Sur les affinités des Etheostomata
Les grands fleuves de la partie nord du Nouveau Continent nourrissent un nombre considérable de Poissons de petite taille, qui
jusqu’alors n’avaient jamais été l’objet d'un travail d’ensemble. Les recherches auxquelles ils ont donné lieu se trouvent disséminées dans un grand nombre de recueils américains et en Europe on peut dire qu’ils étaient presque inconnus. C’est à peine si M. Günther, dans son Catalogue des Poissons du Musée britannique, signalait en passant quelques genres, la plupart simplement nommés, et donnait la diagnose de quatre ou cinq espèces. La confusion, qui règne dans la plupart des notices publiées sur ces êtres, rend, il est vrai, ce travail de révision difficile. Ayant trouvé dans les collections du Muséum un certain nombre d’exemplaires se rapportant à ce groupe de Poissons et provenant d’envois dus surtout à L. Agassiz et à M. Copè, il m’a paru qu’il ne serait pas sans utilité de les faire connaître par des descriptions et des figures, en cherchant à rassembler tous les documents bibliographiques concernant ces animaux. C’est le but de ee mémoire.
Une première partie historique indique les travaux publiés sur ces Poissons; les recherches de Rafmesque, qui, dès 1820, a le premier décrit plusieurs de ces animaux, et fondé le genre Etheostoma ; puis de Iiirtland (1838-1839), Storer père et fils (1841 à 1851), ceux de Dekay (1842), Haldeman (1843), les deux mémoires très importants de L. Agassiz (1850 et 1854), dans lesquels le groupe a été établi à titre de Famille distincte ; les travaux de Holbrook (1855-1858), de Baird et Girard (1858 et 1859), d’Abbot (1860), de Putnam (1863), et en dernier lieu de M. Cope (1864-1869); y sont analysés.
Après cet exposé, la question, qui se présente naturellement, est de savoir jusqu’à quel point l’établissement d’une Famille spéciale pour ces Poissons estjustifié. Ici j’ai cru devoir m’éloigner des vues émises par Agassiz pour revenir aux idées anciennes de llafinesque, adoptées d’ailleurs par M. Günther, par M. Cope, et depuis, par MM. Jordan et Gilbert (1882) c’est-à-dire regarder simplement ces êtres comme de la Famille des Percoïdes et ne formant sans doute qu’une sous-section parmi les Percina. En effet, les principaux caractères sur lesquels se fonde l’éminent zoologiste sont contestables ou ne paraissent pas avoir la généralité qu’il leur a supposée. Le premier serait l’état incomplet de l’arcade sous-orbitaire ; or, chez plusieurs espèces de Pileoma, de Boleosoma, de Poecilichthys,
c’est-à-dire dans des genres très variés, j’ai trouvé que la série des os sous-orbitaires s’étendait en chaîne continue de la partie antérieure de la face au frontal postérieur, comme chez les véritables Perches. La vessie natatoire se rencontre chez les Pileoma et manque chez les Boleosoma ; l’argument tiré de son absence serait donc loin d’avoir une valeur absolue. Dans le premier de ces derniers genres, j’ai trouvé une pseudobranchie. Quant à la présence d’écailles ventrales spéciales, caractère donné par quelques naturalistes pour justifier l’établissement de la Famille, on sait que cela n’est constaté que : pour certains genres seulement, et les observations peuvent même porter à penser qu’il peut y avoir des variations individuelles tenant au sexe ou à la saison. Chez nos Poissons d’eau douce d’Europe, on trouve des faits analogues; c’est ainsi que les écailles ventrales des Aprons sont tantôt cténoïdes tantôt cycloïdes (n° 77), que chez lès Grémilles la gorge est parfois nue, parfois au contraire couverte de larges écailles. En ajoutant que chez tous ces animaux les ventrales thoraciques, bien développées, présentent un rayon dur et cinq mous, que l’operculaire est toujours pourvu d’une épine saillante, enfin qu’il existe des dents vomériennes et palatines (excepté Hyostoma) et des cæcums pyloriques médiocrement nombreux, il paraît difficile d’admettre l’opinion qui voudrait rapprocher ces êtres des Cottoïdes ou des Gobioïdes ; on doit plutôt les regarder comme les analogues de quelques-uns de nos Poissons des eaux douces d’Europe, surtout des Aspro, avec lesquels les Pileoma offrent des rapports frappants.
L’étude anatomique faite ici pour la première fois d’après le Pileoma zébra, Agass. et le Boleosoma Olmstedi, Storer, m’a surtout aidé dans la discussion de cette question taxinomique. Des figures du squelette et de l’appareil digestif font connaître les différentes particularités qu’on observe chez ces deux espèces.
Cette introduction se termine par un coup d’oeil sur la distribution géographique de ces êtres en adoptant les régions établies par Putnam pour la répartition des Poissons d’eau douce aux États-
La seconde partie du mémoire a pour objet l’étude descriptive. On peut regarder ces Poissons comme formant dans la première section des Percoïdes, les Percina, un ensemble distingué des
autres genres par leur préopercule sans dentelures, six rayons branchiostèges, des écailles proportionnellement grandes. Ils forment d’ailleurs un type dégradé, ce qu’indique en particulier le nombre plus variable des épines delà première dorsale. Les genres admis sont au nombre de douze, dont deux, imparfaitement connus. Un tableau synoptique en résume les caractères les plus saillants.
Ces genres et les espèces qu’ils renferment sont étudiés en détail. Pour les premiers, la diagnose, la discussion de la synonymie, l’examen critique des espèces, la distribution géographique de celle-ci, sont successivement traitées. Il a été indispensable d’établir dans presque tous les genres une division en espèces certaines et douteuses, les premières étant celles soit étudiées sur nature, soit décrites et figurées avec assez de soin par les auteurs pour qu’il n’y ait aucun doute sur leurs affinités. Sur les cinquantetrois citées dans le Mémoire, vingt-cinq, dont dix-neuf existent dans les collections du Muséum, peuvent être regardées comme convenablement connues.
Les genres étudiés sur nature ont été tous figurés par une ou plusieurs espèces. Pour les types de la collection on trouvera toujours une description méthodique détaillée, qui pourra permettre de faire les assimilations avec autant d’exactitude que possible ; ce mémoire, en effet, a eu principalement pour but de rassembler des matériaux en vue de faciliter un travail plus approfondi à des zoologistes, pouvant disposer de matériaux plus complets.
15f. — Sur une collection de Poissons recueillie en Basse-Californie et dans le golfe, par M. Léon Diguet.
(Bull. Soc. •philom. Paris, 8- série, t. VI, p. 69; 9 juin 1894.)
Trente-sept espèces dont trois nouvelles ( Fundulus lima, NeomugilDigueti , nov. g., Atopoclinus ringens, nov. g.).
152. — Observations sur les Poissons de la région centrale de T Amérique. — Mission scientifique au Mexique et dans l’Amérique centrale , ouvrage publié par ordre du Ministre de ï Instruction publique.
Ce travail a pour objet de faire connaître la riche collection de Poissons du Mexique et du Guatemala rassemblée par M. Bocourt, membre de l’expédition. Les trois livraisons parues renferment l’étude des Percoïdes et des Sciénoïdes avec le commencement de celle des Sparoïdes.
La première famille comprend dix genres e,t trente-huit espèces ( Centropomus , Lacép., 13 sp. ; Apogon, Lacép., 1 sp. ; Serranus, Cuv., 44 sp. ; Plectropoma, Cuv., 2 sp. ; Lutjanus, Bl., 6 sp. ; Centropristis, C. V., 1 sp. ; Micropterus, Lacép., 4sp. ; Holocentrum, Cuv., 1 sp. ; Polynemus,\ inné, 3 sp. ; Sphyræna, Bl. Schn., 1 sp.). Les Sparoïdes renferment onze genres et seulement vingt-sept espèces ( Otolithus , Cuv., 3 sp. ; Corvina, Cuv., 6 sp. ; Dmbrina, Cuv., 2 sp. ; Paralonchurus, Boe., 1 sp. ; Polycirrhus, Boc., 1 sp.; Micropogon,C. V-, 1 sp. ; Diabasis, Desm., 4 sp.; Conodon,C. V., 1 sp ; Pristipoma, Cuv., 6 sp. ; Pomacentrus , Lacép., 1 sp. ; Glyphisodon, Lacép., 1 sp.). Le genre Sargus Cuv. commence la série des Sparoïdes.
Pour certains genres spéciaux à la région, tels que les Cenlropomus, Lacép., les Micropterus, Lacép., afin de rendre plus précises les descriptions, je ne me suis pas contenté d’exposer les caractères des espèces rapportées par la Commission, les diagnoses différentielles sont données pour toutes celles du genre. C’est dans le même but que, pour des groupes très nombreux en types spécifiques, tels que les Serranus, Cuv., les Plectropoma, Cuv., les Lutjanus, Bl.,la répartition systématique des espèces de la collection du Muséum d’Histoire naturelle a été présentée sous forme de tableaux.
A l’occasion du genre Serranus, quatre-vingt-quinze espèces ont pu être, examinées, et les différents caractères tirés delà dentition, de la forme des pièces operculaires, de la disposition des nageoires, des proportions du corps, de la coloration, caractères généralement
employés par les auteurs, sont discutés pour chercher à se rendre compte de leur constance, de leur importance dans l’établissement des types spécifiques, et aussi des variations qu’ils peuvent subir suivant l’âge des animaux, considérations qui, sans doute, serviront utilement en zoologie générale et que l’abondance des matériaux d’étude fournis par nos collections permettait d’aborder avec fruit. Un tableau donne les principales dimensions, rapportées à des mesures communes pour trois espèces de Serranus de la section des Epinephelus : Serranusgigas, Grnel Serranus æneus, Geoff., Serranus hexagonàtus , Forst. ; prises pour chacune d’elles sur des individus de tailles et par conséquent d'âges aussi éloignés que possible ; la différence de dimension va pour deux d’entre eux jusqu’au rapport de 1 à 6. On peut conclure de ces comparaisons que, sauf la dimension de l’œil, proportionnellement plus volumineux chez le jeune que chez l’adulte, les dimensions générales du corps n’offrent que peu de variations dans une même espèce. Un autre résultat, est que la longueur du museau et la dimension de l’espace interoculaire, pour obtenir des mesures plus certaines devraient être comparées, non comme on le fait habituellement, au diamètre de l’œil, variable avec l’âge, on vient de le voir, mais à la longueur de la tête.
L’étude des écailles de la ligne latérale fournit aussi d’utiles indications sur le groupement des espèces et même les distinctions génériques ; on les a examinées, dans tous les groupes. Elles sont sans prolongement tubuleux dans l’air spinigère chez les Centropomus, Lacép., Micropterus, Lacép., Holocenlrum, Cùv., Polynemus, Linné, Sphyræna, Bl. Sch., Paralonchurm, Boc., Pomacentrus, Lacép. Elles présentent un canal postérieur simple chez les Centroprislis, C. V., une partie des Serranus, Cuv., des Plectropoma, Cuv. Dans d’autres espèces de ces deux derniers genres, chez hsLutjaniis,hl., Otolithm , Cuv., Corvmd, Cuv., Umbrina, Cuv., Polycirrhus, Boc., Micropogon , C. Y., Diabasis, Desm., Conodon, C. Y., Pristipoma, Cuv., Glyphisodon, Lacép., Sargus , Cuv., le canal postérieur dans l’air spinigère est multifide.
La constitution de ces écailles, tantôt cténoïdes, tantôt adénoïdes, jointe à la considération de la forme de la caudale, permet de diviser les Serranus en cinq sections : Serranus s. str., Paralabmx, Paranthm, Epinephelus, ltaiara; dont quelques-unes, la quatrième
entre autres, mériteront probablement d’être élevées au rang de genre. Une division analogue est indiquée pour les Plectropoma. Dans les Lutjanus , chez lesquels les écailles de la ligne latérale sont établies sur un type beaucoup plus uniforme, les espèces peuvent être groupées d’après la considération des dents vomériennes et linguales, caractères très objectifs, auxquels on ne parait pas jusqu’ici avoir accordé une attention suffisante. Pour chacun de ces genres le tableau systématique des espèces, que renferme la collection du Muséum est établi suivant ces différentes données.
La partie iconographique de ce travail est d’une grande perfection, M. Bocourt ayant pu prendre d’après le vivant, des croquis d’une exécution remarquable, qui ont permis de reproduire la coloration avec une exactitude qu’on peutrarement obtenir en pareil cas.
153*. — Contribution b. l'élude ichthyologique du Chagres.
Examen de la faune ichthyologique du Chagres, cours d’eau que sa situation dans l’Isthme Darien, place en un point intermédiaire entre les deux Amériques.
On peut relever dans les auteurs 21 espèces. Une collection rapportée par M. Le Cornée, ingénieur attaché à la nouvelle Compagnie du Canal de Panama, en renferme 8, dont 4 n’avaient pas encore été signalées de cette rivière.
L’ensemble confirme les rapports déjà établis entre cette faune et la faune brésilienne.
184*. — Sur les espèces à distinguer dans le genre nebris, Cuvier et Valenciennes.
(Bull. Muséum Hist. mI., t. 111, p. 124. — Réunion du 27 avril 1897.)
188*. — Remarques sur les appendices de Bloch chez les Siluroïdes du genre aspro.
. . .(C, S. Acad. Sc„ Paris, t. CXXVI, p. 844 ; 14 février 1898.)
j 56*. — Contribution à l'étude de la faune ichthyologique de la Guyane.
(Notes fromthe Leyden Muséum, t. XX, p. 1,1898.)
157 *. Note préliminaire sur les Collections ichthyologiçuesrecueillies par M. Geay en 1897 et 18g8 dans la Guyane française et le ! Contesté franco-brésilien.
158*. — Contribution à la faune ichthyologique de la Guyane française et du Contesté franco-brésilien. (Ho ira. Arch. Mus., 4* série, t. II, p. 123.)
Ces différents travaux se rapportent à l’étude que je poursuis sur la faune ichthyologique de l’Amérique intertropicale et ont pour sujet spécial celle de la Guyane et de quelques régions voisines.
Deux collections leur ont servi de base, l’une envoyée par le Musée deLeydeau Muséum pour y être déterminée, l’autre rapportée par un de nos plus zélés voyageur M. Geay. La première comprenant 18 espèces avait été recueillie dans la rivière Berbice à New- Amsterdam (Guyane anglaise), point voisin de l’embouchure, aussi, bien que le plus grand nombre des espèces soient très franchement dulçaquieoles, quelques-unes cependant ont un faciès marin ou
La seconde collection a été faite dans des régions moins explorées jusqu’ici, d’une part le bas Mahury (Guyane française), d’autre part, le Carsevenne et deux de ses affluents, les rivières Carnot et Lunier (Territoire contesté franco-brésilien). En remontant cette dernière jusqu’à ses sources, M. Geay a même pu passer dans le bassin du Cachipour, aux origines duquel, dans les terrains marécageux composés de sables et de débris de végétaux à demi-submergés, il a fait
la curieuse découverte d’un petit poisson ( Rimlus Geayi, n. sp.), qui vit plutôt au milieu des feuilles humides, qu’à proprement parler dans l’eau. Le nombre des espèces faisant partie de cette collection s’élève à 40, deux sont nouvelles pour la science.
A un point de vue plus général, ces Collections ont permis de préciser les caractères de plusieurs espèces imparfaitement connues, tel que le Nebris microps, Cuvier et Valenciennes, décrit d’abord d’après l’exemplaire unique du Musée de Berlin, dont l’état de conservation laisse à désirer. M. Steindachner, dans ces dernières années et, après lui, différents auteurs américains avaient cru retrouver ce Poisson à Panama dans le Pacifique. L’examen des exemplaires, l’un de la rivière, Berbice, l’autre du bas Mahury, venant tous deux de la Guyane, comme l’exemplaire primitif, montre qu’il s’agit d’espèces distinctes, celle de M. Steindachner pourra porter le nom de Nebris occidentalis.
Un autre fait, dont un exemplaire de la Collection du Musée de Leyde a permis de pousser un peu plus loin l’étude, est relatif à ces appendices dits de Bloch, d’après le nom de l’ichthyologiste qui, le premier, les a fait connaître. C’est sur les Aspredo, on le sait, que ces singuliers appareils se rencontrent, ils ont la forme d’une sorte d’ombrelle ou si l’on veut d’un champignon, M. Gunther pense qu'ils jouent un rôle protecteur relativement aux œufs, fixés sous le ventre des femelles, et entre lesquels ces appendices seraient placés. L’examen histologique m’a montré, qu’ils sont formés des mêmes couches que le tégument et que les cupules portaient des débris membraneux de l’enveloppe de l’œuf, ces appendices doivent donc être-considérés comme de véritables oophores.
159. — Mission scientifique du cap Horn 1882-1883 — Poissons (T. VI, Zoologie, 1™ partie, Paris 1891. Tirage à part paru en 1888.)
Cette partie de la publication de la Mission scientifique du cap Horn, renferme l’étude des collections ichthyologiques rapportées par les savants attachés à cette expédition.
Un premier chapitre expose l’état de nos connaissances sur ces
contrées et se termine par une liste systématique de tous les Poissons connus de la région fuégienne, comprenant avec l’extrémité sud du Nouveau Continent, les îles Falkland et la Géorgie méridionale. Le nombre des espèces s’élève à soixante-six et la composition de cette faune relativement pauvre, au moins dans l'état actuel de nos connaissances, montre des analogies frappantes avec la faune arctique. Les types spécifiques sont sans doute autres et même bien des Familles diffèrent, mais celles-ci se suppléent en quelque sorte l’une l’autre, tels sont par exemple les Scorpænidées au pôle Nord, remplacés par les Trachinidées au pôle Sud. La similitude va jusqu’à montrer dans les types équivalents des différents groupes, des ressemblances singulières pour la distribution des couleurs.
Les Acanthoptérygiens entrent dans la composition de la faune pour un peu plus de moitié, les Trachinidées en formant de beaucoup la plus grande part.
Les collections de la Mission comprennent trente-cinq espèces, un catalogue raisonné eri est donné dans la seconde partie, quatre sont nouvelles, un genre, Enantioliparis , serait également inédit.
■160. — Les collections d’Herpêtologie et d'ichtyologie au Muséum d'Histoire naturelle. — Leçon d'ouverture ; année scolaire : 1889-1890.
$ IV. — AQUICULTURE
162. — Rapports du jury international à l’Exposition universelle de
1878, à Paris. — Groupe VUI, classe 84. — Les Poissons,
Crustacés et Mollusques.
{29 pages, lmprihierie'nationale, 1880.)
Dans ce rapport, raquiculture maritime et raquiculture des eaux douces ont été examinées au point de vue scientifique et pratique, en vue de constater les résultats acquis èt d’apprécier ce qu’il serait permis d'espérer pour l’avenir. La premièrè est très avancée, en ce qui concerne l’élevage de certains Mollusques, les Huîtres surtout et les Moules. La seconde au moins en France, malgré de louables efforts, ne paraît pas jusqu’ici avoir donné tous les résultats qu’on serait en droit d’en attendre.
L’étude des faits soumis a notre examen m’a conduit à distinguer trois modes principaux d’élevage de Poisson : l’Aquiculture domestique, dans laquelle les animaux, maintenus dans des espaces limités, sont surveillés et reçoivent de main d’homme leur nourriture, mode compàrable à l’élevage du bétail en stabulation ; — l'Aquiculture naturelle : les animaux sont placés dans des espaces clos, mais assez vastes pour que la nourriture, qui leur est nécessaire, s'y produise spontanément, c’est l’analogue du pacage; — enfin VAquiculture sauvage, où l’on se propose de favoriser simplement la multiplication du Poisson à l’état de liberté, comme on recherche parfois la multiplication du gibier pour les Mammifères et les Oiseaux. A ce dernier mode se rattachent les essais d'empoissonnement des cours d’eaux par les alevins obtenus au moyen de la fécondation artificielle.
Pour l’aquiculture marine, l’aquiculture naturelle telle qu’elle se pratique par exemple dans les réservoirs d'Àudenge près d’Arcachon pour les Muges et les Bars et sur un très grand nombre de points de nos côtes pour l’élevage de l’Huître et de la Moule, est en pleine prospérité.
Pour l’aquiculture en eaux douces, les conclusions que j’ai cru pouvoir formuler, sont les suivantes :
1" L’élevage industriel des Poissons herbivores, tel qu’il a été pratiqué de toute antiquité, donne des résultats certains; les seules améliorations désirables sembleraient devoir porter sur le nombre des espèces, peu élevé à l’heure actuelle et qu’on pourrait sans doute augmenter, puis sur les variétés à choisir de préférence.
2° La propagation par voie de fécondation artificielle pour les espèces carnivores précieuses, telles que les Salmonidés, présente deux ordres de considérations suivant qu’il s’agit des aquicultures domestique et naturelle ou de l’aquiculture sauvage.
a. Les premières donnent, avec les méthodes de fécondation et d’alimentation actuellement en usage, des résultats satisfaisants, comme le témoignent assez l’extension et le nombre des établissements, qui se livrent aujourd’hui à cette industrie.
b. L’aquiculture sauvage semble, au contraire, n’avoir donné que des résultats insignifiants ou nuis, tout au moins aucun document numérique positif ne prouve le contraire. Ce fâcheux résultat parait provenir de ce qu’en réalité les conditions d’existence que réclament ces Poissons, leur manquent dans nos cours d’eau tels qu’ils sont aménagés.
3" Le repeuplement de nos rivières ne pourrait être obtenu qu’en restituant à celles-ci, dans les limites du possible, leurs conditions naturelles. Ce qui paraît le plus indispensable, serait en premier lieu de chercher à obvier aux différentes causes d’infection des eaux, puis de faciliter la propagation des petites espèces par des réserves convenablement choisies ménageant les fray ères, par une réglementation du faucardage des herbes et du curage des canaux, en vue de favoriser la reproduction et l'alimentation desdites espèces; d’un autre côté, de rendre praticable en toutes saisons et â tous moments le libre parcours des fleuves et des ruisseaux aux Poissons migrateurs.
163. — Observations relatives à la montée de F Anguille sur les côtes de France.
164. — Rapport adressé au ministre de la marine au nom du comité consultatif des pêches maritimes sur la pêche de la montée (/'Anguille.
165. —Remarques sur la pêche de la Bichique à {île delà Réunion.
' ' (6. R. Acad. Se.; t. CX, p. 93; 13 janvier 1890.)
La question de la pêche des Poissons à l’état de fretin, telle qu’elle se pratique dans nos pays pour la montée d’Anguille ou dans d’autres contrées, à la Réunion pour la Bichique, à la Martinique pour le Titiri, ces deux derniers animaux se rapportant à des espèces de Gobius, intéresse directement le repeuplement des cours d’eau, pour savoir si l’on peut tolérer la destruction d’un aussi grand nombre de jeunes Poissons.
Le ministère de la marine ayant fait faire au sujet de la première espèce une enquête très complète, à l’occasion de réclamations formulées sur quelques points de nos côtes sud-ouest, le dossier, qui m’avait été confié, a permis d’étudier cette question d'une manière approfondie, en ce qui concerne au moins la zone maritime.
U résulte de ces documents, que la pêche, pratiquée sur différents points de nos côtes, en particulier l’Orne, la Loire, la Gironde, l’Adour, de la jeune Anguille, connue suivant les régions sous les noms de Civelle, de Piballe, etc., n’est pas tellement intensive, qu’elle nuise d’une façon appréciable à la propagation du Poisson adulte, car on le rencontre dans nos fleuves et nos étangs sensiblement avec la même abondance. Ceci doit être attribué à ce que l'Anguille, descendant à la mer pour y frayer dans des conditions qui nous sont inconnues, et sur des points que l’industrie humaine ne parait pas avoir encore pu atteindre, la reproduction naturelle se fait en telle abondance, que la quantité prélevée sur le fretin dans le bas des fleuves est relativement insignifiante.
Les données, qui m’ont été fournies sur la pêche de la Bichique
h la Réunion, par M. Jacob Cordomov et Lantz, sur celle du Tiliri à la Martinique par M. Robert, pharmacien de la marine, confirment ces conclusions en montrant qu’une pêche séculaire intensive sur ces deux points, n’a nullement diminué l’abondance
166*. — Sur lu présence de /'Anguille commune en haute mer.
(C. Ami. Se., t. CXXV1, p. 1429 * 16 mai 1898.)
L’obscurité qui entoure le mode de reproduction de 1 Anguille, donne une importance spéciale au fait observé par M. le capitaine Chaves, directeur de l’observatoire de Punta Delgada. Le savant a trouvé dans l’estomac d’un Cachalot un très gros exemplaire de ce poisson Apode, long de 90 centimètres et du poids de trois à quatre livres. 11 n’est aucunement douteux qu’il n’appartienne à l’espèce commune Anguilla anguilla, Linné.
Cette capture, non seulement confirme le fait incontesté que l’Anguille descend à la mer, mais encore montre qu’elle peut s’y avancer assez loin pour devenir la proie d’animaux qui vivent habituellement au large.
167. — Habitat , mœurs, nourriture, reproduction de la Sardine, omises de sa disparition. — Annexe n° 1 du Rapport général sur la pêche de la Sardine, (lin collaboration avec M. Henneguy). — Comité consultatif des pêches maritimes.
(Journal officiel, octobre 1887.)
168. — Les.Poissons d'Aquarium. Conférence faite à la Société nationale d’Acclimatation, le 24 avril 1891.