‹ Notice sur les travaux scientifiques. Mai 1900Chapitre 31 sur 35 · TRAVAUX DIVERS · texte numérisé non relu

TRAVAUX DIVERS

205. — Essai sur le système pileux dans l'espèce humaine. (Thèse inaugurale soutenue devant la Faculté de médecine de Paris le 9 août 1861,

. Ce travail contient l’exposition des faits les plus importants à connaître, au point de vue médical, sur l’anatomie et la physiologie normale des poils dans l’espèce humaine, avec la discussion des principales opinions émises sur la nature de ces organes, suivie de recherches originales sur leur vitalité, leur développement. Il est divisé en quatre parties, traitant successivement : 1° du système pileux en général; 2“ de la structure de l’appareil pilifère; 3° des usages du système pileux et de la nutrition des poils ; 4“ du développement de l’appareil pilifère.

L’examen des particularités générales de coloration et d’aspect que présentent chez l’homme les poils dans les différentes parties du corps où on les observe habituellement, se trouvant traité dans la plupart des ouvrages d’anatomie, ce point n’est que peu développé, sauf en ce qui concerne la coloration des cheveux, laquelle, au point de vue médico-légal, a une importance particulière.

La seconde partie est la plus étendue. Elle méritait attention, d’une part, en vue de contrôler les principaux travaux publiés sur l’anatomie de l’appareil pilifère, travaux où se rencontrent souvent des opinions très diverses sur des questions de fait, d’un autre côté, pour aborder l’étude physiologique et le développement du poil. Un premier chapitre sur les parties fondamentales de l’ap-

pareil comprend deux sections : l’une pour l’étude du follicule, partie productrice; l’autre pour l’étude du poil, partie produite. Le second chapitre, où sont décrites les annexes de l’appareil pilifère, renferme l’étude des glandes sébacées, des muscles, des vaisseaux, etc. Enfin, dans le troisième, se trouve un essai de classification des poils chez l’homme; en se basant sur les caractères anatomiques, on peut distinguer les poils proprement dits, subdivisés en poils à croissance indéfinie (cheveux, barbe, etc.), et à croissance définie (cils, vibrisSes du nez), et les poils du duvet.

Le côté physiologique, malgré son importance, a cependant presque toujours été négligé par les auteurs qui se sont occupés de ces organes. La troisième partie y est consacrée, pour établir surtout leur rôle par rapport à l’économie' en général et leurs propriétés vitales. Quant au premier point, en s’appuyant sur les données anatomiques, on est conduit à regarder l’appareil pilifère comme chargé d’une sécrétion excrémentitielle ; l’examen chimique joint à l’observation physiologique montrent que les cheveux sont une des voies d’élimination du soufre et du fer ; la bile est la seule sécrétion qui partage avec eux cette propriété. Pour ce qui regarde la vie du poil en lui-même, j’ai cherché à établir que certaines parties du follicule ont pour fonction spéciale de produire des. portions déterminées du poil, telle est la tunique vaginale interne par rapport à la couche épidermique; mais la papille joue surtout un rôle prédominant en vue de fournir les matériaux pour produire la substance corticale et la moelle. J’ai essayé également, dans le poil une fois formé, de discuter l’usage de chacune des parties composantes : la moelle offrirait, sous ce rapport, une importance spéciale en tant que chargée de fournir la matière colorante. Une dernière question est relative à la vitalité. Deux opinions ont été émises; pour le plus grand nombre des anatomistes, le poil une fois formé doit être regardé comme une partie morte, incapable de manifester aucun phénomène de nutrition ; quelques-uns soutiennent au contraire qu’on peut y reconnaître des signes non équivoques de rénovation organique, et s’appuient sur deux ordres d’observations : les unes relatives au changement de couleur; les autres, à la cicatrisation des poils coupés. Le fait certain que les cheveux blanchissent par l’extrémité libre, ce qui semble y indiquer une

résorption de la matière colorante, quelques observations de changement de teinte très rapide, indiquent suffisamment que le poil, une fois formé, n’est pas une partie absolument privée de vie. Quant à la cicatrisation, des expériences nombreuses m’ont montré que le prétendu fait de reproduction de la pointe, invoqué par Mandl, est dû à un effet mécanique et nullement à la nutrition de l’organe; lorsque le canal médullaire se vide, se resserre, que la pointe s’arrondit ou se taille en bec de flûte, c’est l’élasticité propre de la couche corticale et d’autre part l’action des corps extérieurs, qui sont les véritables causes de ces modifications.

Le développement du poil, auquel est consacrée la quatrième partie du mémoire était encore un sujet peu connu, à l’époque où a été publié ce travail; j’ai cru par conséquent devoir m’y arrêter davantage. Outre l’examen du développement proprement dit, il a paru utile d’étudier la régénération de l’organe et, pour le suivre jusqu’au bout, sa chute ou sa mort. 11 est trop difficile de se procurer des foetus humains d’ âges convenables, pour pouvoir suivre exactement la naissance du poil; toutefois aussi souvent que cela a été possible, les résultats obtenus sur des fœtus de porc, que l’on a en très grand nombre et de toutes dimensions dans les abattoirs, ont été contrôlés comparativement à des embryons humains. La concordance a d’ailleurs toujours été telle, qu’on ne peut avoir aucun doute sur la généralité des faits observés. Le premier rudiment du poil est une espèce de petit amas de cellules embryoplastiqües appendu à la face profonde de la peau : après un allongement assez considérable, apparaissent un prolongement épidermique, qui descend de la face superficielle, et les glandes sébacées ; puis la partie interne de l’amas allongé s’isole et l’on voit un peu plus tard s’y organiser à la fois la tige du poil et la gaine vaginale interne. De nombreuses figures indiquent ces différents stades et la composition histologique des parties.

La reproduction du poil après l’arrachement est un fait bien connu et qu’Heusinger avait déjà observé; j’ai cherché à reconnaître plus exactement les phénomènes qui l’accompagnent, en complétant l’observation sur l’homme par des expériences faites sur les poils du tact des animaux; la particularité de structure, que présente le follicule de ces derniers, ne peut avoir d’influence sur les

résultats dans ce cas spécial et leur position aussi bien que leur volume y rendaient l’expérimentation plus facile. 11 résulte de ces études que la gaine vaginale externe est la partie qui fournit les éléments du blastème; que la gaine vaginale interne et la tige du poil, comme chez le foetus, se montrent simultanément; que le développement enfin s’effectue pendant un temps assez long dans l’intérieur du follicule, aussi l’organe a-t-il déjà, une certaine longueur lorsqu’il apparaît au jour.

Quant à la mort du poil et au phénomène de la mue, qui en est la conséquence, les recherches faites dans ce sens prouvent qu’en avançant en âge, les rapports entre le follicule et l’organe qu’il produit varient notablement, de telle sorte qu’en arrachant un poil il est possible de reconnaître son âge relatif par l’examen des portions du follicule qu’il entraîne avec lui. Ces faits démontrent en outre que ces parties n'ont qu’une durée limitée et sont dans un état de rénovation continuelle, un follicule reproduisant un nouveau poil avant même que le précédent soit complètement tombé.

206. — Notes sur les poils du tact des Mammifères, et l'existence d'un sinus sanguin dans la membrane propre de leur follicule.

Extrait des Procès-verbaux, p. 20 ; 8 mars 1862.)

La description détaillée des différentes parties des poils du tact montre qu’il faut, avec Blainville, y voir des organes tout à fait spéciaux, et, en se basant sur les considérations tirées de la distribution des nerfs, de la structure, en ayant égard à leur plus grand développement suivant les mœurs crépusculaires et nocturnes des animaux, qui en sont pourvus, on est amené à conclure que ce sont des organes tactiles, auxiliaires de la vision ou la suppléant. Le fait peut d’ailleurs, comme cela se trouve indiqué dans la note, se démontrer expérimentalement sur les petits Rongeurs albinos.

207. Système pileux des Monotrèmes. Différentes variétés de poils

dans les Mammifères.

(Soc. philom. Paris : Extrait des Procès-verbaux, p. 84; 24 mai 1862. —

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