DE POITRINE
J’étudie principalement ces Climats au double point de vue de leur immunité vis-à-vis des germes pathogènes, et de leur influence sur l’organisme du tuberculeux pulmonaire.
Après avoir montré que cette immunité n’existe pas, et que la variété des formes de la Phtisie fait du choix d’un climat une des questions les plus difficiles à résoudre, je précise et condense la pensée directrice de mon travail dans les propositions suivantes :
1° Les climats d’altitude ont, sur les affections de poitrine, une action incontestable : toute-puissante, quand il s’agit de prévenir ; relative ou nulle, quand il s’agit de guérir.
2° Lorsque la maladie est infectieuse et virulente, ils sont de grands modificateurs du terrain ; ils ne touchent pas à la graine, ils ne détruisent pas les ferments.
3» Leur immunité vis-à-vis des germes pathogènes n’est ni réelle ni absolue; elle est accidentelle et contingente.
4“ Leur action vivifiante et tonique paraît dépendre de conditions multiples, dont quelques-unes, comme la fraîcheur et la pureté de l'air, sa transparence et son immobilité, ont une importance incontestable, et dont une seule, la raréfaction de tair, est réellement spécifique.
5° Les délicats des bronches et du poumon, les menacés et les prédestinés de la phtisie, retireront un sérieux bénéfice d’un séjour prolongé sur les hauts plateaux, à la seule condition de
l’autre, purement et simplement hygiénique. Ce n’est pas assez dire. Depuis les mémorables travaux de Villemin, et surtout depuis la découverte du bacille tuberculeux, le clinicien ne s’est préoccupé que de la maladie. Il a paru oublier le malade: La parole étant au laboratoire, il a fait comme l’expérimentateur; il n’a vu et il n’a voulu voir que la cause; partant, il n’a , poursuivi qu’un but, atteindre le microbe et le détruire. M
La notion du bacille primant ainsi celle du malade, et laconsidération du germe ou de la graine l’emportant sur celle du terrain, l’organisme, avec ses réactions multiples, avec ses mo- : dalités cliniques variées, avec ses appropriations thérapeutiques 1 diverses, est devenu peu à peu un élément secondaire pour la solution du problème thérapeutique.
Enl’absence d’une médication uniforme et spécifique, Visant la cause et détruisant le germe, les médications traditionnelles, celles qui s’adressent à l’individu, ont été plus ou moins abandonnées et oubliées, et finalement remplacées par les agents purs et simples de l’hygiène : l’air et l’alimentation.
Je revendique pour ces médications traditionnelles, pour les Eaux minérales en particulier, le rôle important qu’elles jouent en réalité dans le traitement de la phtisie pulmonaire. > fl
Jecite des faits cliniques qui légitiment ma revendication. :