ANATOMIE, HISTOLOGIE
1“ Téguments.
Les téguments dès Némertes se composent d’une couche épithéliale ciliée contenant des éléments cellulaires de nature variée. Elle repose sur une mince membrane d une matière translucide, amorphe, qui là sépare des couches sous-
Cette couche cutanée est sujette à un grand nombre de variations et de complications, dont j'ai observé quelques-unes.
La peau contient des glandes nombreuses ; chez CaHnella ammlata (18) elles sécrètent une matière gluante qui se durcit au contact de l’eau et forme un tube nacré dans lequel l’animal se cache, replié deux ou trois fois sur lui-même, et établit un courant par les ondulations de son corps. Cannella Banyulensls sécrète un tube analogue au moyen de glandes particulièrement développées. La peau de cet animal est aussi très riche en terminaisons nerveuses qui se fusionnent toutes en un réseau placé sous l’épithélium et relié aux centres nerveux latéraux. Ce réseau est plus développé dans cette Cannella que dans aucune autre.
Les glandes de la peau de Valencima longirostHs sécrètent aussi des fils,
d’araignée gluante dans laquelle viennent se prendre les petits animaux dont elle fait sa nourriture. Elle peut aussi en construire des tubes.
indiqtier les points prinoij
ces couches entre elles, le caractères utilisés pour la Parmi les formes les pl (64), Carinina Bürgeri, i
une série de coupes. On y remarque seulement des variations secondaires ; les cæcums œsophagiens sont nombreux et très glandulaires ; il en est de même chez Amphiporus VaillanU, dont l’œsophage est très riche en cellules glandulaires.
4» Trompe.
La trompe et sa gaine forment un organe complexe qui vient s’ouvrir à la pointe de la tête par un canal appelé rhynchodœum, qui se confond partiellement chez certaines Némertes avec l’œsophage. J’ai trouvé dans cette portion antérieure de la trompe des glandes nombreuses et très grosses chez Carinelta Banyutensis (18).
Les parois de la gaine de la trompe sont tantôt très minces, tantôt très épaisses et riches en muscles. C’est ce que j’ai observé chez diverses Némertes du Travailleur et dn Talisman, notamment chez Drepanophorus Bdivardsi (6i), où les épaisses fibres musculaires sont très régulièrement espacées, sur un grand nombre de cercles concentriques, reliés entre eux par des fibres radiées non moins routières ; cela donne l’aspect aux coupes d’une vannerie tressée. 11 part de cette gaine des outs-de-sac latéraux, dont j’ai décrit l’abouchement. Enfin j’ai décrit l’épithélium très curieux qui tapisse l’intérieur de la gaine. Toutes les cellules sont striées; elles ressemblent à des mèches de cils vibratiles dont le protoplasma avec les noyaux est reporté vers la périphérie ; elles ont l’aspect d’une frange dont les bouts, soudés par une lame colorée, portent les noyaux. J’ai trouvé une disposition analogue de l’épithélium chez Amphiporus Perrieri, où les cellules sont fusionnées en une bandelette striée, surmontée d’une seconde bandelette parallèle contenant les noyaux. Cette disposition est très intéressante dans ces deux Némertes.
La trompe et sa gaine sont en rapport avec des vaisseaux, et j’ai trouvé quelques particularités intéressantes dans leur structure. Chez Yalencinia longirostris (18) la gaine contient un vaisseau saillant sur son plancher ; il est tapissé extérieurement et intérieurement par un épithélium très spécial évidemment destiné à la production des globules de sang ; on voit les passages entre les cellules fixées et celles qui sont libres. J’ai trouvé chez Polia curia deux petits culs-desac spéciaux de la gaine qui me paraissent avoir une position analogue. Chez Amphiporus Perrieri (64) une disposition singulière se voit en un point de la gaine situé près de l’origine de l’intestin. Sa paroi, partout fort épaisse, s’amincit là. subitement en une fossette dont le plancher est réduit presque à l’épithélium.
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5“ Appareil circulatoire et excréteur.
J’ai étudié cet appareil chez Langia Obockiana (7) et constaté la présence de quatre lacunes céphaliques se réunissant en une seule pour franchir le collier nerveux. Une vaste lacune baigne les ganglions et les organes sensitifs ; il en part trois vaisseaux longitudinaux qui se réunissent par des anastomoses.
Chez CarineUa Banyulensis (18) les lacunes céphaliques sont plus compliquées que chez les autres espèces du même genre ; les vaisseaux latéraux sont divisés par une cloison longitudinale en deux troncs avec deux anastomoses transversales d’où part un vaisseau médian. Dans les vaisseaux céphaliques on remarque des points où l’épithélium plus élevé est vraisemblablement destiné à la production des globules sanguins.
Chez AmpMporus Vaülanli (64), Némerte du Talisman, j’ai trouvé un vaisseau qui part, au niveau de la commissure nerveuse, d’une branche transverse, descend sous la gaine de la trompe et y pénètre plus loin jusqu’au contact de sa cavité. Là son épithélium interne et externe bourgeonne des cellules en grande quantité; elles forment des bouquets et l’on peut constater que ces cellules peuvent quitter l’intérieur du vaisseau, passer à travers sa paroi, traverser les bouquets et tomber dans le liquide qui remplit la gaine. Plus loin le vaisseau franchit de nouveau la paroi de la gaine et revient dorsalement à l’intestin, après avoir fait cette boucle spécialisée pour la production des globules. Cette disposition est à rapprocher de celle que j’ai signalée chez Valencinia longirosiHs.
J’ai fait aussi quelques observations de détails sur l’appareil excréteur qui, chez Cerebratulus bUlnealus (18) présente, uu peu avant son orifice externe, une ampoule dans laquelle viennent aboutir les divers canaux de la région. Chez Amphiporus Perrieri (64) le rein est remarquable par son extrême concentration. C’est le maximum de ce que l’on trouve chez les Némertes. Tous les tubes sont rassemblés en un amas arrondi derrière le cerveau ; ils contiennent de petits grains qui se colorent vivement, et l’épithélium de ces canaux est disposé d’une façon assez singulière ; les cellules en sont striées autour du canal et leurs noyaux sont situés à leur surface libre.
Chez Cephalothriæ llnearis la foi dans des poches en nombre considérable qui arrivent à être si grosses qu’à la maturité elies compriment le tube digestif, qui est obstrué; l’épithétium génitai est formé par un seul plan de cellules spermatogènes qui prolifèrent abondamment.
Carinella annulata (18) pond en été des milliers d’œufs qui se déveioppent parfaitement en captivité. Ils sortent par dix-huit à vingt orifices de chaque côté du corps, entre deux anneaux blancs, ce qui fait qu’ii y en a un très grand nombre correspondant chacun à une poche génitale.
Poliopsis Lacazei (18) a des poches génitales dont j’ai fait l’histologie ; la paroi est formée de celiules plates ; ces poches sont complètement closes. A la maturité, la poche, qui se continue avec ia peau par un petit cordon cellulaire placé au-dessus du système nerveux, écarte les cellules du cordon et l’orifice est constitué. Ce canal, virtuel pendant toute la période de formation des produits, devient réel pour leur émission et se referme de suite; il est très dilatable. J’ai étudié l’histologie de ces celiules œufs et d’une matière qui les entoure destinée à se gonfler autour de l’œuf une fois pondu et à le revêtir d’un enduit giuant.