Nouvelles études sur les zones littorales
(Ann. Se. nat., T série, t. XII, p. 39 ; 1891.)
Ces différents travaux sont relatifs à une question qui pourra avoir une certaine importance en ce qui concerne l’étude des marées sur un point donné.
Les deux premières notes sont développées dans le Mémoire n° 99.
11 comprend deux parties : la première est relative aux divisions qu’il convient d’adopter pour le partage en zones de la portion des côtes qui, par suite du mouvement des marées, est tantôt couverte, tantôt découverte, ou la Région littorale. Après un résumé des opinions émises à ce sujet par Audouin et Milne Edwards, Sars, OErsted, Forbes, etc., se trouvent exposés dans un tableau les rapports à établir entre ces zones et la hauteur des différentes marées, de mortes eaux, de vives eaux, d’équinoxe ; la division à laquelle je me trouve conduit, est analogue à celle adoptée par les premiers de ces auteurs.
La seconde partie expose le résultat d’une série d’observations faites pour apprécier le temps que les Balanus ialanoides, animaux sédentaires, essentiellement aquatiques, passent hors de l’eau. On est amené à conclure qu’un certain nombre d’individus de ces singuliers Crustacés restent les dix-huit ou dix-neuf vingtièmes de leur existence hors de l’élément, dans lequel cependant ils peuvent seulement se nourrir et même respirer normalement. Des expériences complémentaires montrent que ces animaux peuvent rester vivants quarante-quatre jours au moins dans l’air, s’ils sont à. l’abri de la dessiccation. La hauteur maximum à laquelle ils s’élèvent à Saint-Malo correspond très exactement à la hauteur qu’atteignent les marées les moins élevées de vives eaux. La manière dont les observations ont été conduites est exposée sur la planche d’une manière graphique.
Les recherches relatées dans les deux dernières notes étendent l’idée développée dans le précédent travail en l’appliquant à un
Annélide perforant de nos plages calcaires, le Leucodore ciliatus, Johnston.
En recherchant le niveau supérieur auquel s’arrête la station normale dé ces Vers, j’âi trouvé qu'au Bourg d’Ault, où les observations ont été faites, on doit le placer à environ 5*,6 au-dessus du zéro des cartes marines, point de départ adopté dans VAnnuaire des marées. Or, en calculant pour l’année 1890, les limites théoriques des zones de la région littorale, dont un tableau est donné dans le travail pour la localité précitée, on voit que cette élévation répond au niveaù moyen de la mer, 5“,3.
J’ai trouvé également au Bourg d’Ault, que le point auquel s’élève le Balanus balanoides, Linné, répond, comme à Saint-Malo, au niveau théorique des pleines mers minimums de vives eaux.
En multipliant ces recherches en des lieux différents et sur des espèces variées, on pourrait arriver, comme le montrent ces deux exemples, à établir une sorte d’échelle de niveaux, par le moyen de laquelle, sur un point non encore connu quant au régime des marées, on pourrait avoir des notions positives sur celui-ci par la simple inspection des êtres habitant le rivage.
102 . — Remarques sur les dépôts marins de la période actuelle au point de vue du synchronisme des couches.
(Bull. Soc. géologique de France, S' série, t. IX, p. 83, 22 novembre 1880 ; une figure dans le texte.)
L’hypothèse sur laquelle est basée cette interprétation de l’âge respectif de couches superposées, est déduite des études dont il est question dans les précédentes recherches sur les faunes des Régions marines, aussi bien littorales que côtières ou abyssales.
On observe qu’aux différents niveaux les populations animales, dont seules il est ici question, changent, si bien qu’ù une certaine profondeur on ne rencontre plus aucun des êtres des couches supérieures. Si donc on suppose théoriquement sur les parois d’un bassin clos, trois faunes superposées, caractérisées chacune, en aillant de haut en bas, par la présence des Balanes, des Haliotides, des Huîtres, types arbitrairement pris pour fixer les idées, et qu’on
suppose ensuite le bassin se comblant peu à peu, lorsque le fond se sera relevé jusqu’à un certain point, les Huttres disparaîtront d’abord, ne trouvant plus les conditions de profondeur nécessaires à leur existence, plus tard viendra le tour des Haliotides, enfin les Balanes périront elle-mêmes. A cette époque une coupe au centre du bassin montrera trois couches superposées différant par les animaux qui s’y trouveront et même, on peut en démontrer la possibilité, par la nature des roches; on serait tenté de rapporter ces couches à des époques géologiques distinctes, tandis que les espèces qu’on y trouve, ayant vécu simultanément, les couches sont, au point de vue de la paléontologie, synchroniques.