‹ Notice sur les travaux scientifiques, mai 1879Chapitre 4 sur 10 · VERMES · texte numérisé non relu

VERMES

Les Orthonectida, classe nouvelle d’animaux ■parasites des Echinodermes et des Turbellariés.

La petite Ophiure, nommée Ophiocoma neglecta , renferme parfois un singulier parasite qui peut servir de type à tout un groupe d’animaux d’une organisation très-curieuse et. presque inconnus. Voici dans quelles conditions on rencontré ce parasite : l 'Ophiocoma neglecta est une Ophiure â embryogénie condensée ou vivipare : la cavité d’incubation située dans la partie aborale du disque communique librement avec l’extérieur, car lés embryons les plus avancés contenus dans cette cavité présentent fréquemment sur leurs bras une jolie vofticelle qui se' trouve presque toujours sur les bras de l'animal mère. En dilacérant le disque pouf en extraire les embryons, on le trouve rempli chez certains individus d’une multitude d’animaux semblables à de gros infusoires ciliés, qui traversent le champ du microscope en ligne droite et avec là rapidité d’une flèche. Ces

animaux se présentent sous deux formes, que je nomme provisoirement forme allongée et forme ovoïde. Sous l’une et l’autre forme ce sont de simples planula, c’est-à-dire des organismes composés uniquement de deux couches cellulaires : un exoderme ou couche externe de cellules ciliées et un endoderme constitué par des cellules plus grosses, limitant une cavité centrale linéaire sans ouverture buccale ni anus. Malgré cette organisation inférieure, le corps est métamérisé et les métamères présentent déjà de remarquables différenciations. Le premier anneau se termine en cône émoussé à sa partie antérieure qui porte un bouquet de cils roides. Il est suivi par un anneau cylindrique de même longueur, dont toute la surface est hérissée de papilles qui paraissent disposées suivant une dizaine de rangées longitudinales ; c’est la seule partie du corps quine présente pas de cils vibratiles. Le troisième anneau est plus grand à lui seul que les deux premiers réunis : il va en s’élargissant légèrement vers son extrémité postérieure. Le quatrième métamère est de même dimension que l’anneau papillifère; il est suivi par un anneau terninal, garni de cils plus longs à son extrémité postérieure, conique et subdivisé en deux métamères moins nets que les précédents. Telle est la forme allongée ; les derniers anneaux forment une sorte de massue avec laquelle l’animal fouette l’eau, indépendamment du mouvement des cils, et par des coups brusques qu’on croirait dus à l’action d’éléments musculaires. La forme ovoïde ne diffère de la forme allongée que par une longueur moindre et une largeur plus grande ; je me snis assuré qu’elle n’était pas le résultat d’une contraction de l’animal. Peub-être est-ce une forme sexuelle, peut-être aussi un état jeune du parasite. Je donne à cet animal étrange le nom de Rhopalwra Ophiocomœ.

Un parasite du même groupe se rencontre également à Wimereux, dans unNémertien, le Lineus gesserensis, O.-F. Müller, très-commun, ainsi que sa variété L. sanguinetts, sous les pierres des endroits vaseux qui avoisinent la tour de Groy. Cet animal diffère toutefois suffisamment du Phopalura pour constituer un genre distinct ; l’anneau papillifère est remplacé par deux anneaux ciliés très-étroits ; la partie médiane du corps compte généralement six métamères presque égaux ; la massue terminale est formée de trois anneaux ; la partie antérieure porte d’ailleurs un bouquet de cils roides. Il y a aussi une forme allongée et une forme ovoïde. Mac Intosh a dit quelques mots de ce parasite dans sa belle Monographie des Némertiens d'Angleterre ; je propose donc de lui donner le noni d 'Intoshia Linei.

Enfin, une espèce appartenant évidemment au même genre a été

sans description par Keferstein, qui l’a rencontrée à Saint-Malo comme parasite dans le tube digestif d’une planaire ( Leptoplana tremellaris), qui est aussi fort commune à Wimereux. Je donne à cette espècele nom d ’lnstohialeptoplanœ.

(Comptes-Rendus de l'Académie des Scienees, 29 octobre 1879).

Deuxième mémoire sur les Orthonectida.

Dans ce deuxième mémoire actuellement en voie de publication :

l°Je fais connaître une nouvelle espèce d’ortbonectide, V Intoshia gigas parasite comme le Rhopcdura sur VOphiocoma neglecta.

2° Je décris.et figure le développement des genres Rhopalura et Intoshia; la reproduction se fait par deux procédés :

(a) Par bourgeonnement à l’intérieur de sporocystes constitués par la partie endodermique de l’animal adulte.

(b) Par œufs : La Planula se forme par délimination chez l’ Intoshia gigm, par épibolie, chez Rhopalura ophiocomœ.

3° J’indique l’existence, chez les Orthonectida d’un pseudomésoderme endodermique et splanchnopleural constitué par des éléments analogues aux cellules épithéliomusculaires, découvertes parKorotnef, chez les Hydraires, et jouant chez ces animaux le rôle d’ün pseudomésoderme exodermique et

Note sur l'enkystement du Bucephalus Haimeanus.

Ce Trématode a été trouvé enkysté dans les poissons du genre Belone.

(Comptes-Rendus de l'Académie des Scienees. 17 mars 1874).

Note sur I’Avenardia Priei, Némertien géant de la côte occidentale de France.

Le Némertien qui fait l’objet de cette Note mesure jusqu’à 1 mètre et même l m .20 de long, lorsqu’il est à l’état de repos; sa longueur peut devenir deux à trois fois plus grande quand il entre en extension. La largeur atteint 2 à 3 centimètres, la forme générale du corps est aplatie. A l’état dé contraction, les bords latéraux paraissent souvent ondulés ou déchiquetés, comme cela s’observe également chez les Taenias et les Ligules.

Ce ver se rencontre par centaines d’individus au Pouliguen (Loire- Inférieure) , mais dans une station particulière : dans un ancien étier des marais salants, aujourd’hui transformé en réservoir, où l’eau de mer est renouvelée à chaque marée. L’eau de ce réservoir sert à mettre en mouvement les roues d’une minoterie dirigée par M. Avenard. Les ouvriers de cette minoterie connaissent, depuis nombre d’années, cet énorme Némertien, qu’ils rencontrent de 10 à 20 centimètres de profondeur, dans la vase, chaque fois qu’on opère le curage d’une partie du réservoir. Les paludiers que j’ai interrogés ne l’ont observé nulle part ailleurs dans les marais salants. Il se trouve, mais rarement, dans le port du Pouliguen d’où il a été introduit dans cette station artificielle.

Ce Némertien creuse dans la vase de longues galeries qu’il tapisse d’un enduit muqueux, de telle façon qu’aucune particule terreuse ne salit son épiderme. Plongé dans l’eau, il nage avec la plus grande facilité en accomplissant des mouvèments ondulatoires qui lui dorment une ressemblance étonnante avec une anguille. La couleur rappelle, d’ailleurs, assez bien celle de ce poisson : le dos est d’un gris noirâtre plus ou moins foncé', tout à fait noir sur la ligne médiane ; le ventre est entièrement blanc oublanc jaunâtre.

L’organisation de notre Némertien est tout à fait celle des Némertiens inermes ou Anopla; mais les caractères génériques ne concordent avec ceux d’aucun type précédemment décrit. La tète, nettement distincte du corps, a la forme d’un cœur dont la pointe est dirigée en avant, et présente une ouverture pour la sortie de la trompe. Les côtés de cette tête sont occupés, dans toute leur longueur, par deux énormes fentes céphaliques

longitudinales. La partie supérieure est fortement pigmentée, mais il n’y a pas d’appareil de vision, ce qui s’explique aisément par la vie souterraine de l’animal. La bouche occupe la partie antérieure et ventrale du tronc : elle est longue d’un centimètre environ, par conséquent bien visible à l’oeil nu. La partie antérieure du corps, sur une longueur d’un décimètre environ, est occupée par un œsophage droit, situé sous la cavité de la trompe. A la suite de cet œsophage commence le tube digestif proprement dit. Ce point est marqué par un changement dans la musculature. Là commence un sillon ventral qui parcourt tout le corps de l’animal jusqu’à l’anus.

Les cæcums ije l’intestin ne sont pas opposés deux à deux; il y a au contraire une alternance très-marquée dans les points d’insertion de'oes organes à gauche et à droite du tube digestif. Les cæcums ne sont pas simples: ils se ramifient à leurs extrémités en diverticules secondaires, de telle sorte que l’intestin présente une véritable dendrocœlie. Une semblable disposition n’avait été signalée jusqu’à ce jour que chez un Némertien pélagique, le curieux Pelagonemeries Rollestoni , dont deux exemplaires seulement furent recueillis et étudiés par Moseley pendant l’expédition du Challenger.

Les pores génitaux ne s’ouvrent pas sur les côtés du corps comme c’est la règle générale sur les Némertiens, mais bien sur la face dorsale et de chaque côté de la ligne dorsale médiane. Ils sont disséminés d’une façon alterne et légèrement irrégulière, à peu près comme les pores des plaques ambulacraires de certains Oursins. Les œufs sont excessivement petits. Le vitellus nutritif est très-peu abondant. Aussi, quoique je n’aie pu suivre le dévéloppement, je suis convaincu que l’embryogénie doit être dilatée et que la larve doit affecter là forme Pilidium. \

J’ai donné à ce remarquable Némertien le nom à’Avenardia Priei, le dédiant à la fois à M. J. Prié, zélé naturaliste du Pouliguen, et à M. Avenard, adjoint au maire du Pouliguen, qui m’a fourni les matériaux de cette étude et facilité ces recherches, assez pénibles, avec une obligeance dont je suis heureux de le remercier publiquement.

(Comptes-Rendus de l’Académie des Sciences , 8 juillet 1878).

ECHINODERMATA N° 7.

Mémoire sur une fonction nouvelle des glandes génitales des Oursins.

Lorsque la saison de la reproduction est passée, les glandes génitales dés Oursins prennent une teinte brun-ambré, qui diffère de la couleur orangée de l’ovaire mûr, aussi bien que de la teinte blanchâtre du testicule rempli de spermatozoïdes. Si l’on exam in e au microscope une portion de ces glandes pendant les mois de septembre et d’octobre, on trouve les culs-de-sac remplis de cellules particulières, ne ressemblant en rien aux éléments génitaux. Ces cellules présentent au centre une énorme vacuole, résultant de la transformation du noyau qui s’est fortement accru et qui a perdu tout son protoplasme. Parfois une même cellule renferme deux vacuoles, ce qui indique la transformation de deux cellules-filles avant leur séparation. Le reste de la cellule comprend :

1° De petites concrétions brunâtres, analogues à celles que l’on trouve dans les organes rénaux d’un grand nombre d’invertébrés ;

2“ Des éléments deutoplasmiques, qui sont plus tard absorbés par les cellules génitales en voie de développement; on les retrouve encore dans l’ovaire, mais de moins en moins nombreux au moment de la reproduction ;

3* Des cristaux très-nombreux de phosphate de chaux.

Ces cristaux se présentent en amas plus ou moins irréguliers chez le Psammechinus mïliaris. Chez l’ Amphidetus cordatus , ils offrent la forme des cristaux dits en sabliers. Souvent on trouve des assemblages de deux sabliers croisés, formant une sorte de rosace. Rien n’est plus élégant ni plus facile à observer que ces amas cristallins, qui sont demeurés inaperçus jusqu’à ce jour. Ces cristaux représentent-ils une sécrétion destinée à fournir au vitellus ou aux spermatozoïdes le phosphore que ces éléments renferment en si grande quantité, ou bien doivent-ils être considérés comme une simple excrétion? C’est ce que je ne puis encore décider pour le moment.

Au milieu de ces cellules spéciales, incapables de se teindre par les matières colorantes, on trouve dans les culs-de-sac, surtout aux approches de la période

de reproduction, de jeunes ovules ou de jeunes cellules-mères qui se colorent parfaitement par le picrocarminate. C’est sur de semblables ovules qu’on voit très-nettement, cbez 1 ’Amphidetus , la saillie pédonculaire qui, ainsi que je l’ai indiqué ailleurs, n’arien de commuji avec le prétendu cône d’exsudation; ce dernier n’est dû, comme je l’ai démontré, qu’à des corps étrangers à l’œuf fécondé; son volume n’est nullement en rapport avec celui de la queue du spermatozoïde.

De ce qui précède on peut conclure que, pendant une partie de l’année, les glandes génitales des Oursins jouent à la fois le rôle d’organes excréteurs et d’organes deutoplasmigènes. Ce fait fournit un nouveau point de rapprochement entre les Écbinodermes et les Annélides, et même entre les Échinodermes et les Arthropodes. Oh sait, en effet, quéles organes segmentaires de plusieurs espèces de Chétopodes sont en même temps des appareils d’excrétion et j’ai montré que le testicule des Rhizocéphales ( Sacculina et Pdtogaster) est également, dans le jeune âge oupendantles périodes de repos sexuel, un organe excréteur.

(Comptes-Rendus de tAcadémie des Sciences, 5 novembre 1877.)

Particularités de reproduction de certains Echinodermes en rapport avec l'Etlwlogie de ces animaux.

Ludwig, a fait la remarque intéressante que VAsterina cephea Val. de la mer rouge et de l’océan indien, espèce si voisine de VA. gibbosa, qu’on pourrait la considérer comme une simple variété , présente, contrairement à cette dernière, les pores génitaux, à la partie dorsale. Il a constaté le fait sur plusieurs exemplaires venant des Philippines. Pour nous, cette particularité n’est nullement surprenante. C’est seulement un exemple de plus à citer à l’appui de cette proposition que nous énonçons, depuis plusieurs années, dans notre cours d’embryogénie :

. Dans un groupe déterminé, les types h embryogénie condensée deviennent de plus en plus nombreux à mesure que Von Vavance vers le Nord. Les embryons pélagiques sont plus spécialement adaptés aux eaux des mers chaudes.

surtout pour les

littoraux et :

peuvent s’appliquer sans modification à ceux qui suivent les courants sousmarins.

Il est donc.possible, il est même probable, que Y As ferma gibbosa n’est qu’une variété éthdlogique de VAsterina cephea.

VAsterina cejpA&z,'habitant les mers chaudes, abandonne au hasard des œufs ipii doivent donner naissance à des larves nageuses ; A. gibbosa rassemble à sa face vertébrale de gros œufs d’où sortent des embryons peu. mobiles.

Lé nombre des Echinodermes appelés vivipares est d’ailleurs bien plus grand qu’on ne l’a supposé jusqu’à présent. Pour ne parler que des Ophiures que nous avons étudiées plus spécialement, je crois qu’on peut affirmer que dans les mers tempérées ou froides, les formes à larves pélagiques constituent l’exception.

H. Ludwig cite seulement comme espèces vivipares YAmphiura [Ophiole^ pis)-, squammata et YOphiacantha marsupialis, Lym.

Il convient d’ajouter à cette liste Amphiura magellanica, Ophiacanta vivir jwwœStuder, et Ophiomyxa vivipara, d’après les recherches de Smith et de Studer sur les Echinodermes des mers antarctiques.

Presque toutes les Ophiures que j’ai observées dans la Manche, sont également vivipares. Je citerai entre autres: YOphiothrix fragilis eAYOphiocoma neglecta que j’ai plus particulièrement étudiées au point de vue de la reproduction.

Ces deux Ophiures sont de plus hermaphrodites.

Cette particularité d’organisation avait été signalée par M. Metschnikoff, chez d’autres espèces d’Ophiures; mais elle ne parait pas avoir été suffisamment remarquée des anatomistes.

[Bulletin scientifique du département du Nord 1878).

GYMNOTOCA.

. Note sur un Chaetosoma et une Sagitta , suivie de quelques réflexions sur la convergence des types par la vie pélagique.

Après avoir décrit et figuré deux espèces nouvelles appartenant aux gCnres Chaetosoma et Sagitta , j’ai insisté sur les remarquables phénomènes de

convergence entre animaux dé groupes très-différents sous ïïnfluenôe de conditions de milieux similaires et eü particulier de la vie pélagique.

lime semble, disais-jeen terminant ce travail,-qu’une des recherchés les plus importantes et les plus nécessaires au progrès de l’embryogénie est de démêler ce qui revient à l’hérédité et ce qui est le résultat de l’adaptation à la vie pélagique dans.des formes embryonnaires telles que les. larves d’Echinodermes, le Püidium, des Némertes, les Actinotrocha, le Mitraria , la Cypha-, nautes, certaines larves de Planaires, d’Annelides etc.; sur des organismes encore si peu différenciés, les conditions extérieures agissent d’une façon très-énergique et leur action sé multiplie par l’hérédité chez les êtres- à embryogénie libre et dilatée. Il faut donc se tenir , en garde contre, les homologies apparentes qui cachent souvent des différences d’organisation réelles mais encore peu marquées. Quand il s’agit du point de départ d’un angle, nulle modification dans l’écartement des lignes n’est indifférente.

J’avais antérieurement émis des idées, analogues sur la convergence des types par le parasitisme (Revue scientifique 11 juillet 1874 p. 32). J’ai eu le plaisir de voir ces idées appuyées et Confirmées par l’un des embryogénistes les plus distingués de notre époque, le professeur Cari Vogt de Genève. .

Ce mémoire a été traduit m extenso, par le professeur Dallas, dans le journal anglais Annale and Magazine ofnalwal histonj.

Plate sur les "Wartelia, genre nouveau éHAnnélides considérées à tort comme des embryons de Térébelles.

Si l’on examine avec attention un connus de Laomedea gelatinosa, on trouve fréquemment sur les branches de cet hydraire de petits tubes transparents, dressés, qui peuvent facilement passer inaperçus, tant ils imitent exactement les gonothèques des Campanulaires. Chacun de ces tubes est habité par une jolie Annélide transparente, qui ne diffère du prétendu embryon d e Terebella conchilega, qu’en ce que les sept tentacules sont sensiblement égaux entre eux ; du moins le naédian dépasse beaucoup moins en longueur les six latéraux. La présence des produits génitaux, dans bon nombre d’individus nous assure

que ces Annélides sont adultes. L’existence d’otocystes volumineuses tout-àfait semblables à celles des Mollusques, la forme particulière et la disposition des Tori imcinigeri à l’extrémité des cirrhes ventraux de la partie postérieure du corps, nous permettent de ranger cette Annélide dans un genre nouveau beaucoup plus éloigné des Térébelles qu’on ne l’a supposé jusqu’à présent, et présentant des affinités -avec plusieurs familles de Polycbètes. J’ai dédié ce genre à mon élève Adolphe Wartel, qui a rencontré le premier l’Annélide qui nous occupe, en étudiant les Hydraires de Wimereux; j’ai nommé l’espèce Wartelia gonotheea pour rappeler le fait curieux de mimétisme que j ? ai signalé ci-dessus. La disposition du tube des Wartelia leur donne aussi une certaine ressemblance avec les Rotifères tubicoles.

D’après ce qui précède, on ^oît qu’il ne peut plus être question pour les Térébelles d’une métamorphose régressive et de transformation aussi complète que l’avait pensé Claparède. L’embryogénie de Terebella conchilega doit être entièrement reprise, et les observations les plus complètes que nous possédions aujourd’hui sur le développement des Annélides du genre Térébelle sont celles de M. Milne-Edwards, relatives à la Terebella nebulosa, Montagu.

Il faudra probablement rapprocher des Wartelia une Annélide tubicole de la Méditerranée, décrite par Wilhelm Busch, ainsi que le genre Lumara de Stimpson. Peut-être mèmè la larve figurée par A. Agassiz comme embryon de Terebella fulgida, Agass., n’est-elle aussi qu’un embryon d’une forme voisine des Wartelia.

Un Mollusque introducteur d’un Bydraire (Deeissena et Cordylophoka).

J’ai montré dans cette note que partout où l’on a observé le Cordylophora dans l’Europe occidentale, cet hydraire a été précédé par le Dreissena polymorpha dontles migrations versl’Ouest sont aujourd’huibien'connues.Souvent même l’intéressant hydraire est fixé sur la- coquille du mollusque migrateur.

Mollusques et Tuniciers nouveaux des cotes du Boulonnais. -

Recherches faites au Portel et à Wimereux. Présence en ces localités des espèces suivantes : VAncula cristata. Ciona intestinalis, Molgula socialis, Ascidia scabra ( Vittosa ), A Fumigata ( CMorèa ), Circinalium concrescens, Botrylloides Boloniense, etc.

(Bulletin scientifique du département du ti-ori, 1873).

Sur Vhabitat .de la Phoronis hippocrepia.

Ce curieux Gephyrien est très commun sur les côtes du Boulonnais, mais au lieu de se loger dans les coquilles d’huitres comme il le fait à Ostende (d’après P. J. VanBeneden) il perfore les grés calcareux du jurassique supérieur. J’ai indiqué comment on pouvait distinguer les tubes creusés par la Phoronis d’avec ceux qui sont creusés par le Leucodorum ciliatum.

(Bulletin scientifique du département du Nord, 1878).

ARTHROPODA.

Premier mémoire sur les Girripèdes Rhizocéphales (Süctoria)!

J’ai retrouvé chez Sacculina carcini les racines signalées par Wright et Anderson chez Peltogaster paguri, et par F. Mueller chez Sacculina purpurea qui n’est qu’un Peltogaster et lernaeodiscus porcellanœ. Ces racines entourent le tube digestif et les lobules hépatiques du Cancer maenas : leur couleur jaune bien que plus pâle que celle du foie du crabe les aura

sans doute fait méconnaître par mes prédécesseurs. Je considère ces racines comme homologues de la couche interne du pied des anatifes, laquelle fait saillie à l’extérieur et devient radiciforme chez VAnelasma squalicola.

Les Rhizocephales sont hermaphrodites. Les testicules sont les organes pairs situés sous les ovaires et dont la fonction était resté mal déterminée. La structure histologique ■ de ces organes représentés par Anderson comme simplement granuleux est des ,plus compliquées; Oh peut y reconnaître quatre .couches distinctes. De plus ces corps testiculaires ont une autre fonction à remplir : ils sécrètent une substance d’apparence cornée et d’une grande résistance à tousles réactifs. La sécrétion se fait au centre de l’organe chez le Sacculines jeune; chez A^Peltogaster c’est le canal déférent qui paraît surtout remplir cette dernière fonction. Il y a donc chez les Rhizocéphales quelque chose d’analogue à ce que Claparède a signalé pour les tuhes segmentaires de certaines annelides (Clætoptères).

Les spermatozoïdes ressemblent beaucoup à ceux des Cirripèdes; ils sont agiles et très longs un peu renflés vers une de leurs extrémités.

( Comptes-Rendus de l'Académie des Sciences, 27 octobre-1873.)

Deuxième mémoire sur les Rhizocephales : sur l’éthologie

de SACCULINA CARCINI.

La rareté de ce parasite en certains points des côtes de la Manche et de la mer du Nord, tient à la présence dans les mêmes localités de Mytilus edulis et de Molgula sociales dont les embryons vont se fixer sous la queue des crabes porteurs de sacculines et déterminent plus tard la mort du rhizocéphale.

Enumération des commensaux de la sacculine.

( Comptes-Rendus du 27 juillet 1874.)

Troisième mémoire sur les RMzocéphales.

J’ai insisté principalement sur deux points principaux :

Le premier a rapport à la fixation de l’embryon de la sacculine ; la fixation de la larve cypris (pupa-stage ), sous la queue des crabes se fait surtout pendant que ceux-ci sont en accouplement ; car, d’une part, les jeunes crabes, dont les organes génitaux ne sont pas encore arrivés à maturité, ne présentent jamais dè sacculines sous leur abdomen ; et, d’autre part, les jeunes sacculines ne se rencontrent jamais avant l’époque de l’accouplement des crabes.

Le second point se rapporte à un fait d’atravisme des plus curieux. L’orientation.de la sacculine, par rapport au crabe qui la porte, est constante et de plus analogue à celle qu’occupe le Peltogaster, par rapport au Bemardl’Hermite sur lequelii vit.,Or, dans le premier cas,, tout est symétrique, et rien dansles conditions extérieures, ni dans l’embryogénie ne peut déterminer la position de la sacculine, qui n’a aucun intérêt à tourner son côté droit plutôt que son côté gauche vers le corps du crabe. Il en est tout autrement pour le Peltogaster ; celui-ci, se fixant sur un animal qui vit enroulé dans une coquille de gastéropode, ne peut vivre qu’à la condition de diriger son ouverture palléale vers l’ouverture de la coquille. Cette position forcée du Peltogaster , devenant identique à celle, de, la sacculine quand on déroule l’abdomen du Pagure, l’auteur considère le brachyoure et sa sacculine comme .dérivés graduellement d’un anomoure porteur d’un Peltogaster. Si la sacculine continue à se fixer sans raison apparente, d’une manière déterminée et constante, c’est uniquement par atavisme.

Sur les Isopodes parasites du genre Entoniscus.

Les singuliers Isopodes parasites que Fritz Müller a découverts et décrits sous le nom générique d’ Entoniscus n’avaient été rencontrés, jusqu’à présent,

que sur la côte du Brésil. J’ai signalé l’existence de plusieurs espèces de ce genre sur le littoral de la Loire-Inférieure, et fait connaître plusieurs particularités nouvelles de leur organisation dégradée.

L’espèce la plus commune se trouve sous la carapace du Grapsus marmoratus Fai), varius (Latr.), crabe très-abondant sur les rochers du Pouliguen. Je l’ai appelée Entoniscus Çmolinii; il me paraît très-probable, en effet, que Gavolini a vu la femelle de cette espèce et l’a décrite comme une galle produite sur les entrailles du Grapsus (Granchio depresso, Granchio spirito) par la ponte de 1 ’Oniscm squilliformis , lequel n’est autre que le jeune Entoniscus, au moment où. il sort du sac ovigère.

L’anatomie de l’adulte, faite d’une façon complète, m’a révélé des différences très-considérables avec les types étudiés précédemment en Amérique.

L’embryon présente également des caractères différentiels bien nets. Le front est presque droit, comme chez VEntoniscus porcellanœ. Outre les yeux latéraux, qui sont doubles et Correspondent aux yeux définitifs des Isopodes normaux, il possède un oeil médian, formé par deux cristallins contigus, du pigment et des nerfs optiques. C’est l’œil nauplien qui a persisté, avec une structure identique à celle qii’il offre chez une foule de Copépodes, et qui disparaît plus tard avec les yeux secondaires, dans la métamorphose régressive de la femelle de VEntoniscus. Ce fait me paraît très-important, comme indiquant une trace de la phase Nauplius dans l’ontogénie des Isopodes. Chacune des cinq premières paires de pattes thoraciques se termine par une main préhensile, dont l’avant-dernier article est ovalaire et porte deux denticulès sur le côté -qui fait face à la dent opposable. La sixième paire de pattes thoraciques, si importante pour la caractéristique des Entoniscus. ne ressemble eh"rien à celles des espèces connues. Elle est composée de cinq articles ; celui qhi correspond à la main des autres paires est plus allongé et se termine à son bord interne par une petite dent fixe ; son bord externe se prolonge en un bâtonnet droit, aussi long que l’article qui le supporte, et garni à son extrémité d’un bouquet de poils raides.

La deuxième espèce que j’ai observée est beaucoup plus rare. Elle vit en parasite dans le Portunus puber; tandis que, sur trente Grapsus environ, on rencontre un Entoniscus Cavolinii, le parasite de l’Ëtrille ne se trouve que daus la proportion de 1 pour 100 crabes à péu près : encore ne l’ai-je observé que sur les Portunus recueillis à l’île Leven, en face de la pointe de Pen-Château. Il m’est arrivé d’en trouver deux dans le même Portunus.

Je nomme cette espèce Entoniscus Moniezii , la dédiant à R. Moniez, mon préparateur à la Faculté des sciences de Lille.

( Comptes-Rendus de l'Académie des Sciences, 12 août 1818.)

Notes pour servir à l'histoire du genre Entoniscus.

Ce mémoire, accompagné deplanch.es, renferme l’historique de nos connaissances actuelles sur ce genre d’IsopodesBopyriens, encore si peu étudié. J’y ai donné sur deux espèces nouvelles des détails anatomiques et embryogéniques qui ne paraîtront pas sans valeur aux zoologistes versés dans l’étude des parasites. Il me suffira de dire ici que j’ai èu l’occasion de corriger dans ce travail des erreurs commises par des hommes de la valeur de Cavolini et de Spence Bâte pour démontrer la difficulté de semblables recherches.

(Journal de l'Anatomie, de Ch. Robinet Pouchet, novembre-décembre 1878).

Sur le Cryptoniscus larvaeformis , isopode parasite de la Sacculine du Cancer mænas.

Le parasite le plus intéressant de la sacculine est un crustacé isopode de la famille des Bopyriens et du genre Cryptoniscus (F. Müller.) Deux espèces de ce genre étaient déjà connues: Cryptoniscus pygmœus (Liriope pygmea) Rathke, parasite du Peltogaster Paguri (mers d’Europe) et le Cryptoniscus planarioidesF. Müller parasite de Peltogaster purpureus (mers d’Amérique)Lq Cryptoniscus de la sacculine quej’aip'roposé d’appeler Cryptoniscus larvœformis diffère beaucoup des précédents pour la forme extérieure dans le sexe femelle et pour l’organisation.

(Comptes-Rendus de l'Académie des Sciences , 27 juillet 1874.)

Sur un amphipode (Urothoe marinus), commensal de VEchvnocardium •

Je fais connaître dans ce mémoire un moyen facile de se procurer communément un crustacé réputé comme très rare ; j’indique de plus l’existence, chez les TJrothoe d’un dimorphisme sexuel comparable à celui des Eyperia, ce qui rend compte de divergences que l’on rencontre dans les descriptions deSpence Bâte et de Grube, et démontré en outre que plusieure formes décrites comme spécifiquement distinctes, ne sont que les séxes séparés d’espèces encore mal connues.

[Comptes-Rendus de l'Académie des Sciences, 3 janvier 1876.)

Sur un diptère nouveau pour la faune française.

Présence du Penthetria holosericea Meigen, dans les bois de la frontière Belge. Description de ce diptère assez rare et mal figuré, dans les ouvrages français.

[Bulletin scientique du Nord, 1876.)

Note sur un diptère nouveau du genre Coterebra.

Dans cette note, j’ai fait connaître une larve d’oestride trouvée sous la peau d’une marmose ( Didelphys murina), de Cayenne, C’est le premier exemple d’un œstre parasite d’un marsupial. La marmose ayant des habitudes nocturnes, il faut que l’insecte pénètre dans les terriers, pendant le jour, comme

la GaMphùra vomitoria pénétre dans les terriers des lapins sauvages de nos dunes.

Deux faits se dégagent de l'étude des oestrides :

1° Le parasite est d’autant plus dégradé qu’il habite des parties plus profondes de son hôte. La dégradation va des cuticoles aux gastricoles, en passant par les cavicoles.

2° Il y a parallélisme approximatif entre l’arbre généalogique des parasites et celui des animaux qu’ils infestent.

Cette idée, qui, dans le cas actuél, pourrait conduire à des conclusions intéressantes pour la phylogénie des mammifères, m’a été suggérée par de longues recherches encore inédites sur les crustacés et les insectes parasites. Elle a été critiquée vivement par plusieurs naturalistes français. Mais, des travaux, publiés en Belgique par Ed. Van Beneden et en Allemagne par Fritz Muller lui donnent un très-solide appui.

Z’Empis ciliata, insecte imitateur du Bibio Masci.

Cas très-remarquable de Mimétisme entre des diptères appartenant à des familles différentes. J’ai recherché les causes probables de l’imitation dans ce cas particulier.

( Bulletin scientifique du département du Nord , 1873 ).

Le Sitakis Humeralis.

Présence de ce remarquable coléoptère aux environs de Valenciennes ; confirmation de plusieurs des belles observations de M. Fabre.

VERTEBRATA.

Recherches sur les Ascidies composées ou Syn ascidies.

Ces recherches constituent un volume in-8' de 204 pages, accompagné de dix planches dont six coloriées.

On conçoit qu’il nous est impossible de donner ici un résumé, même succinct, de cet important mémoire qui comprend les chapitres suivants :

Historique. — Généralités : position de l'ascidie. — Anatomie et physiologie. — Zoologie générale: éthologie. — Morphologie générale. — Zoologie descriptive et systématique. — Embryogénie. — Phylogénie.

J’ai consigné dans ce travail le résultat de plusieurs mois de recherches assidues au bord de la mer. Le bourgeonnement si curieux des ascidies composées, leurs rapports avec une foule d’autres êtres (mimétisme, parasitisme, etc.), sont étudiés avec le plus grand soin. L’embryogénie comparée avec les ascidies simples et les vertébrés a particulièrement attiré mon attention.

[Thèse de doctorat, novembre 1812.)

Contributions à l’histoire naturelle des Synascidies.

Ce mémoire fait suite au travail considérable publié par l’auteur en 1872. De nombreuses espèces nouvelles d’ascidiés composées, de Wimereux et des côtes de Bretagne sont décrites avec soin.

La synonymie de plusieurs espèces anciennes est discutée d’une façon complète. Mais j’ai cru devoir insister surtout sur les rapports éthologiques des ascidies avec une foule d’animaux marins et signaler les singuliers changements de formes amenés par le parasitisme ou le commensalisme chez des mollusques, dés crustacés, des éponges qui vivent au milieu des ascidies composées.

[Archives de zoologie expérimentale , t. Il, 1813.)

Note sur la structure de Vappendice caudal de certaines larves d’ Ascidies.

Le squelette de la queue des larves des Botryllus, des Astellium, et surtout de certaines Cynthia sociales, présente une étroite ressemblance avec celui de l’appendice caudal des jeunes poissons. On y trouve des rayons tout-à-fait comparables à ceux décrits avec tant de soin et d’exactitude chez l’embryon de l’épinoche, par le regretté professeur Baudelot.

( Comptes-Rendus de l’Académie, 29 juin 1874).

Note sur la morphologie comparée des Tuniciebs.

La forme asexuée solitaire des Salpa est l’homologue du cyathozoïde des Pyrosoma et des Diplosomidœ lequel constitue chez ces derniers le rudiment du cloaque commun; c’est aussi l’homologue du premier individu asexué dérivé de la larve urodèle des Botrylliens et des Polycliniens. Le stolon qui porte les zooïdes hermaphrodites des Salpes en chaîne est exactement constitué comme les stolons de Perophora et de Clavelina ou comme les ovaires stolons des Amarœciwm Circmalium, etc.; les granules nutritifs qui chez ces Synascidies servent à la formation des gemmes correspondent à 1 ’elmhlaste des Salpes. Quant va placenta , je le considérerai volontiers comme l’équivalent morphologique des sphères de réserve chez les Ascidies à embryogénie condensée, c’est-à-dire comme le rudiment ontogénique de l’appareil caudal des embryons typiques des tuniciers.

(In Éléments d’Anatomie comparée des invertébrés 1876, p. 336.)

Mémoire sur le Bourgeonnement du Perophora Listeri, par le professeur Kowcdevshy.

Ce mémoire a paru dans les Zapishi de la Société des Naturalistes de

Je l’ai traduit du russe et annoté d’après mes propres observations sur le Perophora (voir la note suivante).

[Revue des sciences naturelles de Rubrueü, 1874.)

Note sur les prétendus vaisseaux sanguins de la ttmique

Certains zoologistes ont eu l'idée de comparer les tubes sanguins de la tunique des ascidies simples à un réseau de capillaires. Ces prétendus vaisseaux présentent une structure tout-à-fait identique à celle des racines stolons du Perophora. Cette remarquable homologie des stolons du Perophore et des tubes tuniciers des ascidies simples me paraifavoir une importance très-grande au point de vue de la phylogénie. On peut en effet considérer les ascidies simples comme dérivant des ascidies composées; une ascidie simple représente un cormus dont une seule personne s’est développée, les autres demeurant rudimentaires et réduites aux tubes sanguins de la tunique.

Il existe aussi une curieuse homologie entre les stolons du Perophora et ce qu’on a appelé le post-abdomen des Polycliniens.

(Relue des Sciences naturelles, septembre. 1874.)

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