvel étalon de lumière fut soumise au Congrès international des électriciens, réuni à Paris en 1881, je proposai de prendre pour étalon un centimètre carré de platine à son point de fusion, c’est-à-dire une portion déterminée de. la surface d’un corps toujours identique à lui-même et émettant sans flamme une lumière éclatante dont l’invariabilité est assurée par l’un des principes fondamentaux de la Physique. Cette proposition fut accueillie favorablement; et, l’année suivante, la Conférence internationale pour la détermination des unîtes électriques. « reconnaissant que les recherches déjà faites donnaient lieu d’espérer que la lumière émise par le platine fondant pouvait conduire à un étalon absolu », exprima le vœu que ces expériences fussent poursuivies. Je me fis un devoir de répondre à ce désir.

Constance du rayonnement pendant la solidification de l’argent ou du platine. — Pour confirmer le principe de la méthode qui consiste à prendre comme étalon de lumière un métal à son point de fusion, j’ai expérimenté d’abord sur l’argent, qui était tout indiqué pour une étude de ce genre, bien que sa radiation lumineuse soit très faible. Un bain d’argent fondu fut glissé sous une pile thermo-électrique reliée à un galvanomètre à miroir. Le rayonnement.du, bain venait frapper normalement la pile par une ouverture ménagée dans un écran à double paroi et recouverte d’une lame de quartz. Le métal liquide se refroidissant, on observe que l’intensité décroît d’abord rapidement, puis plus lentement, pour s’accroître un peu au moment même où la solidification commence sur les bords. Le liquide forme alors au milieu de la partie solidifiée une sorte de lac dont les rives avancent progressivement : pendant toute cette phase du phénomène, le rayonnement de la surface liquide demeure constant. Quand la solidification gagne le centre, une légère augmentation d’intensité se manifeste, suivie bientôt d’un décroissement rapide, qui correspond au refroidissement du métal entièrement solidifié. La-courbe de refroidissement présente donc une portion horizontale, précédée d’une légère montée et suivie d’un petit ressaut. La montée initiale provient de la surfusion qu’il est difficile d’éviter complètement; le ressaut final accuse un accroissement brusque du pouvoir émissif lors de la solidification : l’intervalle pendant lequel le rayonnement reste constant est ainsi nettement limité.

SDK L'ÉMISSION.

Sur la loi du cosinus. - Annales de Chimie et de Physique, 6* série, t. III, p. 1884.

L’argent liquide à la température de solidification offrant, dans des conditions faciles à réaliser, une surface incandescente d’une netteté parfaite et il un état rigoureusement déterminé, je l’ai employé à étudier diverses questions relatives au phénomène de l’émission.

Loi du cosinus. — J’ai reconnu que le rayonnement émis sous différentes incidences par l’argent liquide suit exactement la loi du cosinus jusque vers üo°. Au delà, l’intensité de la radiation émergente est un peu supérieure à celle qui résulterait de la loi de Lambert.

Ce fait a été établi par deux systèmes de mesures distinctes : mesures d’intensité calorifique au moyen de la pile thermo-électrique, mesures d’intensité lumineuse à l’aide d’un photomètre spécial fondé sur l’acuité visuelle. Si un photomètre de ce genre n’est pas d’une grande sensibilité, il permet du moins de constater directement l’égalité de deux éclairements successifs : l’exactitude de la démonstration dépendra du nombre des épreuves.

Polarisation par émission. — La polarisation par émission n’a été jusqu’à présent que fort peu étudiée, sans doute à cause de la difficulté d’avoir des surfaces dans un état physique bien défini.

J’ai mesuré avec le photopolarimètre de M. Cornu la proportion de lumière polarisée contenue dans le faisceau émis par l’argent liquide sous différentes inclinaisons. Elle est à très peu près égale au sinus verse de l’angle d’émission. La polarisation se manifeste donc nettement sous toutes les incidences, fait qui intéresse non seulement la Physique, mais encore l’Astronomie, puisqu’il corrobore les idées d’Arago sur la constitution gazeuse de la photosphère solaire.

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