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III. — ÉTUDES ZOOLOGIQUES

103.— Recherches sur les affinités naturelles des Familles composant le Sous-Ordre des Poissons Malacoptérygiens abdominaux.

La classification des Poissons Téléostéens présente encore à l’heure actuelle de grandes difficultés. Le nombre des espèces est considérable, les formes quoique variées sont assez analogues entre elles, et, depuis les travaux des premiers ichthyologistes, la méthode reste toujours en grande partie basée sur la considération delà nature des rayons et des épines, qui soutiennent les nageoires, sur la position des ventrales et autres caractères dont la valeur peut être regardée comme faible, bien que chez ces Vertébrés, la prépondérance relative de l’exosqueleîte, auquel se rattachent plusieurs de ces appareils, justifie en cela leur emploi taxino-

Pour chercher si l’on ne pourrait pas trouver des rapports d’un autre ordre entre les différentes Familles, qui, elles, peuvent être considérées comme réellement naturelles, au moins pour la plupart, j’ai tenté dans ce travail, qui résume une partie du cours professé au Muséum en 1882-1.883, dans lequel dix-huit, leçons ont été con-

sacrées à l’étude des Malacoptérygiens abdominaux ou Abdominales, d’indiquer les affinités que les Familles, qui le composent, présentent entre elles.

En ayant égard aux différences tirées de la composition delà mâchoire supérieure, de la présence ou de l’absence de nageoire adipeuse, de l’écaillure, de la position de la dorsale à rayon, on peut distinguer cinq types principaux : les Silures, les Cyprins et les Brochets, les.Saumons et les Harengs.

. ..C’est autour de ces Familles prises comme centres, que les autres groupes ont été graphiquement disposés sur un tableau qui accompagne le mémoire; les rapports de passage d’une Famille à l’autre, soit dans un même cercle ou même groupe principal, soit entre deux cercles différents, sont indiqués par des lignes ponctuées. La position d’un groupe dans un cercle donné exprime, par son plus ou moins grand éloignement du centre, le degré approché d’affinité des différentes Familles. Un cercle central réunit les Scopelidæ, les Stomiatidæ , les Sternoptychidæ, lesquels, tout en appartenant respectivement aux groupes des Cyprins, des Esoces et des Salmonidés, offrent entre eux des analogies frappantes, qui peuvent être attribuées à des influences extérieures, en particulier celle de l’habitat; ces Familles renferment la majeure partie des espèces bathyoïkésites du Sous-Ordre.

A la fin de ce travail se trouvent quelques considérations sur la distribution des Abdominales en rapport avec la nature du milieu. Dans ce groupe la plupart des Familles, près des deux tiers, ne renferment que des espèces habitant les eaux douces. Si l’on a égard au nombre des types spécifiques, la proportion des espèces marines devient encore plus faible, car il n’en existe pas dans le groupe des Silures ; pour les Cyprins et les Saumons nous ne trouvons que les familles des Scopelidæ et des Sternoptychidæ. Le nombre augmente dans le groupe des . Esoces et encore plus dans celui des Clupes.

Enfin, si l’on étudie cetle même question d’habitat à un point de vue plus général pour l’Ordre des Téléostéens proprement dits ou Chorignathes, on voit que le Sous-Ordre des Abdominales renferme la grande majorité des espèces dulçaquicoles. On peut, en effet, estimer celles comprises dans ce dernier Sous-Ordre à 2000, sur

lesquels 1900 environ, soit 95 p. 100, se trouvent dans les eaux douces ; les Anacanthini, beaucoup moins nombreux, 350 espèces, n’en ont que 3, moins de 1 p. 100 : les Acanthopterygii, sur à peu près 3000 espèces, en offrent 295 comme des eaux douces soit 10 p. 100.

104. — Sur deux Siluroïdes de l Oubangui (Chiloglanis Dybowskii, nov. sp., et Synodontis maculatus, Vaillant).

(C. n. séances Soc. philom. Pans, 8* série, t. IV, n» 16, p. 2 ; » juin 1892.)

105. — Remarques sur la valeur et la synonymie de quelques espèces de Synodontis.

106. — De la forme des dents mandibulaires chez les Synodontis et

description de deux espèces nouvelles.

(6. It. séances Soc. philom. Paris, 8* série, t. VU, p. 47; 8 juin 1893.)

107. — Sur la constitution et la structure de l'épine osseuse de la nageoire dorsale chez quelques Poissons Malacoptérygiens.

(C. n. Acad. Sc., t. CXXI, p. 909 ; 9 décembre 1893.)

108. — Essai monographique sur les Silures du genre Synodontis.

(Ifotra. Arch. Muséum Hist. nat., 3' Série, t. VII, p. 233,1895, et t. VIII, p. 87, 1896.)

Le but de ces notes et de cette monographie a été, non seulement d’étudier les espèces d’un genre, intéressant à plusieurs titres, et de faire connaître une partie des richesses que renferme la collection ichthyologique du Muséum, mais aussi de chercher les bases sur lesquelles peut s’appuyer le zoologiste pour établir chez ces

Poissons les distinctions spécifiques et en'reconnaître les rapports naturels.

C’est au développement de ce point de vue général, qu’est consacrée la première partie du dernier mémoire. On y trouvera, sur les Synodontis ou Schalls, un exposé historique, suivi de l’examen des organes et des particularités qui peuvent servir à classer ces Silures : t° Habitus extérieur et squelette : 2° Nageoires; 2° Barbillons; 4° Orifice buccal et dents maxillo-mandibùlaires ; 5" Coloration.

Plusieurs points ont fixé particulièrement mon attention. Telle est la structure du tégument, qui, chose singulière pour des Poissons, offre dans quelques espèces un aspect villeux, poilu; ceci dépend de la présence de prolongements cutanés, constitués par les différentes couches dermo-épidermiques. Depuis nous avons constaté avec M. Pettit qu’il y avait adjonction de cellules géantes d’une nature particulière (n" 74).

Une étude de la terminaison de la colonne vertébrale, c’est-àdire de l’appareil hypural, fait voir que ce dernier est constitué d’une manière analogue à ce que M. Kôlliker a fait connaître pour la Carpe, sauf quelques points de détail, tels que la soudure plus intime des pièces épichordales et hypurales proprement dites.

11 n’en est pas tout à fait de même en ce qui concerne les épines osseuses, qui arment les nageoires soit dorsale, soit anale, chez beaucoup de Siluridées et quelques Cyprinidées. Ici l’on constate, à côté de certaines analogies, des différences très importantes et de nature à faciliter la, distinction de ces deux Familles. Chez l’une comme chez l’autre, la nature histologique de ces organes est nettement osseuse et non scléro-dentineuse comme chez les Acanthoptérygiens ; l’épine dans sa portion calcifiée se trouve formée en premier lieu d’un axe, résultant de la soudure d’articles primitivement cartilagineux et dont on trouve toujours trace dans un prolongement terminal mou, figuré par différents auteurs, mais dont la signification n’avait pas encore été donnée. Cet axe, comme Cuvier en avait fait la remarque, a donc la structure, malgré sa rigidité, d'un rayon de Malacoptérygien. 11 s’y ajoute ultérieurement, pour augmenter la solidité de l’organe, des couches osseuses périphériques, sécrétées par une enveloppe dermo-épidermique, laquelle, sur le frais, recouvre toute l’épine etse continue avec le prolonge-

ment terminal articulé. Si la structure histologique est ainsi la même dans les deux Familles, la constitution de l’organe diffère notablement, étant simple, au moins à l’état de complet développement, chez les Silures, au contraire composé de deux parties distinctes, symétriques, l’une droite, l’autre gauche, chez le Cyprin. Cette dernière disposition avait été jusqu’ici regardée à tort comme générale chez les Poissons.

L’étude des dents mandibulaires flexibles, caractéristiques du genr e Synodontls, m’a permis de trouver des caractères nouveaux, dont l’importance pour la distinction des espèces ne paraît pas douteuse, étant tantôt simplement courbes (S. clarias, Linné), tantôt crochues et, dans ce cas, soit simples (S. schall , Bloch- Schneider), soit échanerées en arrière du crochet (S. membranaceus , Geoffroy). Leur structure histologique a également été l’occasion de recherches, sur lesquelles il est inutile d’insister ici.

La seconde partie descriptive est précédée de considérations sur la valeur taxinomique des caractères étudiés. Je les distingue, en caractères rationnels et caractères empiriques, suivant qu'ils reposent ou non sur des différences morphologiques qu’on peut regarder comme dépendant de modifications biologiques importantes. Aux premiers se rapportent la disposition de la fente branchiale, la forme des dents mandibulaires flexibles, l’absence ou la présence de dents mandibulaires en velours, celle des villosités cutanées, la conformation des barbillons maxillaires simples, bordés ou frangés, enfin certaines modifications de l’orifice buccal ; aux seconds, la forme de la tête, les dimensions et l’ornementation soit des épines osseuses des nageoires, soit du prolongement huméral, la coloration, etc. Pour la coloration, en particulier, on devra avoir égard à l’âge, beaucoup d’espèces, sinon toutes, présentant d’abord une livrée, particularité qui sera peut-être de quelque secours pour grouper les espèces, lorsque l’étude en sera plus complète (n° J44). Un tableau synoptique, dans lequel les caractères sont, d’après ces considérations, employés suivant leur valeur, donne une application de ces principes pour distinguer 17 espèces, représentées dans les collections du Muséum et dont l’étude, par suite, a pu être plus complète.

La répartition géographique de ce genre est intéressante parce

qu’il est absolument spécial à la sous-région Éthiopienne proprement dite, c’est-à-dire au continent Africain, moins la partie nord et nord-est, celle que M. Dombeck désigne sous le nom de domaine des Trogloichthydæ ou Poissons souterrains. Sa présence à l’extrémité australe est douteuse, .malgré l’opinion contraire émise par Bleeker. La distribution des 26 espèces connues est donnée sur ce vaste espace, divisé, pour la commodité du sujet, en trois versants : nilotique, oriental et occidental ; mais, bien que certains Schalls puissent être cités comme spéciaux à chacun de ces versants, le nombre des espèces communes, la vaste extension de quelquesunes d’entre elles, et des mieux définies, doivent faire supposer qu’elles sont, pour le plupart du moins, répandues dans toute la sous-région Éthiopienne, confirmant une fois de plus l’homogénéité frappante de cette faune, qu’on peut croire s’être primitivement formée dans la région des grands lacs, réunis à cette époque en une vaste mer intérieure, et de là ayant rayonné sur les trois versants actuels.

Ce mémoire, qui comprend 144 pages d’impression, se termine par l’énumération descriptive des différentes espèces, la plupart étudiées sur nature, soit au Muséum d’Histoire naturelle, qui renferme bon nombre de types authentiques, soit à Londres au British Muséum, dont les collections m’ont été ouvertes avec une grande libéralité par MM. Günther et Boulenger. Pour quelques espèces seulement j'ai dû me borner à reproduire les descriptions données par les auteurs.

109. — Note sur une nouvelle espèce d’Élasmobranche Hypolrème ,

le Cephaloptera Rochebrunei.

(Bull. Soc. philom. Paris, T série, t. III, p. 187 ; 10 mai 1879.)

Ce Céphaloptère, dont le disque mesure transversalementl””,09, a été rapporté du Sénégal par M. Trémeau de Rochebrune.

110. — Sur les Raies recueillies dans l’Amazonepar M. le D’Jobert.

(Bull. Soc. philom. Paris, 7* série, t. IV, p. 251 ; 14 août 1880.)

Le fleuve des Amazones, dans la partie supérieure de son cours,

est habité par un certain nombe de Poissons Élasmobranches, voisins des Raies. M. Jobert, pendant un voyage entrepris sous les auspices du gouvernement brésilien, a pu en récolter de nombreux exemplaires, qui ont été remis au Muséum d’histoire naturelle. Ces animaux, dans un magnifique état de conservation, permettent de mieux fixer les caractères des Tæniura Mülleri et T. Dumerilii ; on trouve de plus une espèce nouvelle, le T. constellata. D’autres exemplaires montrent que les Trygon strongylopterus , Sehomb., et Ellipesurus spinicauda, Sehomb , doivent être assimilés au Trygon orbicularis, Bl. Sch.

Enfin une série très complète du Trygon Dumerilii, Cast., depuis la sortie de l’utérus jusqu’à l’état adulte, fait voir que ce poisson, d’abord entièrement lisse, acquiert graduellement les sclérites, qui, sur l’animal arrivé à son état parfait de développement, rendent la peau très rugueuse ; ceci devra être pris en considération pour déterminer les espèces.

— Sur le genre Megapleuron.

(C. B. Acad.. Sc., t. CXtV, p. 1083 ; 9 mai 1892.)

lin nouvel examen, dont les résultats ont été contrôlés par mon savant collègue et maître M. Gaudry, montre que les écailles, qui recouvraient le curieux Poisson permien, pour lequel il a établi le genre Megapleuron, ne sont pas du type ganoïde, mais bien cycloïdes, analogues à celles qu'on rencontre chez d’autres Dipnées, tels que le Ceratodus actuel de la Nouvelle-Hollande. Ces deux genres paraissent très rapprochés l’un de l’autre et fournissent un curieux exemple de la persistance d’un type, d’ordre même assez élevé, depuis ces époques anciennes jusqu’à nos jours.

ÎÎ2*. — Polypterus retropinnis et Ectodus Foæ,

espèces nouvelles de l'Afrique équatoriale.

(Bull. Muséum Hist. nat., I. V, p. 219. — Réunion du 30 mai 1899.)

Description de deux espèces de Poissons dont l’une appartient au genre Po'lypterus, essentiellement caractéristique de la faune afri-

caine, mais dont les espèces sont très difficiles à distinguer les unes des autres, certains caractères, en général d’une assez grande importance, comme le nombre des rayons de la dorsale, divisée ici en pinnules, n’ayant pas la fixité qu’on leur trouve habituellement. Le Polypterus retropinnis appartient au groupe des espèces chez lesquelles la première pinnule est située très en arrière de la pectorale, il se rapproche évidemment beaucoup du Polypterus Palmas, Ayres, mais sa première pinnule se trouve à la 33° ou 35' rangée d’écailles, tandis que chez celui-ci elle ne dépasserait pas la 27*, la nageoire ventrale serait aussi plus en avant que chez les autres Po-

L 'Ectodus Foœ appartient à un genre récemment établi par M. Boulenger, il a été trouvé dans la partie sud du lac Tanganyika, par le zélé voyageur auquel l’espèce est dédiée.

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