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Notice sur les travaux scientifiques. Mai 1900

ce sont l'anatomie descriptive et l’anatomie générale d’une part, la physiologie d’autre part, en y comprenant l’étude des mœurs, l’éthologie, sur lesquelles on devra s’appuyer. Toutefois l’anatomie, en raison des caractères positifs ou, si l’on veut, plus objectifs qu’elle nous offre, mérite dans la pratique de jouer le rôle prépondérant. D’ailleurs la relation forcée de l’organisation anatomique et des phénomènes physiologiques, implique nécessairement entre eux une dépendance réciproque, si bien qu’à priori, on ne peut admettre qu’ils ne soient pas, en quelque sorte, la traduction les uns des autres et que, par une conséquence naturelle, ils ne permettent indifféremment d’atteindre le but poursuivi. En poussant même plus loin les choses, l’apparence extérieure, les caractères morphologiques, reflètent plus ou moins l’organisation intérieure.

C’est à ce point de vue que je me suis placé dans différents travaux spécialement anatomiques (Vertèbres cervicales des Chéloniens, n"' 1 à 4. — Sirène lacertine, n“ 31, 32. — Tridacne, n“ 173, 176).

Mais j’ai surtout insisté sur l’importance des études d’anatomie microscopique ou mieux histologique, dont le zoologiste peut tirer l’utilité la plus grande pour saisir les rapports naturels des êtres. La valeur taxinomique de parties au premier abord aussi secondaires que celles qui revêtent le tégument chez les Mammifères et les Oiseaux, poils et plumes, a été mise en lumière par Blainville. Plus tard, Agassiz a repris cette idée dans la considération des écailles des Poissons, certains des groupes qu’il a proposés sont d’une valeur contestable (n° 78), toutefois le principe reste fécond. J’ai montré le parti qu’on retire de l’étude des écailles de la ligne latérale (n"‘ 75, 76) et comment l’évolution indépendante de la lamelle d’une part et des spinules de l’autre (il 0 79), jette Un nouveau jour sur la véritable signification du revêtement cutané dans les différentes Sous-Classes des Poissons. Dans le même ordre d’idée, j’ai fait voir comment la structure histologique du squelette et des épines pouvait permettre de distinguer les Poissons Acanthoptérygiens des Malacoptérygiens (h“ 72, 107).

Ces recherches anatomo-physiologiques, par lesquelles il était nécessaire de débuter, ont été mises à profit dans les études de classification, liées plus directement aux fonctions dont j’ai charge au Muséum.

En ce qui concerne les applications de l’anatomie aux études taxinomiques, il est important de faire observer qu’on donne souvent aujourd’hui, dans la classification des Vertébrés, une prépondérance trop exclusive à la considération du squelette. Tout en admettant sans doute l’importance de cet appareil, qui commande la forme générale de

e valeur particulière à ses rapports intimes avec dont les applications en paléontologie offrent, en it si considérable, je suis à plusieurs reprises

manière générale, avec l’École française, j’ai toujours cherché à former des divisions compréhensives, plutôt qu’à les multiplier, tout en tenant grand compte de la valeur des caractères, tel genre méritant d'être créé pour un petitnombre d’espèces, même pour une seule, mais n’admettant pas que l’on recule devant une coupe unique d’égale valeur, quel que soit le nombre des types spécifiques à y introduire, si les êtres qu’elle comprend sont réunis par des affinités réelles et qu’il faille pour la diviser avoir égard à des caractères secondaires.

Les riches collections du Muséum fournissent des documents d’une valeur inappréciable pour la connaissance de certains animaux dont cet établissement possède les pièces originales. «La conservation attentive de leurs exemplaires types, disait il y a peu d’années le regretté Marsh (1898), est un devoir sacré pour tout chercheur qui fait une découverte, et non moins pour ceux qui ont charge de garder de si inestimables témoignages du progrès des Sciences naturelles », c’est dire le prix que l’on doit y attacher. A une certaine époque, lorsque les collections n’étaient pas, à beaucoup près aussi considérables, qu’on se préocupait moins de la répartition des espèces animales, que, par suite, il paraissait inutile de multiplier outre mesure le nombre des spécimens représentant une espèce dohnéé, il était facile de reconnaître les objets et l’on ne songeait guère à désigner d’une manière précise l’exemplaire d’après lequel un type spécifique avait été établi, aussi la recherche aujourd’hui en devient-elle parfois pénible. Je me suis attaché dans différents travaux à établir l’authenticité de bon nombre d’entre eux en étudiant les descriptions des anciens naturalistes, pour y découvrir des particularités, souvent individuelles, mais de nature précisément à démontrer d’une manière indiscutable, que le créateur de l’espèce avait bien ce sujet en vue. C’est ainsi que j’ai pu retrouver la plupart des Crocodiliens du groupe Caïman décrits par Cuvier, qu’en même temps j’ai pu préciser quel était l’exemplaire type du Crocodile noir d’Adanson (n° 52), sujet de tant de controverses, celui du Crocodile à large museau de Daudin (n° 53). Enfin plus récemment MM. Gunther et Rothschild, dans une visite faite à nos galeries, ayant émis des doutes sur la légitimité du rapprochement fait entre la dossière d’après laquelle Duméril et Bibron décrivirent leur Tortue de Perrault et celle du sujet disséqué par Perrault lui-même, il m’a été possible de démontrer cette identité (n° 39).

On n’a plus aujourd’hui à insister surl’intérêt que présentent les questions relatives à la répartition des êtres soit dans l’espace, étudesgéographiques et bathymétriques, soit dans le temps, études paléontologiques.

avec la hauteur de marées déterminées, ce qui pourra avoir un intérêt pratique (n 01 97 k 101).

Les connaissances zoologiques seraient incomplètes si on ne cherchait h les appliquer aux espèces perdues, si on négligeait d’y joindre les études paléontologiques. Ici, en ce qui concerne les principes de la classification, quelques réserves doivent être faites, pour, h l'exemple de certains naturalistes, ne pas donner aux êtres fossiles par rapport aux

Reptiles et les Poissons, dans les cas les plus heureux, et ils sont rares,

nous n’en possédons que le squelette, parfois des empreintes donnant des moulages plus ou moins imparfaits.

Aussi tout en reconnaissant l’utilité que tire la zoologie de l’étude des espèces perdues, je mé suis toujours appliqué k baser la classification générale d’après les espèces actuelles, seules convenablement connues au double point de vue anatomique et physiologique, intercalant ensuite

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