Remarques sur le genre Pogonoperca, Günther
(Bull. Soc. pkilom. Pmis, 6« série, t. XI, p. 9 ; 14 février 1874.)
L’examen de l’individu type, sur lequel Cuvier et Valenciennes ont établi leur Grammistes punctatus , démontre l’identité de cette espèce et du Pogonoperca ocellata de M. Günther, assimilation admise d’ailleurs par ce dernier, dans une addition rectificative à la fin de son premier volume du Catalogue des Poissons du Musée Britannique. Mais il semble de plus que le genre Pogonoperca , Günt., ne doive pas être conservé, l’étude de nombreux individus du Grammistes orienta/is, Bl. Schn., montrant que ces Poissons ne sont pas en réalité privés d’épines anales, et ont, au moins à l’état rudimentaire,un barbillon, caractères qui seuls seraient distinctifs du nouveau genre.
131. — Note sur une espece nouvelle du genre Cheilodipterus. (Bull. Soc. pkilom. Paris, 6' série, t. XU, p. 27 ; 22 mai 1873.)
Cette note expose l’état de nos connaissances sur les espèces, peu nombreuses, qui composent le genre Cheilodipterus , avec la description d’une espèce nouvelle, le Cheilodipterus polyacanthus de Plie de la Réunion.
132. — Remarques sur la famille des Bogodini, Blkr. et description d'une espèce nouvelle, l' Ambassis Valenciennii.
{Bull. Soc. pUlom. Paris, 6" série, t. XII, p. 32; 18 juillet 1815.)
La valeur des caractères sur lesquels Bleeker a fondé sa subdivision en genre des Ambassis, C. V., dont il fait la Famille des Bogodini, est discutée dans cette note. Notre espèce nouvelle, rapportée d’Alipay par Dussumier, fait voir que la subdivision des Parambassis, connue jusqu’ici des eaux douces de Bornéo et de Sumatra, se trouve également représentée sur le continent indien.
133*.— La répartition des Siluroides dans l’espace et dans le temps.
Exposé d’une leçon résumant la partie du cours d’ichthyologie professé au Muséum en 1896-1897.
Partant d’un type en quelque sorte central de la Famille des Siluroïdes représenté par les Bagrus et les Arius, on trouve une branche qui par les Plntosus et les Clarias conduit aux Apodes, une autre qui par les Doras, les Hypostomus, les Trichomycterus, les Stegophilus, incline, vers les Abdominaux cyprinoïdes.
L’étude de la répartition géographique fait ressortir l’abondance de ces Poissons à l’heure actuelle dans la zone intertropicale, avec extension, dans l’Amérique du Nord par des types voisins de ceux de l’Amérique du Sud, en Europe par des types rapprochés de ceux de la région indienne. 11 y aurait là une sorte d’opposition à établir avec les Percoïdes, les Cottoïdes, les Esocioïdes, peuplant ces mêmes régions américaine nord et européenne, ces derniers Poissons paraissant venir au contraire de faunes boréales.
La paléontologie d'autre part, autant qu’il est permis d'en juger avec les documents incomplets que nous possédons, nous montre que les Siluroides ont été représentés en Europe par des genres voisins sans doute des Arius et des Bagrus à l’époque tertiaire. Il est difficile, dans l’état actuel de la science, d’admettre sans réserve
les rapports de ce groupe avec les types plus anciens tels les Spatkiurus , les Pelecopterus , etc., même les Coccodus , qui cependant en paraissent plus voisins.
134. — Sur la distribution géographique des Percina (première section des Percdides).
(C. R. Ac ai. Sc„ t. LXXV, p. 1278; 18 novembre 1872.)
L’élude de ces animaux montre qu’ils peuvent fournir, au point de vue de la répartition des espèces, des équivalences géographiques analogues à celles qu’on a signalées (n° 124) dans d’autres groupes.
Les travaux de MM. Günther, Canestrini, Gill, établissant la délimitation de ce groupe des Percuta, si l’on étudie l’extension des principaux genres des eaux douces, on voit qu’au nord de l’Altaï et des chaînes qui le prolongent vers le détroit de Behring d’une part et la mer Caspienne de l’autre, le Poisson caractéristique du groupe est le Perça fluviatilis, qui existe sur toute cette étendue. Au sud, il est remplacé par le Siniperca en Chine, les Laies, aux Indes et en Afrique. Dans l’Amérique septentrionale se trouvent, au nord le Perça flavescens, au sud les Centropomus. A côté de ces genres ayant une aire étendue s’en rencontrent d'autres moins importants, qui*au contraire, sont très limités, mais entre lesquels peuvent cependant se saisir certaines relations de l’Ancien au Nouveau Continent.
Enfin, la considération des espèces marines fait voir qu’elles sont cantonnées d’une manière analogue aux espèces dulçaquicoles près desquelles elles se trouvent. Ainsi, en face du Perça fluviatilis vivent nos trois espèces, très voisines d’ailleurs, de Labrax européens, et sur les côtes de l’Amérique, où habite le Perça flavescens, deux autres espèces appartenant également au genre Labrax, tandis qu’en Chine, vis-à-vis des Siniperca, se rencontrent les Percalabrax (p° 77).
On peut encore faire remarquer que les Perça et les Labrax, les Siniperca et les Percalabrax, sont en dehors des tropiques ; les Lûtes et les Centropomus, au contraire, habitent des zones plus chaudes. D’une manière générale, les Percina sont des Poissons propres sur-
tout, à l’hémisphère boréal ; les Percichthys au Chili, YEnoplosus armatus sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, ce dernier genre aberrant, font seuls exception, en y joignant sans doute le Lates colonorum, Günther, Poisson de ce dernier continent.