Tuberculose pulmonaire ou hystérie
Document clinique, avec contrôle bactériologique, montrant les difficultés presque insurmontables de. certains problèmes pathogéniques.
D’un côté, tous les signes d’une altération spécifique du poumon ; de l’autre, des troubles bizarres que l’on ne rencontre que dans les névropathies graves.
La succession des accidents, les examens répétés des crachats, lés crises intercurrentes de manifestations psycho-parésiqueS, la
voir, età la laisser fructifier. Et puisque le phtisique — comme nous le dit chaque jour l’observation clinique — est un malade éminemment personnel, individuel, dont l’idiosyncrasie s’affirme à toutes les étapes, à toutes les périodes du processus pathologique, c’est à lui, à son tempérament et à sa constitution ; au tempérament, à la constitution, au terrain de sa race, que nous irons demander les raisons, et de la diversité d’évolution de la maladie, et de la multiplicité des indications thérapeutiques.
Je n’essaie pas d’énumérer et de juger tous les facteurs d’ordre physique, chimique et dynamique, qui rendent le phtisique consentant ou réfractaire à l’évolution de son mal. Je me contente de signaler certains états constitutionnels, qui donnent à la maladie un caractère de bénignité relative. Je me place sur le terrain exclusif de la clinique.
Est-il vrai que le goutteux devient difficilement tuberculeux ? Que, s’il le devient, les atteintes du bacille sont chez lui moins graves et moins profondes ? Et que la lésion bacillaire tend chez lui à la forme fibreuse, plutôt qu’à la forme caséeuse? Est-il vrai que le réveil d’une migraine ou d une dermatose, que la réapparition d’un flux hémorrhoïdal, apaisent, tempèrent l’acuité du processus tuberculeux, et semblent enrayer sa marche pour un temps plus ou moins long? Est-il vrai que certaines cardiopathies — les affections mitrales en particulier — sont un obstacle à l’évolution, à la pullulation du bacille ? Est-il vrai que certaines formes de l’hystérie prennent le masque, et deviennent le frein d’une tuberculose commençante ? Est-il vrai enfin qu’un phtisique goutteux, hémorrhoïdaire, migraineux, cardiaque ou névropathe, a plus de chances de vivre que le phtisique ordinaire ?
Si oui, nous avons une preuve nouvelle et tangible que, dans 1 espèce humaine, tous les individus ne sont pas égaux devant la bacillose ; que s’il en est qui s’infectent et se contaminent avec une déplorable facilité, il en est d’autres qui ne sont pas ou
qui sont difficilement tuberculisables. Le pourquoi, nous l'ignorons. Ni la chimie biologique, ni la bactériologie, ni la médecine expérimentale ne nous le disent. Il appartient à la médecine clinique de nous montrer le fait, et de l’enregistrer chaque jour. Et je le répète encore : pour avoir la raison,' l’explication du fait, il faut s’adresser au tuberculeux réfractaire, à celui que j’appelle le tuberculeux bien portant. Lui seul peut nous donner la clef du problème toujours médité par le clinicien, et jamais résolu, à savoir pourquoi tel phtisique vit, et tel autre meurt ; car lui seul porte en lui les éléments d'immunisation*, qui font sa force et sa résistance.
Ces éléments de défense, il les puise à des sources multiples ; et pour les apprécier et les bien juger, il faut suivre le malade, dans sa vie individuelle et dans sa vie familiale, l’étudier dans ses antécédents personnels et héréditaires; il faut surprendre et saisir, dans l’ordre et la variation des troubles nutritifs élémentaires, certains équivalents, certains antagonismes pathologiques, seuls capables de brider et d’enrayer la tuberculose, d’en suspendre la marche tout au moins. Qui ne voit pas ces sources,' qui ne tient pas compte de ces incompatibilités et de ces antagonismes, ne connaît pas le phtisique, et est incapable, de lui/
En parlant ainsi, j’exprime, sur la prééminence de l’organisme dans l’évolution de la tuberculose, des idées générales; puisées dans l’étude du malade, et dont je trouve la confirmation dans les faits observés par moi depuis quarante ans,