II. - faunistique et systématique
1» Faune de France.
La faune des Némertes des côtes de France m’a fourni le sujet de plusieurs publications (14-16-18-28) qui contiennent des aperçus généraux sur la distribution de ces animaux en profondeur, selon la nature des fonds, et dans les diverses localités des mers qui baignent notre littoral. J’ai pu ainsi établir deux faunes distinctes, l’une Méditerranéenne, l’autre Océanique et montrer par la statistique des espèces connues le degré de lusion de ces deux faunes.
La recherche de ces animaux, dont heancoup Sont très petits, est longue, souvent pénible et exige une grande habitude. Il m’aurait certainement été impossible de recueillir le nombre d’observations que contiennent les mémoires que j’ai publiés sur la faune des Némertes, si mes fonctions de préparateur des stations de Rosooff et de Banyuls ne m’avaient, pendant six années consécutives, mis en présence de matériaux précieux et sans cesse renouvelés. Il ne m’est guère passé sous les yeux de produits de dragages ou de chalutage oauo que j’y ai exécuté quelque recherche et trouvé des faits à collectionner pour l’établissement de cette faune. Mes diverses publications faunistiques sont le résumé de ces notes et observations, dont j’ai tiré quelques notions générales sur cet intéressant groupe deTers, sur leur anatomie et leur répartition.
La profondeur à laquelle on trouve les Némertes est assez caractéristique chez la plupart des espèces pour qu’il soit possible de distinguer des zones où l’on est certain de trouver certaines espèces et non d’autres. Il y a ainsi des Némertes caractéristiques pour chacune d’elles. D’autres espèces, au contraire, passent d’une zone à l’autre, mais se bornent généralement à passer d’une zone à celle qui suit ou k celle qui précède sans osciller davantage en hauteur. La nature du fond influe beaucoup sur les espèces de Némertes que l’on y trouve à une même altitude. Les unes ne quittent pas les trous qu’elles se creusent dans la vase, d’autres les anfractuosités des rochers ; certaines se promènent parmi les algues ou parmi les débris de coquilles, ouviventen parasites dans les Ascidies, les tubes de diverses Annélides, les poils ovigères de certains Crustacés, etc.
Française » (28). Il est accompagné de quatre grandes planches en treize couleurs, représentant à peu près toutes les espèces de nos côtes, exécutées pour la plupart d’après mes aquarelles. L’ouvrage contient la description de quatre-vingtquinze espèces.
J’y ai supprimé toutes les descriptions anatomiques qui, dans mes autres mémoires se trouvaient mêlées aux descriptions spécifiques. J’ai insisté seulement sur les caractères extérieurs, l’iconographie et la critique spécifique et syuonymique ; j’ai ajouté de nombreux tableaux analytiques, et enfin donné des indications biologiques. C’est un ouvrage exclusivement de détermination, le seul qui existe actuellement pour les Némertes des côtes de France. Il s’y trouve enfin un. chapitre spécial et détaillé sur les Némertes terrestres et d’eau douce qui sont si peu connues.
De l’ensemble de ces considérations, eu résumant les faits nombreux que j’ai notés, des travaux enfin de mes devanciers, notamment de Quatrel’ages et du professeur Vaillant, je suis arrivé à la répartition des Némertes en zones dont voici l’indication brièvement résumée :
Zone 1. — N’est pas recouverte tous les jours par la mer et peut rester un jour ou deux à sec en morte-eau.
Caractérisée par une seule espèce Uneus Gesserensis (O.-F. Müller) qui descend aussi plus bas ; sa coloration varie beaucoup selon la nature du sol. Je l’ai retrouvée dans la Méditerranée où, une seule fois, un représentant du genre Lineus avait été signalé.
Zone 2. — Recouverte tous les jours par la mer, c’est le niveau moyen de balancement des marées, caractérisé par les Fucus.
Dans le sable deux Cephaloihrlæ, nombreux Teiraslemma, puis Œrsledia vitiaia que l’on trouve libre ou parasite des Ascidies.
Zone 3. — Niveau des grandes marées, ne découvrant que tous les quinze jours ; précède immédiatement les grandes Laminaires. Elle comprend un grand nombre de Némertes dont quelques-unes caractéristiques : Lineus iongmimus (Sow), Amphiporus lactifloreus Mac Intosh, Nemeries graciUs (Johnston), etc. J’y ai trouvé deux espèces nouvelles de ce genre dans la vase, une belle espèce orangée Carinella polymorpha, puis dans les herbiers C. annulala, dans le sable Cerebratiilus marglnatus.
Zone 4. — C’est celle des grandes laminaires, découvrant au jdus pendant une heure dans les plus grandes marées. Elle est assez pauvre en Némertes ;
2» Faune de4a Nouvelle-Calédonie.
Mon collègue M, François m’a rapporté de Nouméa quelques Némertes dont j’ai fait l’étude (20).
L’intérêt de cette petite collection consiste dans ce fait que les Némertes de cette île sont complètement inconnues. Ce sont des Vers habitant pour la plupart
it aux genres Cerebratulus et Eunemertes. Les deux autres ürger dans la faune d'Amboine.
3° Espèces nouvelles.
îri (59-64). Expédition du Travailleur et du Talisman. — ute, la seconde de ce genre, représentant le type le plus s. Draguée par 13S3 mètres.
trouvée à Marseille, intéressante par les ornements qu’elle porte et ses grandes fossettes ciliées.
Drepanophorus Edwardsi (59-64). Expédition du Travailleur et du Tallsnmn. 718 mètres. Trompe intéressante.
Amphiporus Vaillanti (59-64). Expédition du Travailleur et du Talisman. 640 mètres.
Amphiporus Delta (59-64). Expédition du Travailleur et du Talisman. 640 mètres. Caractérisée par la minceur de sa musculature.
Amphiporus Perrieri (59-64). Expédition du Travailleur et du Talisman. 640 mètres. Divers points de l’anatomie intéressants (rein, yeux, tube digestif, trompe).
Euneme'rtes franclsca (20) Nouméa. C’est la seuleNémerte armée actuellement signalée en Nouvelle-Calédonie.
Eunemertes Duoni (18). Espèce spéciale à Roscoff, complètement aveugle.
Tetrastemma rustioa (18) Manche. Vit en parasite dans une Ascidie, Cynthia ruslica.
Tetrastemma Marionls (18) Coles de France. Vit en parasite dans une
4° Espèces rares ou peu connues.
Cephalothrix liuearis Balhhe (18). Cette espèce, connue pour être très petite, atteint, à, Banyuls, 30 à 60 centimètres.
Cerebratulus geniculatus de Quatrefages (18). Grande Némerted’un très beau vert foncé, habite dans une grosse algue en boule, Codium Bursa, dont elle imite exactement la couleur.
Borlasia Ellzabethæ Mac Intosh (18). Grande Némerte peu connue, remarquable par sa coloration et divers points de sa structure
Amphiporus hastatus Mac Intosh (18). Très rare à Naples, retrouvée à Roscoff.
Amphiporus marmoratus Huhrecht (18). J’ai donné une desoriplion de diverses particularités anatomiques et spécifiques de cet animal qui était à peu près inconnu.
Amphiporus bioculatus Mac Intosh (18). Rencontré une fois seulement en Angleterre, je l’ai retrouvée à Roscoff. Espèce intéressante par son anatomie, ses deux yeux, la forme de ses sillons céphaliques.