Lettre sur un topique antiophthalmique chinois
(Gazette médicale de Paris, 1848, n° 11, p. 193.)
Les Chinois, ce peuple industrieux, meitent de l'originalité jusque dans leur charlatanisme. Ils vendent une pâte rouge de cinnabre, principalement composée de bisulfure de mercure, et déposée au milieu de Tune des valves d'une coquille de cyrène [Cyrene fuscata, Lam.), sous le nom de «yen-yo, remède, collyre pour les yeux, de la famille Pei, transmis de génération en génération ». Cette légende se trouve en caractères chinois rouges, sur le verso d'une feuille de papier fin, qui enveloppe la coquille, et dont le recto porte, en lettres chinoises bleues, une longue explication en termes élogieux.
Rapporté de Chine par M. Natalis Rondol, ce topique a été analysé par feu M. Soubeiran; son explication chinoise a été traduite par M. Stanislas Julien.
53. — Des principes rationnels et des limites de la curabilité des cataractes
sans opération.
(Bulletin général de thérapeutique, 1848, t. XXXV, p. 112 et suivantes.)
La guérison de la cataracte sans opération, par des moyens pharmaceutiques, est exceptionnelle ; elle n'a pas lieu dans la cataracte lenticulaire sénile, l'espèce la plus commune, contre laquelle la prône un charlatanisme éhonté. D'après l'auteur, un petit nombre d'espèces de cataractes qu'il énumère, sont seules guérissables sans opération, et seulement dans des conditions qu'il définit exactement; mais ces espèces appartiennent toutes plutôt aux phlegmasies des parties de l'œil et à leurs conséquences qu'aux véritables cataractes.
Depuis cette publication, l'expérience de près de vingt nouvelles années n'a apporté aucun changement dans la conviction de l'auteur.
34. — Sur taie espèce de diplopie binoculaire musculaire non encore décrite.
(Revue médico-chirurgicale de Paris, par Malgaigne, t. III, mai 1848, p. 280
et suivantes.)
Ce travail frit connaître «me espèce, non encore décrite alors, de diplopie binoculaire symptomatique de la paralysie d'un ou de plusieurs ramuscules du nerf moteur oculaire commun (troisième paire), et le plus souvent consécutive à une congestion cérébrale ou à une affection rhumatismale.
L'étude de cette espèce de diplopie a été mieux approfondie depuis lors.
35. — Sur une affection vtiruqvewe des paupières et du voisinage, liée à une diothèse lymphatique.
{Journal des connaissances médicales pratiques, 1848, p. 352 et suivantes, et Annales d'oculistique,
1848, t. XX, p. 45 et suivantes.)
Chez les individus lymphatiques, les enfants surtout, on observe quelquefois une éruption par groupes, sur les paupières et leur voisinage, d'excroissances verruciformes, déprimées et ombiliquées. Ces excroissances, loin d'être, comme les vraies verrues, une production épithéliale, sont au contraire le produit d'une altération des follicules sébacés, une forme particulière d'acné, développée sous l'influence d'une constitution lymphatique ou scrofuleuse. Aussi cèdent-elles, sans moyens locaux ni opération, à un traitement général anlilymphalique, altérant, résolutif et dérivatif, sous l'influence duquel elles se flétrissent et tombent. Toutefois, silaguérison tarde, on peut les ponctionner à leur sommet et donner issue ù leur contenu par la pression.
Par un singulier hasard cette affection a été la même année parfaitement décrite sous le nom d'acné verruci forme, dans une des bonnes thèses de la Faculté de Paris, d'après les observations faites par M. A. Cazenave à l'hôpital Saint-Louis.