EMBRYOGÉNIE
CGELENTERATA.
Note sur les modifications que subit Vœuf des Méduses phanérocarpes avant la fécondation.
Les œufs les plus petits pris dans l’ovaire de Rhizostoma Cwoieri sont formés par un vitellus transparent renfermant une vésicule germinative et un nucléole. On n’y reconnaît pas encore dé membrane d’enveloppe. Amesure que l’œuf grandit, sa transparence diminue ; le viteEus se charge de deutoplasme et la vésicule germinative devient moins facile à apercevoir; en même temps, on distingue à la périphérie une membrane vitelline très-délicate, intimement appEquée contre le viteEus. A un stade ultérieur,. l’œuf présente à sa périphérie une série de sphérules également réparties sur toute sa surface, rempHes d’une substance parfaitement hyahne et sérpaéee de la membrane externe par une mince couche de protoplasme granuleux, identique à celui qui occupe le centre et recouvre la vésicule germinative. Une jcoupe optique • de l’œuf peut alors être comparée grossièrement à ceEe d’une jeune tige végétale , au moment de l’apparition du premier cercle de faisceaux vasculaires qui divisent le parenchyme en trois parties : l’une centrale, l’autre périphérique, la troisième radiale , reliant les deux premières. Les sphérules hyalines s’accroissent rapidement, deviennent tangentes entre eUes en même qu’eUes atteignent la membrane viteUine. A un faible grossissement, il semble que le viteEus soit entouré d’üné couche deceEules qui se projettent à sa périphérie suivant des rectangles. A un grossissement plus considérable, on voit que la masse protoplasmisque granuleuse centrale est reliée àla membranevitelline par une foule de petites colonnettes élargies à leurs extrémités comme les colonnes formées dans une grotte par la réunion des stalactites et des stalagmites. Ces colonettes sont constituées par un protoplasme moins granuleux que celui
du centre de l’œuf. Enfin, au moment où l’œuf arrive à maturité, les colonnettes se rompent et ne laissent plus d’autre trace que de très-légers épaississements de la membrane vitelline aux points qui leur servaient d’attache. On a donc alors une masse granuleuse centrale dans laquelle la vésicule germinative n’est plus directement observable, et autour de cette masse une zonetransparente qui la sépare de la membrane vitelline.
Ces observations ont été faites à Wimereux pendant le mois de septembre 1875. Elles font partie d’un ensemble de recherches non encore achevées sur le développement des Médusairesetjeneme suis décidé à les publier que parce qu’elles m’ont paru acquérir une généralité et une importance beaucoup plus grandes que je ne l’aurais supposé d’abord, grâce aux magnifiques recherches de Weismann sur l’œuf des Daphnoïdés (Cladocères).
Weismann à observé un processus tout a fait semblable à celui que nous venons de décrire dans la formation de ce qu’il appelle la coque ( Schale ) de l’œuf d’hiver des genres Polyphemus, Sida et Daphnélla. Il est remarquable que, dans ce cas comme dans celui des Méduses, l’œuf subit une incubation assez longue dans un milieu spécial fourni par l’organisme maternel.
[Comptes-Rendus de l'Académie des Sciences, 19 mars 1877.)
ECHINODERMATA.
Note sur les premiers phénomènes du développement de l’Oursin (Echinus miliaris).
Les importantes controverses auxquelles a donné lieu l’étude du premier développement de l’œuf des Echinodermes m’ont engagé à entreprendre une série de recherches. sur l’Oursin commun des côtes du Boulonnais Psammechinus miliaris). J’avais pour terme de comparaison en certains points difficiles les œufs de l’Étoile de mer (Asteracanthion rubens).
L’œuf de VEchinus miliaris possède, outre l’enveloppe muqueuse, une membrane vitelline très-mince, et cela même avant la fécondation, ainsi que l’ont affirmé O. Hertwig et Perez pour des espèces voisines. Peu de temps
avant la maturité, la vésicule germinative présente le réticulum caractéristique des vieux noyaux. Le nucléole renferme un nucléolinus irrégulier. Quand l’oeuf est mûr, la vésicule germinative quitte le point central et entre en régression. Ses éléments, mêlés à ceux du nucléole, forment une masse amœboïde à contours plus ou moins déchirés, qui atteint bientôt la périphérie du vitellus où elle se divise en deux parties en produisant une figure caryolytique. L’un des asters se dirige vers le centre de l’œuf et prend trèsrapidement la forme d’un noyau arrondi. C’est ce noyau que O. Hertwig considère comme étant la tache germinative, laquelle aurait échappé à la transformation qui atteint la vésicule germinative. Nous l’appellerons, avec H. Fol, pfônueléKg femelle. Ce noyau m’a toujours semblé un peu plus petit que le nucléole de l’œuf, observation qui me paraît se concilier difficilement avec l’opinion de O. Hertwig. De plus, j’ai fréquemment rencontré des œufs où la tache de Wagner n’était plus visible et où le pronucléus femelle ne présentait pas encore nettement l’aspect nucléaire. D’autre part, il est inexact de dire que le pronuclius femelle n’a aucun lien génétique avec le nucléole de l’ovule, puisque la substance de ce nucléole, mêlée à celle de la , vésicule germinative, sert à la formation du premier amphiaster, lequel donne naissance au pronucléus femelle.
En examinant sans réactifs un grand nombre d’œufs récemment pondus et non encore fécondés, on observe des faits très-intéressants. L’œuf présente deux petits cumulus d’un protoplasme plus clair que le reste de la masse vitelline. Ces deux cumulus peuvent être placés d’une façon variable l’un par rapport à l’autre, mais très-généralement ils sont^itués aux extrémités d’un même diamètre. L’un d’eux prend naissance aux dépens de l’aster frère du pronucléus femelle ; cet aster forme une figure caryolytique inégale dont le petit aster devient le cumulus en question ; ce cumulus produit enfin le premier globule polaire ; le second nait ensuite du premier. Les globules polaires sont très-petits chez l’Oursin et de plus ils disparaissent’fort rapidement ; enfin ils ne s’écartent pas beaucoup de la surface du vitellus ; il est donc possible qu’ils aient échappé chez le Toxopneustes lividus, même à un observateur aussi exercé que O. Hertwig.
J’ai dit qu’on devait prendre pour faire ces observations des œufs récemment pondus (la ponte peut être provoquée à volonté de plusieurs manières) ; les mêmes phénomènes s’observent aussi cependant sur les œufs pris directement dans la glande génitale, mais en opérant ainsi on s’expose à une cause d’erreur. On entraîne en effet très-fréquemment avec le liquide de la cavité
periviscéraie un certain nombre des éléments amœboïdes qui nagent dans ce liquide, et ces éléments, en se fixant à la surface de la membrane vitelline, laquelle est intimement appliquée sur le vitellus, peuvent simuler des cumulns vitêllins ou même des globules polaires. On évitera toute confusion en prenant dps œufs pondus et les suivant pas à pas pendant quelque temps au moment de la fécondation.
Aussitôt que l’œuf est mis en contact avec les spermatozoïdes, ces derniers s’appliquent par leur tête sur toute la périphérie de la membrane et impriment à la sphère vitelline un mouvement de gyration très-rapide. La membrane vitelline, jusque-là très-voisine de la surface du viteEus, s’en écarte peu à peu et, par suite, le second cumulus, dont le sommet adhère à la membrane, s’étire en un cône rehantle vitellus à la surface; Comme on ne voit aucun spermatozoïde pénétrer entre la membrane vitelline et le viteEus, autour duquel il existe un vaste espace clair, j’incEne' à penser que le second cumulus sert au passage du spermatozoïde, soit que le sommet du cône aboutisse à un pore de la membrane, soit, ce qui me paraît plus probable, que l’acte fécondateur consiste essentieEement dans une diffusion du protoplasme mâle à travers la membrane au point où ceEe-ci est directement en contact avec le protoplasme femelle, c’est-à-dire au sommet du cumulus.
Bientôt le cône protoplasmique reliant la membrane au viteEus se détache de la membrane et rentre dans la masse vitelline ; en employantes substances colorantes, l’œuf présente alors trois noyaux, deux situés vers ùn pôle de l’œuf, l’autre au pôle opposé. Des deux premiers, l’un superficiel est le noyau qui, en se divisant, forme les globules polaires, l’autré profond est le pronucléus femèEe ; le noyau formé au pôle opposé èt d’abord superficiel est le pronucléus mâle qui, partant du point où se trouvait le cumulus de fécondation, se dirige vers le centre de l’œuf à la rencontre du pronucléus femelle avec lequelil entré en conjugaison pour former le premier noyau de segmentation. Je ne pense pas que le nucléole du pronucléus mâle puisse être considéré comme une tête de spermatozoïde non modifiée.
Réponse à des remarques de M. Fol sur la fécondation des Echino dermes.
Je connais parfaitement la saillie des œufs non mûrs, dont parle M. Fol, et que j’appelle saillie pédonculaire ; elle correspond, en effet, au point d’adhérence de l’ovule avec le follicule ovarien. Elle est très-facile à observer chez VAmphidetus càrdatus , dont l’œuf contitue un type d’études, excellent à plusieurs points de vue. Je citerai seulement , en passant , la différence de taille considérable qui existe, chez ce type, entre la tache de Wagner et le pronucléus femelle. Il est clair que la saillie pédonculaire n’a aucun rapport direct .avec la protubérance hyaline-, peu1>être cependant reste-t-il, au point oit existait:cette saillie, quelque chose de comparable à un micropyle, facilitant le passage du spermatozoïde à travers la couche muqueuse. Je n’ai aucune observation précise à cet égard; mais, quoi qu’il en soit, l'affirmation de M. Fol, qu’il n’existe pas chez l’Oursin de protubérance hyaline, me parait sans fondement pour le Psammechinus, où cette protubérance se voit avec la plus.grande facilité.
Je concède , très-,yolontiers. que, la membrane vitelline est une couche limitante de sarcode durci, dont j’avais parfaitement reconnu le peu de. résistance et la plasticité, puisque j’ai , comparé le passage du spermatozoïde à travers cette membrane à une sorte de diffusion. M. Fol, de son côté, n’a-tril pas déclaré que, sous lien des rapports, cette couche limitante se comporte à la,maniér.e d’une memlrane f N’a-t-il pas observé, comme moi, que , chez l’Etoile de mer, les corpuscules polaires soulèvent en sortant une partie de cette couche, qui, en cet endroit, devient une pellicule distincte recouvrant les deux corpuscules, ? ; 11 en est absolument, de même chezle Psammechinus miliaris. Au surplus, si l’opinion de M. Fol était exacte, les globules polaires devraient se trouver, chez l’Oursin, constamment au dehors de>la membrane vitelline dans tons les cas de fécondation normale. Ils sont, au contraire, comme je l’ai dit, appliqués sur ,1e vitellus,. ce qui les rend difficiles à observer etlesafait échapper à l’œil de très-habiles micrographes, A. Agassiz a fait la même observation sur l’œuf du -Ttmpntttteq Erôbachiensis, où les corpuscules de direction persistent assez longtemps, gardant toujours pendant le fractionnement la même position par rapport à l’axe de segmentation.
( Comptes-Rendus de l'Académie, 13 août 18T7 ).
GYMNOTOCA
Note sur l’embryogénie de la Salmacina Dysteri, Huxley.
L’œuf ovarien de la Salmacina Dysteri présente une vésicule transparente renfermant, outre le nucléole , un fin réseau de protoplasma analogue à celui qui a été décrit par O. Hertwig, chez le Toxopneustes lividus; j’ai observé le même réticulum dans le noyau ovulaire de la Lamellaria perspicua. L’œuf pondu-demeure en incubation sous le manteau dè l’adulte et y subit les premières phases de son évolution. Cet œuf possède un vitellus d’Un beau rouge-groseille et une membrane vitelline bien nette. Après la fécondité, la vésicule germinative cesse d’être visible, et l’on voit apparaître, en un point delà surface de l’œuf, une tache circulaire finement granuleuse, en face de laquelle on observe deux globules polaires. Ces derniers indiquent le pèle de l’œuf où se produiront plus tard les éléments exoderniiques. La tache disparaît à son tour, et l’œiif subit un pincement moins accentué du côté où se trouvait la tache, que de l’autre côté. Vers le sommet de chacune des deux moitiés de l’œuf, du côté où la séparation est le mieux marquée, on voit des étoiles semblables à celles qui ont été décrites par Flemming dans la segmentation de l’œuf de l’Anodonte, et par d’autres auteurs chez un grand nombre d’animaux. Bientôt il se forme, à la place des étoiles, des noyaux situés dans la partie supérieure des globes devenus parfaitement sphériques. Chaque noyau est entouré d’une zone assez étendue de vitellùs formateur finement granuleux. L’œuf se divise ensuite en quatre sphères égales, dont deux se touchent, séparant les deux autres et formant ainsi une croix. Au stade 8, les éléments. plastiques se disjoignent d’avec les éléments nutritifs et donnent naissance à quatre petites sphères, situées dans un plan supérieur aux quatre sphères mixtes et alternant avec .ces dernières. Les quatre petites sphères sont les premiers rudiments de l’exoderme ; le pôle où elles sont situées correspond au côté ventral du futur embryon.
Entre le fractionnement de l’œuf de la Salmacina et celui qui a été décrit chez d’autres Annélides par Claparède, Metschnikoff et Haeckel, la diffé-
rence est la même qu’entre la segmentation de : l’œuf de nombreux Ëolidiens ( Eolis awantiaca, A. et H. par exemple) et celle de Purpura lapittus (Selenka), ou celle de Brachionus (Salensky). La multiplication des éléments exodermiques est beaucoup plus rapide que celle des sphères nutritives ; cés dernières augmentent cependant en nombre, et ; la partie plastique que renferme chacune d’elles devient de moins en moins considérable. Bientôt une invagination se produit du côté nutritif, en même temps que l’épibolie des éléments exodermiques achève de constituer la gastrula; le prostonta {blastopore, Ray-Lankester) est d’abord largement ouvert, mais il në tarde pas à se rétrécir. Sort contour n’ést pas parfaitement circulaire; il existe, en un point, une échancrure qui se continue par un sillon de l’exOderihè; Ce sillon s’étend à peu près sur le tiersde la surface dm l’œuf; il se ferme rapidement,: englobant ainsi des éléments exodermiques dans la partie ventrale de l’embryon. Le prostôma se voit encore, après la disparition du sillon, à l’extrémité inférieure de l’embryon, dans le voisinage du point où se formera plus tard Tamis définitif. A partir de ce moment, l’œuf s’allonge suivant un axe passant par le centré, et 1 é prostoma. La cavité'de segmen- . tation est de plus en plus visible entre l’exoderme transparent et l’endoderme rouge foncé.
L’embryon prend ensuite la forme trochosphœra : de chaque côté de la partie antérieure , deux cellules de l’exo'derme donnent naissance à des cristallins, bientôt entourés à leur base d’un pigment rouge. Vers le tiers antérieur, il se fait, autour des corps une. invagination des cellules cylindriques de l’exoderme. Les cellules invaginées deviennent plus réfringentes, contractiles; puis, l’invagination se retournant, elles réapparaissent mûmes de longs flagellums. C’est alors que l’embryon sort de l’œuf; mais, tandis que, chez certains Annélides (Phyllodoce, par exemple) lâ trochosphère nage librement dans l’eau, chez la Sàlmacina, l'embryon à ce.stade reste encore sous le repli maternel, et; ce n’est qU’en brisant les cormus qu’on peut suivre ces premières phases du. développement ; l’embryon est légèrement courbé sur lui-même, la partie çonyexe (dorsale) renferme les éléments nutritifs ; la bouche se forme du côté ventral, un peu au-dessous, de la ceinture vibratile. La partie embryonnaire, supérieure à la ceinture, se différencie en une. tète ' arrondie ne renfermant plus d’éléments endodermiques,
La larve, au moment où elle quitte le tube maternel pour nager librement, possède.les parties suivantes : 1° une tête arrondie, renfermant les quatre yeux, et munie à la partie antérieure de trois cils roides ; 2“ une partie cervi-
cale.plus étroite que la-tête , portant, à la ceinture de longs flagellums, audessous desquels se trouvent d’autres cils plus petits et plus nombreux, et du côté ventral de la bouche, dont l’ouverture circulaire , est aussi bordée de cils vibratiles ; 3° le manteau, formé par un repli de l’oxoderme, qui descend comme un tablier sur la partie ventrale et se relève du côté du dos en deux sortes d’épaulettes : la tête et le cou peuvent se cacher en partie sous: ce repli exodermique ; 4° sous le manteau, et en partie cachée par lui, du moins du côté ventral, se trouve une portion du corps aussi large que la tète, et que j’appellerai la portion thoracique, parce 1 qu’elle représente le, thorax de l’animal adulte ou plutôt les trois premiers anneaux de ce thorax. Cette partie porte trois paires de faisceaux de soies. Chaque faisceau renferme deux soies ; les soies des premiers faisceaux sont dissemblables. A la base de la seconde et de la troisième paire de faisceaux, on aperçoit des glandes (deux pour chaque faisceau) à contenu granuleux, dérivant de l’exoderme; au-dessous, de la deuxième paire, se trouvent quatre crochets (plaques unoiales) ; au-dessous de la troisième paire, trois crochets. A l’extrémité du corps de la larve, on trouve encore, de chaque côté, un fort crochet, et: dans le voisinage de l’anus deux longs cils rigides. Toute la portion ventrale antérieure du corps de l’embryon renferme de grosses cellules à noyau bien net et réfringent, à contenu finement granuleux. Ces cellules me paraissent comparables à celles qui ont été décrites dans la même-situation chez VHydatina tenta, et, parRay-Lanbester, chez l’embryon du Pisidium pusillum.
( Comptes-Rendus de l’Académie des Sciences, 17 janvier 1875).
Note sur le développement de la Salmacina Dystbsi, Sux.
Les larves mobiles se dirigent toutes du côté de l’aquarium qui reçoit directement la lumière , puis elles vont en général se fixer du côté opposé. En liberté, les Connus adultes se rencontrent constamment à la face inférieure des rochers dans la zone des laminaires. Quand la larve se fixe, le tube apparaît d’abord comme un auneau situé immédaitement sous un rebord antérieur du manteau ; l’animal remonte au fur et à mesure que l’anneau s’élargit, de sorte que la portion postérieure du tube est la plus ancienne, la plus étroite et la moins solide. La sécrétion renferme au début assez
peu de.calcaire; de nombreuses stries transverses altèrent seules la transparence de l’enveloppe. Le faible développement des glandes tubipares, à cette époque de l’évolution, me porte à supposer que le bord antérieur du manteau joue- un rôle important dans la production du tube.
La tête de la larve fixée se divise en trois lobes à peu près éganx. Les deux lobes latéraux présentent une étroite cavité centrale; leurs parois sont formées par de grandes cellules cylindriques transparentes, qui se couvriront de cils vibraiiles. Le lobe médian renferme les yeux; qui bientôt entrent ëii régression et se réduisent à deux tàcbes pigmentaires de contour irrégulier. Le lendemain, les lobes latéraux se divisent en deux; le troisième jour , chaque lobe latéral vu du côté ventral paraît trifolié; le quatrième jour, les 'folioles se sont allongées èt transformées en tentacules présentant un canal central et des parois vibratiles. De chaque côté, on compte deux tentacules dorsaux et un tentacule ventral; le cinquième jour ; ce dernier se divise à son tour et la larve possède enfin les huit troncs tentaculaires qui, observés chez l’adulte, sembleraient de même âge. La première pinnule apparaît le huitième jour, vers le tiers supérieur du tentacule dorsale externe. Le lobe médian a constamment diminué pendant tout ce processus, et il est réduit finalement à une sorte de rostre rétréci , à la base et renflé à la partie ventrale. Les deux groupes latéraux de quatre tentacules sont les homologues dés vêla des embryons de Mollusques; ils paraissent jouer le rôle d’organes respiratoires: aucun élément figuré n’existe encore dans leur cavité centrale, où plus tard circulera un liquide sanguin d’un beau vert.
* L’étude du mésoderme et de ses rapports avec l’intestin présente de grandes difficultés. Les grosses sphères endodermiques de la Gaslbda se fondent en une masse homogène, composée de granules graisseux d’un beau rouge, au milieu desquels se trouvent disséminés quelques éléments plastiques. Ces derniers forment bientôt autour des granules une membrane mésordermique enveloppante, dont les éléments sont des celluies étoilées, mêlées de quelques grosses .cellules arrondies à contenu granuleux. Un semblable aspect du mésoderme a été figuré chez le Limnœus et autres Mollusques, par Ray- Lankester. Plus tard, les granules graisseux son résorbés progressivement, à partir de la partie postérieure, et.il reste sous la membrane une espace libre, la.cavité sanguine primitive’,, laquelle se prolonge à l’intérieur des tentacules céphaliques.. Ce processus me paraît être une abréviation de ce qui se passe chez la Sagitta, où la cavité secondaire prend naissance également aux dépens de l’endodermè, mais par un reploiement de ce feuillet .
Pendant cette période du développement, l’intestin postérieur, prolongement de. l’invagination anale, s’accroît très-rapidement, et la portion antérieure du tube digestif se couvre de glandules hépatiques.
Peu à peu, les crochets postérieurs de la larve semblent remonter par suite de l’élongation de l’extrémité terminale ; de nouveaux crochets se forment au voisinage de l’anus. De l’exoderme partent des traînées transversales de cellules qui vont rejoindre la membrane mésodermique ; les nouveaux crochets sont remplacés à leur tour, et, les mêmes faits se reproduisant, il se forme ainsi successivement à l’extrémité postérieure un grand nombre d’anneaux abdominaux.
La multiplication des anneaux, thpraciques ne commence que beaucoup plus tard. La Scümacina aduite. compte huit à dix de ces, derniers. Chez une Spirorbis très-commune à Wimereux, dont j’ai également étudié l’embryogénie, le nombre des anneaux thoraciques reste constamment trois, comme chez l’embryon.
La Salmacina Dysteri est hermaphrodite; les deux premiers segments abdominaux sont mâles, les autres sont femelles. Les œufs paraissent se développer sqr des anses vasculaires dérivant de la membrane mésodermique, et par conséquent de l’endoderme.. Les cellules-mères des spermatozoïdes se détachent des cloisons tranverses des deux premiers anneaux de l’abdomen. Léur origine est donc exodermique,
Résultats généraux. —La formation des organes des sens, indépendamment du système nerveux et avant l’achèvement de ce système, la présence d’organes respiratoires exodermiques, la naissance tardive de l’appareil circulatoire , sont autant de caractères rapprochant l’embryon de la Salmacina de celui des Mollusques. La divergence entre les Mollusques et les Annélides commence seulement après le stade Trochosphœra, et, même après ce stade, les concordances morphologiques et les ressemblances histologiques entre les deux types sont encore très-nombreuses. La parenté des Mollusques et des Annélides est certainement plus prochaine que celle de ces .dernières avec les Arthropodes ; l’existence de métamères chez les Arthropodes et les Annélides a masqué aux yeux des naturalistes lès véritables affinités. C’est parmi lés Rotifères qu’il faut chercher les origines' des trois groupes : les Gastérotriches cofidùisent aux Annélides par le genre Eemidasys j le Pedalion, les HexartRra sont les ancêtres probables du Nauplius et dès Arthroprodes. Les affinités des embryons des Gastéropodes avec ceux des Rotifères [Rrachionus) ont déjà été mises, en lumière par lès belles recherches de Salensky.
{Cmples-Rendns de l'Académie des Sciences , 24 janvier 1876).
Mémoire sur l’embryogénie du Lambllaria perspioda.
La ponte si curieuse de ce mollusque, qui dépose ses œufs dans les coloniés de Tuniciers (Leptoclimim et Potyclinum), le développement de l’embryon, la formation de la double coquille embryonnaire et des principaux systèmes d’organes sont étudiés avec le plus grand Soin.
La segmentation rappèlle celle de certaines annelides ( Euaxes) ; l’embryon passe .par une phase pteropode (coquille atlantoide).
Ce travail est la démonstration analytique d’un fait synthétiquement entrevu par Krohn: le lien génétique des Echinospira et des Marseniadées.
Ce mémoire a été traduit in extenso dans le journal anglais Annals and Magazine ofnatural history 1875.
( Comptes-Rendus de tAcadémie des Sciences, 22 mars 1875.)
ARTHROPODA.
; Sur l’embryogénie des Rhizocéphales.
Les ovaires sont aunombre de deux ; l’oviducte est pourvu de deux glandes collétériques dont le produit sert à fermer les sacs ovigères. La structure de l’œuf a été étudiée avec d’autant plus d’attention, qu'elle avait été précédemment l’objet d’un débat entre MM. Gerbe, Balbiani et Ed. Yan Beneden. Si M. Gerbe a accordé trop importance à la cellule polaire qu’il regarde à tort comme une cicatricule, M. Ed. Van Beneden se trompe à l’assimilant simplement au pédicule de l’œuf des Achtheres. Enûn, les vésicules embryonnaires signalées par M. Balbiani n’ont pu être aperçues par l’auteur qui considère la formation de l’œuf comme comparable à celle de cet élément chez VApus cancriformis et chez les insectes, à cette différence près que le nombre des cellules abortives est réduit à une, au lieu de trois.
L’embryon ne se fixe que huit jours environ après l’éclosion et il éprouve très-rapidement quatre mues successives , d’où le prétendu dimorphisme signalé par Gerbe, entre les jeunès sacculines. La partie que M. Balbiani regarde comme -un, ovaire, rudimentaire, donne naissance après la troisième mue, aux paires de pattes ventrales de la larve cyprris homologues des cirrhes des cirrhipèdes; : normaux. ,
Pour' mener, à bonne fin ce.. travail, j’ai du faire un grand nombre d’éduçar lions' de : larves de Rhigocéphales, depuis l’éclosion jusqu’au moment où: les larves se fixent sous la queue.des crabes. ,
a L’éminent earcinologiste anglais, SpenceBate, a insisté à plusieurs reprises sur la difficulté expérimentale que présentent de semblables éducations. >
Importance de l’étude des chenilles pour la phylogénie des Lépidoptères.
J’ai signalé, en 1872, dans mes premiers travaux sur les Tuniciers, les adaptations remarquables auxquelles sont sujettes les larves des animaux d’embryogénie dilatée, et fait connaître, plusieurs cas où deux types trèsvoisins à l’état adulte présentent des larves fort différentes. C’est ce que Weismann a appelé depuis des cas àHncmgruence. J’ai indiqué dès lors l’intérêt que présenterait, à ce point de vue, l’étude de certains groupes d’insectes (Syrphiens, parmi les diptères,' Bombyciens, parmi les lépidoptères). Malgré Ces incongruences, l’étudé des larves fournit de précieux renseignements pour l’établissement de l’arbre généalogique de ce dernier Ordre d’insectes. •
On peut aussi tirer d’utiles inductions de la parenté botanique des végétaux sur lesquels vivent les chenilles.
(4ssocîd<«o« pour le Progrès des Sciences , t. VI, 1877).
VERTEBRATA.
Etude critique des travaux Æembryogénie relatifs à la parenté des Tunisien et des Vertébrés.
Analyse comparative très-détaillée des mémoires publiés sur ce sujet par Kowalevsky, Kupffer, Ganin, etc. 1
Des recherches originales sur l’embryogénie des ascidies simples et des synascidies m’ont permis d’émettre un avis motivé dans plusieurs des questions controversées par les auteurs dont je citais les travaux.
Voici en quels termes un critique éminent, M. S. Jourdain, professeur à la Faculté des Soiences de Nancy, apprécie notre publication: Nous avons lu avec un vif intérêt ce travail oit se révèlent une fois de plus ces qualités éminemment françaises : la méthode, la vigueur et la clarté.
S1J ; vN° 40.
Deuxième étude critique des travaux Æembryogénie relatifs à Ta parenté des Tuniciers et des Vertébrés.
Cette deuxième étude a eu pour point de départ le travail du professeur Kupffer sur l’embryogénie de certaines Molgules. M’étant moi-même occupé de cette question, j’ai formulé les conclusions suivantes, là plupart en opposition avec celles du savant allemand :
1° La forme typique et originelle de l’embryon des Ascidies est la larve urodèle; la forme anoure de l’embryon des Molgula n’est qu’un épisode provoqué par l’adaptation de l’animal adulte à certaines conditions d’existence.
2“ L’embryogénie des Sÿnascidiés comparée à celle des Ascidies simples, nous montre que si l’on prend pour termes de comparaison les différents stades de l’évolution de la corde dorsale, il n’y a pas synchonisme entre les
stades correspondants dans les deux groupes pour l’évolution du tube digestif et des autres organes de l’Ascidie; il y a retard de l’Ascidie simple sur l’Ascidie composée, et, au moment de 1 l’éclosion, chez cette dernière, la queue ne doit être considérée que comme le véhicule de l’animal adulte déjà
3° La corde et l’appendice caudal sont, chez la larve ascidienne, des organes de locomotion d’une importance assez secondaire, malgré leur généralité, pour qu’on les voie disparaître presque entièrement dans le genre Molgula, où ils sont devenus inutiles par suite des mœurs de l’animal adulte; l’homologie entre cette corde et celle des vertébrés, n’est donc qu’une homologie d’adaptation déterminée par l’identité des fonctions à remplir, et n’implique pas des rapports de parenté immédiate entre les Vertébrés et et les Tuniciers.
(Archives de Zoologie expérimentale .— I. 1872.) .
Les controverses transformistes : Kowalevshy et Baer.
Ce travail est la réfutation du mémoire de Baer sur l’embryogénie des ascidies. L’auteur s’efforce de démontrer que les arguments opposés à la théorie de la descendance sur cette question de la parenté des tuniciers et des vertébrés, par Von Baer, Agassiz et quelques autres zoologistes, ne reposent sur arucun tait rigoureusement démontré, mais seulement sur des conceptions morphologiques à priori. Il fait voir combien il est dangereux de s’abandonner à des impressions subjectives, de voir avec les yeux de l’esprit quand on s’occupe de ces recherches difficiles ■ d’embryogénie comparée. La parenté des ascidies et des vertébrés, pour ne pas être aussi directe qu’on a pu le penser d’abord, est cependant réelle, et il faut renoncer définitivement à conserver dans leur intégrité absolue les divisions établies, il y a un demi-siècle, par Von Baer et Cuvier.
(Revue scientifique du ll juiil
Notes sur quelques points de l’embrogénie des Ascidies. ,,
Une foule de problèmes intéressants, relatifs à l’embryogénie des ascidies simples et composés, sont discutés dans ce mémoire, à la suite duquel j’ai inséré des considérations importantes sur lé principe de Fritz Millier, j’ai fait voir qu’il existe , dans le groupe des Tuniciers, comme dans presque toutes les autres divisions du règne animal :
1° Des formes qui ne sont que la continuation ou l’exagération de l’état larvaire de la classe ( Appendicularia ;). :
' 2° Des formes à embryogénie explicite et régulière ( Ascidia).
3° Des formes à embryogénie abrégée et condensée (certaines Molgula).
[Association française pour VAvancement des Sciences, 1874, t. III, pl. VI.) ''
Sur l’embryogénie de Moluula socialis.
Les cellules du testa ne peuvent, être, assimilées, comme le veut Semper, aux globules polaires observés chez un grand nombre d’animaux; leur apparition n’a pas lieu, comme chez ces derniers, à la destruction de la vésicule germinative.
Le fractionnement est complet et régulier.
Le système nerveux du têtard du Molgula socialis se prolonge assez bien au-dessus dé la corde dorsale ; le ganglion est gros, de forme conique ; la vésicule des sens ne renferme qu’un seul organe, celui que l’on considère généralement comme TotoKthe. On trouve accidentellement des embryons qui biit deiix otolitbes ; mais jamais on n’observe d’organe de la vision comme chez les autres larves urodèles d’ascidies.
[Association française pour le Progrès des Sciences, t. IVj 1875.)
Mémoire sur l'embryogénie des Tuniciers du groupe des Lügiæ.
J’ai insisté, à.plusieurs reprises,, sur la nécessité qu’il y ade séparer nettement les Ascidies;, composées, du,groupe, des Didemniens, d’avec d’autres formes appartenant à un type bien différent et dont j’ai fait la famille des Diplosomidœ. Outre d’importantes différences anatomiques et embryogéniques, .la présence de nombreux, spiculés calcaires dans la tunique de Didemnidœ est un caractère pratique qui permet de les, distinguer facilement des Diplosomidœ, chez lesquels ces spiculés sont remplacés par des granules pigmentaires.
Cette famille nouvelle comprend : 1° le genre Diplosoma, Mac Donald; 2°legen xe Psetsdodidemum, renfernant un .grand nombre d’espèces, notamment : le Dïdemnum gelatinosum, M. Edw.; le ieptoclinum gelatinosum, M. Edw. ( Polyclimm , Lister); les Lissoclinwm, de Yerril, etc.; 3° le genre Astdlium, comprenant plusieurs espèces nouvelles dont l’une répond sans doute au Leptoclinv/mpunctatum de Forbes.
L’espèce que j’ai prise comme type de ce dernier genre, Astellium spongiforme, trouvée d’abord sur la côte de Bretagne, est également commune à Saint-Vaast-la-Hougue, en Normandie, et sur les côtes du Boulonnais.
Réservant, pour un mémoire plus détaillé, l’étude de la formation de l’œuf unique, de son fractionnement, etc., je me suis borné à appeler l’attention sur quelques points de l’organisation du Têtard déjà éclos.
La grande vésicule qui, physiologiquement, représente le rudiment du cloaque commun, possède morphologiquement la valeur d’un individu ; c’est l’homologue du Cyathozoïde de l’embryon du Pyrosome. La disposition des autres Ascidies par rapport à cette vésicule est exactement la même que celle des jeunes Ascidiozoldes du Pyrosoma par rapport au Cyathozoïde.
Les différences de structure qui existent à l’état adulte, entre la brancbie de VAstellium et celle du Pyrosoma, sont en rapport avec le mode d’existence si différent chez ces animaux.
On peut donc considérer les Diplosomidœ comme représentant l’état fixé d’un type dont les Pyrosomes sont la forme nageante ou pélagique. Par suite, le groupe des Luciœ de Savigny pourra se diviser en deux familles, Pyrosomidœ
et Diplosomidte, offrant entre elles les mêmes rapports que les Siphonophores et les Hydriformes parmi les Cœlentérés acalèphes. - Un dernier fait important à signaler est qu’on retrouve, dans les particularités du développement des Luciœ (définies comme nous.venons de le voir), une nouvelle application de la loi que nous avions énoncée comme conséquence de nos études embryogéniques sur le groupe des MolguMdœ. Les Pyrosomes qui vivent libres présentent un développement abrégé et condensé, une segmentation partielle, un embryon anoure et privé d’organes des sens, tandis que les Diplosomidœ sédentaires, à l’état adulte, ont une métamorphose dilatée et un embryon modèle, pourvu d’un appareil, visuel et auditif fort bien développé. J’ajouterai que le Têtard de 1 ’Astellium spongiforme possède un appendice caudal, dont la musculature est très-complexe et dont la partie membraneuse est traversée par des filaments cornés, semblables à ceux que nous, avons décrits chez les Ascidies simples du groupe des Cynthia, et chez les Synascidies des genres Botryllus.o t Botryiloïdes.
( Comptes-Rendus de l'Académie des Sciences, 13 décembre 1875 ).
Le développement des poissons Pleuronectes.
Ce travail a été composé à l’ocCasion d’une note du professeur A. Agassiz, que j’ai traduite pour la Revue des Sciences Naturelles .,
En m’appuyant sur l’observation d’un grand nombre d’animaux ou de larves pélagiques, je crois avoir démontré que les facteurs essentiels de la forme dysdipleure des poissons pleuronectes sont :
1° L’extrême minceur et la grande largeur des embryons ;
2° La transparènce parfaite de ces embryons ;
3° L’asymétrie des organes des sens et surtout des yeux.
[Revue des Sciences naturelles de Dubreuil, t. VI, septembre 1877.)
Siir la valeur des caractères tirés de la 'placentation.
Les travaux de M. Milne-Edwards et ceux de Hunley, ont conduit les zoologistes à (hviser les mammifères monodelphes en deux grands groupes : lès Séciduata et les ïndeciduà i caractérisés par la présence ou l’absence d’une membrane caduque. Haeckel admet cette division dans ses tableaux généalogiqués et considère les Indecidua comme un rameau divergent de la base du tronc des Déciduata et renfermant, outre les Ungulàta, les Getacea et les Edentata. J’ai peine à partager cette manière de voir. Il est un ordre de caractères qui, dans l’embryogénie des mammifères, doit primer et de beaucoup , ceux que l’on peut tirer de la disposition du placenta ; je veux parler de la circulation omphalo-mésentérique. Les caractères tirés du placenta sont des caractères d’adaptation et, par suite, constituent des particularités embryonnaires, très-souvent déterminées par l’étbologie de l’adulte. Nous avons fait voir ailleurs (recherche sur les Tuniciers), combien les mœurs de l’adulte peuvent avoir d’influence sur l’ontogénie et sur les rapports de l’embryon avec la mère. Le genre de vie des üngulata, la disposition de leurs pieds et même leur dentition suffisent à rendre, compte de l’existence, chez ces animaux, d’un placenta diffus et sans caduque, par suite d’un accouchement plus rapide et moins laborieux:
Dans d’autres groupes très-naturels, dans celui des Batraciens anoures, par exemple, on trouve, comme conséquence des conditions éthologiqués , des rapports très-variés entre l’embryon et la mère.' Or, personne n’a jamais songé à séparer de ce groupe le Pipa, pour ce motif que la nature présente, chez cêt'animal, le premier essai d’une greffe de l’œuf sur l’organisme maternel.
La présence ou l’absence d’une caduque nous paraît donc un caractère de valeur secondaire, au point de vue. phylogénique. La circulation omphalo mésentérique est, au contraire, quelque chose d’essentielleihent propre à l’embryon, un caractère réellement atavlijüe èt môifis faCiïènïênlfaussé. Ôr, è çe, poipt. de vue, les Rongeurs sont,,de tous les monodelphes, ceux qui se rapprochent le plus des Marsupiaux. Chez ces animaux, en effet, les vaisseaux omphalo-mésenteriques jouent un rôle très-important dans la constitution du système circulatoire superficiel de l’œuf. Nous sommes donc portés à consi-
dérer les Rodentia comme très voisins de la souche des mammifères placentaliens. Haeckel insiste, avec raison , sur ce qu’un groupe intéressant de Rongeurs, les Subungulata (Kero'don,~Hydrochœrus), a sans doute donné naissance aux Ghelophom (Éléphants, Tqxodontes, etc.);.or, certainsChelophores, les Lamnungia (Damans), ne possèdent pas de véritable caduque, et ce groupe de Chelophores présente, d’ailleurs, tant d’affinités avec les vrais Pachydermes qu’on pourrait le considérer comme renfermant les animaux les plus voisins de la souche des Ungulata. Ces derniers auraient ainsi hérité de leurs ancêtres le caractère qui a valu, à ceux-ci, le nom de Rongeurs' subungulés.
Ges idées , d’abord violemment combattues, viennent de recevoir un fort appui par la publication d’un mémoire du D r P. Harring d’Utrecth, intitulé: Het Ei en de Placenta van Halicore Dugong.
{Archiva, de zoologie expérimentale, t. m 1874. Notes et revues.)